Street Is A Woman : le regard de 250 femmes photographes de rue
STREET IS A WOMAN
Depuis janvier 2024, un collectif change discrètement le paysage de la photographie de rue en France. Street Is A Woman, fondé par la photographe Ella Kowalska, rassemble aujourd’hui plus de 250 femmes photographes de rue, basées en France ou françaises installées à l’étranger.
Le constat de départ est simple. Les femmes qui pratiquent la photographie de rue sont nombreuses, mais leur travail reste peu visible : rarement présent dans les expositions, les publications ou les bourses artistiques. Ella Kowalska résume ainsi sa démarche :
« Le projet de ce collectif naît de ma volonté de mettre en lumière la présence et le regard subjectif des femmes photographes dans l’espace urbain. »
Au-delà de la mise en visibilité, le collectif fonctionne comme un espace d’entraide : formations gratuites, sorties photo, analyses d’images, temps d’échange. Il collabore aussi avec le réseau international Women in Street, affirmant une dimension qui dépasse les frontières françaises.
Le 23 juin 2026, Street Is A Woman a lancé sa galerie en ligne. Plus de 80 photographes y disposent déjà d’un espace personnel pour présenter leur parcours et leurs séries, pensé comme un outil de découverte pour les médias, les festivals et les professionnels de l’image.
Quelques repères marquants :
- Octobre 2024 : première exposition collective, « Elles par elles », à Nice, avec les regards de 50 photographes
- 2025 : reprise de cette curation dans le cadre du festival Image Publique à Rennes
- Mars 2025 : sortie du documentaire Reclaim the Streets, produit par WaterBear et Park Village en collaboration avec Nikon
- Un livre collectif, premier ouvrage documentant les femmes photographes de rue en France, est attendu courant 2026
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Zhitong et l'art du flou par Vincent Binant
Vincent Binant
Vincent Binant photographie là où la beauté du corps et de la nature se heurte à quelque chose de plus trouble, une tension sourde entre ce qui est montré et ce qui résiste au regard.
Guidé par l’envie de suggérer des émotions par le mouvement ou l’abstraction, il voit la photographie comme le seul médium qui lui soit vraiment propre.
« Je n’ai jamais pu vivre sans créer, mais c’est dans la photographie que j’ai trouvé le médium qui m’est le plus propre, en me servant d’une réalité dont je me moque totalement, une réalité dont je suis détachée, que je réinterprète pour ne jamais rester passif face à celle donnée, plutôt pour livrer la mienne, souvent déformée, mais toujours esthétique » (Dossier de Presse)
C’est dans cet esprit que naît Zhitong, une série présentée cette année au Festival Photo de Martagny. Des silhouettes de haute couture perdues dans des espaces industriels, une lumière qui effleure sans jamais tout révéler, des visages masqués ou à peine discernables.
La série pose une question : dans un monde qui exige visibilité et performance, que reste-t-il à ceux qui choisissent l’ombre ?
Pourquoi Zhitong ?
Zhitong est le prénom de la mannequin qui incarne cette série. Il m’a semblé essentiel, comme je le fais systématiquement pour l’ensemble de mes travaux, de donner son nom à cette série par pur respect pour sa présence et son implication.
Il porte en lui une résonance qui cristallise cette « morale de l’ombre » que je voulais explorer. Dans une société qui impose l’injonction à la visibilité totale, ce nom désigne cette figure qui ne cherche plus à plaire à la norme, mais qui choisit de s’habiller pour honorer sa propre existence.
Zhitong, c’est le nom de cette posture radicale : celle de la maîtrise absolue de notre « soi » face à l’adversité du réel. En lui offrant le titre de cette série, j’ai voulu célébrer une esthétique qui refuse de se vendre pour exister, et affirmer que l’art reste l’ultime espace de liberté où l’individu se définit lui-même.
Y a-t-il une image de cette série, ou du processus qui l’a précédée, qui te tient particulièrement à cœur ?
Deux photos de la série me sont particulièrement chères
Tout d’abord celle-ci (en haut) car elle démontre parfaitement cette idée de volonté d’ailleurs, d’évasion, par le mouvement, la valise, le regard loin mais en définitive elle n’ira nulle part, elle sera forcée à accepter de rester dans ce vase clos et de combattre avec sa propre condition pour enfin l’accepter.
Puis dans un second temps, celle-ci (en bas) qui selon moi traduit parfaitement la suite de ce travail d’introspection et d’acceptation, elle se résigne enfin à accepter sa condition, reconnaît qu’il n’est pas nécessaire d’un ailleurs pour se plaire. La forme divine laisse à penser qu’elle se sent enfin en paix avec elle-même et qu’elle est arrivée au bout de son chemin pour enfin vivre mieux.

Le Festival Photo Martagny
Le Festival Photo Martagny, dans le Vexin normand, fête sa 9e édition du 13 juin au 30 août 2026 en transformant le village de Martagny en galerie à ciel ouvert avec onze expositions, dont celle de Vincent Binant.
Cette exposition au sein du Festival Photo de Martagny est née de la rencontre avec son directeur Laurent Lucas en qui j’ai un profond respect et qui, en plus de m’avoir laissé carte blanche, m’a proposé de réaliser l’affiche du festival.
J’ai donc réfléchi, écrit et réalisé cette série spécialement pour le festival, en travaillant une fois de plus sur des sujets qui me concernent particulièrement, notamment notre place dans la société, en l’occurrence au travers de sa validation par les autres
Votre agenda photo de l'été 2026
Cet été, partez à la découverte des expositions photo près de chez vous.
Au programme : des rétrospectives d’artistes, des regards croisés sur le racisme et les discriminations, des photographies d’archives, des portraits de sociétés fermées et des séries intimistes, et bien d’autres encore.
Ce sont les derniers mois avant le début du Bicentenaire de la Photographie, qui s’ouvrira officiellement en septembre 2026, mais en attendant, les galeries, musées et espaces publics ont de quoi occuper tout l’été. De Paris à Lyon, de Toulouse à Bordeaux, en passant par Aix-en-Provence, les rendez-vous ne manquent pas.
Les expositions photo
The Passenger - Sebastien J.Zanella
À Paris, la galerie Polka accueille jusqu’au 25 juillet The Passenger, première exposition de la galerie consacrée à Sébastien J. Zanella.
Né d’un long voyage de la Turquie au Sahara, en passant par Hawaï et l’Amérique latine jusqu’aux Canaries où il vit, ce travail s’éloigne de toute ambition documentaire : paysages traversés, présences furtives, lumières mouvantes composent un récit où l’expérience du regard prime sur l’affirmation. « Plus je perdais mes illusions, plus je me sentais appartenir au vivant », écrit l’artiste.
Entrée libre.
Lieu : Polka Galerie, Paris 3e.
Hakanai Sonzai - Pierre-Elie de Pibrac
À Toulouse, la galerie Le Château d’Eau accueille jusqu’au 30 août Hakanai Sonzai, une exposition de Pierre-Elie de Pibrac.
Le titre signifie « je me sens moi-même une créature éphémère ». Au Japon, le photographe va à la rencontre de yakuzas, rescapés de Fukushima, hikikomori et « évaporés », saisis à la chambre dans des portraits longuement construits où chacun livre sa fragilité.
L’exposition mêle grands formats couleur et noir et blanc inspirés de l’Ukiyo-e, autour du concept japonais de mono no aware, la sensibilité à l’impermanence des choses.
Lieu : Galerie le Château d’Eau, Toulouse.
Aux origines - Regards croisés sur le racisme et les discriminations
À Paris, le Palais de la Porte Dorée accueille jusqu’au 23 août Aux origines. Regards croisés sur le racisme et les discriminations, une exposition collective réunissant une quarantaine d’artistes contemporains, dont Kara Walker, Roméo Mivekannin et Angélica Dass.
Le parcours met en dialogue des œuvres d’art et des travaux scientifiques (INED, Défenseur des droits, projet européen UNDETERRED) pour interroger comment l’esclavage et la colonisation ont façonné des manières de voir encore actives aujourd’hui, à travers l’école, le logement, l’emploi ou les contrôles policiers, tout en donnant à voir des formes de résistance et de réappropriation.
Commissariat : Farah Clémentine Dramani-Issifou.
Tarif plein 16€, réduit 13€.
Lieu : Palais de la Porte Dorée, Paris 12e.
NUL SOLEIL. MAIS LE FEU - Alain Willaume
Jusqu’au 5 septembre, Alain Willaume présente sa série photographique NUL SOLEIL. MAIS LE FEU à Simultania Pôle de photographie de Strasbourg.
Cette série est née durant sa résidence à la Villa Kujoyama à kyoto durant l’hivers 2024. Un travail réalisé au coeur d’une contré où « nul soleil ne luit ». Une oeuvre faite d’images énigmatiques qui font le récit de la tension et de la vulnérabilité d’un Japon « sans soleil » au 21e siècle.
Le photographe sera également présent aux Rencontres d’Arles, du 6 au 11 juillet, dans l’ancien bâtiment de l’École Nationale Supérieure de la Photographie, en compagnie de Yohanne Lamoulère.
Lieu : Simultania Pôle de photographie, Strasbourg.
Retrospective - Camille Vivier
Jusqu’au 13 septembre, la MEP à Paris accueille la première rétrospective consacrée à Camille Vivier.
Depuis vingt-cinq ans, l’artiste développe une pratique à la croisée de la photographie d’auteure et de la photographie de mode, centrée sur le corps et la nature morte. Ses modèles, souvent des bodybuildeuses comme Sophie, Tjiki ou Deborah, dialoguent dans des mises en scène énigmatiques avec des objets anthropomorphes, des sculptures monumentales aux décors biomécaniques imaginés par H.R. Giger pour Alien.
Le parcours réunit une dizaine de séries et près d’une centaine d’œuvres, tirages argentiques, numériques et Polaroïds.
Commissariat : Victoria Arescheva.
Lieu : MEP, Paris 4e.
Une vie - Madeleine de Sinéty
Le Jeu de Paume accueille l’exposition Une vie de Madeleine de Sinéty, jusqu’au 27 septembre 2026 à Paris.
Première rétrospective consacrée à Madeleine de Sinéty, l’exposition met en avant plusieurs de ses séries photographiques totalement inédites, dont l’œuvre a été peu montrée de son vivant.
Une exposition qui entremêle ses allers-retours quotidiens entre la France et les États-Unis, en documentant Une vie dont elle est témoin. Guidée par une soif de mémoire, elle capture les coutumes, gestes, lieux, pratiques, dont beaucoup ont été amenés à disparaître, tentant d’en garder le souvenir.
Lieu : Jeu de Paume, Paris 1
Corée du Nord - Stephan Gladieu
La Corée du Nord est l’une des dictatures les plus fermées au monde. C’est dans ce pays sous contrôle absolu que le photographe Stéphan Gladieu s’est rendu cinq fois entre 2017 et 2020, pour réaliser la série de portraits que présente le musée des Confluences à Lyon jusqu’au 2 janvier 2028.
Autorisé mais accompagné en permanence, il recrée, avec son studio photographique mobile, un espace de liberté en jouant avec les arrière-plans et les codes de la propagande : du salon de coiffure à la patinoire, de l’usine à la rizière, une quarantaine de portraits ouvrent autant de fenêtres sur la vie quotidienne nord-coréenne.
La mise en scène, soigneusement étudiée, offre une approche humaniste d’individus habituellement fondus dans le collectif. Le travail sur les couleurs et la répétition des poses interrogent la frontière entre réalité et représentation, entre identités propres et apparences codifiées.
Lieu : musée des Confluences, Petite galerie, Lyon.
L'Espace entre nous - Collection du Wilson Centre for Photography
A l’occasion du Bicentenaire de la photographie, Le BAL ouvre ses portes jusqu’au 3 janvier 2027 à la première exposition de la collection Wilson Centre for Photography, constitué par Michael et Jane Wilson.
L’exposition met en valeur 120 tirages d’archives qui interrogent le lien qui unit le photographe et son sujet au moment de la prise de vue. Chaque image pose la même question : que révèle la prise de vue de la relation entre ces deux corps, de leur complicité, de leur face-à-face, du pacte silencieux scellé par le regard ?
Lieu : LE BAL ,Paris 18
Photographe, 1963-64 : Eyes of the Storm - Paul McCartney
Du 4 juillet au 3 janvier 2027, le musée Granet d’Aix-en-Provence présente pour la première fois en France, une exposition des photographies du célèbre musicien du groupe les Beatles, Paul McCartney.
250 clichés pris entre 1963 et 1964 retracent une période intense dans l’ascension des Beatles sur la scène internationale. Des images qui révèlent les backstages de la tournée, de l’Europe aux États-Unis : les coulisses des concerts, les chambres d’hôtel, l’agitation des foules. Un regard intime et rare, celui d’un membre du groupe sur sa propre vie, au cœur de la tempête.
Lieu : Musée Granet, Aix-en-Provence
Art de vivre - Martin Parr
Dans les jardins de la Cité du Vin, à Bordeaux, les photographies de Martin Parr s’exposent jusqu’au 20 septembre en plein air, au fil d’un parcours appelé Art de Vivre.
Martin Parr a immortalisé pendant près de 40 ans des moments de convivialité : fêtes, réceptions, repas partagés, célébrations collectives.
À travers une sélection de clichés réalisés entre 1988 et 2023, principalement à Bristol et en France, le parcours capte l’énergie des rassemblements populaires et des instants de convivialité, avec ce regard à la fois ironique et bienveillant qui fait la singularité de son œuvre.
L’exposition comprend également la série Flowers (1999), consacrée aux fleurs dans l’espace public, au premier plan sur fond de fragments de vie quotidienne.
Lieu : Jardins de la Cité du Vin, Bordeaux.
Sur la pointe des pieds - Noémie Lecampion
Avec Sur la pointe des pieds, la photographe documentaire Noémie Lecampion s’intéresse aux adultes porteurs de troubles du spectre autistique, souvent diagnostiqués tardivement. L’exposition est à découvrir jusqu’au 20 août à la Mairie du 10e.
À travers le quotidien de sujets âgés de 20 à 60 ans, ses photographies argentiques, frontales et sans mise en scène, donnent à voir la réalité de ce handicap invisible. Chacun choisit lui-même le moment de la prise de vue grâce à une poire de déclenchement, restant ainsi maître de son image.
Fruit d’un travail de plusieurs années, la série souligne la singularité des parcours tout en faisant émerger un discours commun, loin des clichés.
Lieu : Mairie du 10e, Paris.
La photographie en toutes lettres - Exposition Collective
Également présentée à la Maison Européenne de la Photographie, l’exposition La photographie en toutes lettres est à découvrir jusqu’au 13 septembre 2026. Elle réunit 36 artistes issu(es) de la Collection d’entreprise Neuflize OBC et des collections de la MEP.
Construite autour de l’image d’un abécédaire accessible au public, l’exposition cherche à croiser les regards entre l’ensemble des œuvres, loin de toute histoire linéaire. Chaque lettre devient un mot, chaque mot convoque un ensemble d’œuvres qui conversent entre elles.
Lieu : La MEP, Paris 4
Ce que vous pouvez encore voir de nos agendas précédents
- Fragilités et Résiliences de Thibault Gerbaldi – Jardin du Luxembourg, Paris 6 (jusqu’au 19 juillet)
- Instants Polaroid d’Alain Guillemaud – Les Archives municipales de Lyon. (jusqu’au 11 juillet)
- Rétrospective de Lee Miller – Le Musée d’Art Moderne, Paris 16. (jusqu’au 2 août)
- Les Grands Âges de Nikos Aliagas – Le Musée de l’Homme, Paris 16.
- Robert Capa – Photographe de Guerre, Musée de la Libération de Paris Paris 14e.
- Marthe Lazarus, Studio de Mémoire Magnétique,Paris 15
- Umbrales, Une poétique de l’image de Javier Silva Meinel à la Maison de l’Amérique latine, Paris 7e. (jusqu’au 25 juillet)
- Eboro de Nuits Balnéaires à la Fondation Henri Cartier-Bresson, Paris 3e.
- Diseños habitados de Chema Madoz & Helena Almeida à la Galerie Le Château d’Eau, Toulouse. (jusqu’au 23 août)
- Watching TV de Olivier Culmann au Pont Saint-Ange, Paris 10e. (jusqu’au 24 juillet)
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Pratiquer la Street Photography à Paris : nos meilleurs spots
Cet article fait partie de notre guide complet sur la photographie de rue.
Vous voulez vous lancer dans la street photography à Paris, mais vous ne savez pas vraiment par où commencer ? Si vous partez de zéro, commencez par lire nos conseils pour débuter la street photo, ça vous évitera quelques faux pas. Et si la question du droit à l’image vous trotte encore dans la tête, notre article dédié au sujet répondra à toutes vos interrogations avant de sortir l’appareil.
Pour ceux qui se sentent prêts : voici nos spots préférés pour shooter dans les rues de Paris.
Les quais de Seine
Des bouquinistes du quai de la Tournelle des terrasses animées du quai de Montebello, aux baignades au bras de Marie, les bords de Seine offrent une palette de scènes qui change au fil des heures et des saisons. Du matin au soir, le quai change de visage : coureurs matinaux, baigneurs de l’après-midi, fêtards du soir, une seule adresse pour des dizaines d’images possibles.

Le quartier de l’Opéra
Quartier de prédilection de Thomy Keet, photographe et enseignant chez nous, l’Opéra Garnier et ses alentours offrent une scénographie unique. Entre les grands boulevards, les façades haussmanniennes des grands magasins et le flux continu de passants pressés, il y a de quoi shooter pendant des heures. Un endroit ou l’architecture ajoutent une densité visuelle rare, parfaite pour jouer avec les contrastes entre architecture et humanité.

L’île de Saint-Louis
Véritable village dans la ville, l’île Saint-Louis concentre en quelques ruelles une atmosphère à part, suspendue entre deux siècles. C’est aussi là que se trouve notre studio photo, si vous voulez progresser entre deux sessions de repérage, nos cours de street photography se déroulent à deux pas.

Bastille et le Canal St-Martin
La place de la Bastille concentre à elle seule plusieurs visages de Paris : l’architecture monumentale de la Colonne de Juillet, la foule qui transite en permanence et, juste derrière, le canal Saint-Martin et le port de l’Arsenal. C’est un spot généreux, qui offre autant d’angles que de lumières différentes selon l’heure.
Quand la canicule s’installe, le canal Saint-Martin devient un terrain de jeu idéal, les Parisiens s’y retrouvent en nombre, les pieds dans l’eau ou allongés sur les berges. La lumière y est belle en fin de journée, rasante sur le canal, parfaite pour jouer avec les reflets.
Les passages parisiens
Couverts, hors du temps, les passages parisiens offrent une lumière filtrée par le verre et l’acier qui change toutes les heures. Si vous voulez les découvrir, on organise régulièrement des balades photo dédiées, une bonne façon de shooter en groupe plutôt que seul.

Les marchés
Moins spectaculaire sur le papier, mais souvent riche en portraits : les marchés de quartier. C’est là que la ville se lève tôt, que les habitués et commerçants se retrouvent, un terrain parfait pour travailler la discrétion et la proximité.

Montmartre
Si vous êtes prêt à gravir les marches du point le plus haut de Paris, Montmartre vous récompensera au lever du soleil avec sa lumière dorée et ses ruelles encore endormies. Plus tard dans la journée, c’est l’autre extrême : la foule des touristes crée une agitation permanente, idéale pour qui cherche l’énergie et le mouvement.

L’avis de Roxanna Albu-Mercié, photographe et apprenante chez Graine de Photographe.
Tout dépend aussi de notre propre nature et de ce que l’on cherche dans ce type de photo: les marchés pour les couleurs, les lumières, avec des situations parfois cocasses, les bars surtout dans les lumières de nuit, les musées aussi pour les mêmes touristes indisciplinés, les grands boulevards si on aime jouer avec le fond et les affiches, La Défense ou Olympyades et autres quartiers d’affaires si on préfère une photo plus graphique ou les zones avec des graffiti façon urbain-street.
La street peut se pratiquer partout où on va. Ce qui va déterminer les choix, ce sont plutôt notre façon d’appréhender l’autre et ce que l’on aime comme style de photo.
Il faut savoir se réinventer, trouver des sujets, c’est une contrainte. Mais c’est de la contrainte que naît la créativité.
Envie de faire de la Street photography ?
Maintenant que vous savez tous sur les meilleurs spots pour shooter dans les rues de Paris, venez suivre le cours Street Photography chez Graine de Photographe à Paris, Lille, Toulouse, Bordeaux, Strasbourg, Aix-en Provence et Lyon !
Vous apprendrez à construire votre reportage photo, à raconter une histoire à travers vos images, à varier les compositions, choisir des angles d’approche et vous rendre invisible des passants.
Les festivals photo à ne pas manquer cet été 2026
Cet été 2026, partez à la découverte des festivals photo en France.
De l’iconique Rencontres Photographiques d’Arles, au Festival International Visa pour l’Image à Perpignan, en passant par le festival photo à la Gacilly de la fondation Yves Rocher ou encore la Biennale de la Photographie à Mulhouse. Partout en France, la photo est au rendez-vous cet été, et il y en a pour tous les goûts : photo-journalisme, portraits, photos d’archives, photographie contemporaine,….
Découvrez notre sélection de festivals photo près de chez vous cet été 2026.
Les Festivals Photo
Les Rencontres de la Photographie - Arles
Festival fondé en 1970 par Lucien Clergue, Michel Tournier et Jean-Maurice Rouquette, les Rencontres de la photographie d’Arles transforment chaque été la ville en capitale mondiale de la photographie, avec une quarantaine d’expositions dans des lieux patrimoniaux (chapelles, cloître du XIIe siècle, friches industrielles).
Pour cette 57e édition, placée sous le thème « Des mondes à relire », le directeur Christoph Wiesner souhaite créer un espace pour accueillir la complexité et la sensibilité du réel, sans en adoucir la violence mais en lui restituant toute sa profondeur. La programmation s’articule en six chapitres, dont « Indépendances », consacré à la scène artistique africaine.
Informations pratiques
- Forfait toutes expositions : 42€ (33€ tarif réduit).
- Semaine d’ouverture du 6 au 11 juillet.
- Lieu : Arles (Bouches-du-Rhône).
- Dates : 6 juillet – 4 octobre 2026.
Plus d’infos : rencontres-arles.com
Faites de l'image - 25 ans du festival du collectif Les Vidéophages
3 au 4 juillet 2026 à Toulouse
Le collectif Les Vidéophages fête les 25 ans de son festival itinérant, né en 2001 d’une envie de sortir les courts-métrages dans la rue.
Cette édition anniversaire investit un nouveau lieu insolite, le parc de la Poudrerie sur l’île du Ramier, ancien site de la Manufacture royale des poudres devenu éco-parc.
Au programme sur deux jours : expositions de photographie, dessin et collage, ateliers de sérigraphie, ferrotype ou micro-édition, installations lumineuses et sonores la nuit, ciné-concerts, performances et concerts.
Une trentaine de propositions artistiques, pensées spécifiquement pour ce lieu chargé d’histoire, entre nature préservée et zone inondable.
Informations pratiques
- Participation libre.
- Ouverture vendredi 18h, samedi dès 16h.
- Lieu : Parc de la Poudrerie, île du Ramier, Toulouse.
- Dates : 3 et 4 juillet 2026.
Plus d’infos : lesvideophages.org
Mesnographies - 6ème édition
Du 06/06 au 01/09 à Mesnuls
Dans le parc municipal des Mesnuls (Yvelines), Claire Pathé orchestre la sixième édition de son festival international de photographie en plein air, gratuit et prolongé cette année jusqu’au 1er septembre 2026.
Vingt-deux photographes de quinze nationalités composent la programmation 2026, avec en tête d’affiche le focus Je te crois, consacré à l’inceste : sept récits sélectionnés par appel à candidature témoignent de l’urgence de briser le silence sur ces violences cachées.
Onze expositions aux thématiques libres, fruit des rencontres et recherches menées par la direction artistique tout au long de l’année, complètent la programmation : de l’Ukraine au Soudan en passant par l’Australie et l’Italie , aux côtés d’un focus sur le réchauffement climatique, Le jardin n’est pas clos, et d’un atelier mené par les lycéens du lycée Jean Monnet autour de l’immigration.
Informations pratiques
- Entrée libre.
- Lieu : parc municipal des Mesnuls (Yvelines), avec un volet hors-les-murs à Grosrouvre, Bazoches-sur-Guyonne, Clairefontaine et Beynes.
- Dates : 6 juin – 1er septembre 2026.
Plus d’infos : mesnographies.com
Visa pour l'image - Festival international du Photojournalisme
29/08 au 13/09 à Perpignan
Depuis 1989, Visa pour l’Image retrace chaque année l’actualité du monde à travers les regards de photographes engagés. Pour cette 38e édition, expositions, projections et rencontres investissent les lieux historiques de Perpignan, avec des séries sur le Liban, le Soudan, Tchernobyl ou l’exil des mineurs guinéens.
En temps fort : une exposition exceptionnelle consacrée à Raymond Depardon, cofondateur de l’agence Gamma et l’un des photojournalistes français les plus importants de sa génération.
Informations pratiques
- Entrée libre.
- Lieu : Perpignan (Couvent des Minimes et Église des Dominicains).
- Dates : 29 août – 13 septembre 2026.
Plus d’infos : visapourlimage.com
Festival Photo Martagny - 9e édition
Du 13/06 au 30/08
Pour sa 9e édition, ce petit village du Vexin normand se transforme à nouveau en galerie à ciel ouvert, sur plusieurs hectares entre prairies, chemins et patrimoine bâti.
Onze expositions composent la programmation 2026, avec en tête d’affiche Jean Gaumy, membre de l’agence Magnum et de l‘Académie des beaux-arts, ainsi que des photographes venus d’Italie, du Japon, de République tchèque et de France.
Le festival accueille aussi une exposition de l’ECPAD consacrée à la bataille de Verdun, un projet inclusif mené avec les jeunes de l’IME de Montrôty, et une œuvre participative inspirée de l’héritage impressionniste, conçue par Daniel Nicolaevsky à partir des photos des habitants, pour marquer le centenaire de la disparition de Claude Monet.
Informations pratiques
- Entrée libre.
- Lieu : Martagny (Eure), Moulin de Martagny.
- Dates : 13 juin – 30 août 2026.
Plus d’infos : festivalphotomartagny.fr
L'été photographique de Lectoure - 37ème édition
Du 11/07 au 21/09 à Lectoure
Le Centre d’art et de photographie de Lectoure revient avec sa 37ème édition de l’été photographique.
Cette édition réunit des artistes qui s’attardent à leur manière sur ce qui nous entoure mais qui ne se voit pas, ou que l’on ne voit plus à force de l’avoir sous les yeux, en écho à L‘Infra-ordinaire de Georges Perec.
Certain(es) photographes se penchent sur leur environnement proche et les paysages familiers, d’autres portent leur regard sur ce qui n’est pas nécessairement visible au premier abord.
Avec Aline Bovard Rudaz, Jonàs Forchini, Coline Jourdan, Lucas Leglise, Yamamoto Masao, Brune Pâris, Léonie Pondevie et Charles Thiefaine.
Informations pratiques
- Pass : 10€ (gratuit pour les Lectourois·es, adhérent·es, moins de 18 ans, étudiant·es en art, demandeurs d’emploi).
- Lieu : Maison de Saint-Louis, 8 cours Gambetta, Lectoure.
- Dates : 11 juillet – 20 septembre 2026, du mercredi au dimanche, 14h-19h.
Plus d’infos : centre-photo-lectoure.fr
Des images au-delà des marges - Festival Off
Du 06/07 au 05/10 à Arles
Pendant que les Rencontres occupent les lieux institutionnels, le Festival OFF investit tout le reste de la ville : caves, friches, appartements, vitrines de commerçants.
Plus de 150 lieux et 200 expositions, portées par des galeries, des collectifs et des artistes indépendants, loin des circuits officiels.
Gratuit et accessible à tous, c’est l’occasion de tomber sur des démarches plus expérimentales, parfois inégales, mais souvent plus audacieuses que la programmation officielle.
Cette année, l’association Les Filles de la Photo rejoint le festival pour mettre en lumière dix photographes femmes aux pratiques singulières.
Informations pratiques
- Entrée libre.
- Vernissage de la semaine d’ouverture le 9 juillet.
- Lieu : Arles (plus de 150 lieux dans la ville).
- Dates : 6 juillet – 5 septembre 2026.
Plus d’infos : festivaloffarles.com
Sédimentation(s) - 7e édition de la Biennale Photographie de Mulhouse 2026
Du 5/06 au 5/07 à Mulhouse
À Mulhouse et Fribourg-en-Brisgau, la Biennale de la Photographie de Mulhouse (BPM) revient du 5 juin au 5 juillet 2026 pour sa 7ème édition.
Le thème retenu, Sédimentation(s), part du sous-sol même de la région : il y a 33 millions d’années, la plaine d’Alsace était un fond marin, et les couches de calcaire qui en résultent servent de point de départ à une réflexion sur la mémoire et l’archive comme couche qui s’accumulent avec le temps.
La biennale réunit 12 expositions gratuites et 54 artistes, dont Jenia Fridlyand (première exposition en France), Tiago Casanova ou Kapwani Kiwanga, lauréate du Prix Marcel Duchamp 2020.
Informations pratiques
- Entrée libre.
- Horaires variables selon les lieux.
- Lieu : Mulhouse et Fribourg-en-Brisgau.
- Dates : 5 juin – 5 juillet 2026.
Plus d’infos : biennale-photo-mulhouse.com
Strasbourg Art Photography 2026
Pour ses 10 ans, le festival permanent de la photographie contemporaine de Strasbourg poursuit ses expositions en ligne et en ville, ainsi que ses événements, avec la volonté de promouvoir l’art, les artistes et la photographie.
Nouvelle exposition en ville à venir : Ryo Tomo y présente des plans rapprochés de mains, prolongement de l’âme entre ses aspects sombres et poétiques, laissant au regardeur toute liberté d’interprétation.
À découvrir aussi en ligne, sa série vert / l’eau.
Entrée libre.
Lieu : Strasbourg (expositions en ville et en ligne).
Dates : festival permanent, programmation 2026 en cours.
Plus d’infos : strasbourgartphotography.art
Portrait(s) - Rendez-vous Photographique de Vichy
Du 19/06 au 04/10 2026
Seul festival français entièrement dédié à l’art du portrait, Portrait(s) revient à Vichy pour une 14e édition qui occupe le Grand établissement thermal, l’esplanade du lac d’Allier, le parc des Sources et le parvis de la gare.
L’exposition phare réunit une centaine d’œuvres de David LaChapelle, héritier du pop art marqué par sa collaboration avec Andy Warhol, dans la première rétrospective consacrée à l’artiste en France depuis celle de la Monnaie de Paris en 2009.
Le festival célèbre aussi le bicentenaire de l’invention de la photographie avec une traversée des collections du musée Nicéphore Niépce consacrée au portrait, ainsi que deux résidences signées Julia Gat au CAVILAM-Alliance Française et Patrick Tourneboeuf à Bath.
Informations pratiques
- Entrée libre.
- Horaires : tous les jours de 10h à 18h.
- Lieu : Vichy (Allier).
- Dates : 19 juin – 4 octobre 2026.
Plus d’infos : ville-vichy.fr/portraits
1826-2026 : La photographie, une aventure française - Festival Photo La Gacilly
Du 01/06 au 04/10 à La Gacilly
Depuis 2004, ce village du Morbihan se métamorphose chaque été en immense galerie à ciel ouvert, gratuite et ouverte à tous.
Pour ses 23 ans, le festival La Gacilly marque les deux cents ans de l’invention de la photographie avec une programmation entièrement consacrée aux photographes français : des pionniers du portrait comme Nadar aux regards contemporains de Jérôme Gence sur les mondes virtuels ou de Brodbeck & de Barbuat sur l’intelligence artificielle, en passant par Raymond Depardon, Jane Evelyn Atwood ou Vincent Munier.
Une rétrospective inédite rend également hommage à Sebastião Salgado, fidèle du festival depuis ses débuts et disparu l’an dernier.
Informations Pratiques
- Entrée libre.
- Week-end inaugural les 29, 30 et 31 mai.
- Lieu : La Gacilly (Morbihan).
- Dates : 1er juin – 4 octobre 2026.
Plus d’infos : festivalphoto-lagacilly.com
Les chemins de la photographie - Festival 2026 REGARD
Du 14/06 au 10/08
Pour sa 12e édition, le festival les Chemins de la Photographie investit à nouveau les rues et les commerces du village d’Ascain, au cœur du Pays Basque.
Vingt-neuf photographes composent la programmation 2026, organisée autour du thème Regard, avec en tête d’affiche Bob Edme, invité d’honneur du festival, qui a couvert l’actualité du Pays basque nord pendant plus de trente ans pour l’agence Associated Press.
Porté par l’association Zilargia, le festival affiche son identité basque jusque dans son nom, Azkaingo Argazki Bideak, et bénéficie du soutien du Département des Pyrénées-Atlantiques.
Informations pratiques
- Entrée libre.
- Lieu : Ascain (Pyrénées-Atlantiques).
- Dates : 15 juin – 10 août 2026.
Plus d’infos : festives.net
Corps Raccords : le premier livre photos de Sarah Salazar
SARAH SALAZAR
Cinq ans après notre première rencontre avec sa série Corps Raccords, Sarah Salazar, photographe et réalisatrice parisienne, franchit une nouvelle étape : son premier livre photos de la série éponyme, édité par Noélie Bernard, sort cette année.
Quarante photographies d’un même duo, réalisées sur six ans. Deux corps qui s’apprivoisent, se portent, se compriment, s’imbriquent jusqu’à brouiller leurs propres contours.
CORPS RACCORDS
Ce que Salazar photographie, ce n’est pas tant la relation que ce qu’elle fait aux corps : les ajustements mutuels, les déséquilibres assumés, les traces que le temps et la confiance y laissent. Il y a quelque chose de chorégraphique dans ces images, une danse lente, intérieure, où chaque geste engage l’autre.
Les textes de Kiyémis, autrice, poétesse et afroféministe, lauréate du Prix Régine Deforges 2024, accompagnent les images en deux temps : la tendresse comme moment éphémère d’abord, puis la dimension politique de nos intimités.
Côté objet, le livre est imprimé en risographie 4 couleurs par Charline Gautier au Sample, à Bagnolet, un procédé qui donne aux photographies une texture et une chaleur particulières, qu’on vous laisse découvrir par vous-mêmes.
La présentation du livre se tiendra à la librairie Le Monte en L’air, dans le 20e à Paris, le 10 juin à partir de 19h. On vous conseille d’y aller !
Pour se procurer ou précommander le livre avant l’événement c’est ici.
Votre agenda photo de Juin 2026
Juin 2026 est là, et avec lui une programmation qui donne envie de sortir jusqu’au bout de la nuit. Le mois s’ouvre avec Nuit Blanche le 6 juin à Paris ,25 ans de création contemporaine en accès libre dans toute la ville, sous le signe de l’amour.
Des centaines oeuvres photographiques de Javier Silva Meinel à la Maison de l’Amérique Latine, aux corps entrelacés de Sarah Salazar dans son premier livre Corps Raccords, des Raiponces contemporaines de Silvia Draz à Marseille aux voyages au Kurdistan documentés par huit photographes au Bleu du Ciel à Lyon, juin mêle les formats, les territoires et les sensibilités.
Découvrez notre sélection d’expositions et événements photo près de chez vous en juin 2026.
Les expositions photo
Rapunzel - Silvia Draz
À Marseille, la galerie FACES accueille jusqu’au 5 juillet, Rapunzel, une exposition solo de la photographe lituanienne Silvia Draz, présentée en partenariat avec WePresent.
Inspirée de portraits édouardiens de femmes aux chevelures non coupées, Draz les réinterprète à travers des portraits contemporains ancrés dans l’intime : des Raiponces d’aujourd’hui, photographiées sur pellicule, dans des décors urbains ordinaires qui contrastent avec leur présence presque féerique. Cheveux comme bouclier, mémoire ou héritage culturel, comme dans le conte, une part est vraie, une part tient du mythe.
En écho à l’exposition, l’artiste Gab Bois investit la façade de la galerie avec une installation temporaire prolongeant les motifs visuels de la série dans l’espace public.
Entrée libre.
Lieu : FACES, Marseille 7e.
Umbrales, Une poétique de l'image - Javier Silva Meinel
Jusqu’au 25 juillet 2026, la Maison de l’Amérique latine consacre une exposition rétrospective à Javier Silva Meinel, l’une des figures majeures de la photographie péruvienne et latino-américaine.
Placée sous le commissariat d’Alejandro León Cannock, Umbrales, Une poétique de l’image rassemble près d’une centaine d’œuvres : photographies argentiques, tirages digitaux contrecollés sur aluminium, boîtes lumineuses et wallpapers, pour la première fois présentés en France.
Depuis plus de quarante ans, Silva Meinel parcourt le Pérou, côtes du Pacifique, Andes, forêt amazonienne, à la recherche de ce qui échappe au visible. Masques, rituels, animaux, figures hybrides : ses images ne documentent pas, elles franchissent un seuil. Entre réel et surréel, elles interrogent les conditions mêmes de ce que la photographie peut montrer.
Entrée libre.
Lieu : Maison de l’Amérique latine, Paris 7e.
Les maux bleus - Maryna Brodovska
Jusqu’au 27 juin, la galerie La Pierre Large présente Les maux bleus, une exposition de la photographe ukrainienne Maryna Brodovska.
Son travail ne montre pas la guerre frontalement. Il la contourne, la détourne, la recompose, entre photographie et collage, images et texte, avec une douceur qui n’enlève rien à la lucidité. Elle se met souvent elle-même en scène, souriante, décalée, comme si l’humour était la seule réponse valable à l’innommable. Une façon de continuer à exister quand tout s’effondre dehors.
Le 13 juin à 18h, une lecture en galerie prolonge l’exposition : des extraits du Manuel d’exil de Velibor Čolić, lus par Hélène Schwaller, en écho au travail de Brodovska.
Entrée libre. Du mercredi au samedi de 16h à 19h.
Lieu : Galerie La Pierre Large, Strasbourg.
Eboro - Nuits Balnéaires
À la Fondation Henri Cartier-Bresson, l’artiste ivoirien Nuits Balnéaires présente Eboro jusqu’au 4 octobre, un projet né d’une disparition familiale et soutenu par le programme Latitudes de la Fondation d’entreprise Hermès.
Le 22 juillet 1986, son oncle Noël X. Ebony, journaliste et dramaturge de renom, s’évanouit dans des circonstances énigmatiques à Dakar. Quarante ans plus tard, Nuits Balnéaires remonte cette trace à travers une pratique hybride mêlant photographie, mode et recherche culturelle. Dans la tradition Agni-Bona de Côte d’Ivoire, le neveu accompagne l’oncle dans son passage vers l’au-delà : c’est ce rôle que l’artiste endosse ici, laissant la mémoire et les lieux façonner les chapitres visuels d’une œuvre à la fois intime et universelle.
Commissariat : David Campany, directeur artistique de l’International Center of Photography de New York.
Tarif plein : 10 € / tarif réduit : 5 €.
Lieu : Fondation Henri Cartier-Bresson, Paris 3e.
Diseños habitados - Chema Madoz & Helena Almeida
Jusqu’au 23 août, la galerie Le Château d’Eau présente Diseños habitados, une exposition qui met en dialogue deux figures majeures de la photographie ibérique : la Portugaise Helena Almeida (1934–2018) et l’Espagnol Chema Madoz (né en 1958), en partenariat avec la Fundació Foto Colectania de Barcelone.
Ce qui rend ce projet rare, c’est ce qu’il montre avant l’image : carnets d’esquisses, dessins préparatoires, objets assemblés à la main. Pour ces deux artistes, la photographie n’est pas un point de départ, mais une destination, l’aboutissement d’un processus mental et manuel que l’exposition choisit de rendre visible. Le titre lui-même, emprunté à une série d’Almeida, renvoie à ce double sens hérité de la Renaissance : le dessin comme geste et comme projet.
Commissariat : Pepe Font de Mora, ancien directeur de la Fundació Foto Colectania.
Tarif plein : 5 € / tarif réduit : 3 €.
Lieu : Galerie Le Château d’Eau, Toulouse.
Watching TV - Olivier Culmann
Sur le Pont Saint-Ange, en plein air et en accès libre, le photographe Olivier Culmann installe jusqu’au 24 juillet les images de Watching TV, une série réalisée entre 2004 et 2007 dans huit pays : Maroc, Inde, États-Unis, Mexique, Nigeria, Royaume-Uni, Chine, France.
Le sujet est on ne peut plus banal : des gens qui regardent la télévision. Mais Culmann y voit autre chose. Dans ce moment de relâchement, de conscience à moitié endormie, c’est tout un rapport au monde qui se joue, un monde reçu en images, filtré, fantasmé, avant d’être absorbé sans qu’on s’en rende vraiment compte. Ces téléspectateurs ne se connaissent pas. Pourtant, chacun reçoit des nouvelles des autres. Face à eux, c’est Culmann qui nous observe.
Lieu : Pont Saint-Ange, Paris 10e.
FRAGILE BEAUTÉ - Sir Elton John & David Furnish
Du 12 juin au 27 septembre, le Jeu de Paume présente Fragile Beauté, une sélection de photographies issues de la collection personnelle de Sir Elton John et David Furnish. Plus de 7 000 images constituées sur trente ans, dont une centaine sont ici montrées pour la première fois en France.
L’exposition, adaptée de celle présentée au Victoria and Albert Museum de Londres, traverse cinq sections thématiques : le désir, la mode, les célébrités, le photojournalisme et la condition humaine dans ce qu’elle a de plus vulnérable. Robert Mapplethorpe, Diane Arbus, Irving Penn, Nan Goldin, Ai Weiwei, Eve Arnold, Harley Weir, les noms sont aussi vastes que les univers convoqués, des années 1950 à aujourd’hui. En bonus de la visite : une installation de 149 tirages de Nan Goldin extraits de sa série Thanksgiving, présentée dans son intégralité.
Tarif plein : 12 € / tarif réduit : 7,50 €. Du mardi au dimanche de 11h à 19h, nocturne le jeudi jusqu’à 21h.
Lieu : Jeu de Paume, Paris 8e.
Voyages au Kurdistan
- Exposition Collective
Huit photographes kurdes, quatre territoires, une même urgence de témoigner. Du 11 juin au 19 septembre, le Bleu du Ciel présente Voyages au Kurdistan, un projet né d’une idée originale de la Maison du Kurdistan de Lyon, avec les travaux d’Ebrahim Alipoor, Murat Yazar, Dogan Boztas, Fatma Celik, Aylin Kizil, Ulas Yunus Tosun, et un hommage au cinéaste Suayip Adlig, exilé en France dans les années 80, disparu en 2024.
Leurs images traversent la Turquie, l’Iran, l’Irak et la Syrie pour documenter ce qui risque de disparaître ou ce qui a déjà disparu : une identité, des paysages, des rites, des communautés. Identité, mémoire, migrations, nomadisme comme de vie historique, massacres des Yézidis : les regards se croisent et se répondent, sans jamais se confondre.
Ce que l’exposition rappelle, c’est que photographier peut être un acte de résistance autant qu’un acte d’archive.
Vernissage le samedi 11 juin à 18h30. Entrée libre.
Lieu : Le Bleu du Ciel, Lyon 1er.
36 Y’a d’la joie ! - Pierre Jamet
Pour les 90 ans du Front populaire, la librairie-galerie Les Amies Rouges rend hommage à Pierre Jamet avec 36 Y’a d’la joie !, visible jusqu’au 4 juillet.
Des garçons et des filles en maillot, des corps qui bougent, des sourires en plein soleil : Jamet a photographié les premiers congés payés avec une légèreté et une sensualité qui n’ont pas pris une ride. Ses tirages argentiques noir et blanc célèbrent un conquis social autant qu’un moment de grâce collective, cette insouciance neuve de gens qui découvrent, pour la première fois, le droit de ne rien faire.
Les tirages sont disponibles à la vente. Entrée libre.
Lieu : Les Amies Rouges, Paris 5e.
Le plaisir d’objets solides et de bribes d’informations inutiles -Laura Letinsky
Jusqu’au 4 juillet, la Galerie Miranda présente Le plaisir d’objets solides et de bribes d’informations inutiles, une exposition de natures mortes de la photographe canadienne Laura Letinsky, accompagnée de créations en porcelaine de la maison parisienne Tsé & Tsé associées.
Depuis trente ans, Letinsky travaille sur les restes, fruits entamés, verres à moitié vides, objets du quotidien légèrement défaits. Mais ce qui rend son travail singulier, c’est la façon dont elle mêle les techniques : iPhone et ferrotype, tirage numérique et procédés du XIXe siècle, aluminium et papier. Le passé et le présent se court-circuitent dans la même image, créant un sentiment d’étrangeté familière difficile à nommer.
L’exposition dialogue naturellement avec les pièces de Tsé & Tsé, dont l’attention aux objets du quotidien, avec humour et élégance artisanale, fait écho à l’univers de Letinsky.
Entrée libre.
Lieu : Galerie Miranda, Paris 3e.
Entre les lignes - Jérôme Trichet
Du 4 au 7 juin, la Very Art Gallery accueille Entre les lignes, une exposition de photographies en noir et blanc de Jérôme Trichet.
Trichet travaille la distance et le flou comme des outils de sens autant que d’esthétique. Ses images ne cherchent pas à tout montrer, elles suggèrent, laissent des zones d’ombre, font confiance au regard du spectateur pour combler ce qui manque.
L’exposition est accompagnée d’une expérience multi-sensorielle mêlant photographie et musique, un solfège photographique, selon ses propres mots.
Entrée libre.
Lieu : Very Art Gallery,Paris 3e.
Événements photo
06/06
NUIT BLANCHE à Paris
Le 6 juin, Paris fête les 25 ans de Nuit Blanche. Une nuit entière, gratuite, où installations, performances et créations sonores investissent monuments, gymnases, piscines, jardins et façades, de l’Hôtel de Ville au Bassin de la Villette.
Cette édition est placée sous la direction artistique de Barbara Butch, qui en a choisi le thème : l’amour.
« J’ai choisi de placer cette édition sous le signe de l’amour. Un amour multiple, indiscipliné, parfois fragile, souvent puissant. Un amour qui circule, qui déborde, qui relie.
Aimer la ville, aimer les autres, aimer ce que l’on ne comprend pas encore, aimer ce qui nous échappe. Le temps d’une nuit, Paris se transforme en espace de possibles, où les distances se réduisent et où les regards se rencontrent autrement. »
Découvrez des expos photos en accès libre toute la nuit ! Voici notre petite sélection :
- Dans le 3eme : Deux expositions entre obsession photographique et voyage onirique : Daido Moriyama – Lettres d’amour à la photographie / Nuits Balnéaires – Eboro. À venir découvrir de 19h à 00h à la fondation Henri Cartier-Bresson.
- Dans le 10eme : À découvrir en se baladant le long du canal St-Martin, Hip-Hop don’t Stop de Maï Lucas sur les grilles du jardin Villemin-Mahsa Jîna Amini (côté quai de Valmy).
- Dans le 8eme : À L’institut Polonais de Paris, rencontre et discussion avec l’artiste Agata Gryzbowska sur le photoreportage à 21h + Visite guidée de l’exposition de Chris Niedenthal à 22h. Visites libres entre 21h et 23h.
- Dans le 18eme : l’ensemble des espaces du BAL est ouvert au public et gratuit, jusqu’a 23h librairie, espace d’exposition, café/restaurant. Venez découvrir la nouvelle édition de La Fabrique du Regard- Le Festival (du 2 au 7 juin) pendant une soirée spéciale dédiée au spectacle vivant avec plusieurs performances envisagées autour de l’axe de la transmission.
Vélib’ gratuit toute la nuit avec le code MGP2026.
Programme complet sur nuitblanche.paris.
10/06
Sortie du livre photos Corps Raccords de Sarah Salazar
Corps Raccords est le premier livre de la photographe et réalisatrice Sarah Salazar, édité par Noélie Bernard, avec des textes de l’autrice et poétesse afroféministe Kiyémis. Quarante photographies d’un même duo, réalisées sur six ans, qui suivent ce que le temps et la relation inscrivent dans les corps.
On lui consacre un article complet ici !
Lieu : Librairie Le Monte en L’air, le 10 juin à partir de 19h.
du 28/04 au 07/06
Candidatez à la prochaine édition du Festival Circulation(s)
Le festival Circulation(s) lance son appel à candidatures pour l’édition 2027, jusqu’au 7 juin 2026 à minuit.
Depuis seize ans, le festival défend la jeune photographie européenne avec une programmation portée par le collectif Fetart, composé de sept femmes spécialistes de la scène émergente.
Pas de thème imposé, pas de limite d’âge : l’appel s’adresse à tous les photographes européens ou résidant en Europe, en début de carrière, n’ayant jamais fait l’objet d’une exposition d’envergure en France. Les projets mêlant photographie, vidéo, installation ou son sont les bienvenus. Les projets collectifs aussi.
Candidature : 20€
Candidatures sur festival-circulations.com. Contact : info@fetart.org
Ce que vous pouvez encore voir de nos agendas précédents
- Les corps élastiques de Lucie Pastureau – Institut pour la photographie – Théâtre du Nord, Lille
- This Will Not End Well de Nan Goldin – Grand Palais, Paris 8
- Fragilités et Résiliences de Thibault Gerbaldi – Jardin du Luxembourg, Paris 6
- Instants Polaroid d’Alain Guillemaud – Les Archives municipales de Lyon.
- Rétrospective de Lee Miller – Le Musée d’Art Moderne, Paris 16.
- Les Grands Âges de Nikos Aliagas – Le Musée de l’Homme, Paris 16.
- Robert Capa – Photographe de Guerre, Musée de la Libération de Paris Paris 14e.
- Marthe Lazarus, Studio de Mémoire Magnétique,Paris 15
- In Plain View, Martin Parr – Magnum Gallery Paris 11e.(jusqu’au 6 juin)
- Essentia, Exposition collective – Galerie Parallax, à Aix-en-Provence (jusqu’au 20 juin)
- Nu au Paradis, Michael von Graffenried – Espace MVG Paris 15e.
- Dessins et autres destins, Jacqueline Salmon – Fondation Renaud, Lyon 9e (jusqu’au 7 juin)
- Spring Kick-Off !, les street photography du collectif LOOP – Galerie Graine de Photographe, Paris 4 (jusqu’au 22 juin)
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Les multiples autoportraits de Marthe Lazarus
Marthe Lazarus est une photographe-plasticienne qui vit et travaille à Aubervilliers. Elle a présenté son travail au Passage de Retz (2006), au festival de Pierrevert (2023), au CentQuatre-Paris pour le festival des Inrocks (2025). Les Rencontres d’Arles ont accueilli ses travaux dans le cadre de la projection des travaux des Masterclass Oeildeep.
Depuis l’enfance, elle photographie : non pas pour documenter le réel, mais pour donner forme aux images mentales, aux émotions, à cette mémoire qui se reconstruit autant qu’elle se souvient.
Son travail gravite autour de l’autoportrait, du corps comme terrain d’expérimentation, et d’une approche en couches, où les archives côtoient la fiction intime, et où l’image n’est jamais figée.
C’est cette logique organique et mouvante qui structure son exposition chez Mémoire Magnétique,du 16 avril au 5 septembre. Elle réunit quatre séries : Haute intensité, Multiple, Cires, Little Big Sister, dans un dialogue entre œuvres récentes et plus anciennes.
Son rapport à la photographie
Avant de trouver sa voix, il faut parfois s’en éloigner. Marthe Lazarus revient sur ces années de mise à distance avec la photographie, et ce qu’elles ont transformé dans sa pratique.
Oui, pendant plusieurs années, je n’ai plus vraiment cherché à montrer mon travail et j’ai aussi moins produit. Avec le recul, je pense que j’étais arrivée à une forme de blocage.
Ces dernières années, participer à des workshops a profondément changé ma manière de travailler. J’essaie désormais d’éviter l’isolement créatif : je montre davantage mon travail, j’échange beaucoup et je confronte plus volontiers mes recherches au regard des autres. Cela m’a permis de clarifier et d’affiner le fil conducteur de ma démarche, autour de la représentation d’états intimes à travers l’autoportrait ou le portrait de proches.
Depuis, je pousse plus loin mes expérimentations plastiques et j’ai compris que je suis avant tout une plasticienne qui utilise la photographie comme médium.
Qu’est-ce qui t’a amenée à faire de toi-même un sujet ?
Au départ, c’était presque une question de commodité : ne pas avoir besoin de chercher des modèles ni d’organiser des séances ! Avec le temps, j’ai compris que ce choix était beaucoup moins anodin.
L’autoportrait est un espace d’expérimentation, une manière de traverser des états émotionnels, des obsessions et des fragments de mémoire à travers mon propre corps et ma propre image.
L’auto-édition
En parallèle de ses expositions, Marthe Lazarus fabrique des livres de photos artistiques à la main depuis son atelier d’Aubervilliers. Une pratique d’autoédition qui prolonge, hors des murs de la galerie, cette même liberté de faire sans attendre.
L’auto-édition m’offre une liberté totale, autant dans la production que dans la diffusion. Je peux fabriquer un livre dès que j’en ressens le besoin, sans attendre une exposition ou une validation extérieure. Je le présente ensuite directement sur mon site, sur Instagram ou dans certaines librairies. J’aime cette autonomie et ce rapport très direct aux objets et aux personnes qui les découvrent.
Multiple questionne l’identité qui se dédouble à travers des autoportraits mis en scènes et multipliés.
Haute intensité raconte l’invasion de l’Ukraine en mettant en perspectives plusieurs conflits dans lequel l’intime et la dimension historique se superposent.
Cires c’est le temps qui s’efface, un soir de réveillon, comme une bougie fond.
Little Big Sister, en hommage pour la soeur de la Photographe.
Dans cette exposition, je confronte des séries très récentes, avec d’autres plus anciennes, dans un jeu autour de la mémoire, des strates mentales et du besoin d’intervenir dans l’image.
J’ai besoin que mes images soient traversées par plusieurs couches, comme notre cerveau l’est en permanence par les souvenirs, les pensées et les images mentales.
Cette exposition carte blanche reflète aussi ma manière très libre de produire : intuitive, mouvante et évolutive.

Y a-t-il une image de cette exposition, ou du processus qui l’a précédée, qui te tient particulièrement à cœur ?
Oui, une image fabriquée l’année dernière autour d’yeux découpés. Elle est née d’un geste totalement intuitif, presque inconscient. J’ai tiré sur papier ordinaire un portrait de moi fait par un ami quand j’étais adolescente. J’ai coupé le papier et les yeux. J’ai mis en scène ces morceaux sur le parquet. Les yeux sont coupés mais ouvrent aussi le regard : ils nous observent autant qu’ils nous obligent à regarder en face. J’aime le mélange entre ce geste très brut, presque instinctif, et la composition plus construite qui en résulte, à la fois graphique, organique et colorée.
Informations pratiques
Du 16 avril au 5 septembre 2026.
Au Studio de Mémoire Magnétique, 21 avenue du Maine, Chemin du Montparnasse, 75015 Paris.
Nuit blanche de 17 h le samedi 6 juin : projection des diaporamas, videos et photo-films de Marthe Lazarus, notamment Haute Intensité et Open Bar (2004) avec Thibault de Montalembert, Cédric Riverain et Laetitia Trapet. Marthe lazarus a aussi invité en guest la photographe et dessinatrice Emmanuelle Mafille qui présentera ses dessins sur draps et sa revue Beau Monstre + la performance sonore Cui-cui-Grrr
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L'âme du Vietnam capturée par Christophe Serour
Qu’est-ce qui pousse un photographe à traverser le monde pour poser son objectif au Vietnam ? Pour Christophe Serour, la réponse est simple : l’urgence de voir.
Marseillais de naissance, installé à Cassis depuis quarante ans, il apprend la photographie comme on apprend à nager : en plongeant. La culture surf lui donne le goût du large, une façon d’aller chercher ce qui se passe ailleurs, loin des sentiers balisés. Depuis ses premiers voyages au Brésil dans les années 90 jusqu’à ses traversées aux États-Unis et aux Philippines, il accumule les kilomètres et les regards.
Cet article est consacré à son voyage photo au Vietnam. Un pays aux mille visages, entre tradition tenace et modernité qui s’impose, un terrain idéal pour un photographe dont l’œil cherche toujours à témoigner plutôt qu’à simplement montrer.
Qu’est-ce qui vous a poussé à faire ce tour du monde et de photographier le Vietnam ?
Mon désir d’ailleurs n’est pas né d’hier. Il s’est forgé dans l’enfance, nourri par les expéditions d’Ushuaïa et les films d’aventure comme La montagne du dieu cannibale. Si mon parcours académique m’a mené de la philosophie au design graphique, mon véritable apprentissage s’est fait sur le terrain.
En 1994, le Brésil a été mon premier grand choc : une traversée de l’Amazonie entre surf et rituels mystiques qui m’a révélé la puissance narrative de la photographie. Quelques années plus tard, j’ai quitté le confort de ma carrière pour une odyssée d’un an à travers 13 pays. Ce fut un voyage de transformation, marqué notamment par l’engagement humanitaire au Sri Lanka avec la création de l’association Ayubowan.
Le coup de foudre pour le Vietnam
Le Vietnam a été une révélation. J’ai été envoûté par l’esthétique de ses rizières embrumées et la résilience lumineuse de son peuple. Ce pays est devenu pour moi un terrain de jeu infini où je cherche à capturer l’équilibre entre la douceur d’un instant et la force d’une culture millénaire. Aujourd’hui, mon travail est une obsession constructive : témoigner de la fragilité de notre monde pour mieux apprendre à le protéger.
Après avoir photographié dans tant de pays différents, le Vietnam a-t-il changé quelque chose dans votre façon de voir ou de photographier ?
Le Vietnam a radicalement redéfini ma pratique. Là-bas, j’ai compris que la photographie n’est pas une saisie, mais une attente. Cette lumière si particulière m’a imposé un rythme plus lent, presque méditatif.
Ce que ce voyage a changé en moi :
- La quête de la nuance : Je privilégie désormais l’émotion contenue et les clairs-obscurs subtils aux contrastes violents.
- La sensibilité humaine : La résilience des habitants m’a poussé à explorer la fragilité des êtres avec plus de respect et de pudeur.
- La symbiose : Mon travail se concentre aujourd’hui sur ce lien invisible, mais puissant, qui unit les communautés à leur environnement naturel.
Le Vietnam m’a offert ce luxe rare : la sensation d’être en paix, parfaitement aligné avec mon sujet derrière l’objectif.
Quel matériel emportez-vous en voyage ?
Si mes débuts rimaient avec minimalisme (un Nikon et une focale fixe), mon approche numérique actuelle privilégie la préparation. Mon sac affiche désormais 10 kg au compteur, un poids nécessaire pour couvrir tous les besoins de terrain pour les voyages photo :
- Boîtier : Sony A7IV.
- Optique principale : Sigma 24-70 mm f/2.8 (mon outil de prédilection pour 95 % de mes clichés).
- Vue aérienne : Drone Mavic 3 et filtres dédiés.
- Longue focale : Sigma 150-600 mm Sport.
La discrétion par la distance
Le téléobjectif n’est pas qu’un choix esthétique, c’est une nécessité stratégique. Entre les réactions hostiles à Madagascar, les croyances liées au « vol de l’âme » au Nouveau-Mexique ou le mercantilisme systématique en Inde, la distance permet de rester observateur sans devenir intrusif. Parfois, face à la complexité du terrain, on se dit avec humour qu’un beau livre photo acheté en librairie est bien moins risqué !
Y a-t-il une image de cette série qui vous tient particulièrement à coeur ?
Si mon cœur balance entre plusieurs clichés, trois d’entre eux cristallisent pour moi l’essence même du Vietnam.
D’abord, ce contraste saisissant : une femme portant son palanche traditionnel devant un mur ocre saturé par une fresque de propagande. C’est la rencontre brutale entre la persistance du geste ancestral et le poids de l’histoire politique.
Ensuite, il y a cette centenaire Hmong rencontrée sur les hauteurs de Sapa. Ses rides sont autant de sillons tracés par les guerres et les épreuves, mais son regard reste d’une clarté désarmante. Elle incarne cette élégance résiliente qui me bouleverse tant.
Enfin, je retiens les champs d’encens de Quang Phu Cau. Ces courbes dorées qui sèchent au soleil ne sont pas seulement esthétiques ; elles sont le parfum même de la spiritualité vietnamienne. C’est une image de patience et de rituel, à la fois immobile et vibrante.
Ces photos sont mes piliers : elles me rappellent que mon rôle est de capturer la dignité de l’homme face au temps qui s’enfuit.
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Droit à l'image en street photography, ce que tout photographe doit savoir en 2026.
Cet article fait partie de notre guide complet sur la photographie de rue.
Balades dans les rues de Paris, marché animé de Marseille, festival de rue à Lyon… L’appareil photo en bandoulière, vous avez le réflexe parfait, l’œil affûté, et soudain, certaines questions s’installent : « Ai-je le droit de photographier cette personne ? Puis-je publier cette photo ? » Si vous vous êtes déjà posé ces questions (et si vous ne vous les êtes jamais posée, c’est le moment), cet article est fait pour vous. On va démêler ensemble le droit à l’image en France, dans le contexte spécifique de la street photography.
Sommaire
- Petit point droit à l’image
- Photographier dans la rue : libre… mais jusqu’à un certain point
- Les exceptions : quand vous pouvez publier sans autorisation
- Droit à l’image vs droit d’auteur :
- Le consentement pour la photographie de rue :
- Les mineurs : une protection renforcée
- Photographier des bâtiments et œuvres d’art : un autre sujet épineux
- Les sanctions : ce que vous risquez concrètement
- BONUS : L’affaire Doisneau, quand une photo iconique finit au tribunal
- Droit à l’image en street photography : Ce qu’il faut retenir
Petit point droit à l'image
Première surprise : le droit à l’image ne repose sur aucune loi unique et explicite. Il s’est construit progressivement, à partir de deux textes fondamentaux et de décennies de jurisprudences.
- L’article 9 du Code civil pose le principe de base :
« Toute personne quelle que soit sa notoriété a droit au respect de sa vie privée et est fondée à en obtenir la protection en fixant elle-même ce qui peut être divulgué. »
En clair : chacun est maître de son image, célébrité ou anonyme.
- L’article 8-1 de la Convention européenne des droits de l’Homme (CEDH) renforce cette protection au niveau européen :
« Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. »
Le droit à l’image découle directement de ce principe de vie privée. La règle générale est donc l’interdiction de capter, reproduire et diffuser l’image d’une personne sans son autorisation. Selon la jurisprudence constante des tribunaux français, « toute personne a, sur son image et sur l’utilisation qui en est faite, un droit exclusif », c’est un droit de la personnalité, au même titre que le droit au respect de la vie privée.
Ça fait un peu peur, dit comme ça. Mais bonne nouvelle pour les photographes de rue : ces textes visent en priorité les atteintes commises dans les lieux privés. Dans la rue, les règles sont différentes, mais pas inexistantes.
Photographier dans la rue : libre… mais jusqu'à un certain point
Premier réflexe à intégrer : photographier dans la rue est légal. Personne ne peut vous interdire de déclencher dans l’espace public pour un usage personnel. C’est l’utilisation que vous ferez ensuite de vos images qui peut poser problème.
La distinction fondamentale à retenir, c’est celle entre la prise de vue et la diffusion. Ce ne sont pas les mêmes actes, et ils n’obéissent pas aux mêmes règles.
Concrètement : votre disque dur peut contenir des milliers de portraits de rue sans que quiconque ait à signer quoi que ce soit. C’est le moment où vous publiez cette photo sur votre blog, Instagram, ou dans un livre que les choses se compliquent.
La diffusion d’une image représentant une personne identifiable est en principe soumise à son autorisation. Mais pas dans tous les cas. Trois conditions doivent être réunies pour qu’une plainte soit recevable, selon la jurisprudence :
- La personne doit être reconnaissable sur la photo : identifiable par un tiers, pas seulement par ses proches.
Exemple : Un visage net en gros plan : oui. Une silhouette de dos dans la pénombre : généralement non.
- La personne doit être individualisée elle est le sujet central de l’image, et non l’un des cent passants d’une scène de foule.
- L’image doit être susceptible de lui causer un préjudice : moral, professionnel, ou à sa réputation.
Le site service-public.gouv.fr le confirme clairement :
« Le droit à l’image permet à toute personne de s’opposer à la diffusion d’une image sur laquelle elle est reconnaissable, même si elle a été prise dans un lieu public. »
Et ce, sur tous les supports : site web, blog, réseaux sociaux…
Les exceptions : quand vous pouvez publier sans autorisation
La loi prévoit heureusement des cas où votre liberté de création peut l’emporter sur le droit à l’image de la personne photographiée.
- Les scènes de foule et d’ensemble sont généralement libres dès lors qu’aucun individu n’y est mis en valeur ou isolé. Il est permis de fixer l’image d’un groupe de personnes dans un lieu public sans demander l’autorisation de chacun, à condition que l’attention ne se concentre pas sur l’une ou l’autre d’entre elles.
- L’actualité et l’information permettent de diffuser des photos sans autorisation lorsqu’elles illustrent un événement d’intérêt public — manifestation, rassemblement, incident notable. La liberté de la presse prime ici, sous deux conditions cumulatives : il doit s’agir d’une actualité immédiate, et il ne doit y avoir aucune atteinte à l’intimité de la vie privée (source : service-public.gouv.fr)
- Les personnalités publiques dans l’exercice de leurs fonctions peuvent être photographiées et publiées sans autorisation : un élu en meeting, un artiste sur scène, un sportif en compétition. Attention cependant : une fois sortis de leur rôle public (en famille, en vacances, dans leur vie privée) ces mêmes personnes retrouvent exactement les mêmes droits que n’importe quel citoyen.
- Les sujets en arrière-plan accessoire bénéficient d’une tolérance bien établie en jurisprudence. Si un passant apparaît discrètement dans le cadre d’une photo dont il n’est pas le sujet, le risque juridique est très faible.
Droit à l'image vs droit d'auteur :
C’est là que ça devient un peu plus perturbant. En tant que photographe, vous avez aussi vos droits.
Le droit d’auteur, défini par le Code de la Propriété Intellectuelle (CPI), protège toute œuvre de l’esprit, dont la photographie :
« L’auteur d’une œuvre de l’esprit jouit sur cette œuvre, du seul fait de sa création, d’un droit de propriété incorporelle exclusif et opposable à tous. »
Votre photo de rue est une œuvre. Vous en êtes l’auteur. Ce droit existe dès le déclenchement, sans aucune démarche administrative.
Mais ce droit d’auteur n’est pas absolu. En cas de litige, c’est le juge qui tranche, au cas par cas, en mettant en balance la portée artistique ou documentaire de l’image, son contexte de diffusion, et le préjudice éventuel subi par la personne photographiée.
Quelques repères pratiques :
- Votre photo est présentée dans un contexte artistique, documentaire ou historique clairement revendiqué → votre droit d’auteur a de bonnes chances de primer.
- La personne est reconnaissable, exposée dans une situation embarrassante, ou son image sert à des fins commerciales → son droit à l’image l’emportera probablement.
- La personne apparaît floue, de dos, ou méconnaissable → vous êtes dans la zone de confort.
Un point crucial que beaucoup ignorent : c’est à vous de prouver le consentement en cas de litige, pas à la personne de prouver son refus.
Le consentement pour la photographie de rue
Si vous souhaitez publier le portrait identifiable d’un inconnu, son consentement est nécessaire. Il peut prendre différentes formes.
- L’autorisation écrite reste la plus solide juridiquement. Elle doit mentionner l’identité des parties, la nature et le contexte des prises de vue, les supports de diffusion envisagés, et la durée d’exploitation. Le Ministère de l’Économie met à disposition un modèle officiel d’autorisation d’exploitation de l’image d’une personne, téléchargeable gratuitement sur le site du gouvernement.
- Le consentement oral peut suffire selon les circonstances, mais en cas de contestation, vous n’aurez aucun moyen de le prouver. Utile pour les échanges spontanés dans la rue, à condition de ne pas viser une diffusion commerciale.
- Le consentement tacite ou implicite est reconnu par le Code pénal dans certains cas : si la personne a vu qu’elle était photographiée, était en mesure de s’y opposer, et ne l’a pas fait, son accord peut être présumé (art. 226-1 du Code pénal).C’est un terrain glissant, à manier avec précaution.
Pour une solution pratique sur le terrain, des outils numériques existent : formulaires Google Forms signés sur smartphone, ou solutions comme DocuSign et Adobe Sign. Ces signatures électroniques sont juridiquement valables en France grâce au règlement européen eIDAS et à l’article 1366 du Code civil.
Les mineurs : une protection renforcée
La protection des enfants est particulièrement stricte, et elle a récemment évolué. Une loi de 2023 est venue encadrer la publication des images de mineurs sur les réseaux sociaux, y compris par les parents eux-mêmes.
En pratique, pour tout usage public d’une photo où un mineur est identifiable, l‘autorisation des deux parents ou représentants légaux est impérative, quelle que soit la nature artistique du projet. Pas de zone grise ici, pas d’exception créative : c’est non négociable.
Photographier des bâtiments et œuvres d'art : un autre sujet épineux
La street photography ne se résume pas aux portraits. Que se passe-t-il quand vous cadrez un bâtiment, une sculpture, une fresque ?
La règle générale est favorable : depuis la loi relative à la liberté de création, à l’architecture et au patrimoine de 2016, une personne physique peut publier librement des photos d’œuvres architecturales ou de sculptures situées sur la voie publique, à condition que ce soit sans but commercial (source : legifrance.gouv.fr, loi n°2016-925) ou que ces dernière faces parties du domaine public.
Par exemple, de nombreux lieux et monuments présents à Paris tels que les bâtiments (l’intérieur et l’extérieur), des sculptures, des fontaines peuvent être l’objet de droits patrimoniaux d’auteur.
« Les droits patrimoniaux d’auteur (droit de reproduire ou représenter l’œuvre sur une photo ou dans un film par exemple) s’étendent jusqu’à 70 ans après la mort de l’auteur. Une fois passé ce délai, l’œuvre tombe dans le domaine public et peut alors être reproduite sans l’autorisation de l’auteur et donc sans s’exposer à une action en contrefaçon. »
Sont ainsi entrées dans le domaine public les œuvres architecturales suivantes : l’Arc de Triomphe, le Dôme des Invalides, l’Hôtel de Ville, l’Obélisque de la Concorde ou encore l’Opéra Garnier. La Tour Eiffel est entrée dans le domaine public mais ce n’est pas le cas de son éclairage de nuit qui est encore protégé par le droit d’auteur.
Les sanctions : ce que vous risquez concrètement
Il faut le savoir, quand vous publier une photo qui n’est pas dans les règles, il y a certaines conséquences possibles.
- Sur le plan civil, la personne photographiée peut vous poursuivre pour atteinte à la vie privé ou atteinte à l’image. elle peut obtenir le retrait de la photo, des dommages et intérêts (beaucoup d’argent) et une interdiction de diffusion future (source : service-public.gouv.fr)
- Sur le plan pénal, dans les cas les plus graves (diffusion nuisible, harcélement, images de mineurs,…), les sanctions peuvent aller jusqu’à l’emprisonnement et 60 000€ d’amende (art. 226_1 et suivants du Code pénal)
BONUS : L'affaire Doisneau, quand une photo iconique finit au tribunal
C’est peut-être l’histoire la plus célèbre du droit à l’image en photographie
En 1950, Robert Doisneau immortalise un couple s’embrassant devant l‘Hôtel de Ville de Paris. La photo tombe dans l’oubli et devient célèbre 30 ans plus tard. Puis, en 1992, un couple, les époux Lavergne, fait irruption dans l’actualité judiciaire en affirmant être les amants du cliché. Leur demande : 500 000 francs pour violation de leur vie privée.
Dans le même temps, une autre voix s’élève. Françoise Bornet, qui avait posé avec son compagnon de l’époque à la demande du photographe, produit une preuve irréfutable : un tirage original, numéroté et estampillé, que Doisneau lui avait offert juste après la séance. Elle réclame pour sa part 100 000 francs et un pourcentage sur les bénéfices commerciaux. Son compagnon d’alors, Jacques Carteaud, refuse quant à lui de se joindre à la procédure. Il ne veut pas, selon ses propres mots, « transformer cette histoire photographique en histoire de fric ».
Le 2 juin 1993, le tribunal de grande instance de Paris tranche : la demande des époux Lavergne est refusé, faute d’avoir pu prouver qu’il s’agissait bien d’eux. Quant à Françoise Bornet, bien que Doisneau la reconnaisse lui-même comme protagoniste, le tribunal estime qu’elle n’est pas reconnaissable sur le cliché, et donc qu’elle ne peut pas se prévaloir d’un droit à l’image.
La leçon ? Même l’une des photos les plus reproduites au monde n’échappe pas aux questions de droit à l’image. Et que ce soit des décennies après la prise de vue, la reconnaissance, ou son absence, reste le critère décisif.
Droit à l’image en street photography : Ce qu’il faut retenir
Le droit à l’image ne repose sur aucune loi unique, mais s’appuie sur l’article 9 du Code civil et des décennies de jurisprudence. Le principe de base : capter, reproduire ou diffuser l’image d’une personne sans son accord est interdit. Rassurez-vous, ces textes ciblent avant tout les atteintes commises dans les lieux privés.
Prise de vue ≠ diffusion Photographier dans la rue est légal, personne ne peut vous l’interdire pour un usage personnel. C’est l’utilisation de vos images qui peut poser problème. Pour qu’une plainte soit recevable, trois conditions doivent être réunies : la personne est reconnaissable, elle est le sujet central de l’image, et la photo lui cause un préjudice.
Quand publier sans autorisation est possible Scènes de foule sans individu isolé, couverture d’actualité immédiate, personnalités publiques dans l’exercice de leurs fonctions, sujets présents en arrière-plan de façon accessoire, dans ces cas, la liberté de création peut l’emporter.
Le consentement : trois formes possibles L’autorisation écrite reste la plus solide juridiquement. L’oral suffit parfois, mais devient impossible à prouver en cas de litige. Et le consentement tacite, la personne a vu qu’elle était photographiée et ne s’y est pas opposée, est reconnu, mais reste un terrain glissant. Point crucial : c’est à vous de prouver le consentement, pas à la personne de prouver son refus.
Usage commercial : consentement obligatoire. Mineurs : autorisation des deux parents, sans exception.
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Votre agenda photo de Mai 2026
Des archives de Martin Parr ou celles de Robert Capa aux broderies urbaines d’OriKub, des rave parties de la Maison Doisneau aux mémoires brouillées de Marthe Lazarus, mai mêle les formats, les univers et les sensibilités.
Découvrez notre sélection d’expositions et événements photo près de chez vous en mai 2026.
Les expositions photo
Robert Capa - Photographe de Guerre
Jusqu’au 20 décembre 2026, le musée de la Libération de Paris consacre une exposition à Robert Capa, figure fondatrice du photojournalisme de guerre.
Réalisée en collaboration avec Magnum Photos, elle rassemble plus de 160 pièces, tirages de presse d’époque, magazines, documents et objets personnels, pour retracer le parcours d’un jeune exilé hongrois devenu l’une des icônes de la photographie moderne.
L’exposition rappelle, que son travail n’a rien perdu de son actualité : en 2024, cinquante-quatre journalistes ont encore perdu la vie en zone de conflit. Capa n’a pas seulement photographié la guerre, il a posé la question de ce que coûte le fait d’en témoigner.
Tarif plein : 11 € / tarif réduit : 9 €. Réservation en ligne fortement recommandée.
Lieu : Musée de la Libération de Paris, 4 avenue du Colonel Henri Rol-Tanguy, Paris 14e.
Regards Urbains - OriKub
Du 5 au 24 mai 2026, la galerie La Palette des Possibles à Toulouse accueille Regards urbains, la première exposition personnelle d’OriKub, artiste visuelle d’origine polonaise dont la pratique croise photographie et broderie main.
Son travail part d’un regard aiguisé sur la ville : façades, chantiers, lignes de fuite, architecture urbaine. Puis vient le fil, brodé à la main directement sur le tirage, qui suit certaines lignes, en réinvente d’autres, réécrit l’horizon.
Le résultat : des œuvres hybrides qui invitent à s’approcher, à ralentir, à regarder jusqu’à presque toucher. L’exposition va d’ailleurs jusqu’au bout de cette idée, avec des fragments de papier brodé accessibles au toucher et une installation participative en vitrine, Regards partagés, où chacun est invité à contribuer.
L’exposition est gratuite, du mardi au dimanche de 10h à 18h (mercredi jusqu’à 20h).
Lieu : La Palette des Possibles, Toulouse
Par-delà le mur de son. Fêtes Techno - Exposition collaborative
Jusqu’au 31 mai 2026, la Maison de la Photographie Robert Doisneau à Gentilly présente Par-delà le mur de son. Fêtes techno, une exposition collective signée Julie Hascoët, Cha Gonzalez et Rebecca Topakian. Trois regards pour une même immersion dans l’univers des raves et free parties, de l’intérieur.
Loin des clichés et des fantasmes qui entourent souvent la scène techno, les trois photographes restituent ce que la fête est vraiment : un espace social, une culture à part entière, une expérience collective qui se vit autant qu’elle se voit. Leurs images décrivent des lieux, des corps, des atmosphères, avec la précision de celles qui y étaient, pas de celles qui observaient de loin.
L’exposition est gratuite, du mercredi au vendredi de 13h30 à 18h30, et le week-end de 13h30 à 19h.
Lieu : Maison de la Photographie Robert Doisneau, Gentilly.
Marthe Lazarus
Du 16 avril au 2 juillet 2026, l’espace Mémoire Magnétique accueille le travail de Marthe Lazarus au cœur du Chemin du Montparnasse. Ce lieu atypique qu’Eric Darmon, producteur et réalisateur de films documentaires sur l’art, a fait de son espace de partage et de rencontres artistiques.
À travers des autoportraits, des mises en scène et des interventions dans la matière, elle construit une photographie obsessionnelle, faite de répétitions et de glissements.
L’exposition réunit trois séries : Guerre de haute intensité, Multiple et Cires. Elle présente également ses auto-éditions, fabriquées à la main dans son atelier d’Aubervilliers.
Le 22 mai de 18h à 21h, Marthe Lazarus organise une soirée autour du livre d’artiste et de l’auto-édition, avec d’autres artistes invités.
Entrée libre, du mardi au samedi de 14h à 18h (sauf jours fériés).
Lieu : Mémoire Magnétique, Chemin du Montparnasse, Paris 15
In Plain View- Martin Parr
Jusqu’au 6 juin 2026, la nouvelle galerie Magnum à Paris rend hommage à Martin Parr, elle aussi. In Plain View réunit tirages, archives et documents pour retracer cinquante ans d’une œuvre qui a changé le regard sur la photographie documentaire.
Des portraits en noir et blanc des communautés ouvrières du nord de l’Angleterre dans les années 70 aux couleurs saturées de Common Sense, Parr a toujours photographié ce que les autres trouvaient trop ordinaire pour mériter un cadre : plages bondées, tasses de thé, touristes bronzés.
Une exposition à ne pas manquer, d’autant qu’elle inaugure le nouveau lieu parisien de l’agence.
Gratuit. Du mardi au vendredi de 10h à 19h, samedi de 11h à 19h.
Lieu : Magnum Gallery, Paris 11e.
Essentia - Exposition collective
Du 25 avril au 20 juin 2026, la Galerie Parallax à Aix-en-Provence présente Essentia, une exposition qui réunit Steffen Diemer et Bertrand Hugues autour d’une même question : que reste-t-il quand on enlève tout le superflu ?
Deux approches, une même exigence. Diemer photographie le végétal au collodion humide, un procédé du XIXe siècle qui confère à ses images une matière et une présence presque tactiles. Hugues, lui, construit des compositions fragiles tirées au procédé Fresson, où la douceur des tons transforme chaque plante en sensation. Ensemble, leurs œuvres explore la lumière, le silence et la matière.
Entrée libre, du mercredi au samedi de 10h30 à 12h30 et de 15h à 18h30.
Lieu : Galerie Parallax, Aix-en-Provence.
Nu au Paradis — Michael von Graffenried
Du 16 avril au 4 juillet 2026, l’Espace MVG à Paris présente une exposition consacrée à la série Nu au Paradis, de Michael von Graffenried.
Le nu, un sujet aussi ancien que la photographie elle-même, revisité ici avec une intention claire : explorer la nudité non comme provocation, mais comme expérience du regard et de la perception.
L’exposition s’accompagne de plusieurs rendez-vous : une session de dessin avec modèle vivant, une conversation avec le critique Jean-Hubert Martin sur le nu dans l’histoire de l’art, et une visite naturiste organisée avec la Fédération française de naturisme.
Entrée libre, du jeudi au samedi de 14h à 18h.
Lieu : Espace MVG, Paris 15e.
Black Bricolage - Johny Pitts
En deuxième partie de saison, MEP studio accueil l’exposition Black Heritage de l’artiste anglais Johny Pitts, jusqu’au 24 mai 2026. Une série de photographies, carnets et documents consacrée à ce qu’il appelle l’Afropéanité : être noir et européen.
Pendant vingt ans, il a sillonné les villes du continent, Paris, Berlin, Lisbonne, Marseille, pour photographier les communautés afro-descendantes dans leur quotidien. Des fragments de vie qui, mis bout à bout, forment quelque chose de plus grand qu’un simple reportage.
Tarif plein : 12 € / tarif réduit : 6 €. Mercredi et vendredi de 11h à 20h, jeudi jusqu’à 22h, samedi et dimanche de 10h à 20h.
Lieu : MEP – Studio, Paris 4e.
Dessins et autres destins - Jacqueline Salmon
Du 20 mars au 7 juin 2026, la Fondation Renaud au Fort de Vaise accueille Desseins et autres destins, une exposition consacrée à Jacqueline Salmon, photograhe et historienne de formation.
Elle photographie ce qu’on ne regarde d’habitude pas : les racines cachées des légumes, les phénomènes naturels invisibles à l’œil nu, les archives oubliées. Elle y superpose du dessin, du texte, de la peinture, jusqu’à ce que l’image devienne autre chose qu’une image. Une façon de photographier qui ressemble davantage à une enquête qu’à une prise de vue.
Entrée libre. Du mercredi au dimanche.
Lieu : Fondation Renaud, Lyon 9e.
Spring Kick-Off ! - les street photography du collectif LOOP
Jusqu’au 22 juin, le collectif LOOP réunit 7 photographes de rue aux regards bien distincts, unis par une même conviction : la street photography appartient à tout le monde. Humaniste et contemporaine, leur démarche oscille entre document et intention artistique, des gestes saisis sur le vif, des scènes ordinaires rendues singulières.
Cette exposition, réalisée en partenariat avec Graine de Photographe, rassemble des images prises à Paris, Marseille, Londres, en Sicile et ailleurs en Italie. Elle marque aussi l’arrivée d’un nouveau membre dans le collectif : Hervé Chatel.
Une occasion de traverser la ville autrement, l’œil affûté , et si l’envie de shooter la rue vous prend, la masterclass street photography de mai n’attend plus que vous.
Plus d’info sur l’ exposition : Spring Kick-Off
Lieu : Galerie Graine de Photographe, Paris 4
Événements photo
Projection et rencontre autour de Vincent Murier - Exposition Vivre Ensemble
Le 8 mai 2026, dans le cadre de la programmation de Vivre Ensemble, Le grand photographe Vincent Munier vient à votre rencontre Place de la Concorde. Au programme, la projection du documentaire Vincent Munier, l’éternel émerveillé, suivie d’une rencontre avec le photographe naturaliste en personne.
Après La Panthère des neiges, il est revenu en 2025 avec Le Chant des forêts, un documentaire où il remonte la trace d’un oiseau disparu des Vosges, avec son père et son fils.
Cet événement s’inscrit dans le cadre de l’exposition Vivre Ensemble, imaginée par Yann Arthus-Bertrand et la Fondation GoodPlanet sur la Place de la Concorde jusqu’au 10 mai.
Des visites guidées de France, un album de famille sont organisées les 2, 3, 9 et 10 mai, dont une visite en langue des signes le samedi 2 mai. Découvrez l’agenda sur le site de la Fondation GoodPlanet.
Projection gratuite, sur inscription en ligne. De 18h30 à 21h.
Lieu : Place de la Concorde, Paris 8e.
Ce que vous pouvez encore voir de nos agendas précédents
- Global Warning de Martin Parr – Jeu de Paume, Paris 1 (jusqu’au 24 mai)
- American Images de Dana Lixenberg – Maison Européenne de la Photographie, Paris 04 (jusqu’au 24 mai)
- Guido Guidi. Col tempo, 1956–2024 – LE BAL, Paris 18 (jusqu’au 24 mai)
- Les corps élastiques de Lucie Pastureau – Institut pour la photographie – Théâtre du Nord, Lille
- À fleur de peau de Chloé Jafé – La Chambre, Strasbourg (jusqu’au 24 mai)
- Discover de François Daireaux – Le Bleu du Ciel, Lyon (jusqu’au 30 mai)
- This Will Not End Well de Nan Goldin – Grand Palais, Paris 8
- Fragilités et Résiliences de Thibault Gerbaldi – Jardin du Luxembourg, Paris 6
- Circulation(s), festival de la jeune photographie européenne – CENTQUATRE, PARIS 19
- Hommage à Sebastião Salgado – Salle Saint-Jean de l’Hôtel de Ville de Paris 1 (jusqu’au 30 mai)
- Lignes de fuite de Guillaume Lavrut – Polka Galerie, Paris 3 (jusqu’au 16 mai).
- Instants Polaroid d’Alain Guillemaud – Les Archives municipales de Lyon.
- Rétrospective de Lee Miller – Le Musée d’Art Moderne, Paris 16.
- En ces lieux – Jo Ractliffe, Le Jeu de Paume, Paris 1 (jusqu’au 24 mai)
- The Day May Break – Chapters On to Four de Nick Brandt – Polka Galerie, Paris 3 (jusqu’au 16 mai)
- Les Grands Âges de Nikos Aliagas – Le Musée de l’Homme, Paris 16.
- Parce que. Ici. d’Anne Desplantez & les enfants du Sarthé – Le Château d’eau, Toulouse (jusqu’au 24 mai)
- Vivre Ensemble de Yann Arthus-Bertrand, Hervé Le bras et Fondation GoodPlanet – Place de la Concorde, Paris 8e (jusqu’au 10 mai)
À LIRE AUSSI
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- Hommage à Martin Parr, photographe de la banalité
- Collage contemporain – Découvrez l’univers de l’artiste Émir Shiro
- Quand la photographie rencontre d’autres pratiques artistiques
- Berlin After Dark la série du street photographer Sebastian Jacobitz
- La photographe Erica Simone se met à nu dans les rues de New-York
- Les chevaux devant l’objectif de Yann Arthus-Bertrand
- « Les Français » le projet inédit de Yann Arthus-Bertrand
Paris minimaliste vu par Guillaume Lavrut dans Lignes de Fuite
Directeur artistique de métier, Guillaume Lavrut a développé en parallèle une pratique photographique personnelle, nourrie par le même sens aigu de la composition qui guide son travail quotidien.
Avec Lignes de fuite, il présente à la galerie Polka, jusqu’au 16 mai 2026, une série de photographies de rue qui nous invite à voir un Paris minimaliste. Des lieux du quotidien transformés par un jeu de lumière et de la couleur, que l’on découvre sous un nouvel angle. Sous son objectif, la ville perd son bruit, sa densité, son chaos familier.
Pourriez-vous nous raconter comment la photographie est entrée dans votre vie ?
La photo est une passion que j’exerce en amateur depuis une quinzaine d’année. Nourri à l’argentique et à quelques notions formelles pendant mes études artistiques, je me lance très vite dans le numérique, attiré par sa praticité et sa rapidité. La photographie devient mon principal mode d’expression.
J’ai commencé avec un smartphone toujours en poche. Petit, pratique et discret. Avec le temps, j’ai ressenti le besoin d’aller plus loin dans la technique et la qualité des images. J’ai donc délaissé le smartphone au profit d’un boitier (qui me suis également partout)
« Smartphone toujours en poche, ou appareil en bandoulière, curieux et contemplatif, j’aime les choses simples et traquer le détail »
Cette manière d’être toujours à l’affût, c’est quelque chose que vous avez eu dès le début ou un réflexe qui s’est affiné avec le temps ?
J’ai toujours été très observateur et contemplatif. Ces petits détails du quotidien se sont donc retrouvés naturellement dans mes photos
« Je me reconnais entièrement dans cette phrase de Robert Capa : « les photos sont là, il ne reste plus qu’à les prendre »».
Qu’est-ce que vous cherchez à montrer de la capitale dans cette série ?
Je cherche a étonner par des jeux de proportions, de perspectives J’aime les compositions graphiques qui rendent Paris different à la limite de l’abstrait.
Tout part d’une intuition. Rien n’est calculé. Je me laisse guider par les éléments qui vont construire la photo.
Y a-t-il une image de cette série qui vous tient particulièrement à coeur ?
L’image du jardin des Tuileries.
Mon travail a commencé à etre reconnu depuis cette image, qui a beaucoup circulé sur les réseaux sociaux. Même si je l’ai vue et re-vue, je luis doit une fière chandelle.














































































































