La Street Photography ou la photographie de rue est un vaste courant dans lequel on peut se perdre facilement. Aussi appelé photographie sur le vif, ce type de clichés nécessite essentiellement une bonne réactivité et un bon cadrage, mais pas que. Pour bien réussir ses photos de rue, il faut déjà savoir ce qu’est la Street Photography et c’est ce que nous allons vous expliquer ici.

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Les jumelles s’en mêlent… [Photo de l’un de nos élèves lors d’un cours street photography]

C’est quoi la Street Photography ?

Plusieurs définitions fleurissent sur le web et il est difficile de faire le tri. La rue n’est évidemment pas le seul lieu dans lequel il vous est possible de faire de la Street Photo, et bien sûr, une photo de rue n’est pas forcément une Street Photo (comme on pourrait le croire). Aussi, il n’y a pas de sujet prédéfini pour ce courant photographique. Comment faire pour s’y retrouver dans tout ça ?

Il faut savoir que certains photographes préfèrent ne pas s’identifier à ce courant ressenti comme désuet, tant il rassemble aujourd’hui tout et n’importe quoi. Alors si l’on souhaite redorer le blason de la Street Photo, il faut lui réattribuer sa fonction principale : la dimension sociale.

L’histoire de la Street Photo remonte à la libération des mœurs (notamment celle des femmes) et aux diverses revendications sociales depuis le krach boursier des années 30. La rue est alors devenue un symbole de revendication. La Street Photo comme on l’entend aujourd’hui s’est diversifiée. Elle se situe à un croisement entre la photographie de reportage, la photographie humaniste, et la photographie indépendante. Vous avez dit indépendante? La street photo a de particulier d’être produite en marge des circuits commerciaux traditionnels.

Un vent de liberté?

 

 

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Voici une photo Street ! [Photo de l’un de nos élèves lors d’un cours street photography]

On peut dire ça! La street photographie est plus underground, elle témoigne de l’histoire, d’une histoire, celle de chacune des photos qui la compose. La photo Street est un focus sur nos modes de vie, nos habitudes, nos quotidiens, nos moyens d’expression. Elle dépeint une réalité sociale, témoigne de son temps. Elle dénonce, révèle, suscite ou précise. Elle montre et pousse à la réflexion sur des thèmes variés: changements sociaux, transversaux et inconscients. La photo Street peut être minimaliste ou esthétique, avant-gardiste ou conceptuelle voire personnelle.

La rue donc, mais ceux qui l’habitent aussi, la traversent, l’aiment ou la rejettent, ceux qui la font, qui l’animent, la construisent ou la détruisent. L’Homme est présent, partout, il est aux fondements de la réflexion, dans le champ comme dans le hors-champ, on devine sa présence, on l’invite ou on le repousse, mais il existe toujours une relation étroite entre l’homme et la rue, que les street photographer tentent de saisir.

La Street photography victime de sa popularité?

Le courant à pris une telle ampleur, qu’il perd en crédibilité. Souvent ramené à de la photographie in fine, un portrait social facile et caricatural, une photo de vacance bien travaillée, l’attractivité qu’on lui trouvait alors perd de son sens. Le message social ou politique disparaît et l’engagement du photographe, oublié?

 

 

[Photo de l’un de nos élèves lors d’un cours street photography]

L’avis de notre expert Thomy Keat photographe de l’équipe grainedephotographe.com :

 

« Déjà, le premier souci se situe au niveau du mot en lui même car la France ayant une grande richesse de vocabulaire, on traduira forcément le terme par « photo de rue », ce qui est correct du point de vue étymologique, sauf, et c’est là le point le plus compliqué à faire comprendre aux français, et réellement qu’aux français, c’est que la street photography est avant tout un courant photographique principalement né aux USA, la fierté française étant ce qu’elle est, on a voulu absolument le ramener à notre photo de rue/reportage/scène de vie/…sans abri

 

Me concernant, je considère que c’est avant tout une photo dite « candide », donc sans pose ou préparation, même si je prends un soin particulier à choisir mon arrière plan, j’accorde aussi beaucoup d’importance à la couleur et au graphisme. La street photo, de mon point de vue, ne doit pas avoir une portée sociale, laissons cela à la photo reportage ou photo social, tout simplement car elle n’a pas vocation de dénoncer ou d’établir un lien avec l’actualité. Des photographes comme Winogrand/Meyerowitz/Friedlander l’ont bien démontré, par contre, elle doit s’impliquer dans notre époque, pas d’un point de vue politique/sociale mais d’un point de vue stricto pictural pour dépeindre notre style de vie.
Après, cela représente mon point du vue, et il y a autant de style de street photo que d’aigris dans ce monde. »

 

 

Ce qu’il ne faut pas faire

Alors s’il n’est pas compliqué de se lancer dans la Street photography, il est en revanche difficile de trouver la bonne voie. Pour commencer, une photo Street n’est pas réservée au noir & blanc. Il ne suffit pas de prendre un sans-abri plein cadre, augmenter les contrastes, montrer un lampadaire, un grafitti pour se proclamer street artist. Bref, comment éviter les Street photos ennuyeuses ? Commencez par suivre nos 5 conseils , à vos objectifs!

1. Photographier pour photographier

Une photographie, c’est une composition, un assemblage de motifs, de personnages, d’idées et d’émotions qui s’entrechoquent, donnent vie à la photo.Une photo mal composée, est une photo sans relief, le spectateur la survole du regard, ne s’identifie à rien, ne tisse ou ne capte aucune histoire. Si votre photo prend en compte une, ou des personnes, l’action, la position, l’expression de celle ceux qui composent l’image rentre en compte. Chaque élément est important: un mouvement, un regard, il s’agit de capter un moment qui donne du sens à l’image, qui lui donne une raison d’être. L’histoire s’écrit. Si votre photo prend en compte à l’inverse un autre élément ( un objet, une personne en interaction), la composition est d’autant plus cruciale qu’elle détermine ce qui doit être mis en avant, ce qui doit être en arrière-plan, ce qui doit être nette ou floue, afin de faire parler son image. Par exemple, un homme pianote sur son téléphone sur un quai de métro: cette situation peut avoir du sens si la composition permet au spectateur d’y trouver un intérêt ( par exemple, l’homme, préoccupé par son message, ne voit pas l’homme à moitié nu gisant sur le sol derrière lui). Le spectateur s’attend à une narration, à un intérêt dans l’image, sinon cette dernière est fade, et n’émane rien qui puisse l’intéresser.

 

 

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L’enfant veut payer la note, c’est ça ? [Photo de l’un de nos élèves lors d’un cours street photography]

 

2. Se mettre trop loin du sujet

Les photographes de rue utilisent généralement un objectif grand angle, ou moyen, parfait pour le plein cadre et le portrait. Ils favorisent les focales 35 mm et 50 mm qui permettent de se rapprocher du sujet, de créer une complicité visible grâce à la proximité du photographe et son sujet afin de rendre compte fidèlement de la réalité.

Une photographie prise de près n’a pas le même impact et la même portée qu’une photographie où le sujet et le photographe sont clairement éloignés car la distance se ressent, et elle se voit. C’est ainsi que la photographie perd son sens. N’hésitez donc surtout pas à vous rapprocher de votre sujet/objet à photographier pour un meilleur résultat.

« Si vos photos ne sont pas assez bonnes, c’est que vous n’êtes pas assez proches ».

Robert Capa 

 

 

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[Photo de l’un de nos élèves lors d’un cours street photography]

 

 

3. Toujours photographier les sans-abri

Les sans-abri sont un sujet largement abordé par les photographes, notamment amateur, dans la photographie de rue. Ce n’est pas un mal en soi, la problématique réside essentiellement dans l’approche, car il faut bien avouer qu’il y a un grand nombre de photo sur le sujet, revendiquée de nature sociale (ce qui n’est en réalité pas toujours le cas). Cependant il s’agit d’un sujet facile, qui résulte d’une population de sans-abri fortes dans les métropoles, et le message se perd, égaré dans le flot d’images produites. Réussir des photographies des sans-abri, c’est se démarquer, être original, apporter un point de vue différent, novateur ( même s’il n’existe rien qui n’ait jamais été fait en photographie comme en arts).

 

grainedephotographe.com

A éviter ou à se démarquer… [Photo de nos élèves lors d’un cours street photography]

 

4. Penser, réfléchir et composer son message

Parfois on pense faire une bonne photo, et ce n’est pas le cas, mais il arrive aussi que l’on réussisse une photo quand on ne le pensait pas. Il ne s’agit pas réellement de chance, ni même de hasard, mais de composition! Une photo bien cadrée est déjà un bon départ, mais mieux vaut sur-cadré pour recadrer après en post-production plutôt que de ne rien photographier du tout. La composition se traduit par un équilibre de l’image, une image, mal ou pas du tout préparée est rarement une bonne photo. En photographie, il faut savoir être patient, vif, rapide, attentif.

Pensez bien à vos cadres, à la composition, en faisant attention aux motifs et personnages qui composent l’image,  quelle zone sera nette, une photographie couleur ou une photographie noir et blanc, et pourquoi?

 

 

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J’attends le serveur et hop ! [Photo de l’un de nos élèves lors d’un cours street photography]

 

5. Trop de post-production ou le back-up du noir et blanc

La retouche photo ne doit pas faire office de cache-misère,. De même pour le noir & blanc. Une photo ratée n’est pas à sauver. En revanche, une photo réussie peut être retouchée  parce qu’elle est belle sans retouche, ou qu’elle exprime quelque chose, qu’elle n’a pas de problème technique majeur qui influence forcément le résultat de votre image (sous-exposition, surexposition, floue…).

Le Noir et Blanc peut sembler être une solution, mais détrompez-vous. C’est une erreur commune à éviter. Une mauvaise photographie le restera, même en Noir et Blanc. La profondeur d’une photographie, sa qualité, ne se résume pas au monochrome ni à la couleur. Il s’agit de savoir quel est le message porté, la volonté de l’auteur, sa perception de la photographie. Chacun apporte sa pierre à l’édifice. L’essentiel est de ne pas oublier qu’une photo ratée en couleur le sera tout autant en noir et blanc.

 

 

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[Photo de l’un de nos élèves lors d’un cours street photography]


 

 

La Street photography : que faut-il faire pour améliorer ses clichés ?

Il faut travailler sa sensibilité et sa technique en faisant des photos ! La pratique est ce qui vous permettra de progresser, exercez vous dans toutes les situations, de jour comme de nuit, en plein soleil ou sous la pluie, en contre-jour. Laisser aller vos envies, votre créativité. Garder en tête que votre photo Street doit attirer le regard, surprendre, avoir du sens et raconter une histoire. S’il est difficile de se situer entre ce qu’il faut faire et ne pas faire, rappelons que tout est une question d’équilibre.

1. Les multiplier

Il n’y a pas de secrets. C’est en photographiant que l’on apprend à photographier. Il faut multiplier les clichés pour s’améliorer, on rate 100% des photos que l’on ne fait jamais. Si vous râté un cliché, recommencer, changer de position, de réglage, de point de vue, bref! Entraînez-vous, approchez-vous de vos sujets, ouvrez l’œil et n’hésitez jamais à photographier! Votre image n’est pas bonne, ce n’est pas grave, il y en aura pleins d’autres!

 

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[Photo de l’un de nos élèves lors d’un cous street photography]

 

2. Faire attention à la lumière

La lumière est un élément essentiel quel que soit le type de photo que vous souhaitez faire. Nous dirons même crucial! Car la lumière c’est le cœur de la photographie. Travailler la lumière,  composer avec elle lors d’une sortie Street est indispensable. Savoir l’analyser, l’étudier permet de réussir ses photographies (en matière d’éclairage en tout cas) multiplier les possibilités, ouvrir la voie à de nombreux effets, développer sa réactivité. En jouant avec elle, vous pouvez choisir quels éléments occuperont le champ éclairé et quels éléments seront dans l’ombre.

Lumière!

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Le soleil illumine le sujet principal aligné selon la règle des tiers [Photo de l’un de nos élèves lors d’un cours street photography]

 

3. Penser à l’arrière-plan

Encore une fois, cela peut paraître évident. Et pourtant, il arrive d’être tellement distrait par le sujet principal que  le résultat peut se révéler surprenant et l’on peut découvrir un élément perturbateur. Un  bel arrière-plan peut mettre en valeur le sujet principal, lui donner de la profondeur , un intérêt. Il arrive qu’une photo soit ratée simplement parce que l’arrière plan dénote du premier, ou parce qu’il prend une place trop importante par rapport au premier plan, qui ne se détache plus du second.

 

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Grâce à l’arrière-plan, l’histoire est toute trouvée ! [Photo de l’un de nos élèves lors d’un cours street photography]

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Thomy Keat a recadré l’image de notre élève et « là on s’interroge, on apporte un coté rigolo à la photo »

 

4. Utiliser la technique du « Zone focus »

Cette technique est idéale pour la Street photography. Réglez votre ouverture pour obtenir une certaine profondeur de champ, faites une mise au point manuelle sur un objet situé à la distance que vous souhaitez et débraillez l’autofocus. Cette distance ainsi calibrée vous permettra de ne pas perdre de temps en effectuant la mise au point à chaque fois que vous souhaitez capturer un moment sur le vif (celui-ci doit se passer dans cette zone de netteté). Une technique toujours très appréciée des Street photographer et des reporters.

 

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Ready to Zone focusing ? [Photo de l’un de nos élèves lors d’un cours street photography]

 

5. Se faire plaisir et se laisser surprendre !

Toutes ces règles ne doivent pas vous décourager! Le plaisir de la Street photo est aussi (et surtout) de vous faire plaisir, de flâner et de vous laisser surprendre par tout ce qui vous entoure ! Travailler avant tout votre curiosité et votre sensibilité !

 

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Non cherche pas, c’est entre lui et moi. [Photo de l’un de nos élèves lors d’un cours street photography]

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