« Voir Naples et mourir » est une célèbre expression vantant à l’origine la beauté de la ville italienne, Sam Gregg se l’est donc approprié pour nommer sa série.
Aujourd’hui, elle n’est pas sans rappeler la violence des organisations criminelles qui sévissent à Naples.
« Quoi qu’on dise, quoi qu’on raconte ou qu’on dépeigne, Naples dépasse tout : la rive, la baie, le golfe, le Vésuve, la ville, les campagnes voisines, les châteaux, les promenades… J’excuse tous ceux à qui la vue de Naples fait perdre les sens. »
– Johann Wolfgang von Goethe, Voyage en Italie
Tout comme le célèbre auteur allemand, Sam Gregg a lui aussi succombé au charme de Naples à l’occasion d’un voyage. Un amour qu’il déclare dans sa magnifique série « See Naples and Die ».

Employé à l’origine dans l’industrie cinématographique à un poste qui ne le satisfaisait pas, c’est il y a 5 ans qu’il trouve dans la photographie un exutoire créatif. Il est aujourd’hui spécialisé dans le portrait et la photographie documentaire. Travaillant en argentique (Mamiya 7 et Contax G2), il aborde une approche photographique proche des mouvements réalistes et humanistes.
« Dans un monde de plus en plus homogène, mon travail est une célébration de l’individualisme et de ceux qui vivent en marge de la société. »
– Sam Gregg

Follement amoureux de la ville suite à sa première visite, il décide en 2016 de sauter le pas et d’y emménager. Peu de temps après son arrivé, il trouve un poste d’enseignant d’anglais dans une école. Il profite alors de son temps libre pour explorer la ville. Portraits, moments de vie, Sam Gregg réalise des clichés touchants et empreints de vérité. L’esthétisme de la composition et de la lumière de ces photographies subliment la partie brut de ces instants.

Profondément inspiré par la rue, c’est tout naturellement en marchant et discutant avec les gens qu’il construit ce projet photographique. Les images qui composent la série « See Naples and Dies » ont principalement été prises quatre des zones du centre de Naples : Rione Sanità, le quartier espagnol, Forcella et Santa Lucia. Imprégnés d’histoire et de tradition, elles se trouvent également être certaines des parties les plus instables de la ville.
Car loin des éloges d’auteurs passés tels que Goethe, Alexandre Dumas père ou encore Stendhal, il ne faut pas oublier que la ville jouit ces dernières années d’une image liée à la criminalité organisée. En effet, l’organisation mafieuse Camorra – mis en avant avec la série télé Gomorra, tirée du livre éponyme – est aujourd’hui fatalement liée à la ville de Naples.


À LIRE AUSSI :
- Rencontre avec l’Italie : la street photography de Sara Camporesi
- « Sicily, the 51st State », la vision utopique de la Sicile illustrée par Francesco Aglieri Rinella
- Piko Paseos photographie les gangs de Manille aux Philippines