Photographe américain de renommée mondiale, Neil Krug est aujourd’hui l’un des créateurs les plus demandés de pochettes d’album. Se distinguant pour son style audacieux et son approche vintage, ce photographe passionné des années 60/70 s’est rapidement fait un nom dans la photographie musicale moderne. Collaborant avec de nombreux artistes tels que Lana Del Rey, A$AP Rocky, Tame Impala ou encore Justice, son style psychédélique et onirique ne laisse personne indifférent.

Neil Krug
Shooting pour le morceau « Music to Watch Boys To » de Lana Del Rey
© Neil Krug

Le Pulp Art à travers ses œuvres.

Âgé de 38 ans, Neil Krug est un artiste autodidacte. C’est à partir de 2010, après la diffusion de son premier livre photo « Pulp Art Book » que son travail commence à faire parler de lui. Capturées avec d’anciens polaroïds et des pellicules périmées, ses images s’inspirent des « pulp magazines », des films de série B et des Western Spaghetti des années 70. Dans son livre, il met en scène son ex-femme Joni Harbeck dans des rôles particuliers s’assimilant à Bonnie, Jackie Kennedy ou encore à une femme amazone. Insufflant un vaste sentiment de liberté, les images de « Pulp Art Book » capturent la nostalgie d’une époque appartenant au passé.

Neil Krug photographies psychédéliques
Extrait de Pulp Art Book
© Neil Krug

Sa collaboration avec l’artiste Lana Del Rey.

Le style de Neil Krug a par la suite attisé la curiosité de la chanteuse Lana Del Rey. Ayant reçu le livre en cadeau par un ami, elle a tout de suite été captivée par l’univers vintage de l’artiste dépeignant la vision d’une Amérique révolue. Se découvrant de multiples inspirations mutuelles avec lui, leur collaboration a donc pris sens immédiatement. Celle-ci a donné naissance à de nombreuses œuvres à la fois poétiques et envoûtantes ; dont la pochette d’album « Ultraviolence » de la chanteuse.

« J’ai vu l’un des clichés qu’il a pris de moi, et j’ai senti qu’il devait être la couverture de l’album. Cette photo m’a influencée pour changer la liste des morceaux. »

Neil Krug – Interview avec Lana Del Rey – texte de Joe Zadeh

Sa place dans l’industrie de la photographie musicale.

Le parcours de Neil vers la photographie d’album n’était pas prémédité. Toutefois, la musique a toujours été une forte source d’inspiration dans sa vie. Il définit ses meilleurs projets comme ceux où l’impact musical est immédiat. En s’imprégnant de l’univers du groupe ou du chanteur; le photographe est donc capable de visualiser les images en amont dans sa tête. Il peut ensuite les retranscrire dans l’artwork de sa/leur couverture d’album. Se basant en premier lieu sur les impressions de son auditeur, il tente de projeter son expérience sur image.

« Je laisse la musique me dire ce qu’elle veut, comme une sorte de méditation. Ensuite, je complète cette image dans mon esprit avant de m’asseoir à mon bureau et de la créer. Si je n’ai pas le sentiment que cela fonctionne, je commence à gribouiller sur un papier. Je divague sur mon ordinateur jusqu’à ce que cela prenne la forme de quelque chose sur laquelle je souhaite travailler en profondeur. Rien n’est jamais planifié. »

Neil Krug – Interview avec Dum Dum pour sa pochette d’album « Young Hearts » par l’artiste STAL
Neil Krug
Couverture de l’album « Fragments » de l’artiste Bonobo
© Neil Krug

Sa pochette d’album fascinante pour le groupe Tame Impala : « The Slow Rush ».

Les ambiances dépeintes sur chaque couverture d’album étant uniques pour chaque artiste; Neil parvient tout de même à traiter communément de l’aspect émotionnel et de l’émerveillement dans ses œuvres. Le point commun de ses réalisations est un style surréaliste, semblant venir d’un autre monde.

Une des œuvres mémorables de l’artiste a été sa pochette d’album « The Slow Rush » réalisée pour le groupe de rock psychédélique Tame Impala. Kevin, compositeur du groupe lui suggérant le thème de l’échappatoire par la fuite du temps, le photographe s’est donc rendu en Namibie avec lui, dans un lieu abandonné insolite, enseveli par le sable du désert. Il tente ainsi d’illustrer la force impénétrable de la nature, qui « reprend ses droits ». Il parvient donc à représenter la question de la dureté du temps et de la défaite des humains face à la nature, comme le souhaitait le groupe, dont les paroles des morceaux évoquaient principalement ce sujet. En utilisant de forts contrastes de couleurs, la dimension surréaliste de la pochette prend effet en un coup d’œil.

images psychédéliques
Couverture de l’album « The Slow Rush » du groupe Tame Impala
© Neil Krug

La dimension psychédélique et nostalgique de ses images.

S’inspirant de l’art expressionniste et de l’anime, il aime dépeindre des paysages désertiques et des portraits hauts en couleur. Le désert californien aidant à obtenir un rendu lumineux intéressant; il sait parfaitement manier couleurs et lumière. En utilisant principalement de l’argentique, il peint manuellement ses images une fois celles-ci tirées. À travers ses paysages désertiques et ses portraits rétrogrades; il nous insuffle l’idée que la redécouverte du passé nous apporte une nouvelle perspective du présent. Étant particulièrement sensible aux films d’exploitation des années 1960 qu’il a dévorés durant sa jeunesse, il aime dépeindre un monde désorienté, évoquant le mirage de la Californie d’antan.

« C’est quelque chose qui n’existe plus, mais c’est une place dans nos esprits, et c’est présent dans les œuvres que j’ai réalisées au fil des ans. »

Neil Krug – Interview avec BuildHollywood pour sa série photo Phantom: Stage One
Neil Krug photographies psychédéliques
La série photo « Phantom: Stage One »
© Neil Krug

Neil Krug : SiteInstagram

À LIRE AUSSI :