À travers l’objectif du photographe néo-zélandais Jay Lichter, l’infiniment petit se métamorphose en un univers presque fantastique. Ses images nous invitent à découvrir un monde jusqu’alors invisible, où la nature dévoile une richesse insoupçonnée. Jeux de couleurs intenses, textures délicates et formes étonnantes se déploient avec poésie, révélant les champignons et les Myxomycètes comme de véritables œuvres d’art naturelles. Cette approche photographique sublime le banal et nous rappelle avec force le pouvoir de la photographie : celui de transformer l’ordinaire en extraordinaire et de révéler la magie cachée du monde vivant.

Découvrez l’univers microscopique du photographe Jay Lichter à travers une interview exclusive.

macrophotographie du photographe Jay Lichter
© Jay Lichter

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur votre parcours et ce qui vous a amené à débuter la photographie ?

Je n’ai aucune formation en photographie ni dans aucun domaine artistique, mon intérêt pour les champignons est nettement antérieur à celui pour la photographie. J’ai commencé à prendre des photos avec mon smartphone, et plus je passais de temps à observer, plus je découvrais de minuscules détails, ce qui m’a poussé à investir dans un équipement adapté à la macrophotographie. Une grande partie de la photographie consiste simplement à être à l’extérieur, dans les magnifiques forêts et la brousse néo-zélandaises. J’avais également vu d’autres personnes sur Instagram obtenir des résultats vraiment incroyables, en particulier avec des champignons, alors je me suis dit que cela valait la peine d’essayer. 

Qu'est-ce que vous aimez dans la macrophotographie ?

La macrophotographie est extrêmement gratifiante pour plusieurs raisons. Pour moi, comme pour beaucoup d’autres personnes, je pense, le plus gratifiant est de pouvoir révéler les minuscules mondes cachés qui nous entourent (en permanence) mais que pratiquement tout le monde ignore. Tous ces petits organismes et ces scènes incroyablement beaux se trouvent tout autour de nous, mais ils sont complètement invisibles. Le simple fait de pouvoir révéler les détails de champignons et d’objets plus grands, comme la texture des lamelles ou des pieds, est vraiment satisfaisant. Cela a un certain charme, comme une chasse au trésor : sortir pour trouver un beau sujet, puis passer du temps à prendre une photo correcte est un processus vraiment agréable, et je tire une grande satisfaction de pouvoir mettre en valeur toutes ces choses incroyables qui sont cachées.

Techniquement, comment réalisez-vous ces images ?

J’utilise un appareil photo OM1 Mark II Om System, équipé d’un objectif macro 90 mm f3.5 IS PRO. Cette combinaison est excellente pour tout ce qui touche à la macro, car elle permet d’obtenir une grande clarté dès le départ, même à fort grossissement. J’ajoute parfois le téléconvertisseur MC20 pour augmenter le grossissement. Je les associe à un flash Godox V860 et à un diffuseur Cygnustech afin de m’assurer que les sujets sont correctement éclairés. Le diffuseur est sans doute l’un des éléments les plus importants du kit, car il répartit la lumière de manière uniforme sur les sujets et garantit l’absence de reflets ou d’éblouissements.

Le processus utilisé pour obtenir des photos nettes s’appelle le bracketing de mise au point ou l’empilement de mise au point. Il nécessite de prendre une série d’images (parfois jusqu’à plus de 200) à différents points focaux, chacune capturant une fine tranche de l’image avec des détails nets. Ensuite, chaque tranche est combinée à l’aide d’un logiciel de traitement appelé Helicon Focus, qui extrait essentiellement chaque tranche nette et les combine pour former une image nette. Lorsque l’on travaille avec des grossissements très élevés, la profondeur de champ est extrêmement faible, ce qui nécessite de nombreuses images pour capturer un sujet.

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© Jay Lichter

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