Votre agenda photo de septembre 2026
En septembre, partez à la découverte des expositions photo près de chez vous.
Au programme : le récit engagé de Marie-Laure de Decker au Tchad, un hommage musical à Aix-en-Provence à travers le fonds Henry Ely, un lancement collectif à Lille pour le Bicentenaire, ainsi que plusieurs expositions caritatives, festivals et rencontres à Toulouse, Barro ou Paris, et bien d’autres encore.
Ce mois marque le lancement officiel du Bicentenaire de la Photographie, et les galeries, musées et espaces publics ne manquent pas de le célébrer. De Paris à Lille, de Toulouse à Aix-en-Provence, les rendez-vous se multiplient.
Découvrez notre sélection d’expositions et événements photo près de chez vous en septembre 2026.
Les expositions photo
Ce qui reste - Sabrina Budon
Du 1er septembre au 9 octobre, Sabrina Budon présente Ce qui reste, une exposition réunissant deux séries photographiques autour de la mémoire, du temps et des traces laissées par les vies passées.
À travers des photographies anonymes chinées en brocante et transformées par la broderie, ainsi que des portraits d’Éliane, 96 ans, l’artiste fait ressurgir les souvenirs et redonne une présence aux personnes représentées.
Vernissage le samedi 3 octobre 2026 à 16h00
Lieu : (re)trouvailles, 20 rue Kléber, 93500 Pantin

Soft Spot - Louis Heilbronn
Du 5 septembre au 10 octobre, la galerie Solaris à Paris, met en avant les photographies de Louis Heilbronn, lors d’une exposition intitulé Soft Spot.
Entre tendresse et vulnérabilité, le titre joue sur la double sémantique du terme anglais « soft spot » : la zone d’attachement affectif d’une part, la fontanelle du nourrisson de l’autre.
Louis Heilbronn explore cet espace intime où proximité des corps et fragilité des liens se répondent, à travers un médium détourné de son usage : un appareil vintage View-Master stéréo. Défauts et hasards heureux de la machine (doubles expositions, fuites de lumière) deviennent une écriture poétique, à contre-courant de l’image lisse et ultra-définie dominant la photographie contemporaine.
« Soft Spot devient une pellicule poreuse où le temps se dilate, une fontanelle artistique par laquelle le regard grandit, se fragilise et s’émerveille à nouveau. »
Entrée libre.
Lieu : Galerie Polaris, Paris 3
MP#06 - Exposition du Mentorat Photographique du Fonds Régnier pour la Création avec l’Agence VU’
La Galerie VU’ clôture la sixième édition du Mentorat Photographique du Fonds Régnier pour la Création, du 10 au 29 septembre, en présentant les travaux de cinq photographes émergents : Jennifer Carlos, Judith Crico, Tavan Esmaili, Léa Pignard et Adrien Viot.
Sélectionnés pour leur énergie, leur talent et la singularité de leur approche, les cinq lauréats ont bénéficié pendant neuf mois d’un accompagnement personnalisé mêlant suivi par des photographes-mentors, des consultations d’experts, des formations VU’Education, des rencontres professionnelles et des ateliers collectifs.
Cette exposition restitue le fruit de ce travail et invite également à revenir sur cinq années de Mentorat (2020-2025), à travers une sélection de tirages issus de la Collection Privée Laurence Régnier.
Vernissage le mercredi 9 septembre 2026.
Lieu : Galerie Vu‘, Paris 15
Le chant des villes - La FAB et galerie du jour Agnès b.
À Paris, la Galerie du Jour agnès b., à La Fab., accueille du 4 septembre au 25 octobre, Le Chant des villes, exposition collective réunissant dix artistes et un collectif.
L’exposition célèbre le tissu urbain qui, loin d’être un simple décor, est un espace vivant traversé de mémoires, de transformations et de projections.
Peintures, photographies, dessins et céramiques composent un espace où chaque œuvre propose une lecture singulière de l’environnement urbain, évoquant ses textures, ses interstices et ses strates temporelles.
Cette réflexion fait écho au rapport intime qu’agnès b. entretient avec la ville, qu’elle photographie et parcourt depuis toujours sans itinéraire.
Vernissage le jeudi 3 septembre, 18h-21h.
Entrée libre.
Lieu : La Fab., Paris 13e.
Pour le Tchad (1975-1978)- Marie-Laure De Decker
Le 21bis Cours Mirabeau accueille , à Aix-en-Provence, du 8 juillet au 11 octobre, Pour le Tchad (1975-1978), une exposition consacrée à la photoreporter française Marie-Laure de Decker (1947-2023).
L’exposition met en lumière une période déterminante de sa carrière : ses séjours au Tchad entre 1975 et 1978, dans le contexte de la première guerre civile qui oppose le pouvoir central aux mouvements rebelles du Frolinat.
Partie couvrir l’enlèvement de l’archéologue Françoise Claustre, Decker s’immerge durablement auprès des combattants et de leurs familles, développant un témoignage engagé qui dépasse le simple reportage d’actualité.
Refusant de montrer la violence des combats, elle privilégie une approche sensible, mettant en avant la dignité et l’humanité de ses sujets, notamment à travers une série de portraits de combattants réalisée en 1976 dans un studio improvisé en plein désert.
Entrée libre et gratuite.
Lieu : 21bis Cours Mirabeau, Aix-en-Provence.
TWINNING MOMENTS - Irina Werning
À Paris, la galerie Polka accueille également du 11 septembre au 31 octobre, l’exposition consacrée à Irina Werning, lauréate de la deuxième édition du Prix International la Cense de la Photographie de Cheval.
Présidé par Viggo Mortensen et parrainé par Yann Arthus-Bertrand, le jury distingue cette année la photographe argentine pour une série consacrée aux foires animales de Buenos Aires.
Au regard tendre, ironique et politique, Irina Werning compose un récit visuel où le cheval devient le reflet silencieux de l’humain, un double inattendu, à l’heure où le monde rural qui les reliait semble peu à peu s’effacer.
La galerie Polka propose également deux autres expositions intrigantes à découvrir du 11 au 31 octobre.
Entrée libre.
Lieu : Polka Galerie, Paris 3e.
Antiphoto -Justine Kurland & Mariah Robertson
À Paris, la galerie Miranda accueille du 4 septembre au 15 novembre Antiphoto, exposition en duo consacrée aux artistes américaines Justine Kurland (1969) et Mariah Robertson (1975).
Toutes deux reconnues pour leur remise en question des conventions établies de la photographie, elles s’attaquent ici au canon du médium en le découpant, le recouvrant de peinture, le photocopiant et en le réemployant. Clin d’œil aux règles du marché de l’art, les œuvres murales individuelles des deux artistes seront proposées à un prix unique et modique de 199 euros.
Entrée libre.
Lieu : Galerie Miranda, Paris.

Le regard Américain : the Ethernal Pull of Paris
À Paris, la galerie Ithaque, dans le quartier du Marais, accueille à partir du mercredi 9 septembre, Le Regard Américain : The Eternal Pull of Paris, exposition photographique caritative organisée par Democrats Abroad Paris.
De Man Ray et Berenice Abbott jusqu’à la génération actuelle, Paris attire depuis plus d’un siècle les photographes américains venus documenter la ville et, à travers elle, mieux se comprendre eux-mêmes.
Réunissant le légendaire Ralph Gibson et le photojournaliste Peter Turnley aux côtés de talents émergents installés en France, l’exposition propose des œuvres rares dans le cadre d’une vente aux enchères silencieuse.
L’intégralité des bénéfices sera reversée à Democrats Abroad France pour soutenir l’inscription sur les listes électorales et la mobilisation des électeurs américains en vue des élections de 2026.
Lieu : Galerie Ithaque, Paris 2
Vivre Ensemble -Yann Arthus Bertrand et la Fondation GoodPlanet
À Lyon, le Chalet du Parc, dans le Parc de la Tête d’Or, accueille du 18 septembre au 8 novembre l’exposition Vivre Ensemble, par Yann Arthus-Bertrand et Hervé Le Bras avec la Fondation GoodPlanet.
Après la place de la Concorde et Aix-en-Provence, l’exposition poursuit son tour de France.
Depuis plus de trente ans, Yann Arthus-Bertrand photographie les habitants de la France entourés de ceux qui composent leur quotidien : proches, collègues, familles, voisins ou compagnons de vie.
Enrichi depuis 2023 du regard du démographe et historien Hervé Le Bras, le projet a donné lieu à près de 90 studios photo installés dans toute la France, pour constituer une vaste enquête humaine, visuelle et démographique. 180 photographies composent ainsi une grande fresque collective, déjà vue par plus de 1,5 million de personnes, qui invite à observer ce qui rassemble les Français autant que ce qui les distingue.
Pour l’inauguration, une partie du parcours se déploie exceptionnellement le long de l’allée principale du parc, depuis la porte des Enfants du Rhône. Un studio photographique animé par Yann Arthus-Bertrand et son équipe s’installera aussi du 18 au 20 septembre, permettant au public de se faire photographier et de rejoindre à son tour cette fresque humaine.
Entrée libre.
Lieu : Chalet du Parc, Lyon.
Le regard Américain : the Ethernal Pull of Paris
Du 4 au 6 septembre, le Palais Brongniart accueille la première édition de FUJIKINA Paris, labellisée « Événement du Bicentenaire de la Photographie » par le ministère de la Culture.
Initiée par Fujifilm en 2022, cette grande fête de l’image réunit photographes amateurs et professionnels autour d’expositions inédites, de conférences, de masterclasses, de sorties photo dans Paris et de démonstrations de matériel.
Le parcours propose quatre expositions traversant deux siècles d’histoire du médium : « Magnum : A World In Color », rétrospective des archives couleur de l’agence, en partenariat avec la Médiathèque du Patrimoine et de la Photographie ; « Magnum Youth », consacrée aux regards d’Alex Webb et Alec Soth sur la jeunesse ; « Histoire de Portrait(s) des Collections MPP », traversée du portrait photographique des origines à nos jours ; et « 15 ans de Série X Fujifilm, pour 200 ans de photographie ».
Horaires : vendredi 4 septembre (billet Premium uniquement), samedi et dimanche 9h30-19h.
Billets : de 10 à 25 €.
Lieu : Palais Brongniart, Paris 2e.
Les événéments photo
Sortie Cinéma : La Vie en relief - Jacques Henri Lartigue
Les salles de cinéma accueillent à partir du 16 septembre, La Vie en relief – Jacques Henri Lartigue, premier film documentaire consacré au photographe, réalisé par Denis Gaubert et distribué par UFO Distribution.
Paris, 1902, Jacques Henri Lartigue commence à emprunter l’appareil photo stéréoscopique de son père. Dès lors et pendant 25 ans, il photographie tout ce qu’il aime, uniquement pour son plaisir et celui de ses proches, traversant la Belle Époque, la Première Guerre mondiale, les Années folles, l’invention de l’aviation et de l’automobile.
Ce n’est qu’en 1963, à soixante-neuf ans, que Lartigue expose pour la première fois au Museum of Modern Art de New York, révélé au grand jour par un jeune conservateur tombé par hasard sur ses premières photographies.
Le film propose une plongée inédite en 3D relief dans la jeunesse de ce témoin discret de son siècle.
Say Cheeeese! - Festival à la Gare Saint Sauveur de Lille
Du 11 au 13 septembre, la Gare Saint-Sauveur, à Lille, accueille Say Cheeeese!, week-end organisé par l‘Institut pour la photographie avec lille3000 pour lancer le Bicentenaire de la Photographie.
Deux jours durant, l’image se vit autant qu’elle se regarde : rencontres avec des artistes, Book Market, jeu d’enquête photographique Monumentu, et ateliers de retouche manuelle.
Le dimanche, place à la brocante photo et aux portraits sur le pouce. À la tombée de la nuit, changement de rythme avec performances, concerts, DJ et VJ sets.
Le week-end s’accompagne aussi de projections (L’Enfant Sauvage de Truffaut, Daguerréotypes d’Agnès Varda, La Jetée de Chris Marker) et de l’expo-restitution Une histoire de partage.
Lieu : Gare Saint-Sauveur, Lille.
17e édition du Festival de Photographie MAP à Toulouse
À Toulouse, la Caserne Jacques Vion accueille du 11 au 27 septembre la 17e édition du Festival de Photographie MAP.
Depuis 16 éditions, le festival rend la photographie accessible à tous grâce à une programmation entièrement gratuite. En transformant des lieux emblématiques de Toulouse en espaces d’exposition, il crée des rencontres inédites entre l’art, la ville et ses habitants.
La sélection 2026 mêle figures reconnues et photographes émergents (parmi eux Zen Lefort, Christophe Brachet, Nikita Teryoshin, Olivier Jobard), reflétant la diversité des écritures contemporaines : documentaire, plasticienne, installations, expérimentations visuelles et formes hybrides.
Horaires : mercredi au dimanche, 11h-18h. Entrée libre.
Lieu : Caserne Jacques Vion, Toulouse.
Musiques en Aix : Rencontre entre la grande histoire de la photographie et de la musique à Aix-en-Provence
À Aix-en-Provence, l’Hôtel de Boadès accueille du 26 août au 1er novembre, Musiques en Aix , exposition organisée dans le cadre du bicentenaire de la photographie.
Le parcours fait revivre plus de cent ans de vie musicale aixoise à travers le fonds Henry Ely, photographe précurseur de l’argentique à Aix (1861-1921), transmis sur quatre générations.
Orchestres des années 1900, bals populaires, grandes voix de la chanson française (Piaf, Brel, Aznavour), légendes du jazz (Sidney Bechet, Ray Charles, Miles Davis), naissance du Festival d’Art Lyrique en 1948, jusqu’aux scènes hip-hop et rap contemporaines : plus de 300 photographies noir et blanc retracent un siècle de musique sous toutes ses formes.
Les visiteurs découvriront également la reconstitution fidèle du studio Henry Ely de la fin du XIXe siècle, ainsi qu’une frise chronologique et des appareils photographiques retraçant deux cents ans d’histoire de la photographie.
Entrée payante.
Lieu : Hôtel de Boadès, Aix-en-Provence.
25ème festival BarrObjectif
À Barro, en Charente, le festival BarrObjectif fête sa 25e édition du 12 au 20 septembre, placée sous le signe du photoreportage et de la mémoire photographique.
Photographe documentaire basée à Paris et originaire de la péninsule de Kola en Russie, Natalya Saprunova, intervenante chez Graine de Photographe, est l’invitée d’honneur de cette édition. Son exposition Permafrost – ce froid n’est plus éternel, emmène le public au cœur des territoires arctiques, en Yakoutie et au Canada, où la fonte du permafrost transforme paysages et modes de vie.
Cette année anniversaire coïncide aussi avec le bicentenaire de la photographie : Pascal Peyrot propose une immersion dans l’histoire du médium, de la chambre 4×4 pouces de 1947 au Canon EOS 5D Mark II de 2008, mise en regard avec des œuvres et ouvrages de photographes.
Le festival présente par ailleurs une vingtaine de photographes sélectionnés, ainsi que plusieurs expositions primées (Prix Camille Lepage, Prix RSF Lucas Dolega-SAIF) et une exposition hommage à Matthieu Chazal.
Lieu : Barro, Charente.
Ce que vous pouvez encore voir de nos agendas précédents
- Les Grands Âges de Nikos Aliagas – Le Musée de l’Homme, Paris 16.
- Robert Capa – Photographe de Guerre, Musée de la Libération de Paris Paris 14e.
- Marthe Lazarus, Studio de Mémoire Magnétique,Paris 15 (jusqu’au 5 septembre).
- Eboro de Nuits Balnéaires à la Fondation Henri Cartier-Bresson, Paris 3e. (jusqu’au 4 octobre)
- NUL SOLEIL. MAIS LE FEU d’Alain Willaume à Simultania Pôle de photographie, Strasbourg. (jusqu’au 5 septembre)
- Retrospective de Camille Vivier à la MEP, Paris 4e.(jusqu’au 13 septembre).
- Une vie de Madeleine de Sinéty au Jeu de Paume, Paris 1 (jusqu’au 27 septembre).
- Corée du Nord de Stephan Gladieu au musée des Confluences, Petite galerie, Lyon.
- L’Espace entre nous de la Collection du Wilson Centre for Photography, LE BAL ,Paris 18.
- Photographe, 1963-64 : Eyes of the Storm de Paul McCartney au Musée Granet, Aix-en-Provence.
- Art de vivre de Martin Parr dans les Jardins de la Cité du Vin, Bordeaux. (jusqu’au 20 septembre
- La photographie en toutes lettres, une exposition collective à La MEP, Paris 4. (jusqu’au 13 septembre)
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Nation of the Atlantic, la beauté des îles créoles à travers l'objectif de Kim Lang
Kim Lang
Kim Lang vit et photographie à Londres depuis seize ans. Il partage son travail entre des commandes pour des titres comme The Rake ou The Ivy, et des projets personnels puisés dans ses origines capverdiennes et luxembourgeoises.
C’est cette double appartenance qui a donné naissance à Nations de l’Atlantique, une série qui relie des îles séparées par l’océan mais unies par une même histoire créole : Cap-Vert, Barbade, Brésil… Lang y capte des scènes du quotidien, jamais mises en scène, pour révéler ce que ces territoires ont en commun plutôt que ce qui les distingue.
Il nous raconte comment cette série est née, comment elle travaille, et pourquoi les petites nations insulaires occupent une place aussi centrale dans son regard.
Son histoire
Kim Lang a grandi entourée d’art visuel : son grand-père documentariste animalier l’a emmenée dès six ans en Namibie et en Afrique du Sud, et sa mère, photographe amateur passionnée par les cultures amérindiennes, utilisait l’image pour transmettre une représentation authentique de ces peuples.
Elle (sa mère) utilisait la photographie pour partager ces histoires dans les écoles et lors d’événements au Luxembourg, cherchant à diffuser une image authentique des peuples autochtones, loin de toute représentation exotisée ou stéréotypée.
Ayant grandi dans cet environnement, la photographie est naturellement devenue pour moi un moyen d’expression privilégié : un outil pour communiquer ma vision du monde.
À l’adolescence, sa découverte du théâtre et de Photoshop l’a menée vers un versant plus artistique et construit de la photographie, où le montage lui permettait de créer des univers narratifs. Aujourd’hui, il s’éloigne progressivement de cette manipulation numérique pour privilégier une approche plus organique, fondée sur la lumière et la maîtrise technique, tout en restant attachée à cette origine artistique de sa passion.
Sa série photo « Nations of the Atlantic »
Avec Nations of Atlantic, Kim Lang explore les liens qui unissent des îles atlantiques partageant une histoire et une identité créole, souvent effacés par les divisions médiatiques actuelles. Il construit un sentiment d’unité et d’intemporalité entre ces lieux, une photo prise à la Barbade pourrait tout aussi bien évoquer le Cap-Vert.
Ce qui est profondément spécifique et unique à un lieu peut aussi être perçu comme universel, invitant le spectateur à dépasser les idées préconçues et clivantes sur l’individualité pour lui rappeler la beauté des liens qui unissent les lieux, les cultures et les expériences.
Il conçoit la série comme une œuvre évolutive, dont le sens se transforme avec le temps : une image de pêcheur peut aujourd’hui évoquer la menace climatique pesant sur ces nations insulaires, et demain raconter un mode de vie disparu ou un écosystème régénéré.
J’apprécie cette complexité ouverte, où les photographies s’adressent directement au présent tout en laissant entrevoir un avenir fugace et un passé empreint de nostalgie.
Enfin, porté par son héritage capverdien, Kim veut redonner de la beauté aux gestes simples du quotidien, comme un jeune cavalier s’entraînant seul sur une plage au lever du soleil avant l’arrivée des touristes.
Pour lui, ce qui compte, ce n’est pas la réalité telle qu’elle est, mais la façon dont on choisit de la voir. C’est une manière de chercher un contentement vrai, loin des distractions.

Photographier pour aller à la rencontre de l’autre
Les personnes photographiées par Kim Lang sont le fruit de rencontres spontanées, jamais mises en scène.
Sa méthode : se documenter en amont sur un lieu, puis se laisser guider par l’instant, au fil de promenades solitaires où certains moments captent son regard.
« Même si je travaille sur des séries avec un sens et un ton clairs, je souhaite aussi être surprise, évoluer et m’émerveiller devant la magie authentique et sincère de certaines choses. »
L’appareil photo lui sert avant tout d’outil d’apprentissage et d’ouverture : une simple promenade au coucher du soleil peut le mener, par exemple, à croiser des adolescents jouant au futevôlei sur une île brésilienne et à en découvrir le sens culturel à travers leur regard.
« L’appareil photo, et le fait de demander la permission de prendre une photo, ne sont qu’un point d’entrée pour s’immerger véritablement dans l’histoire locale. »
Y a-t-il une photo qui est particulièrement importante pour vous ?
Pendant des années, la photo du jeune pêcheur portant un requin-marteau sur ses épaules a été la plus importante pour moi. Elle marquait une rupture avec l’idée préconçue, en photographie de rue, qu’une image devait être brute, dramatique ou centrée sur la souffrance. Ce sont là des conceptions très traditionnelles, et trop souvent occidentales, de la manière de représenter l’étranger.
Au contraire, cette image m’a révélé une vision du monde beaucoup plus personnelle et authentique, et la façon dont je souhaite le représenter à travers la photographie : colorée, nostalgique et empreinte de fierté. On pourrait raconter cette même histoire de bien des manières, en insistant sur la souffrance ou la violence en mer, mais c’est la simplicité, la fierté et la joie qui m’ont fait aimer cette photo et cette approche en particulier. Depuis, j’ai continué sur cette voie, en prenant mes distances avec l’utilisation dramatisée de la souffrance et de la brutalité dans la photographie de rue et documentaire.
Aujourd’hui, cette image figure parmi mes préférées, et peut-être a-t-elle perdu un peu de son importance première. Je crois avoir pris depuis de nombreuses autres photos qui sont devenues tout aussi importantes, voire plus, à mes yeux. L’une d’elles est celle de l’homme avec son cheval dans la mer, prise à la Barbade, qui, je crois, pousse cette pratique encore plus loin.
Cependant, la photo du pêcheur avec le requin-marteau restera toujours celle qui a donné le ton et le style à nombre de séries qui ont suivi.
10 photographes de portrait contemporains qui redéfinissent le genre
Le portrait n’a jamais été un genre figé. Chaque génération de photographe le réinvente avec ses propres codes, ses obsessions, sa manière de regarder l’autre. On vous a sélectionné dix pépites qui comptent aujourd’hui, avec pour chacun une lecture rapide de ce qui rend leur travail reconnaissable entre mille.
Nadia Lee Cohen
Nadia Lee Cohen photographie comme elle tournerait un film. Son Amérique rétro, années 50 à 70, oscille entre kitsch assumé et critique sociale bien plus fine qu’il n’y paraît. Son projet le plus marquant, HELLO My Name Is (2021), part d’une collection de badges prénoms chinés dans des brocantes anglaises : elle a incarné 33 personnages imaginaires à partir de ces simples étiquettes, entre maquillage, prothèses et mise en scène. Avant cela, son premier livre Women (2020) rassemblait déjà cent portraits cinématographiques de femmes anonymes. Elle a aussi photographié des figures comme Pamela Anderson ou Billie Jean King.
Vous avez surement vu également passé sur les réseaux sociaux son shooting photo Théâtrale de Zendaya et Robert Pattinson pour l’interview mag pendant la promotion de leur film The Drama.
Tyler Mitchell
Son univers pastel et onirique ne cherche pas à démontrer mais à célébrer : la liberté des corps noirs, la légèreté, le droit à la joie tout simplement. Diplômé de la Tisch School of the Arts à New York, il a d’abord filmé du skate avant de basculer vers la photo. Sa carrière prend une tout autre dimension en 2018 : à 23 ans, Beyoncé le choisit personnellement pour signer la couverture du numéro de septembre de Vogue US, un des numéros les plus vendus de l’histoire du magazine. Un an plus tard, ce portrait entre dans les collections permanentes du Smithsonian National Portrait Gallery à Washington.
Sonia Sieff
Photographe française, Sonia Sieff travaille l’intime avec une évidence rare. Son rapport au corps et à la lumière naturelle donne des portraits qui semblent ne rien forcer, loin des mises en scène trop appuyées. Dans ses derniers livres photos Les Françaises et Rendez-vous !, elle nous partage un regard direct sur la nudité, la sensualité et la spontanéité des corps photographiés.
Découvrez son dernier livre Rendez-vous !, qui explore la nudité masculine dans notre précédent article ici.
Martin Schoeller
Chez Martin Schoeller, tout le monde est logé à la même enseigne. Ses gros plans frontaux, éclairés de façon parfaitement égale, s’appliquent aussi bien à une star hollywoodienne qu’à un inconnu croisé dans la rue. Formé à Berlin, il part assister Annie Leibovitz à New York au milieu des années 90, avant de développer sa propre grammaire visuelle : cadrage serré, lumière plate, aucun décor pour distraire le regard. Sa série Close Up, suivie depuis plus de vingt-cinq ans et rassemblée dans un livre chez Steidl, compte aujourd’hui plus de 3 000 visages photographiés selon le même protocole.
Christopher Anderson
Chez Christopher Anderson, le portrait naît d’abord d’une relation.
Avant de photographier quelqu’un, il faut le comprendre, ou du moins essayer. Membre de l’agence Magnum de 2005 à 2023, il s’est d’abord fait connaître par un reportage marquant : en 1999, il embarque avec 44 migrants haïtiens sur une embarcation de fortune qui finira par couler en mer des Caraïbes, un travail récompensé par la médaille d’or Robert Capa.
À la naissance de son fils Atlas en 2008, il abandonne peu à peu le photojournalisme de guerre pour un regard plus intime, donnant naissance à ses livres les plus connus, Son puis Pia, consacré à sa fille.
Deana Lawson
Deana Lawson construit ses images comme des scènes de théâtre. Elle travaille souvent au sein de communautés afro-descendantes, dans des intérieurs domestiques qu’elle transforme en espaces presque sacrés. Rien n’est spontané : chaque décor, chaque pose, chaque accessoire est pensé en amont avec les personnes photographiées. En 2020, elle devient la première photographe à recevoir le Hugo Boss Prize, l’un des prix d’art contemporain les plus courus au monde, remis jusque-là surtout à des sculpteurs ou vidéastes. Elle enseigne aussi à Princeton et a signé le portrait d’Angela Davis pour Vanity Fair.
Jasa Müller
Photographe slovan installé à Paris, Jasa Müller mélange photographie et peinture. Ses portraits brouillent la frontière entre les deux médiums, entre matière picturale et prise de vue argentique ou numérique. Cette hybridation questionne directement ce que devient le portrait aujourd’hui, à l’heure où l’image se retouche, se recompose et se génère aussi par d’autres moyens que l’appareil photo.

Rineke Dijkstra
Rineke Dijkstra photographie des adolescents sur une plage ou de jeunes recrues militaires, toujours de face, sans artifice. Sa série la plus célèbre, Beach Portraits (1992-1994), l’a fait connaître internationalement après sa présentation au MoMA puis à la Biennale de Venise en 1997. Sa seule consigne à ses sujets : ne pas sourire, ce qui laisse toute l’émotion se loger ailleurs que dans le visage, dans la posture du corps entier. En 2017, elle reçoit le prix Hasselblad, une des plus hautes distinctions internationales en photographie.
Platon
Platon a photographié des chefs d’État, des artistes, des figures publiques du monde entier. Sa signature : une frontalité radicale, un regard qui ne fuit jamais l’objectif. Son portrait de Vladimir Poutine pour la couverture Personnalité de l’année de TIME en 2007 reste sans doute son image la plus célèbre : pour détendre l’atmosphère avant la prise de vue, il avait simplement demandé au président russe quelle était sa chanson préférée des Beatles. Cette photo lui vaudra le premier prix du World Press Photo l’année suivante. Il a depuis signé plus de vingt couvertures pour TIME et fondé The People’s Portfolio, une fondation dédiée aux défenseurs des droits humains.
Le nouveau livre de Platon, intitulé PLATON PAROS, paraîtra le 22 septembre 2026. Il présente 40 ans de photographies prises sur l’île grecque de Paros, son île natale. Parallèlement, le musée Benaki, à Athènes, accueillera à partir du 4 novembre 2026 une grande rétrospective consacrée à Platon. L’exposition montrera son travail grec, mais aussi un large aperçu de ses photos sur le pouvoir, les célébrités, les icônes de notre époque et les défenseurs des droits humains.
Laura Stevens
Photographe britannique installée à Paris, Laura Stevens s’intéresse à ce qui se joue en silence dans un regard. Ses compositions, calmes et cinématographiques, racontent des états psychologiques, entre vulnérabilité, intimité et solitude.
Son travail se situe à la croisée du female gaze et de récits personnels autour de la relation et de la transformation. Ses photographies, presque sombre, nous plonge dans l’intimité de chaque personne photographié.
En Bonus : Szilveszter Mako
Comment ne pas citer le chouchou de la rédaction de Graine de Photographe ?
Ce photographe et directeur artistique photographie certaines des plus grandes stars actuelles. Talent émergent dans la photographie de portrait, Szilveszter Mako nous captive avec ses mises en scènes artistiques qui lui sont propres.
Sa double casquette se sent dans ses images : chaque prise de vue semble pensée comme une direction artistique complète, du choix du décor à la construction de la lumière. Ses photographies mêlent mise en scène et collage entièrement fait à la main, à partir principalement de matériaux recyclés, leur donnant cet aspect théâtral et pictural, si particulier.
Voyage photo au Brésil : explorer les Lençóis Maranhenses, São Luís et le Delta du Parnaíba
Le nord-est du Brésil cache l’une des voies les plus spectaculaires d’Amérique du Sud. Pour ce nouveau voyage photo Graine de Photographe, les participants en ont parcouru une partie, accompagnés par le photographe Marc Lavaud, entre dunes immaculées, lagunes cristallines et delta peuplés de milliers d’ibis rouges.
Ce parcours porte un nom : la Route des Émotions, baptisée ainsi en 2005, il traverse, sur près de 500 kilomètres, trois États Brésiliens (Maranhão, Piauí et Ceará). Notre groupe a suivi l’itinéraire au départ de São Luís, vers les Lençóis Maranhenses et le Delta du Parnaíba.
Comme pour notre voyage au lac BaÏkal en Sibérie, notre partenaire NYA-EVO nous a confié un sac le Fjord 36 Adventure Camera Backpack, et la nouvelle pochette Fjord 6 Toploader, idéale pour transporter un second boitier avec un téléobjectif zoom 100-500 mm parfait pour la photo animalière en itinérance.
São Luís : architecture coloniale et Bumba Meu Boi
Après avoir posé nos valises à São Luís, capitale du Maranhão et seule ville du Brésil fondée en 1612 par les Français. Nous partons à la découverte de son centre historique, classé au patrimoine de l’UNESCO en 1997, avec plus de 3000 maisons d’architecture Portugaise aux façades d’azulejos, c’est un exemple exceptionnel de ville coloniale qui a conservé son tissu urbain harmonieusement intégré à son environnement naturel . Un terrain idéal pour la street photography et photographie d’architecture.
À la tombée de la nuit, nous avons assisté à la célèbre fête folklorique du Bumba Meu Boi, grande tradition populaire, elle aussi classée au patrimoine immatériel de l’UNESCO. Musique, danse et costumes brodés se mêlent dans une pratique rituelle impliquant différentes formes d’expression chorégraphique, théâtrale. Explosion de couleurs, chaque représentation des groupes que l’on appelle des Boi, rivalisent sous les acclamations du public, comme le célèbre Boi de Santa Fé ou Boi de Périz de Cima.
Les Lençóis Maranhenses : un désert de lagunes
Direction le Parc national des Lençóis Maranhenses, l’une des étapes très attendue. De loin, l’immensité de sable blanc ressemble à un désert. Mais à chaque saison des pluies, des milliers de lagunes turquoise et émeraude plus ou moins profonde se forment entre les dunes. Le site s’étend sur plus de 155 000 hectares et reste un phénomène géologique rare sans équivalent dans le monde.
Au lever comme au coucher du soleil, la lumière redessine les reliefs en continu. Les photographes ont travaillé la photographie de paysage, les jeux d’ombres et les prises de vue aérienne, avec une initiation au pilotage du dernier drone DJI Mini 5 Pro prêté par notre partenaire Studio Sport. Une partie d’une groupe a eu la chance d’effectuer un survol spectaculaire à bord d’un Embraer EMB-720D Minuano, un avion utilitaire monomoteur à piston de la compagnie AVA Sobrevoos.
Atins : là où les dunes rencontrent l’océan
Étape à Atins, village de pêcheurs posé entre les Lençóis et l’Atlantique, accessible seulement par piste ou par bateau au départ de Barreirinhas en descendant le Rio Preguiças.
Proche du village, nous faisons étape au phare de Caburé d’une hauteur de 35m, cette base de la marine Brésilienne offre une vue panoramique sur l’estuaire et le Parc National des Lençóis.
Le Delta du Parnaíba : le royaume des ibis rouges
Le voyage s’est achevé au Delta du Parnaíba, l’un des trois seuls grands deltas maritimes au monde. Il est exceptionnel car c’est le plus grand delta en mer ouverte des Amériques . À bord d’une embarcation traditionnelle, nous avons eu la chance d’observer au petit matin, jacaré, singes hurleurs roux, capybara, iguanes et piranhas.
Tout le monde attendait avec impatience le moment fort de cette journée : le coucher du soleil. Chaque soir, des escadrilles de milliers d’ibis rouges regagnent leur dortoir, niché sur une île au cœur du delta, offrant un spectacle aussi impressionnant qu’inoubliable.
Leur plumage d’un rouge éclatant est unique. Seuls les adultes arborent cette couleur flamboyante, acquise grâce à une alimentation riche en crabes rouges, crustacés et crevettes, dont les pigments colorent progressivement leurs plumes.
Une aventure photographique complète
Ce séjour a été pensé par Marc et son ami Franck notre réceptif local Ogente do brasil comme un voyage découverte complet pour mettre en pratique plusieurs domaines de la photographie. De la street photography dans le centre de São Luís, en passant par le reportage du Bumba Meu Boi et la photographie de paysage des dunes des Lençóis, pour terminer avec la photographie animalière dans le Delta du Parnaíba.
Cette variété de sujets font la richesse de ce voyage photo et auront permis aux participants d’enregistrer des expériences , rencontres et souvenirs inoubliables.
Quel matériel photo emporter au Brésil ?
Entre les dunes des Lençóis Maranhenses, les longues navigations sur le delta du Parnaíba et les sorties à l’aube comme au coucher du soleil, le matériel photo est constamment sollicité. Sable, humidité, chaleur et déplacements en bateau imposent de voyager avec un équipement à la fois polyvalent, bien protégé et facile à transporter.
Pour ce voyage, Marc a volontairement limité son matériel afin de rester mobile tout en étant capable de photographier aussi bien les paysages grandioses que la faune sauvage ou les scènes de vie.
Dans le sac photo de Marc Lavaud
- 1 boîtier reflex
- 1 boîtier hybride
- 1 zoom 16-35 mm
- 1 objectif 50 mm
- 1 zoom 24-105 mm
- 1 téléobjectif 100-500 mm
- 1 flash cobra
- 1 trépied
- Filtres ND et polarisant
- 6 batteries
- 1 drone et sa télécommande
- Cartes mémoire
- Câbles et chargeurs
- Carnet de notes
- Leatherman
Le drone, un véritable atout
Impossible d’imaginer les Lençóis Maranhenses sans prendre un peu de hauteur. Les dunes immaculées, les lagunes turquoise et les méandres du delta révèlent toute leur beauté vus du ciel.
Pour ce voyage, Marc a utilisé un DJI Mini 5 Pro, un choix idéal pour alterner les prises de vue au sol et les images aériennes tout au long de la journée. Son faible encombrement lui a permis de trouver facilement sa place dans le sac photo tout en restant prêt à décoller à chaque occasion. Ce drone nous a été fourni par notre partenaire StudioSport, spécialiste de la vente de drones, matériel FPV et caméras embarquées depuis 2007.
Notre avis sur le sac photo NYA-EVO Fjord 36
S’il y a un équipement qui nous a particulièrement convaincus pendant ce voyage, c’est bien le NYA-EVO Fjord 36 Adventure Camera Backpack.
Pendant plus de dix jours, il nous a accompagnés dans toutes les situations : traversées en bateau, longues marches dans le sable, fortes chaleurs et humidité permanente. Fabriqué en ECONYL®, un nylon recyclé particulièrement résistant, il n’a montré aucun signe de faiblesse malgré des conditions parfois exigeantes.
Ce que nous avons particulièrement apprécié, c’est son confort de portage. Même chargé avec deux boîtiers, plusieurs objectifs, un drone, un trépied et les accessoires indispensables, le sac reste bien équilibré et agréable à porter pendant plusieurs heures. Son insert photo permet une organisation efficace tout en protégeant parfaitement le matériel.
Autre accessoire qui nous a accompagné tout au long du voyage : la Fjord 6 Top Loader. Fixée directement sur le sac ou portée en bandoulière, elle permet de garder un boîtier prêt à l’emploi sans avoir à retirer le sac à dos. Lors des balades dans les Lençóis, des trajets en bateau ou des observations de la faune, elle s’est révélée particulièrement pratique pour faire une photo rapidement tout en gardant le reste du matériel parfaitement protégé.
Le seul point qui nous a un peu moins convaincus concerne le très grand nombre de poches intérieures du sac à dos. Si cette organisation plaira à certains, elle peut aussi devenir contre-productive sur le terrain. Lorsqu’on cherche rapidement une carte mémoire, un filtre ou une batterie, on finit souvent par ouvrir plusieurs compartiments avant de mettre la main dessus, surtout lorsque le sac est bien rempli.
Au final, le NYA-EVO Fjord 36 s’est révélé être un excellent compagnon de voyage. Suffisamment compact pour rester mobile, mais assez spacieux pour transporter tout le matériel nécessaire à un voyage photo ambitieux, il nous a rapidement fait oublier qu’il était sur notre dos. C’est probablement sa plus grande qualité.
Envie de participer au prochain voyage photo au Brésil ?
La prochaine session est ouverte !! Rendez-vous en 2027 pour une nouvelle aventure photographique à capturer la beauté du Nord du Brésil avec Graine de Photographe.
Street Is A Woman : le regard de 250 femmes photographes de rue
STREET IS A WOMAN
Depuis janvier 2024, un collectif change discrètement le paysage de la photographie de rue en France. Street Is A Woman, fondé par la photographe Ella Kowalska, rassemble aujourd’hui plus de 250 femmes photographes de rue, basées en France ou françaises installées à l’étranger.
Le constat de départ est simple. Les femmes qui pratiquent la photographie de rue sont nombreuses, mais leur travail reste peu visible : rarement présent dans les expositions, les publications ou les bourses artistiques. Ella Kowalska résume ainsi sa démarche :
« Le projet de ce collectif naît de ma volonté de mettre en lumière la présence et le regard subjectif des femmes photographes dans l’espace urbain. »
Au-delà de la mise en visibilité, le collectif fonctionne comme un espace d’entraide : formations gratuites, sorties photo, analyses d’images, temps d’échange. Il collabore aussi avec le réseau international Women in Street, affirmant une dimension qui dépasse les frontières françaises.
Le 23 juin 2026, Street Is A Woman a lancé sa galerie en ligne. Plus de 80 photographes y disposent déjà d’un espace personnel pour présenter leur parcours et leurs séries, pensé comme un outil de découverte pour les médias, les festivals et les professionnels de l’image.
Quelques repères marquants :
- Octobre 2024 : première exposition collective, « Elles par elles », à Nice, avec les regards de 50 photographes
- 2025 : reprise de cette curation dans le cadre du festival Image Publique à Rennes
- Mars 2025 : sortie du documentaire Reclaim the Streets, produit par WaterBear et Park Village en collaboration avec Nikon
- Un livre collectif, premier ouvrage documentant les femmes photographes de rue en France, est attendu courant 2026
À LIRE AUSSI
- 22 Femmes Photographes Célèbres
- Fanny Genoux et les Résonances niçoises
- End of the Road d’Hélène Havard, quand l’Amérique devient silencieuse
- Les mythes et histoires de la mer Noire illustrés par Suzan Pektas
- NIGHT DRIVE avec Jana Sojka
- Laura Menassa explore les multiples facettes du Liban avec In Between
Zhitong et l'art du flou par Vincent Binant
Vincent Binant
Vincent Binant photographie là où la beauté du corps et de la nature se heurte à quelque chose de plus trouble, une tension sourde entre ce qui est montré et ce qui résiste au regard.
Guidé par l’envie de suggérer des émotions par le mouvement ou l’abstraction, il voit la photographie comme le seul médium qui lui soit vraiment propre.
« Je n’ai jamais pu vivre sans créer, mais c’est dans la photographie que j’ai trouvé le médium qui m’est le plus propre, en me servant d’une réalité dont je me moque totalement, une réalité dont je suis détachée, que je réinterprète pour ne jamais rester passif face à celle donnée, plutôt pour livrer la mienne, souvent déformée, mais toujours esthétique » (Dossier de Presse)
C’est dans cet esprit que naît Zhitong, une série présentée cette année au Festival Photo de Martagny. Des silhouettes de haute couture perdues dans des espaces industriels, une lumière qui effleure sans jamais tout révéler, des visages masqués ou à peine discernables.
La série pose une question : dans un monde qui exige visibilité et performance, que reste-t-il à ceux qui choisissent l’ombre ?
Pourquoi Zhitong ?
Zhitong est le prénom de la mannequin qui incarne cette série. Il m’a semblé essentiel, comme je le fais systématiquement pour l’ensemble de mes travaux, de donner son nom à cette série par pur respect pour sa présence et son implication.
Il porte en lui une résonance qui cristallise cette « morale de l’ombre » que je voulais explorer. Dans une société qui impose l’injonction à la visibilité totale, ce nom désigne cette figure qui ne cherche plus à plaire à la norme, mais qui choisit de s’habiller pour honorer sa propre existence.
Zhitong, c’est le nom de cette posture radicale : celle de la maîtrise absolue de notre « soi » face à l’adversité du réel. En lui offrant le titre de cette série, j’ai voulu célébrer une esthétique qui refuse de se vendre pour exister, et affirmer que l’art reste l’ultime espace de liberté où l’individu se définit lui-même.
Y a-t-il une image de cette série, ou du processus qui l’a précédée, qui te tient particulièrement à cœur ?
Deux photos de la série me sont particulièrement chères
Tout d’abord celle-ci (en haut) car elle démontre parfaitement cette idée de volonté d’ailleurs, d’évasion, par le mouvement, la valise, le regard loin mais en définitive elle n’ira nulle part, elle sera forcée à accepter de rester dans ce vase clos et de combattre avec sa propre condition pour enfin l’accepter.
Puis dans un second temps, celle-ci (en bas) qui selon moi traduit parfaitement la suite de ce travail d’introspection et d’acceptation, elle se résigne enfin à accepter sa condition, reconnaît qu’il n’est pas nécessaire d’un ailleurs pour se plaire. La forme divine laisse à penser qu’elle se sent enfin en paix avec elle-même et qu’elle est arrivée au bout de son chemin pour enfin vivre mieux.

Le Festival Photo Martagny
Le Festival Photo Martagny, dans le Vexin normand, fête sa 9e édition du 13 juin au 30 août 2026 en transformant le village de Martagny en galerie à ciel ouvert avec onze expositions, dont celle de Vincent Binant.
Cette exposition au sein du Festival Photo de Martagny est née de la rencontre avec son directeur Laurent Lucas en qui j’ai un profond respect et qui, en plus de m’avoir laissé carte blanche, m’a proposé de réaliser l’affiche du festival.
J’ai donc réfléchi, écrit et réalisé cette série spécialement pour le festival, en travaillant une fois de plus sur des sujets qui me concernent particulièrement, notamment notre place dans la société, en l’occurrence au travers de sa validation par les autres
Votre agenda photo de l'été 2026
Cet été, partez à la découverte des expositions photo près de chez vous.
Au programme : des rétrospectives d’artistes, des regards croisés sur le racisme et les discriminations, des photographies d’archives, des portraits de sociétés fermées et des séries intimistes, et bien d’autres encore.
Ce sont les derniers mois avant le début du Bicentenaire de la Photographie, qui s’ouvrira officiellement en septembre 2026, mais en attendant, les galeries, musées et espaces publics ont de quoi occuper tout l’été. De Paris à Lyon, de Toulouse à Bordeaux, en passant par Aix-en-Provence, les rendez-vous ne manquent pas.
Les expositions photo
The Passenger - Sebastien J.Zanella
À Paris, la galerie Polka accueille jusqu’au 25 juillet The Passenger, première exposition de la galerie consacrée à Sébastien J. Zanella.
Né d’un long voyage de la Turquie au Sahara, en passant par Hawaï et l’Amérique latine jusqu’aux Canaries où il vit, ce travail s’éloigne de toute ambition documentaire : paysages traversés, présences furtives, lumières mouvantes composent un récit où l’expérience du regard prime sur l’affirmation. « Plus je perdais mes illusions, plus je me sentais appartenir au vivant », écrit l’artiste.
Entrée libre.
Lieu : Polka Galerie, Paris 3e.
Hakanai Sonzai - Pierre-Elie de Pibrac
À Toulouse, la galerie Le Château d’Eau accueille jusqu’au 30 août Hakanai Sonzai, une exposition de Pierre-Elie de Pibrac.
Le titre signifie « je me sens moi-même une créature éphémère ». Au Japon, le photographe va à la rencontre de yakuzas, rescapés de Fukushima, hikikomori et « évaporés », saisis à la chambre dans des portraits longuement construits où chacun livre sa fragilité.
L’exposition mêle grands formats couleur et noir et blanc inspirés de l’Ukiyo-e, autour du concept japonais de mono no aware, la sensibilité à l’impermanence des choses.
Lieu : Galerie le Château d’Eau, Toulouse.
Aux origines - Regards croisés sur le racisme et les discriminations
À Paris, le Palais de la Porte Dorée accueille jusqu’au 23 août Aux origines. Regards croisés sur le racisme et les discriminations, une exposition collective réunissant une quarantaine d’artistes contemporains, dont Kara Walker, Roméo Mivekannin et Angélica Dass.
Le parcours met en dialogue des œuvres d’art et des travaux scientifiques (INED, Défenseur des droits, projet européen UNDETERRED) pour interroger comment l’esclavage et la colonisation ont façonné des manières de voir encore actives aujourd’hui, à travers l’école, le logement, l’emploi ou les contrôles policiers, tout en donnant à voir des formes de résistance et de réappropriation.
Commissariat : Farah Clémentine Dramani-Issifou.
Tarif plein 16€, réduit 13€.
Lieu : Palais de la Porte Dorée, Paris 12e.
NUL SOLEIL. MAIS LE FEU - Alain Willaume
Jusqu’au 5 septembre, Alain Willaume présente sa série photographique NUL SOLEIL. MAIS LE FEU à Simultania Pôle de photographie de Strasbourg.
Cette série est née durant sa résidence à la Villa Kujoyama à kyoto durant l’hivers 2024. Un travail réalisé au coeur d’une contré où « nul soleil ne luit ». Une oeuvre faite d’images énigmatiques qui font le récit de la tension et de la vulnérabilité d’un Japon « sans soleil » au 21e siècle.
Le photographe sera également présent aux Rencontres d’Arles, du 6 au 11 juillet, dans l’ancien bâtiment de l’École Nationale Supérieure de la Photographie, en compagnie de Yohanne Lamoulère.
Lieu : Simultania Pôle de photographie, Strasbourg.
Retrospective - Camille Vivier
Jusqu’au 13 septembre, la MEP à Paris accueille la première rétrospective consacrée à Camille Vivier.
Depuis vingt-cinq ans, l’artiste développe une pratique à la croisée de la photographie d’auteure et de la photographie de mode, centrée sur le corps et la nature morte. Ses modèles, souvent des bodybuildeuses comme Sophie, Tjiki ou Deborah, dialoguent dans des mises en scène énigmatiques avec des objets anthropomorphes, des sculptures monumentales aux décors biomécaniques imaginés par H.R. Giger pour Alien.
Le parcours réunit une dizaine de séries et près d’une centaine d’œuvres, tirages argentiques, numériques et Polaroïds.
Commissariat : Victoria Arescheva.
Lieu : MEP, Paris 4e.
Une vie - Madeleine de Sinéty
Le Jeu de Paume accueille l’exposition Une vie de Madeleine de Sinéty, jusqu’au 27 septembre 2026 à Paris.
Première rétrospective consacrée à Madeleine de Sinéty, l’exposition met en avant plusieurs de ses séries photographiques totalement inédites, dont l’œuvre a été peu montrée de son vivant.
Une exposition qui entremêle ses allers-retours quotidiens entre la France et les États-Unis, en documentant Une vie dont elle est témoin. Guidée par une soif de mémoire, elle capture les coutumes, gestes, lieux, pratiques, dont beaucoup ont été amenés à disparaître, tentant d’en garder le souvenir.
Lieu : Jeu de Paume, Paris 1
Corée du Nord - Stephan Gladieu
La Corée du Nord est l’une des dictatures les plus fermées au monde. C’est dans ce pays sous contrôle absolu que le photographe Stéphan Gladieu s’est rendu cinq fois entre 2017 et 2020, pour réaliser la série de portraits que présente le musée des Confluences à Lyon jusqu’au 2 janvier 2028.
Autorisé mais accompagné en permanence, il recrée, avec son studio photographique mobile, un espace de liberté en jouant avec les arrière-plans et les codes de la propagande : du salon de coiffure à la patinoire, de l’usine à la rizière, une quarantaine de portraits ouvrent autant de fenêtres sur la vie quotidienne nord-coréenne.
La mise en scène, soigneusement étudiée, offre une approche humaniste d’individus habituellement fondus dans le collectif. Le travail sur les couleurs et la répétition des poses interrogent la frontière entre réalité et représentation, entre identités propres et apparences codifiées.
Lieu : musée des Confluences, Petite galerie, Lyon.
L'Espace entre nous - Collection du Wilson Centre for Photography
A l’occasion du Bicentenaire de la photographie, Le BAL ouvre ses portes jusqu’au 3 janvier 2027 à la première exposition de la collection Wilson Centre for Photography, constitué par Michael et Jane Wilson.
L’exposition met en valeur 120 tirages d’archives qui interrogent le lien qui unit le photographe et son sujet au moment de la prise de vue. Chaque image pose la même question : que révèle la prise de vue de la relation entre ces deux corps, de leur complicité, de leur face-à-face, du pacte silencieux scellé par le regard ?
Lieu : LE BAL ,Paris 18
Photographe, 1963-64 : Eyes of the Storm - Paul McCartney
Du 4 juillet au 3 janvier 2027, le musée Granet d’Aix-en-Provence présente pour la première fois en France, une exposition des photographies du célèbre musicien du groupe les Beatles, Paul McCartney.
250 clichés pris entre 1963 et 1964 retracent une période intense dans l’ascension des Beatles sur la scène internationale. Des images qui révèlent les backstages de la tournée, de l’Europe aux États-Unis : les coulisses des concerts, les chambres d’hôtel, l’agitation des foules. Un regard intime et rare, celui d’un membre du groupe sur sa propre vie, au cœur de la tempête.
Lieu : Musée Granet, Aix-en-Provence
Art de vivre - Martin Parr
Dans les jardins de la Cité du Vin, à Bordeaux, les photographies de Martin Parr s’exposent jusqu’au 20 septembre en plein air, au fil d’un parcours appelé Art de Vivre.
Martin Parr a immortalisé pendant près de 40 ans des moments de convivialité : fêtes, réceptions, repas partagés, célébrations collectives.
À travers une sélection de clichés réalisés entre 1988 et 2023, principalement à Bristol et en France, le parcours capte l’énergie des rassemblements populaires et des instants de convivialité, avec ce regard à la fois ironique et bienveillant qui fait la singularité de son œuvre.
L’exposition comprend également la série Flowers (1999), consacrée aux fleurs dans l’espace public, au premier plan sur fond de fragments de vie quotidienne.
Lieu : Jardins de la Cité du Vin, Bordeaux.
Sur la pointe des pieds - Noémie Lecampion
Avec Sur la pointe des pieds, la photographe documentaire Noémie Lecampion s’intéresse aux adultes porteurs de troubles du spectre autistique, souvent diagnostiqués tardivement. L’exposition est à découvrir jusqu’au 20 août à la Mairie du 10e.
À travers le quotidien de sujets âgés de 20 à 60 ans, ses photographies argentiques, frontales et sans mise en scène, donnent à voir la réalité de ce handicap invisible. Chacun choisit lui-même le moment de la prise de vue grâce à une poire de déclenchement, restant ainsi maître de son image.
Fruit d’un travail de plusieurs années, la série souligne la singularité des parcours tout en faisant émerger un discours commun, loin des clichés.
Lieu : Mairie du 10e, Paris.
La photographie en toutes lettres - Exposition Collective
Également présentée à la Maison Européenne de la Photographie, l’exposition La photographie en toutes lettres est à découvrir jusqu’au 13 septembre 2026. Elle réunit 36 artistes issu(es) de la Collection d’entreprise Neuflize OBC et des collections de la MEP.
Construite autour de l’image d’un abécédaire accessible au public, l’exposition cherche à croiser les regards entre l’ensemble des œuvres, loin de toute histoire linéaire. Chaque lettre devient un mot, chaque mot convoque un ensemble d’œuvres qui conversent entre elles.
Lieu : La MEP, Paris 4
Ce que vous pouvez encore voir de nos agendas précédents
- Fragilités et Résiliences de Thibault Gerbaldi – Jardin du Luxembourg, Paris 6 (jusqu’au 19 juillet)
- Instants Polaroid d’Alain Guillemaud – Les Archives municipales de Lyon. (jusqu’au 11 juillet)
- Rétrospective de Lee Miller – Le Musée d’Art Moderne, Paris 16. (jusqu’au 2 août)
- Les Grands Âges de Nikos Aliagas – Le Musée de l’Homme, Paris 16.
- Robert Capa – Photographe de Guerre, Musée de la Libération de Paris Paris 14e.
- Marthe Lazarus, Studio de Mémoire Magnétique,Paris 15
- Umbrales, Une poétique de l’image de Javier Silva Meinel à la Maison de l’Amérique latine, Paris 7e. (jusqu’au 25 juillet)
- Eboro de Nuits Balnéaires à la Fondation Henri Cartier-Bresson, Paris 3e.
- Diseños habitados de Chema Madoz & Helena Almeida à la Galerie Le Château d’Eau, Toulouse. (jusqu’au 23 août)
- Watching TV de Olivier Culmann au Pont Saint-Ange, Paris 10e. (jusqu’au 24 juillet)
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Pratiquer la Street Photography à Paris : nos meilleurs spots
Cet article fait partie de notre guide complet sur la photographie de rue.
Vous voulez vous lancer dans la street photography à Paris, mais vous ne savez pas vraiment par où commencer ? Si vous partez de zéro, commencez par lire nos conseils pour débuter la street photo, ça vous évitera quelques faux pas. Et si la question du droit à l’image vous trotte encore dans la tête, notre article dédié au sujet répondra à toutes vos interrogations avant de sortir l’appareil.
Pour ceux qui se sentent prêts : voici nos spots préférés pour shooter dans les rues de Paris.
Les quais de Seine
Des bouquinistes du quai de la Tournelle des terrasses animées du quai de Montebello, aux baignades au bras de Marie, les bords de Seine offrent une palette de scènes qui change au fil des heures et des saisons. Du matin au soir, le quai change de visage : coureurs matinaux, baigneurs de l’après-midi, fêtards du soir, une seule adresse pour des dizaines d’images possibles.

Le quartier de l’Opéra
Quartier de prédilection de Thomy Keet, photographe et enseignant chez nous, l’Opéra Garnier et ses alentours offrent une scénographie unique. Entre les grands boulevards, les façades haussmanniennes des grands magasins et le flux continu de passants pressés, il y a de quoi shooter pendant des heures. Un endroit ou l’architecture ajoutent une densité visuelle rare, parfaite pour jouer avec les contrastes entre architecture et humanité.

L’île de Saint-Louis
Véritable village dans la ville, l’île Saint-Louis concentre en quelques ruelles une atmosphère à part, suspendue entre deux siècles. C’est aussi là que se trouve notre studio photo, si vous voulez progresser entre deux sessions de repérage, nos cours de street photography se déroulent à deux pas.

Bastille et le Canal St-Martin
La place de la Bastille concentre à elle seule plusieurs visages de Paris : l’architecture monumentale de la Colonne de Juillet, la foule qui transite en permanence et, juste derrière, le canal Saint-Martin et le port de l’Arsenal. C’est un spot généreux, qui offre autant d’angles que de lumières différentes selon l’heure.
Quand la canicule s’installe, le canal Saint-Martin devient un terrain de jeu idéal, les Parisiens s’y retrouvent en nombre, les pieds dans l’eau ou allongés sur les berges. La lumière y est belle en fin de journée, rasante sur le canal, parfaite pour jouer avec les reflets.
Les passages parisiens
Couverts, hors du temps, les passages parisiens offrent une lumière filtrée par le verre et l’acier qui change toutes les heures. Si vous voulez les découvrir, on organise régulièrement des balades photo dédiées, une bonne façon de shooter en groupe plutôt que seul.

Les marchés
Moins spectaculaire sur le papier, mais souvent riche en portraits : les marchés de quartier. C’est là que la ville se lève tôt, que les habitués et commerçants se retrouvent, un terrain parfait pour travailler la discrétion et la proximité.

Montmartre
Si vous êtes prêt à gravir les marches du point le plus haut de Paris, Montmartre vous récompensera au lever du soleil avec sa lumière dorée et ses ruelles encore endormies. Plus tard dans la journée, c’est l’autre extrême : la foule des touristes crée une agitation permanente, idéale pour qui cherche l’énergie et le mouvement.

L’avis de Roxanna Albu-Mercié, photographe et apprenante chez Graine de Photographe.
Tout dépend aussi de notre propre nature et de ce que l’on cherche dans ce type de photo: les marchés pour les couleurs, les lumières, avec des situations parfois cocasses, les bars surtout dans les lumières de nuit, les musées aussi pour les mêmes touristes indisciplinés, les grands boulevards si on aime jouer avec le fond et les affiches, La Défense ou Olympyades et autres quartiers d’affaires si on préfère une photo plus graphique ou les zones avec des graffiti façon urbain-street.
La street peut se pratiquer partout où on va. Ce qui va déterminer les choix, ce sont plutôt notre façon d’appréhender l’autre et ce que l’on aime comme style de photo.
Il faut savoir se réinventer, trouver des sujets, c’est une contrainte. Mais c’est de la contrainte que naît la créativité.
Envie de faire de la Street photography ?
Maintenant que vous savez tous sur les meilleurs spots pour shooter dans les rues de Paris, venez suivre le cours Street Photography chez Graine de Photographe à Paris, Lille, Toulouse, Bordeaux, Strasbourg, Aix-en Provence et Lyon !
Vous apprendrez à construire votre reportage photo, à raconter une histoire à travers vos images, à varier les compositions, choisir des angles d’approche et vous rendre invisible des passants.
Les festivals photo à ne pas manquer cet été 2026
Cet été 2026, partez à la découverte des festivals photo en France.
De l’iconique Rencontres Photographiques d’Arles, au Festival International Visa pour l’Image à Perpignan, en passant par le festival photo à la Gacilly de la fondation Yves Rocher ou encore la Biennale de la Photographie à Mulhouse. Partout en France, la photo est au rendez-vous cet été, et il y en a pour tous les goûts : photo-journalisme, portraits, photos d’archives, photographie contemporaine,….
Découvrez notre sélection de festivals photo près de chez vous cet été 2026.
Les Festivals Photo
Les Rencontres de la Photographie - Arles
Festival fondé en 1970 par Lucien Clergue, Michel Tournier et Jean-Maurice Rouquette, les Rencontres de la photographie d’Arles transforment chaque été la ville en capitale mondiale de la photographie, avec une quarantaine d’expositions dans des lieux patrimoniaux (chapelles, cloître du XIIe siècle, friches industrielles).
Pour cette 57e édition, placée sous le thème « Des mondes à relire », le directeur Christoph Wiesner souhaite créer un espace pour accueillir la complexité et la sensibilité du réel, sans en adoucir la violence mais en lui restituant toute sa profondeur. La programmation s’articule en six chapitres, dont « Indépendances », consacré à la scène artistique africaine.
Informations pratiques
- Forfait toutes expositions : 42€ (33€ tarif réduit).
- Semaine d’ouverture du 6 au 11 juillet.
- Lieu : Arles (Bouches-du-Rhône).
- Dates : 6 juillet – 4 octobre 2026.
Plus d’infos : rencontres-arles.com
Faites de l'image - 25 ans du festival du collectif Les Vidéophages
3 au 4 juillet 2026 à Toulouse
Le collectif Les Vidéophages fête les 25 ans de son festival itinérant, né en 2001 d’une envie de sortir les courts-métrages dans la rue.
Cette édition anniversaire investit un nouveau lieu insolite, le parc de la Poudrerie sur l’île du Ramier, ancien site de la Manufacture royale des poudres devenu éco-parc.
Au programme sur deux jours : expositions de photographie, dessin et collage, ateliers de sérigraphie, ferrotype ou micro-édition, installations lumineuses et sonores la nuit, ciné-concerts, performances et concerts.
Une trentaine de propositions artistiques, pensées spécifiquement pour ce lieu chargé d’histoire, entre nature préservée et zone inondable.
Informations pratiques
- Participation libre.
- Ouverture vendredi 18h, samedi dès 16h.
- Lieu : Parc de la Poudrerie, île du Ramier, Toulouse.
- Dates : 3 et 4 juillet 2026.
Plus d’infos : lesvideophages.org
Mesnographies - 6ème édition
Du 06/06 au 01/09 à Mesnuls
Dans le parc municipal des Mesnuls (Yvelines), Claire Pathé orchestre la sixième édition de son festival international de photographie en plein air, gratuit et prolongé cette année jusqu’au 1er septembre 2026.
Vingt-deux photographes de quinze nationalités composent la programmation 2026, avec en tête d’affiche le focus Je te crois, consacré à l’inceste : sept récits sélectionnés par appel à candidature témoignent de l’urgence de briser le silence sur ces violences cachées.
Onze expositions aux thématiques libres, fruit des rencontres et recherches menées par la direction artistique tout au long de l’année, complètent la programmation : de l’Ukraine au Soudan en passant par l’Australie et l’Italie , aux côtés d’un focus sur le réchauffement climatique, Le jardin n’est pas clos, et d’un atelier mené par les lycéens du lycée Jean Monnet autour de l’immigration.
Informations pratiques
- Entrée libre.
- Lieu : parc municipal des Mesnuls (Yvelines), avec un volet hors-les-murs à Grosrouvre, Bazoches-sur-Guyonne, Clairefontaine et Beynes.
- Dates : 6 juin – 1er septembre 2026.
Plus d’infos : mesnographies.com
Visa pour l'image - Festival international du Photojournalisme
29/08 au 13/09 à Perpignan
Depuis 1989, Visa pour l’Image retrace chaque année l’actualité du monde à travers les regards de photographes engagés. Pour cette 38e édition, expositions, projections et rencontres investissent les lieux historiques de Perpignan, avec des séries sur le Liban, le Soudan, Tchernobyl ou l’exil des mineurs guinéens.
En temps fort : une exposition exceptionnelle consacrée à Raymond Depardon, cofondateur de l’agence Gamma et l’un des photojournalistes français les plus importants de sa génération.
Informations pratiques
- Entrée libre.
- Lieu : Perpignan (Couvent des Minimes et Église des Dominicains).
- Dates : 29 août – 13 septembre 2026.
Plus d’infos : visapourlimage.com
Festival Photo Martagny - 9e édition
Du 13/06 au 30/08
Pour sa 9e édition, ce petit village du Vexin normand se transforme à nouveau en galerie à ciel ouvert, sur plusieurs hectares entre prairies, chemins et patrimoine bâti.
Onze expositions composent la programmation 2026, avec en tête d’affiche Jean Gaumy, membre de l’agence Magnum et de l‘Académie des beaux-arts, ainsi que des photographes venus d’Italie, du Japon, de République tchèque et de France.
Le festival accueille aussi une exposition de l’ECPAD consacrée à la bataille de Verdun, un projet inclusif mené avec les jeunes de l’IME de Montrôty, et une œuvre participative inspirée de l’héritage impressionniste, conçue par Daniel Nicolaevsky à partir des photos des habitants, pour marquer le centenaire de la disparition de Claude Monet.
Informations pratiques
- Entrée libre.
- Lieu : Martagny (Eure), Moulin de Martagny.
- Dates : 13 juin – 30 août 2026.
Plus d’infos : festivalphotomartagny.fr
L'été photographique de Lectoure - 37ème édition
Du 11/07 au 21/09 à Lectoure
Le Centre d’art et de photographie de Lectoure revient avec sa 37ème édition de l’été photographique.
Cette édition réunit des artistes qui s’attardent à leur manière sur ce qui nous entoure mais qui ne se voit pas, ou que l’on ne voit plus à force de l’avoir sous les yeux, en écho à L‘Infra-ordinaire de Georges Perec.
Certain(es) photographes se penchent sur leur environnement proche et les paysages familiers, d’autres portent leur regard sur ce qui n’est pas nécessairement visible au premier abord.
Avec Aline Bovard Rudaz, Jonàs Forchini, Coline Jourdan, Lucas Leglise, Yamamoto Masao, Brune Pâris, Léonie Pondevie et Charles Thiefaine.
Informations pratiques
- Pass : 10€ (gratuit pour les Lectourois·es, adhérent·es, moins de 18 ans, étudiant·es en art, demandeurs d’emploi).
- Lieu : Maison de Saint-Louis, 8 cours Gambetta, Lectoure.
- Dates : 11 juillet – 20 septembre 2026, du mercredi au dimanche, 14h-19h.
Plus d’infos : centre-photo-lectoure.fr
Des images au-delà des marges - Festival Off
Du 06/07 au 05/10 à Arles
Pendant que les Rencontres occupent les lieux institutionnels, le Festival OFF investit tout le reste de la ville : caves, friches, appartements, vitrines de commerçants.
Plus de 150 lieux et 200 expositions, portées par des galeries, des collectifs et des artistes indépendants, loin des circuits officiels.
Gratuit et accessible à tous, c’est l’occasion de tomber sur des démarches plus expérimentales, parfois inégales, mais souvent plus audacieuses que la programmation officielle.
Cette année, l’association Les Filles de la Photo rejoint le festival pour mettre en lumière dix photographes femmes aux pratiques singulières.
Informations pratiques
- Entrée libre.
- Vernissage de la semaine d’ouverture le 9 juillet.
- Lieu : Arles (plus de 150 lieux dans la ville).
- Dates : 6 juillet – 5 septembre 2026.
Plus d’infos : festivaloffarles.com
Sédimentation(s) - 7e édition de la Biennale Photographie de Mulhouse 2026
Du 5/06 au 5/07 à Mulhouse
À Mulhouse et Fribourg-en-Brisgau, la Biennale de la Photographie de Mulhouse (BPM) revient du 5 juin au 5 juillet 2026 pour sa 7ème édition.
Le thème retenu, Sédimentation(s), part du sous-sol même de la région : il y a 33 millions d’années, la plaine d’Alsace était un fond marin, et les couches de calcaire qui en résultent servent de point de départ à une réflexion sur la mémoire et l’archive comme couche qui s’accumulent avec le temps.
La biennale réunit 12 expositions gratuites et 54 artistes, dont Jenia Fridlyand (première exposition en France), Tiago Casanova ou Kapwani Kiwanga, lauréate du Prix Marcel Duchamp 2020.
Informations pratiques
- Entrée libre.
- Horaires variables selon les lieux.
- Lieu : Mulhouse et Fribourg-en-Brisgau.
- Dates : 5 juin – 5 juillet 2026.
Plus d’infos : biennale-photo-mulhouse.com
Strasbourg Art Photography 2026
Pour ses 10 ans, le festival permanent de la photographie contemporaine de Strasbourg poursuit ses expositions en ligne et en ville, ainsi que ses événements, avec la volonté de promouvoir l’art, les artistes et la photographie.
Nouvelle exposition en ville à venir : Ryo Tomo y présente des plans rapprochés de mains, prolongement de l’âme entre ses aspects sombres et poétiques, laissant au regardeur toute liberté d’interprétation.
À découvrir aussi en ligne, sa série vert / l’eau.
Entrée libre.
Lieu : Strasbourg (expositions en ville et en ligne).
Dates : festival permanent, programmation 2026 en cours.
Plus d’infos : strasbourgartphotography.art
Portrait(s) - Rendez-vous Photographique de Vichy
Du 19/06 au 04/10 2026
Seul festival français entièrement dédié à l’art du portrait, Portrait(s) revient à Vichy pour une 14e édition qui occupe le Grand établissement thermal, l’esplanade du lac d’Allier, le parc des Sources et le parvis de la gare.
L’exposition phare réunit une centaine d’œuvres de David LaChapelle, héritier du pop art marqué par sa collaboration avec Andy Warhol, dans la première rétrospective consacrée à l’artiste en France depuis celle de la Monnaie de Paris en 2009.
Le festival célèbre aussi le bicentenaire de l’invention de la photographie avec une traversée des collections du musée Nicéphore Niépce consacrée au portrait, ainsi que deux résidences signées Julia Gat au CAVILAM-Alliance Française et Patrick Tourneboeuf à Bath.
Informations pratiques
- Entrée libre.
- Horaires : tous les jours de 10h à 18h.
- Lieu : Vichy (Allier).
- Dates : 19 juin – 4 octobre 2026.
Plus d’infos : ville-vichy.fr/portraits
1826-2026 : La photographie, une aventure française - Festival Photo La Gacilly
Du 01/06 au 04/10 à La Gacilly
Depuis 2004, ce village du Morbihan se métamorphose chaque été en immense galerie à ciel ouvert, gratuite et ouverte à tous.
Pour ses 23 ans, le festival La Gacilly marque les deux cents ans de l’invention de la photographie avec une programmation entièrement consacrée aux photographes français : des pionniers du portrait comme Nadar aux regards contemporains de Jérôme Gence sur les mondes virtuels ou de Brodbeck & de Barbuat sur l’intelligence artificielle, en passant par Raymond Depardon, Jane Evelyn Atwood ou Vincent Munier.
Une rétrospective inédite rend également hommage à Sebastião Salgado, fidèle du festival depuis ses débuts et disparu l’an dernier.
Informations Pratiques
- Entrée libre.
- Week-end inaugural les 29, 30 et 31 mai.
- Lieu : La Gacilly (Morbihan).
- Dates : 1er juin – 4 octobre 2026.
Plus d’infos : festivalphoto-lagacilly.com
Les chemins de la photographie - Festival 2026 REGARD
Du 14/06 au 10/08
Pour sa 12e édition, le festival les Chemins de la Photographie investit à nouveau les rues et les commerces du village d’Ascain, au cœur du Pays Basque.
Vingt-neuf photographes composent la programmation 2026, organisée autour du thème Regard, avec en tête d’affiche Bob Edme, invité d’honneur du festival, qui a couvert l’actualité du Pays basque nord pendant plus de trente ans pour l’agence Associated Press.
Porté par l’association Zilargia, le festival affiche son identité basque jusque dans son nom, Azkaingo Argazki Bideak, et bénéficie du soutien du Département des Pyrénées-Atlantiques.
Informations pratiques
- Entrée libre.
- Lieu : Ascain (Pyrénées-Atlantiques).
- Dates : 15 juin – 10 août 2026.
Plus d’infos : festives.net
Corps Raccords : le premier livre photos de Sarah Salazar
SARAH SALAZAR
Cinq ans après notre première rencontre avec sa série Corps Raccords, Sarah Salazar, photographe et réalisatrice parisienne, franchit une nouvelle étape : son premier livre photos de la série éponyme, édité par Noélie Bernard, sort cette année.
Quarante photographies d’un même duo, réalisées sur six ans. Deux corps qui s’apprivoisent, se portent, se compriment, s’imbriquent jusqu’à brouiller leurs propres contours.
CORPS RACCORDS
Ce que Salazar photographie, ce n’est pas tant la relation que ce qu’elle fait aux corps : les ajustements mutuels, les déséquilibres assumés, les traces que le temps et la confiance y laissent. Il y a quelque chose de chorégraphique dans ces images, une danse lente, intérieure, où chaque geste engage l’autre.
Les textes de Kiyémis, autrice, poétesse et afroféministe, lauréate du Prix Régine Deforges 2024, accompagnent les images en deux temps : la tendresse comme moment éphémère d’abord, puis la dimension politique de nos intimités.
Côté objet, le livre est imprimé en risographie 4 couleurs par Charline Gautier au Sample, à Bagnolet, un procédé qui donne aux photographies une texture et une chaleur particulières, qu’on vous laisse découvrir par vous-mêmes.
La présentation du livre se tiendra à la librairie Le Monte en L’air, dans le 20e à Paris, le 10 juin à partir de 19h. On vous conseille d’y aller !
Pour se procurer ou précommander le livre avant l’événement c’est ici.
Votre agenda photo de Juin 2026
Juin 2026 est là, et avec lui une programmation qui donne envie de sortir jusqu’au bout de la nuit. Le mois s’ouvre avec Nuit Blanche le 6 juin à Paris ,25 ans de création contemporaine en accès libre dans toute la ville, sous le signe de l’amour.
Des centaines oeuvres photographiques de Javier Silva Meinel à la Maison de l’Amérique Latine, aux corps entrelacés de Sarah Salazar dans son premier livre Corps Raccords, des Raiponces contemporaines de Silvia Draz à Marseille aux voyages au Kurdistan documentés par huit photographes au Bleu du Ciel à Lyon, juin mêle les formats, les territoires et les sensibilités.
Découvrez notre sélection d’expositions et événements photo près de chez vous en juin 2026.
Les expositions photo
Rapunzel - Silvia Draz
À Marseille, la galerie FACES accueille jusqu’au 5 juillet, Rapunzel, une exposition solo de la photographe lituanienne Silvia Draz, présentée en partenariat avec WePresent.
Inspirée de portraits édouardiens de femmes aux chevelures non coupées, Draz les réinterprète à travers des portraits contemporains ancrés dans l’intime : des Raiponces d’aujourd’hui, photographiées sur pellicule, dans des décors urbains ordinaires qui contrastent avec leur présence presque féerique. Cheveux comme bouclier, mémoire ou héritage culturel, comme dans le conte, une part est vraie, une part tient du mythe.
En écho à l’exposition, l’artiste Gab Bois investit la façade de la galerie avec une installation temporaire prolongeant les motifs visuels de la série dans l’espace public.
Entrée libre.
Lieu : FACES, Marseille 7e.
Umbrales, Une poétique de l'image - Javier Silva Meinel
Jusqu’au 25 juillet 2026, la Maison de l’Amérique latine consacre une exposition rétrospective à Javier Silva Meinel, l’une des figures majeures de la photographie péruvienne et latino-américaine.
Placée sous le commissariat d’Alejandro León Cannock, Umbrales, Une poétique de l’image rassemble près d’une centaine d’œuvres : photographies argentiques, tirages digitaux contrecollés sur aluminium, boîtes lumineuses et wallpapers, pour la première fois présentés en France.
Depuis plus de quarante ans, Silva Meinel parcourt le Pérou, côtes du Pacifique, Andes, forêt amazonienne, à la recherche de ce qui échappe au visible. Masques, rituels, animaux, figures hybrides : ses images ne documentent pas, elles franchissent un seuil. Entre réel et surréel, elles interrogent les conditions mêmes de ce que la photographie peut montrer.
Entrée libre.
Lieu : Maison de l’Amérique latine, Paris 7e.
Les maux bleus - Maryna Brodovska
Jusqu’au 27 juin, la galerie La Pierre Large présente Les maux bleus, une exposition de la photographe ukrainienne Maryna Brodovska.
Son travail ne montre pas la guerre frontalement. Il la contourne, la détourne, la recompose, entre photographie et collage, images et texte, avec une douceur qui n’enlève rien à la lucidité. Elle se met souvent elle-même en scène, souriante, décalée, comme si l’humour était la seule réponse valable à l’innommable. Une façon de continuer à exister quand tout s’effondre dehors.
Le 13 juin à 18h, une lecture en galerie prolonge l’exposition : des extraits du Manuel d’exil de Velibor Čolić, lus par Hélène Schwaller, en écho au travail de Brodovska.
Entrée libre. Du mercredi au samedi de 16h à 19h.
Lieu : Galerie La Pierre Large, Strasbourg.
Eboro - Nuits Balnéaires
À la Fondation Henri Cartier-Bresson, l’artiste ivoirien Nuits Balnéaires présente Eboro jusqu’au 4 octobre, un projet né d’une disparition familiale et soutenu par le programme Latitudes de la Fondation d’entreprise Hermès.
Le 22 juillet 1986, son oncle Noël X. Ebony, journaliste et dramaturge de renom, s’évanouit dans des circonstances énigmatiques à Dakar. Quarante ans plus tard, Nuits Balnéaires remonte cette trace à travers une pratique hybride mêlant photographie, mode et recherche culturelle. Dans la tradition Agni-Bona de Côte d’Ivoire, le neveu accompagne l’oncle dans son passage vers l’au-delà : c’est ce rôle que l’artiste endosse ici, laissant la mémoire et les lieux façonner les chapitres visuels d’une œuvre à la fois intime et universelle.
Commissariat : David Campany, directeur artistique de l’International Center of Photography de New York.
Tarif plein : 10 € / tarif réduit : 5 €.
Lieu : Fondation Henri Cartier-Bresson, Paris 3e.
Diseños habitados - Chema Madoz & Helena Almeida
Jusqu’au 23 août, la galerie Le Château d’Eau présente Diseños habitados, une exposition qui met en dialogue deux figures majeures de la photographie ibérique : la Portugaise Helena Almeida (1934–2018) et l’Espagnol Chema Madoz (né en 1958), en partenariat avec la Fundació Foto Colectania de Barcelone.
Ce qui rend ce projet rare, c’est ce qu’il montre avant l’image : carnets d’esquisses, dessins préparatoires, objets assemblés à la main. Pour ces deux artistes, la photographie n’est pas un point de départ, mais une destination, l’aboutissement d’un processus mental et manuel que l’exposition choisit de rendre visible. Le titre lui-même, emprunté à une série d’Almeida, renvoie à ce double sens hérité de la Renaissance : le dessin comme geste et comme projet.
Commissariat : Pepe Font de Mora, ancien directeur de la Fundació Foto Colectania.
Tarif plein : 5 € / tarif réduit : 3 €.
Lieu : Galerie Le Château d’Eau, Toulouse.
Watching TV - Olivier Culmann
Sur le Pont Saint-Ange, en plein air et en accès libre, le photographe Olivier Culmann installe jusqu’au 24 juillet les images de Watching TV, une série réalisée entre 2004 et 2007 dans huit pays : Maroc, Inde, États-Unis, Mexique, Nigeria, Royaume-Uni, Chine, France.
Le sujet est on ne peut plus banal : des gens qui regardent la télévision. Mais Culmann y voit autre chose. Dans ce moment de relâchement, de conscience à moitié endormie, c’est tout un rapport au monde qui se joue, un monde reçu en images, filtré, fantasmé, avant d’être absorbé sans qu’on s’en rende vraiment compte. Ces téléspectateurs ne se connaissent pas. Pourtant, chacun reçoit des nouvelles des autres. Face à eux, c’est Culmann qui nous observe.
Lieu : Pont Saint-Ange, Paris 10e.
FRAGILE BEAUTÉ - Sir Elton John & David Furnish
Du 12 juin au 27 septembre, le Jeu de Paume présente Fragile Beauté, une sélection de photographies issues de la collection personnelle de Sir Elton John et David Furnish. Plus de 7 000 images constituées sur trente ans, dont une centaine sont ici montrées pour la première fois en France.
L’exposition, adaptée de celle présentée au Victoria and Albert Museum de Londres, traverse cinq sections thématiques : le désir, la mode, les célébrités, le photojournalisme et la condition humaine dans ce qu’elle a de plus vulnérable. Robert Mapplethorpe, Diane Arbus, Irving Penn, Nan Goldin, Ai Weiwei, Eve Arnold, Harley Weir, les noms sont aussi vastes que les univers convoqués, des années 1950 à aujourd’hui. En bonus de la visite : une installation de 149 tirages de Nan Goldin extraits de sa série Thanksgiving, présentée dans son intégralité.
Tarif plein : 12 € / tarif réduit : 7,50 €. Du mardi au dimanche de 11h à 19h, nocturne le jeudi jusqu’à 21h.
Lieu : Jeu de Paume, Paris 8e.
Voyages au Kurdistan
- Exposition Collective
Huit photographes kurdes, quatre territoires, une même urgence de témoigner. Du 11 juin au 19 septembre, le Bleu du Ciel présente Voyages au Kurdistan, un projet né d’une idée originale de la Maison du Kurdistan de Lyon, avec les travaux d’Ebrahim Alipoor, Murat Yazar, Dogan Boztas, Fatma Celik, Aylin Kizil, Ulas Yunus Tosun, et un hommage au cinéaste Suayip Adlig, exilé en France dans les années 80, disparu en 2024.
Leurs images traversent la Turquie, l’Iran, l’Irak et la Syrie pour documenter ce qui risque de disparaître ou ce qui a déjà disparu : une identité, des paysages, des rites, des communautés. Identité, mémoire, migrations, nomadisme comme de vie historique, massacres des Yézidis : les regards se croisent et se répondent, sans jamais se confondre.
Ce que l’exposition rappelle, c’est que photographier peut être un acte de résistance autant qu’un acte d’archive.
Vernissage le samedi 11 juin à 18h30. Entrée libre.
Lieu : Le Bleu du Ciel, Lyon 1er.
36 Y’a d’la joie ! - Pierre Jamet
Pour les 90 ans du Front populaire, la librairie-galerie Les Amies Rouges rend hommage à Pierre Jamet avec 36 Y’a d’la joie !, visible jusqu’au 4 juillet.
Des garçons et des filles en maillot, des corps qui bougent, des sourires en plein soleil : Jamet a photographié les premiers congés payés avec une légèreté et une sensualité qui n’ont pas pris une ride. Ses tirages argentiques noir et blanc célèbrent un conquis social autant qu’un moment de grâce collective, cette insouciance neuve de gens qui découvrent, pour la première fois, le droit de ne rien faire.
Les tirages sont disponibles à la vente. Entrée libre.
Lieu : Les Amies Rouges, Paris 5e.
Le plaisir d’objets solides et de bribes d’informations inutiles -Laura Letinsky
Jusqu’au 4 juillet, la Galerie Miranda présente Le plaisir d’objets solides et de bribes d’informations inutiles, une exposition de natures mortes de la photographe canadienne Laura Letinsky, accompagnée de créations en porcelaine de la maison parisienne Tsé & Tsé associées.
Depuis trente ans, Letinsky travaille sur les restes, fruits entamés, verres à moitié vides, objets du quotidien légèrement défaits. Mais ce qui rend son travail singulier, c’est la façon dont elle mêle les techniques : iPhone et ferrotype, tirage numérique et procédés du XIXe siècle, aluminium et papier. Le passé et le présent se court-circuitent dans la même image, créant un sentiment d’étrangeté familière difficile à nommer.
L’exposition dialogue naturellement avec les pièces de Tsé & Tsé, dont l’attention aux objets du quotidien, avec humour et élégance artisanale, fait écho à l’univers de Letinsky.
Entrée libre.
Lieu : Galerie Miranda, Paris 3e.
Entre les lignes - Jérôme Trichet
Du 4 au 7 juin, la Very Art Gallery accueille Entre les lignes, une exposition de photographies en noir et blanc de Jérôme Trichet.
Trichet travaille la distance et le flou comme des outils de sens autant que d’esthétique. Ses images ne cherchent pas à tout montrer, elles suggèrent, laissent des zones d’ombre, font confiance au regard du spectateur pour combler ce qui manque.
L’exposition est accompagnée d’une expérience multi-sensorielle mêlant photographie et musique, un solfège photographique, selon ses propres mots.
Entrée libre.
Lieu : Very Art Gallery,Paris 3e.
Événements photo
06/06
NUIT BLANCHE à Paris
Le 6 juin, Paris fête les 25 ans de Nuit Blanche. Une nuit entière, gratuite, où installations, performances et créations sonores investissent monuments, gymnases, piscines, jardins et façades, de l’Hôtel de Ville au Bassin de la Villette.
Cette édition est placée sous la direction artistique de Barbara Butch, qui en a choisi le thème : l’amour.
« J’ai choisi de placer cette édition sous le signe de l’amour. Un amour multiple, indiscipliné, parfois fragile, souvent puissant. Un amour qui circule, qui déborde, qui relie.
Aimer la ville, aimer les autres, aimer ce que l’on ne comprend pas encore, aimer ce qui nous échappe. Le temps d’une nuit, Paris se transforme en espace de possibles, où les distances se réduisent et où les regards se rencontrent autrement. »
Découvrez des expos photos en accès libre toute la nuit ! Voici notre petite sélection :
- Dans le 3eme : Deux expositions entre obsession photographique et voyage onirique : Daido Moriyama – Lettres d’amour à la photographie / Nuits Balnéaires – Eboro. À venir découvrir de 19h à 00h à la fondation Henri Cartier-Bresson.
- Dans le 10eme : À découvrir en se baladant le long du canal St-Martin, Hip-Hop don’t Stop de Maï Lucas sur les grilles du jardin Villemin-Mahsa Jîna Amini (côté quai de Valmy).
- Dans le 8eme : À L’institut Polonais de Paris, rencontre et discussion avec l’artiste Agata Gryzbowska sur le photoreportage à 21h + Visite guidée de l’exposition de Chris Niedenthal à 22h. Visites libres entre 21h et 23h.
- Dans le 18eme : l’ensemble des espaces du BAL est ouvert au public et gratuit, jusqu’a 23h librairie, espace d’exposition, café/restaurant. Venez découvrir la nouvelle édition de La Fabrique du Regard- Le Festival (du 2 au 7 juin) pendant une soirée spéciale dédiée au spectacle vivant avec plusieurs performances envisagées autour de l’axe de la transmission.
Vélib’ gratuit toute la nuit avec le code MGP2026.
Programme complet sur nuitblanche.paris.
10/06
Sortie du livre photos Corps Raccords de Sarah Salazar
Corps Raccords est le premier livre de la photographe et réalisatrice Sarah Salazar, édité par Noélie Bernard, avec des textes de l’autrice et poétesse afroféministe Kiyémis. Quarante photographies d’un même duo, réalisées sur six ans, qui suivent ce que le temps et la relation inscrivent dans les corps.
On lui consacre un article complet ici !
Lieu : Librairie Le Monte en L’air, le 10 juin à partir de 19h.
du 28/04 au 07/06
Candidatez à la prochaine édition du Festival Circulation(s)
Le festival Circulation(s) lance son appel à candidatures pour l’édition 2027, jusqu’au 7 juin 2026 à minuit.
Depuis seize ans, le festival défend la jeune photographie européenne avec une programmation portée par le collectif Fetart, composé de sept femmes spécialistes de la scène émergente.
Pas de thème imposé, pas de limite d’âge : l’appel s’adresse à tous les photographes européens ou résidant en Europe, en début de carrière, n’ayant jamais fait l’objet d’une exposition d’envergure en France. Les projets mêlant photographie, vidéo, installation ou son sont les bienvenus. Les projets collectifs aussi.
Candidature : 20€
Candidatures sur festival-circulations.com. Contact : info@fetart.org
Ce que vous pouvez encore voir de nos agendas précédents
- Les corps élastiques de Lucie Pastureau – Institut pour la photographie – Théâtre du Nord, Lille
- This Will Not End Well de Nan Goldin – Grand Palais, Paris 8
- Fragilités et Résiliences de Thibault Gerbaldi – Jardin du Luxembourg, Paris 6
- Instants Polaroid d’Alain Guillemaud – Les Archives municipales de Lyon.
- Rétrospective de Lee Miller – Le Musée d’Art Moderne, Paris 16.
- Les Grands Âges de Nikos Aliagas – Le Musée de l’Homme, Paris 16.
- Robert Capa – Photographe de Guerre, Musée de la Libération de Paris Paris 14e.
- Marthe Lazarus, Studio de Mémoire Magnétique,Paris 15
- In Plain View, Martin Parr – Magnum Gallery Paris 11e.(jusqu’au 6 juin)
- Essentia, Exposition collective – Galerie Parallax, à Aix-en-Provence (jusqu’au 20 juin)
- Nu au Paradis, Michael von Graffenried – Espace MVG Paris 15e.
- Dessins et autres destins, Jacqueline Salmon – Fondation Renaud, Lyon 9e (jusqu’au 7 juin)
- Spring Kick-Off !, les street photography du collectif LOOP – Galerie Graine de Photographe, Paris 4 (jusqu’au 22 juin)
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Les multiples autoportraits de Marthe Lazarus
Marthe Lazarus est une photographe-plasticienne qui vit et travaille à Aubervilliers. Elle a présenté son travail au Passage de Retz (2006), au festival de Pierrevert (2023), au CentQuatre-Paris pour le festival des Inrocks (2025). Les Rencontres d’Arles ont accueilli ses travaux dans le cadre de la projection des travaux des Masterclass Oeildeep.
Depuis l’enfance, elle photographie : non pas pour documenter le réel, mais pour donner forme aux images mentales, aux émotions, à cette mémoire qui se reconstruit autant qu’elle se souvient.
Son travail gravite autour de l’autoportrait, du corps comme terrain d’expérimentation, et d’une approche en couches, où les archives côtoient la fiction intime, et où l’image n’est jamais figée.
C’est cette logique organique et mouvante qui structure son exposition chez Mémoire Magnétique,du 16 avril au 5 septembre. Elle réunit quatre séries : Haute intensité, Multiple, Cires, Little Big Sister, dans un dialogue entre œuvres récentes et plus anciennes.
Son rapport à la photographie
Avant de trouver sa voix, il faut parfois s’en éloigner. Marthe Lazarus revient sur ces années de mise à distance avec la photographie, et ce qu’elles ont transformé dans sa pratique.
Oui, pendant plusieurs années, je n’ai plus vraiment cherché à montrer mon travail et j’ai aussi moins produit. Avec le recul, je pense que j’étais arrivée à une forme de blocage.
Ces dernières années, participer à des workshops a profondément changé ma manière de travailler. J’essaie désormais d’éviter l’isolement créatif : je montre davantage mon travail, j’échange beaucoup et je confronte plus volontiers mes recherches au regard des autres. Cela m’a permis de clarifier et d’affiner le fil conducteur de ma démarche, autour de la représentation d’états intimes à travers l’autoportrait ou le portrait de proches.
Depuis, je pousse plus loin mes expérimentations plastiques et j’ai compris que je suis avant tout une plasticienne qui utilise la photographie comme médium.
Qu’est-ce qui t’a amenée à faire de toi-même un sujet ?
Au départ, c’était presque une question de commodité : ne pas avoir besoin de chercher des modèles ni d’organiser des séances ! Avec le temps, j’ai compris que ce choix était beaucoup moins anodin.
L’autoportrait est un espace d’expérimentation, une manière de traverser des états émotionnels, des obsessions et des fragments de mémoire à travers mon propre corps et ma propre image.
L’auto-édition
En parallèle de ses expositions, Marthe Lazarus fabrique des livres de photos artistiques à la main depuis son atelier d’Aubervilliers. Une pratique d’autoédition qui prolonge, hors des murs de la galerie, cette même liberté de faire sans attendre.
L’auto-édition m’offre une liberté totale, autant dans la production que dans la diffusion. Je peux fabriquer un livre dès que j’en ressens le besoin, sans attendre une exposition ou une validation extérieure. Je le présente ensuite directement sur mon site, sur Instagram ou dans certaines librairies. J’aime cette autonomie et ce rapport très direct aux objets et aux personnes qui les découvrent.
Multiple questionne l’identité qui se dédouble à travers des autoportraits mis en scènes et multipliés.
Haute intensité raconte l’invasion de l’Ukraine en mettant en perspectives plusieurs conflits dans lequel l’intime et la dimension historique se superposent.
Cires c’est le temps qui s’efface, un soir de réveillon, comme une bougie fond.
Little Big Sister, en hommage pour la soeur de la Photographe.
Dans cette exposition, je confronte des séries très récentes, avec d’autres plus anciennes, dans un jeu autour de la mémoire, des strates mentales et du besoin d’intervenir dans l’image.
J’ai besoin que mes images soient traversées par plusieurs couches, comme notre cerveau l’est en permanence par les souvenirs, les pensées et les images mentales.
Cette exposition carte blanche reflète aussi ma manière très libre de produire : intuitive, mouvante et évolutive.

Y a-t-il une image de cette exposition, ou du processus qui l’a précédée, qui te tient particulièrement à cœur ?
Oui, une image fabriquée l’année dernière autour d’yeux découpés. Elle est née d’un geste totalement intuitif, presque inconscient. J’ai tiré sur papier ordinaire un portrait de moi fait par un ami quand j’étais adolescente. J’ai coupé le papier et les yeux. J’ai mis en scène ces morceaux sur le parquet. Les yeux sont coupés mais ouvrent aussi le regard : ils nous observent autant qu’ils nous obligent à regarder en face. J’aime le mélange entre ce geste très brut, presque instinctif, et la composition plus construite qui en résulte, à la fois graphique, organique et colorée.
Informations pratiques
Du 16 avril au 5 septembre 2026.
Au Studio de Mémoire Magnétique, 21 avenue du Maine, Chemin du Montparnasse, 75015 Paris.
Nuit blanche de 17 h le samedi 6 juin : projection des diaporamas, videos et photo-films de Marthe Lazarus, notamment Haute Intensité et Open Bar (2004) avec Thibault de Montalembert, Cédric Riverain et Laetitia Trapet. Marthe lazarus a aussi invité en guest la photographe et dessinatrice Emmanuelle Mafille qui présentera ses dessins sur draps et sa revue Beau Monstre + la performance sonore Cui-cui-Grrr
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