“2026 is the new 2016” : la nostalgie gagne aussi la photo
Le slogan “2026 is the new 2016” circule sur TikTok et Instagram depuis fin 2025 et a commencé à être largement partagé au début de 2026, comme un clin d’œil nostalgique aux codes culturels du milieu des années 2010.
La tendance ne s’arrête pas aux vêtements ou à la musique. Elle touche aussi notre façon de regarder et de créer les images. On se rappel à l’époque, les feeds instagram prennent des airs de retour vers le passé : grain sur les photos, filtres pastel, selfie au flash frontal.
Mais derrière cette vague esthétique, quelque chose de plus profond apparaît : un besoin de revenir à une période perçue comme plus simple, plus lente, moins saturée d’algorithmes.
Quand la photo reprend son temps...
Aujourd’hui, on prend dix fois la même photo “au cas où”. Je ne sais pas vous, mais ma galerie frôle les 30 000 clichés (oui, le tri attend toujours).
Face aux milliers d’images stockées dans nos téléphones et la facilité avec laquelle on prend des photos, l’argentique impose un cadre : le coût de la pellicule et du développement, et surtout, l’incertitude du résultat.
36 poses. Pas une de plus. On réfléchit avant d’appuyer. On accepte le flou. On attend le développement.
Pour la génération qui a grandi avec Instagram et les filtres numériques, le grain et les couleurs légèrement délavées des clichés argentiques ne sont pas des défauts, mais des marqueurs d’authenticité et de caractère.
C’est l’opposé de la retouche infinie, offrant une matérialité et une texture que le numérique peine à reproduire, même avec des applications sophistiquées.
.....et que la technologie revisite le passé
Les fabricants de pellicules, comme Kodak ou FujiFilm, connaissent un regain d’intérêt spectaculaire. Les appareils photo instantanés réapparaissent dans les soirées, les festivals et les voyages, non seulement pour leur look « vintage », mais aussi pour leur capacité à capturer l’ambiance brute et spontanée que l’on associe à la période pré-saturée des réseaux sociaux.
Et puis il y a les hybrides nouvelle génération, comme l’Instax Mini Evo : à la fois appareil instantané, imprimante pour smartphone et caméra vidéo. Cet objet mêle technologie et esthétique rétro, presque comme si deux époques s’étaient glissées dans le même appareil.
Sa particularité tient aussi à son sélecteur de filtres inspirés d’autres temps. On peut y voir une petite machine à voyager dans le passé, version poche.
Plus qu’une simple tendance vintage ?
La musique avait déjà ouvert la voie avec le retour du vinyle. La photo, à son tour, suit le mouvement.
Ce retour ne se résume pas à une mode vintage. Il raconte surtout l’envie de toucher les images, de prendre le temps d’attendre et d’accepter que certaines photos ne soient pas parfaites.
Peut-être que la simplicité du smartphone a rendu le geste photographique presque invisible. L’argentique, lui, réintroduit une forme de résistance : on ne peut pas tout contrôler.
Peut-être qu’en 2026, on ne cherche pas seulement à ressembler à 2016. On cherche surtout à retrouver ce petit frisson qui accompagnait autrefois le moment de déclencher… comme si chaque photo comptait un peu plus.
2016 chez Graine de Photographe
Chez Graine de Photographe, la nostalgie nous a aussi rattrapés. Alors on a fouillé dans nos archives et ressorti quelques articles publiés en 2016. Une petite capsule temporelle qui montre comment on parlait photo à l’époque… et qui, finalement, résonne encore pas mal aujourd’hui.
Pour prolonger ce petit voyage dans le temps, voici trois articles à (re)découvrir :
- Les photos minimalistes d’Adrien Leyronas
- Liberté, érotisme et tranquillité : les nus de Chill
- Space Ram, l’architecture new-yorkaise ultra colorée de Ramzy Masri






