La première photo de l’histoire a nécessité plusieurs heures de pose. Aujourd’hui, vous en faites des dizaines en quelques secondes. Retour sur deux siècles d’une invention qui a tout changé.

En 2026, la photographie fête ses 200 ans. C’est du moins la date qu’a retenue la France pour célébrer l’invention de Nicéphore Niépce — et le ministère de la Culture a lancé un programme national qui court jusqu’en septembre 2027, avec des expositions dans une trentaine de pays. Une bonne occasion, pour nous, de revenir sur ce chemin extraordinaire : de la plaque de verre enduite de bitume jusqu’à l’objectif de votre téléphone.

Car la photographie n’est pas née d’un seul coup de génie. Elle s’est construite par strates successives, chaque génération bousculant ce que la précédente croyait définitif.

Trois ruptures qui ont tout changé en photographie

Le Point de vue du Gras (héliographie de Niépce, ~1826)
vers 1826

Niépce et la première image fixe

Depuis une fenêtre de sa propriété bourguignonne, Nicéphore Niépce réussit à fixer une image sur une plaque enduite de bitume de Judée. Le temps de pose ? Plusieurs heures, peut-être une journée entière. L’image est floue, sombre, presque illisible. Et pourtant : c’est la première photographie permanente de l’histoire. Ce procédé, qu’il appelle héliographie, pose le principe fondateur : la lumière peut écrire.

Le Point de vue du Gras (héliographie de Niépce, ~1826)
vers 1826

Niépce et la première image fixe

Depuis une fenêtre de sa propriété bourguignonne, Nicéphore Niépce réussit à fixer une image sur une plaque enduite de bitume de Judée. Le temps de pose ? Plusieurs heures, peut-être une journée entière. L’image est floue, sombre, presque illisible. Et pourtant : c’est la première photographie permanente de l’histoire. Ce procédé, qu’il appelle héliographie, pose le principe fondateur : la lumière peut écrire.

1839 – années 1970

L’ère argentique : un siècle et demi de pellicule

Du daguerréotype de 1839 (présenté à l’Académie des sciences, déclenchant une véritable fièvre mondiale) jusqu’aux pellicules couleur des années 1970-80, l’argentique a structuré toute la pratique photographique. Chaque cliché coûtait quelque chose — en argent, en temps, en attention. On visait juste avant d’appuyer. Le collodion humide, procédé emblématique du XIXe siècle, permettait déjà des rendus d’une finesse époustouflante sur plaque de verre, avec une profondeur que beaucoup d’amateurs redécouvrent aujourd’hui.

Un portrait daguerréotype
années 2000 – aujourd’hui

Le numérique et le smartphone : la photo pour tous

L’avènement des capteurs numériques, puis des smartphones, a radicalement démocratisé la pratique. Des milliards de photos prises chaque jour dans le monde. L’accès est total — et c’est précisément pour ça que le regard, la composition, la maîtrise de la lumière redeviennent des compétences précieuses. Quand tout le monde peut appuyer, savoir pourquoi appuyer fait toute la différence.

Curieux de renouer avec les origines ? Le collodion humide ; ce procédé du XIXe siècle qui donne naissance à des ambrotypes uniques sur plaque de verre ; est au cœur de l’un de nos ateliers les plus singuliers. Vous repartez avec une œuvre que vous avez réalisée de vos mains, impossible à reproduire à l’identique.

DÉCOUVRIR L'ATELIER COLLODION HUMIDETOUS NOS COURS ARGENTIQUE
initiation au collodion humide à Paris

Ce que 200 ans de photographie nous apprennent

À chaque grande rupture technique, les mêmes questions sont revenues : est-ce encore de l’art ? La photographie va-t-elle tuer la peinture ? Le numérique va-t-il tuer l’argentique ? Et aujourd’hui, l’IA va-t-elle tuer la photographie ?

La réponse de l’histoire est constante : non. Chaque révolution technique a élargi le champ des possibles sans effacer ce qui existait. L’argentique connaît aujourd’hui un vrai renouveau ; notamment chez les jeunes photographes qui cherchent à ralentir, à habiter chaque déclenchement.

Ce que deux siècles de photographie confirment, c’est que la technique évolue, mais que le fondement reste le même : un regard, une lumière, un instant. C’est ce que l’on travaille dans chaque cours, qu’il soit numérique, argentique ou smartphone.

Vous photographiez au numérique ou avec votre téléphone ?
Nos cours couvrent l’ensemble du spectre,  des bases techniques jusqu’aux sorties créatives avec smartphone en ville.

Les événements du bicentenaire à ne pas manquer

Bicentenaire de la photographie Claude Cahun, alias Lucy Schwob 1894-1954) (Autoportrait, Don't kiss me I'm still in training, 1927. Tirage argentique sur papier. Collections FRAM Pays de la Loire. Musée d’arts de Nantes, 2000. No inv. 2000.9.1.PH. Domaine public, Musée d’arts de Nantes. Numérisation Cécile Clos

Le programme officiel du Bicentenaire de la photographie, porté par le ministère de la Culture, s’étend de septembre 2026 à septembre 2027. Au menu : une grande exposition-manifeste au Grand Palais en coproduction avec le Centre Pompidou, des accrochages au musée d’Orsay et à la BnF, ainsi que des temps forts dans les festivals incontournables : Rencontres d’Arles, Festival Photo La Gacilly, musée Nicéphore Niépce à Chalon-sur-Saône. 182 projets labellisés en France et dans une trentaine de pays.
Pour les festivals de l’été, nous avons a déjà publié notre sélection 2026 : Arles, La Gacilly et les autres, avec dates et conseils pratiques.

Et pour ne rien manquer tout au long de l’année du bicentenaire, rendez-vous régulièrement sur notre agenda photo dans lequel nous recensons expositions, festivals et événements à venir au fil des mois.