Martina Matencio est une photographe espagnole basée à Barcelone. Elle vit de sa passion depuis l’âge de 20 ans. Son lien avec la photographie a commencé lorsqu’elle a dû s’occuper d’un enfant malade mental qui vivait ses derniers jours. C’est alors qu’elle a compris que prendre des photos était la meilleure chose qu’elle pouvait faire pour apporter quelque chose au monde. Aujourd’hui, son travail se concentre principalement sur l’utilisation de la lumière naturelle et la représentation du corps, principalement féminin. Découvrez l’univers visuel de Martina et de sa douce représentation de l’amour, du désir et du toucher, dans une atmosphère à la fois nostalgique et mélancolique.

L’utilisation de la lumière naturelle

Martina Matencio a étudié la photographie artistique à l’école d’art Serra i Abella en Espagne. Elle est plus particulièrement spécialisée dans l’utilisation de la lumière naturelle et la représentation du corps humain. Pratiquant la photo avec un appareil photo numérique, elle n’utilise donc jamais le flash. Elle privilégie surtout l’éclairage naturel pour rendre une scène plus mystérieuse et naturelle. En jouant avec les rayons du soleil, elle parvient à augmenter l’intensité de ses clichés. Ses images sont principalement d’intérieur, capturant l’éclat doux et diffus de la lumière du jour à partir d’une fenêtre. La lumière utilisée est tamisée et intimiste, en parfait accord avec le thème langoureux de cette série.

« Tous mes travaux ont un air très délicat et fragile. Ce sont, probablement, la clé de mes photos, mon style »

Martina Matencio – Ignant

La beauté du corps humain révélée par Martina

Pour elle, la beauté féminine existe dans tous les corps, non pas à travers l’apparence, mais plutôt pour l’émotion qu’ils ressentent et expriment. À travers ses clichés, elle expose la délicatesse et la beauté de l’âme féminine. Durant son processus artistique, elle privilégie le calme et la tranquillité lui permettant de s’ancrer sur l’instant présent et de se laisser porter sur ce qu’elle ressent.

Un univers à la fois doux et nostalgique

Les photographies de Martina Matencio coexistent dans un univers délicat mêlant nostalgie et mélancolie. Dans son travail, Martina parvient à extraire l’essence et la vulnérabilité de l’âme en incluant toutes ses contradictions : lumière et ombre, joie et tristesse, calme et passion. Les émotions sont palpables sur ses clichés, on arrive presque à ressentir le toucher et le spectre des émotions émanant de ses photos. Qu’elles soient tristes, mélancoliques ou joyeuses, Martina parvient à faire vivre ses images de par les émotions qu’elle communique à travers elles.

« Peut-être que ce que je fais, c’est simplement communiquer ma sensibilité aux autres. D’une certaine manière, mes photos sont toujours un reflet de moi-même. »

Martina Matencio

Un hymne à l’amour et au désir

Véritable célébration de l’amour, les images de Martina témoignent aussi de l’intimité et du lien entre deux âmes éprises l’une de l’autre. Sur ses clichés, deux amants prennent des selfies sensuels dans le miroir, entrelacent leurs corps nus dans un lit. En utilisant la lumière naturelle et les ombres, elle met en avant la fusion et la connexion de ces corps amoureux s’entremêlant et se livrant l’un à l’autre avec pureté et passion.

L’expression des émotions à travers la photographie

À travers son travail de photographe, Martina exprime ses émotions et parvient à trouver un sens sur ce qu’elle ressent. Pour elle, chacune de ses photos dessine une carte lui montrant le chemin, la « bonne voie ». Elle a conscience qu’elle a encore du chemin à parcourir, mais petit à petit, la photographie lui permet de donner un sens à sa vie. Ainsi, elle utilise sa douleur et son vécu comme une « arme de création » pour créer des œuvres aussi inspirantes que poétiques.

© Martina Matencio

« Les Japonais ont pour philosophie de vie une technique appelée « Kintsugi » qui consiste à réparer des pièces de céramique cassées, à les raccrocher et à les aimer encore plus qu’avant. Les ruptures font partie de l’histoire de l’objet, elles le rendent unique et définissent son identité. Ce que j’apprécie le plus, c’est l’imperfection et je pense que savoir valoriser ce qui est cassé en nous, nous donne une sérénité objective. C’est peut-être ce que je fais avec mes photographies, j’accroche mes cicatrices et je les transforme en quelque chose de beau. »

Martina Matencio – Incadaqués International Photo Festival

La lumière artificielle pour accentuer l’émotion

En utilisant une lumière artificielle sur certains de ses clichés, elle parvient à représenter sa douleur en image. La couleur rouge, symbole de passion, mais aussi du sang, permet d’illustrer ses émotions les plus profondes. Ainsi, elle prend du recul sur sa douleur et parvient à en faire rejaillir toute la beauté.

« Si vous ne guérissez pas de ce qui vous a blessé, vous saignerez sur des personnes qui ne vous ont pas coupé. Contrairement au style de vie qui nous est vendu où il faut avoir l’air heureux 24 heures sur 24, je n’ai pas l’intention de m’éloigner de la douleur, mais quand elle apparaît, je l’observe de près et trouve sa beauté. Le rouge, par exemple, dans cette série de photos, caresse la douleur et exprime la beauté de la scène. »

Martina Matencio – Incadaqués International Photo Festival
Martina Matencio

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