Florian Blc, jeune photographe parisien, a décidé de rendre inoubliable le visage de ceux qu’on oublie souvent très vite. Les Gueules de Paris c’est avant tout un projet humain, partager et capturer un moment de vie avec des sans-abris.

Florian a accepté de nous parler de son projet sur lequel il travaille depuis 2013, Arte Povera, il utilise des jetables, son Polaroid SX 70 et des Fujifilm Instax 90 et 210

Comment t’est venue l’idée ?

Florian Blc : « Elle m’est apparue lors d’une soirée avec des amis, on était en train de faire la fête sur les Quais de Seine et il y avait ce monsieur qui nous regardait. Il rigolait quand nous rigolions et je me suis aperçu qu’il était finalement en train de partager involontairement ce moment avec nous. C’était un sans-abri et nous ne l’étions pas, pourtant au-delà de sa situation nous avons partagé “un moment heureux”. J’ai commencé quelques jours plus tard à discuter avec tous ceux que je croisais, sans même forcément faire de photographies derrière. Je voulais en savoir plus sur eux, sur leurs histoires… Avec la photographie c’est plus simple de partager une émotion avec quelqu’un. Un moment…»

Florian nous a également confié que c’est une photo prise lorsqu’il avait 15ans qui l’a poussé à faire des portraits :

Photo : Florian Blc

Photo : Florian Blc


Comment s’est passée ta première photo & quelle est-elle ?

Florian Blc : « J’ai rencontré Lujza il y a plus d’un an. Je passais souvent le voir.
Je l’ai connu avec et sans barbe, avec et sans lunette, avec et sans chapeau… Le sourire toujours présent au coin des lèvres. Un soir avec un ami, nous lui avons apporté quelques vivres pour se nourrir et il était vraiment très content.
Le lendemain me baladant sur Paris, je suis allé le saluer et il m’a donné un chapeau pour me prouver sa reconnaissance.
Il était installé à proximité d’un supermarché aux abords du quartier du Marais, au même endroit chaque jour. Aujourd’hui il n’y est plus et j’ignore où il peut être.
Aujourd’hui ce que je sais… c’est qu’il lui manque un chapeau!»

Photo : Florian Blc

Photo : Florian Blc

Une anecdote ?           

Florian Blc : « C’est une anecdote qui remonte à mon enfance, elle concerne finalement mon projet et mes photos … Lors d’une discussion avec mes proches, une anecdote s’est révélée être originale. En effet, j’avais 6/7ans et j’avais décidé d’attendre ma mère à l’ouverture d’un supermarché, elle devait sans doute faire quelques courses dans celui-ci. Une dame faisait la manche devant et j’avais discuté curieusement avec elle, ma mère nullement inquiète, m’avait laissé parler avec cette personne. Quels mots sont sortis de ma bouche à l’époque et quel échange avais-je eu avec cette dame ? Je n’en ai plus aucune idée. Ce que je sais, c’est qu’en partant je lui ai souhaité “bon courage” et je pense finalement qu’à cet âge, ces mots avait déjà pour moi beaucoup de sens.»

Photo : Florian Blc

Photo : Florian Blc

Ton matos ?

Florian Blc : « Un Polaroid SX 70 et des Fujifilm Instax 90 et 210. J’ai aussi utilisé des jetables.  »

Photo : Florian Blc

Photo : Florian Blc

Photo : Florian Blc

Photo : Florian Blc

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Photo : Florian Blc

Photo : Florian Blc

Photo : Florian Blc

Photo : Florian Blc

La rencontre/photo qui t’as le plus marqué ?

Florian Blc : « J’ai rencontré Yasmina dans la gare de Nation. Elle était assise à coté d’un monsieur qui criait et chantait en même temps. Ils étaient tout les deux saouls et rigolaient beaucoup. Les passants et voyageurs du train, comme à leur habitude, évitaient de les regarder.
Sans crainte, je me suis assis à coté d’eux et j’ai commencé à discuter avec elle. Je lui ai parlé de choses sans importance mais je lui ai surtout parlé de Fréhel. C’est une chanteuse française des années 30. Je lui ai parlé de cette artiste car je trouvais qu’il y avait une ressemblance entre elles, mais elle ne la connaissait pas.
J’avais donc décidé de lui faire écouter un morceau avec mon téléphone portable. Nous avons écouté tous les deux une chanson de Fréhel. Entre-temps, l’homme qui était assis à ses côtés s’était levé pour partir. “La Java bleue” n’était sûrement pas à son goût !
Avant de m’en aller et avec sa permission j’ai pris deux clichés d’elle. Yasmina s’est levée pour me saluer et me faire une bise. Quelques semaines plus tard je l’ai revue au même endroit, mais quelque chose avait changé, il lui manquait une guibole ! »

Photo : Florian Blc

Photo : Florian Blc

Photo : Florian Blc

Photo : Florian Blc

Photo : Florian Blc

Photo : Florian Blc

Photo : Florian Blc

Photo : Florian Blc

Les Gueules de Paris, c’est aussi un livre qui raconte l’histoire de chaque rencontre qui va sortir en Janvier 2015 et dont les bénéfices seront reversés au profit de l’association La Mie de Pain qui lutte contre les problèmes de précarité en France.

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