Exposition photo - Spring Kick-Off, les street photography du collectif LOOP
Le collectif LOOP lance son printemps avec une nouvelle exposition de street photography.
À l’occasion du retour du soleil et des beaux jours, venez déambuler avec nous à travers une ville vibrante d’instants que nous avons choisis de partager, de visages et d’histoires urbaines.
Créé dans l’intention de rendre la street photography accessible à tous, le collectif LOOP repose sur des valeurs de partage, d’échange et de convivialité. LOOP c’est 7 photographes de rue aux regards distincts. Leur travail explore la ville et ses habitants dans une approche à la fois humaniste et contemporaine, à la frontière entre photographie artistique et documentaire. Chacun développe son écriture, mais tous s’attachent à capter des situations réelles, des gestes, des scènes du quotidien.
Cette exposition, réalisée en partenariat avec Graine de Photographe, présente une sélection d’images réalisées à Paris, Marseille, Londres, ainsi qu’en Sicile et ailleurs en Italie et sera l’occasion de découvrir les photos de notre nouveau membre, Hervé Chatel.
Une invitation à rouvrir le regard, à ressentir la ville autrement, à échanger et peut-être, à votre tour, sortir l’appareil photo dès les premiers rayons du soleil.
Si vous souhaitez prolonger l’expérience en immersion réelle, rejoignez nos photographes Roxana Albu Mercié, Thomy Keat, ainsi que d’autres membres de LOOP, lors d’une masterclass de street photography à Paris le 23 mai.
Cette session propose une approche à la fois pratique et personnalisée pour affiner votre regard, structurer votre démarche et gagner en confiance. Vous aurez également l’opportunité de tester gratuitement le Ricoh GR IV, un boîtier particulièrement adapté à la photographie de rue.

VERNISSAGE LE JEUDI 23 AVRIL 2026
Toutes les photos sont exposées à la galerie grainedephotographe.com, sur l’île Saint-Louis à Paris
du 20 avril au 22 juin
14 Quai de Béthune 75004 Paris
(Visites sur demande lundi au vendredi de 10h à 18h.
Veuillez nous contacter au 09 80 39 42 35 pour prévoir votre venue).


Marta Bevacqua : du portrait féminin aux paysages polaires
Photographe et directrice artistique basée à Paris, Marta Bevacqua s’est imposée comme une voix singulière dans la photographie de mode et de portrait. Ses images paraissent dans des titres comme Grazia ou Vogue, mais c’est d’abord une sensibilité, romantique, minimaliste, profondément humaine, qui les rend reconnaissables. Chaque portrait de femme qu’elle réalise porte une histoire, racontée avec grâce et une vision résolument émancipatrice.
Nous l’avions déjà rencontrée 10 ans auparavant, dans notre précédent article (INTERVIEW : Les portraits de la photographe Marta Bevacqua). Aujourd’hui, c’est un tout autre territoire qu’elle explore : Signs_, un livre de photographies réalisées aux îles Svalbard entre 2016 et 2024, en plein hiver arctique.
Pouvez-vous nous parler de vos débuts en photographie ?
« J’ai grandi dans une maison dans la campagne de Rome. Je me suis rapprochée de la photographie sur internet, en cherchant des images pour un jeu en ligne, et après ça, j’ai continué à en regarder juste pour le plaisir. Après, je me suis dit d’essayer moi même de prendre quelques photos, et avec un appareil cassé que j’ai trouvé chez moi, j’ai commencé et jamais arrêté.
Au début, je me suis concentrée sur la nature et les portraits (avec mes sœurs, mes amis,…). La mode est arrivée un peu par hasard : j’ai fait un cours d’une semaine en Fashion Photography à la Central Saint Martins de Londres, puis mes premières éditos à Milan. Le choix de partir s’est imposé, j’ai choisi Paris et j’ai déménagé en janvier 2014. Je suis encore là.
Petit à petit j’ai construit ma carrière, trouvé mon agent et ma dimension ici en France. Maintenant ça fait 12 ans, le temps passe vite ! »
Qu’est-ce qui a le plus évolué dans votre pratique ces dix dernières années ?
« Tout d’abord j’ai eu beaucoup de clients, et j’ai appris à gérer leurs envies tout en gardant mon style. J’ai eu des projets commerciaux, d’autres plus artistiques. J’ai beaucoup voyagé, je me suis amusée. Surtout, j’ai grandi pendant que je construisais ma carrière. Je suis devenue qui je suis maintenant aussi grâce à ça. Mon style a évolué, je pense l’avoir affiné, j’ai expérimenté, j’ai fait des erreurs, et j’ai fini par trouver le bon chemin. Dix ans, c’est simplement la vie. »
Signs_ : le grand nord comme terrain personnel
Pouvez-vous nous parler de votre livre photo Signs_ ? Qu’est-ce que vous souhaitiez transmettre à travers ces images ?
« Signs_ est une collection de photos prises lors de mes voyages aux îles Svalbard, au nord. C’est un endroit très important pour moi, j’y suis allée cinq fois, et pendant mon dernier séjour, j’ai décidé de partager cette passion avec un livre. Au fil des années, j’y ai réalisé énormément de projets, et c’est là-bas que je me suis aussi lancée dans la photo de paysage, le conceptuel, la nature. »
« Ce que je raconte avec Signs_, c’est un voyage dans la nature sauvage, dans le silence et la lumière, des endroits où les humains n’ont pas vraiment leur place, mais où ils peuvent apprendre à explorer tout en respectant la nature. »
Y a-t-il une photographie du livre que vous aimez particulièrement ?
Oui, c’est un autoportrait que j’ai pris à la fin d’une journée très spéciale. Je pense qu’il représente le silence, les lumières et l’amour que j’ai pour les Svalbard.
Voyez-vous une évolution dans votre façon de photographier ?
« Absolument. J’ai gardé que la simplicité. Avant, j’utilisais beaucoup plus de props, de matériel. Maintenant j’ai besoin d’un appareil photo avec mon objectif préféré, le 50mm, et c’est tout. Mes photos sont aussi beaucoup plus naturelles, spontanées, et moins chargées. Je me suis un peu libérée de tout ce qui n’était pas nécessaire. »
Comment définiriez-vous votre style photographique aujourd’hui ?
« Je pense que c’est un mix de tout. J’ai beaucoup travaillé, rencontré énormément de gens, vécu de belles expériences, et aussi de mauvaises. Tout fait partie de mon évolution. Aujourd’hui, je dirais que mon style est naturel, simple, et très émotionnel. »
Votre agenda photo d'Avril 2026
Avril 2026 marque le plein cœur du printemps, la saison idéale pour s’accorder une sortie culturelle à Paris et ailleurs. Les beaux jours rallongent, et avec eux l’envie de pousser les portes des galeries photo et des musées pour s’imprégner d’univers qui sortent du quotidien.
Ce mois-ci, la programmation photographique est particulièrement riche : grandes rétrospectives parisiennes avec Lee Miller et Sebastião Salgado, expositions engagées sur le climat ou la mémoire familiale, événements gratuits en régions, il y en a pour tous les regards et toutes les sensibilités.
Découvrez notre sélection d’expositions et événements photo près de chez vous en avril 2026.
Les expositions photo
Hommage à Sebastião Salgado
Jusqu’au 30 mai 2026, la Salle Saint-Jean de l’Hôtel de Ville de Paris rend hommage à Sebastião Salgado, photographe brésilien disparu en mai 2025 à l’âge de 81 ans. Conçue par Lélia Wanick Salgado, cette exposition réunit près de 200 œuvres qui retracent les grandes séries ayant marqué une carrière hors du commun : des réfugiés éthiopiens aux paysages vierges d’Amazônia, des travailleurs de Workers aux territoires préservés de Genesis.
À travers ces images en noir et blanc, nous traversons un demi-siècle d’engagement : celui d’un homme qui n’a jamais dissocié l’objectif de la conscience.
Le parcours s’achève sur une note inattendue : les œuvres de Rodrigo Salgado, fils du photographe, né avec la trisomie 21 et peintre depuis l’enfance. Ses oeuvres, sensibles et intimes, referment l’exposition comme on ouvre un nouveau chapitre, avec la conviction que l’histoire continue.
L’exposition est gratuite, sur réservation, du mardi au samedi de 10h à 18h30.
Lieu : Salle Saint-Jean de l’Hôtel de Ville de Paris 1
Lignes de fuite - Guillaume Lavrut
La galerie Polka, à Paris, présente le travail de Guillaume Lavrut jusqu’au 16 mai 2026. Lignes de fuite rassemble des photographies prises dans des lieux du quotidien : cours de tennis, jardins, escaliers, carrosseries de voitures, transformés par un sens aigu de la composition et de la couleur.
Pas de mise en scène, pas d’artifice : Lavrut saisit ce qui est déjà là, ces petits détails que personne ne remarque vraiment. Angles, lumières, géométries, tout devient matière à image. Le résultat est troublant : une Paris minimaliste, presque trop propre, trop calme, comme un Truman Show à la française. Une belle invitation à regarder la ville comme pour la première fois.
L’exposition est gratuite, du mardi au samedi.
Lieu : Polka Galerie, Paris 3
Instants Polaroid - Alain Guillemaud
Les Archives municipales de Lyon se transforment en galerie le temps d’une exposition dédiée à Alain Guillemaud, visible jusqu’au 11 juillet 2026. Instants Polaroid réunit des tirages originaux réalisés au fil des années : publicités, scènes urbaines, natures mortes, lieux abandonnés. Des images marquées par le bleu, couleur de prédilection de l’artiste, et par les imperfections propres au procédé instantané, ces petits accidents qui font le charme du Polaroid.
Le parcours s’achève sur une invitation à faire : des ateliers Polaroid animés par Alain Guillemaud lui-même sont organisés tout au long de l’exposition, pour repartir avec ses propres instants entre les mains.
L’exposition est gratuite, sans réservation, du lundi au samedi.
Lieu : Archives municipales de Lyon
Rétrospective - Lee Miller
C’est l’une des expositions à ne pas manquer ce printemps à Paris. Le Musée d’Art Moderne accueille une rétrospective consacrée à Lee Miller su 10 avril au 2 août 2026, la plus grande en France depuis vingt ans. Mannequin, artiste surréaliste, photographe de mode, correspondante de guerre : peu de parcours au XXe siècle auront été aussi intenses et aussi difficiles à mettre en une seule case.
Près de 250 tirages retracent une vie entière, de New York à Paris, du Caire aux champs de bataille européens. On y retrouve ses expérimentations avec Man Ray, ses portraits de l’avant-garde artistique, mais aussi ses reportages bouleversants sur la libération des camps de concentration, des images parmi les premières à révéler l’horreur au grand public.
Une exposition qui rend enfin à Lee Miller la place qu’elle mérite, celle d’une artiste à part entière.
Tarif plein : 17€ – tarif réduit : 15€ – gratuit pour les moins de 18 ans. Du mardi au dimanche de 10h à 18h, nocturne le jeudi jusqu’à 21h30.
Lieu : Le Musée d’Art Moderne, Paris
En ces lieux - Jo Ractliffe
Peu connue en France, Jo Ractliffe mérite pourtant qu’on s’y attarde. Le Jeu de Paume lui consacre sa première grande exposition monographique en France jusqu’au 24 mai 2026. Née au Cap en 1961, cette photographe sud-africaine a passé des décennies à arpenter les paysages marqués par l’apartheid, les conflits angolais, les terres abandonnées de Namibie, des endroits que l’histoire a traversés de plein fouet.
Ses images ne cherchent pas à tout montrer. Elles suggèrent, laissent des silences, invitent à lire ce qui se cache sous la surface d’un paysage en apparence ordinaire.
Une belle occasion de découvrir une voix photographique forte, engagée.
Plein tarif : 14€ – tarif réduit : 9,50€ – 19-25 ans et étudiant·es (du mardi au vendredi) : 7,50€ – gratuit le dernier mardi du mois et pour les moins de 18 ans. Du mardi au dimanche de 11h à 19h, nocturne le jeudi jusqu’à 21h.
Lieu :Le Jeu de Paume, Paris
En route : views from Atlanta and Marseille - Exposition collective
Jusqu’au 3 mai, la Friche la Belle de Mai à Marseille, accueille En route : views from Atlanta and Marseille jusqu’au 3 mai 2026. Cette exposition collective réunit quatre photographes qui ont traversé l’Atlantique dans les deux sens : certains partis découvrir Atlanta (Yohanne Lamoulère, Geoffroy Mathieu), d’autres venus poser leurs valises à Marseille (Joshua Dudley Greer, Nydia Blass), avec un seul outil en poche : leur appareil photo.
Le résultat est un dialogue inattendu entre deux métropoles du sud que tout semble opposer, et qui pourtant se ressemblent : même sens de l’identité locale, même histoire complexe, même énergie populaire. On y croise des fanfares de lycée, des trottoirs improvisés, des portraits d’adolescents, des paysages rocheux.
L’exposition est gratuite, tous les jours de 11h à 19h.
Lieu : La Friche la Belle de Mai, Marseille
The Day May Break — Chapters One to Four - Nick Brandt
Toujours à la Galerie Polka à Paris, et jusqu’au 16 mai 2026, une autre exposition qui mérite le détour. Nick Brandt, connu pour ses portraits d’animaux sauvages africains photographiés aux côtés d’humains, présente ici son dernier chapitre : la Jordanie.
Dans ce pays marqué par la pénurie d’eau, il a rencontré des familles de réfugiés syriens contraintes de se déplacer plusieurs fois par an à la recherche de travail. Comme dans les volets précédents, humains et animaux partagent le même cadre, enveloppés d’une brume dense, symbole d’une crise climatique qui ne fait pas de distinction entre les espèces.
Des portraits sobres, qui mettent des visages sur ce que les chiffres du changement climatique ne parviennent pas à faire ressentir.
L’entrée est gratuite, du mardi au samedi.
Lieu : Polka Galerie, Paris 3
Les Grands Âges - Nikos Aliagas
On connaît Nikos Aliagas pour ses plateaux télé. C’est derrière un objectif qu’il se révèle autrement. Le Musée de l’Homme, au Trocadéro, lui consacre une exposition du 8 avril 2026 au 3 janvier 2027 : Les Grands Âges, une série de portraits en noir et blanc qui s’attarde sur les visages marqués par le temps, les gestes qui persistent, la dignité de ceux qu’on regarde trop peu.
Ce qui rend cette exposition singulière, c’est sa double lecture : les photographies de Nikos Aliagas dialoguent avec les travaux du biodémographe Samuel Pavard, spécialiste du vieillissement. Art et science, deux regards qui se complètent pour poser une question simple, mais essentielle : quelle place faisons-nous vraiment aux personnes âgées dans nos sociétés ?
Une belle sortie à Paris, aussi douce qu’elle donne à réfléchir.
Tarif : 15€ -tarif réduit : 12€ – gratuit pour les moins de 25 ans. Du mercredi au lundi de 11h à 19h, fermé le mardi.
Lieu : Le Musée de l’Homme, Paris 16
Parce que. Ici. - Anne Desplantez & les enfants du Sarthé
À Toulouse, la galerie le Château d’Eau accueille jusqu’au 24 mai 2026 un projet humain et touchant. Pendant deux ans, la photographe Anne Desplantez a travaillé avec 29 enfants placés par l’aide sociale à l’enfance dans une maison d’enfants du Gers. Ensemble, ils ont créé Parce que. Ici., une série de photos qui raconte leur quotidien, leurs jeux, leurs corps en mouvement, leur façon bien à eux d’occuper l’espace.
Le résultat questionne en douceur un système souvent oublié : celui de l’enfance placée, de ces vies qui se construisent en marge, loin des regards. Chaque image porte l’empreinte de cette expérience collective, entre pudeur et franchise, entre l’intime et le politique.
Une exposition tendre et engagée, qui rappelle que la photographie peut aussi être un espace pour exister.
Tarif plein : 5€ – tarif réduit : 3€ – gratuit pour les moins de 5 ans. Du mercredi au dimanche de 11h à 18h.
Lieu : Le Château d’eau, Toulouse
Vivre Ensemble- Yann Arthus-Bertrand, Hervé Le Bras, Fondation GoodPlanet
Place de la Concorde, à Paris, Yann Arthus-Bertrand et la Fondation GoodPlanet investissent l’un des espaces les plus emblématiques de la capitale pour Vivre Ensemble, du 11 avril au 10 mai 2026.
Depuis plus de trente ans, le photographe parcourt la France pour photographier ses habitants, seuls, en famille, avec leurs collègues ou leurs animaux, sur une même toile de jute. En 2023, sa rencontre avec le démographe et historien Hervé Le Bras donne une nouvelle dimension à ce travail : ensemble, ils construisent une vaste enquête photographique et humaine à travers toute la France, aboutissant au livre France, un album de famille. Le résultat, c’est un portrait de la France d’aujourd’hui, dans toute sa diversité et sa beauté ordinaire.
Avec Vivre Ensemble, l’exposition est conçu comme un espace de rencontres ouvert à tous : concerts, débats, performances artistiques, et même un studio photo conçu par l’architecte Renzo Piano où chacun peut se faire photographier à son tour.
Une belle sortie à Paris, au grand air et gratuite.
Lieu : Place de la Concorde, Paris 8e
Événements photo
Spring Kick-Off ! - les street photography du collectif LOOP
Le collectif LOOP réunit 7 photographes de rue aux regards bien distincts, unis par une même conviction : la street photography appartient à tout le monde. Humaniste et contemporaine, leur démarche oscille entre document et intention artistique, des gestes saisis sur le vif, des scènes ordinaires rendues singulières.
Cette exposition, réalisée en partenariat avec Graine de Photographe, rassemble des images prises à Paris, Marseille, Londres, en Sicile et ailleurs en Italie. Elle marque aussi l’arrivée d’un nouveau membre dans le collectif : Hervé Chatel.
Une occasion de traverser la ville autrement, l’œil affûté , et si l’envie de shooter la rue vous prend, la masterclass street photography de mai n’attend plus que vous.
Plus d’info sur l’ exposition et incription ici : Spring Kick-Off
Le mois de la photo - Bordeaux
Pendant le mois d’avril, Bordeaux se transforme en terrain de jeu pour les amateurs de photographie. Le Mois de la Photo investit la ville avec 34 expositions en accès libre, réparties dans les galeries, les lieux culturels et l’espace public : de Darwin à la Halle des Chartrons, des Jardins de la Cité du Vin aux places de quartier.
Plus de 100 photographes sont à l’affiche, avec des univers très différents : reportage, portrait, nature, architecture, photographie argentique… Il y en a pour tous les regards, et tout est gratuit.
Plus d’info sur les expositions et inaugurations ici : Ville de Bordeaux
En Famille - 5ème édition du Prix Hip
Pour sa 5e édition, le Prix HiP (Histoires Photographiques) investit une nouvelle fois l’Espace Andrée Chedid, à l’occasion du Bicentenaire de la Photographie et du Printemps de la photographie. Du 2 avril au 13 mai 2026, cette nouvelle édition propose une exposition intitulée En Famille, réunissant les œuvres de quatre photographes francophones et deux projets inédits autour des relations familiales et de la mémoire.
Au programme : des autoportraits décalés du quotidien, un deuil silencieux traduit sur papier artisanal, un quartier alternatif belge photographié de l’intérieur, et des portraits de peuples arctiques menacés. Quatre regards très différents sur ce qui nous relie, ou nous échappe — au sein d’une famille.
Parmi les artistes invités, une photographe que vous connaissez peut-être déjà : Natalya Saprunova, formatrice chez Graine de Photographe, présente sa série Peuple Boréal. Un travail documentaire immersif au cœur des communautés arctiques menacées par la fonte du permafrost, conséquence du réchauffement climatique.
Entrée gratuite. Du lundi au vendredi de 8h30 à 19h, le samedi de 9h à 19h. Espace Andrée Chedid, Issy-les-Moulineaux
Ce que vous pouvez encore voir de nos agendas précédents
- Migrations et Climat. Comment habiter notre monde ? (jusqu’au 5 avril) – Palais de la Porte Dorée, Paris 12
- Nitassinan de Yann Datessen (jusqu’au 25 avril) – Stimultania – pôle de photographie, Strasbourg
- Global Warning de Martin Parr – Jeu de Paume, Paris 1
- Henri Cartier-Bresson – Les Européens – Fondation Henri Cartier-Besson, Paris 03
- American Images de Dana Lixenberg – Maison Européenne de la Photographie, Paris 04
- Guido Guidi. Col tempo, 1956–2024 – LE BAL, Paris 18
- Sous terre de Antoine Lecharny – Galerie Sit Down, Paris 03
- Les corps élastiques de Lucie Pastureau – Institut pour la photographie – Théâtre du Nord, Lille
- À fleur de peau de Chloé Jafé – La Chambre, Strasbourg
- Paysage du Loup de Etienne Maury (jusqu’au 25 avril) – item galerie, Lyon
- Discover de François Daireaux – Le Bleu du Ciel, Lyon
- Proche. Lointain. Incertain. Exposition collective (jusqu’au 18 avril) – Galerie VU’, Paris 15
- Séquences de Elsa et Johanna (jusqu’au 11 avril) – Galerie La Forest Divonne, Paris 6
- This Will Not End Well de Nan Goldin – Grand Palais, Paris 8
- Fragilités et Résiliences de Thibault Gerbaldi – Jardin du Luxembourg, Paris 6
- Circulation(s), festival de la jeune photographie européenne – CENTQUATRE, PARIS 19
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- Félix Vollmann, sa série au Kenya entre reportage et introspection
- PERNiCiEM – Dean West et Nathan Sawaya illustrent la menace climatique
- The Echo of Our Voices – Nick Brandt poursuit son oeuvre avec ce nouveau chapitre
- Quand Deanna Dikeman rencontre Judith Black : Blended Families en 120 photographies
Quand Deanna Dikeman rencontre Judith Black : Blended Families en 120 photographies
Peut-être que la dame sur cette photo vous dit quelque chose. Imaginez la devant une maison de banlieue américaine, dans une allée de garage, accompagné de son mari faisant signe de la main. Vous avez sûrement vu passer cette photo de Deanna Dikeman de sa série Leaving and Waving, dans laquelle elle documente le moment des adieux avec ses parents sur 27 ans.
Depuis novembre 2025, elle expose ses photographies de famille en conversation avec celles de Judith Black à la Flow Photographic Gallery de Londres, dans une exposition intitulée Blended Families.
Deanna Dikeman photographie sa famille du Midwest depuis 1985, construisant patiemment une œuvre sur la durée et les liens ordinaires. Récompensée par le Prix Nadar et la bourse Guggenheim, elle est publiée chez Chose Commune avec deux livres, Leaving and Waving et Relative Moments.
Judith Black, née en 1945 au Kansas, photographie les intérieurs et extérieurs des ménages depuis 1979. Son travail, exposé dans le monde entier, figure dans des collections comme le MoMA ou le Harvard Art Museums. Elle a publié plusieurs livres et a dirigé le programme de photographie de Wellesley College pendant 25 ans.
Deux femmes photographes, deux archives, deux familles américaines qui ne se sont jamais croisées. Et pourtant.
Comment la photographie est-elle entrée dans votre vie ?
Judith : J’ai suivi des cours d’art dès l’âge de 7 ans, et j’ai continué tout au long du lycée et de l’université. J’ai acheté mon premier appareil Brownie quand j’avais sept ans. Mais l’essentiel de mon intérêt allait vers d’autres médiums moins coûteux, comme le dessin ou la peinture. Puis, devenue adulte avec une grande famille, le temps de peindre s’est raréfié, et la photographie est devenue mon médium, je pouvais la pratiquer à n’importe quel moment de la journée. À 36 ans, j’ai passé un master en photographie pour pouvoir enseigner à l’université. Deanna et moi avons emprunté des chemins très différents pour arriver à des carrières similaires ! Aujourd’hui, on nous connaît pour nos points communs, notamment l’utilisation de la pellicule noir et blanc pour la majeure partie de notre travail.
Deanna : Enfant, j’ai toujours adoré les cours d’arts plastiques à l’école. Plus tard, j’ai fait de la peinture à l’huile avec ma tante Evey, en apprenant à partir de manuels achetés dans un magasin de beaux-arts. C’est mon père qui m’a offert mon premier appareil Brownie. Je me suis lancée sérieusement dans la photographie à 31 ans, après des études en sciences et en gestion, et un passage dans le monde de l’entreprise. Je n’ai pas de diplôme en art, juste quelques cours dans un community college.
Comment est né le projet Blended Families ?
Deanna et Judith : C’est Alex qui a eu l’idée au départ. Il venait de réaliser une exposition autour du travail de Deanna, intitulée There Were 93 Goodbyes, dans sa Flow Photographic Gallery à Londres. Il connaissait également le travail de Judith, ayant collaboré sur ses livres Pleasant Street et Vacation. Alex nous a proposé d’exposer ensemble. L’idée nous a tout de suite plu. La question suivante était : comment présenter les deux corpus sur les murs ? La première idée était d’attribuer un espace à chacune, ou peut-être d’associer quelques photos par paires. Et puis on a eu l’idée de faire un échange d’images, en se répondant l’une à l’autre.
Alex Schneideman (curateur de l’exposition): J’avais imaginé au départ que Deanna regardait vers le haut, vers ses parents, et que Judy regardait vers le bas, vers ses enfants. Deux mères, deux directions du temps. Mais cette idée ne les a pas emballées. Ce qu’elles voulaient, c’était se mêler vraiment l’une à l’autre, partager leurs archives et voir ce qui allait se passer. Alors je suis devenu facilitateur. J’ai mis en place un document partagé, et pendant neuf mois, j’ai regardé, fasciné, cette chaîne d’images se construire, à la fois touchante et pleine d’humour.
Y a-t-il une paire d’images qui vous tient particulièrement à cœur ?
Deanna : Quand Judy m’a envoyé la photo de Malcolm tout habillé pour Pâques, avec sa cravate de travers, j’ai immédiatement pensé à un portrait que j’avais fait de mon fils sur le porche de mes parents. Theron porte un costume avec un nœud papillon et tient en laisse notre vieux chien. Deux petits garçons dans leur tenues du dimanche qui posent sagement. Qu’est-ce qu’il y a de plus attendrissant que ça ?
Judith : Ce qu’on a aimé par-dessus tout, c’est la façon dont certaines associations nous faisaient sourire, surtout vues côte à côte. On a été frappées de voir à quel point les rituels familiaux, les fêtes, les anniversaires, les scènes ordinaires à la maison, se ressemblent d’une famille à l’autre. Deux albums de famille, deux familles très différentes. Et pourtant.
Ce que ces images réveillent en nous
Comme je le mentionnais dans mon précédent article 2026 is the new 2016, quelque chose dans l’air du temps nous pousse à chercher ce que l’IA ne nous donne pas, cette chaleur un peu floue des souvenirs d’enfance, l’odeur d’une maison qu’on n’habite plus, le visage de quelqu’un qu’on n’a pas vu depuis longtemps. Et ces photographies de famille appuient exactement là où ça fait du bien d’avoir un peu mal.
La nostalgie, d’habitude, est une affaire solitaire. On la porte pour des gens qui nous appartiennent, pour des souvenirs qui sont les nôtres. Blended Families la rend collective. L’exposition nous montre que le temps passe pour tout le monde de la même façon : que les parents vieillissent partout pareil. Que les enfants grandissent partout pareil.
Ce qui est peut-être le plus touchant dans cette histoire, c’est que Deanna et Judith ne se connaissaient pas. Elles ont chacune photographié leurs proches pendant des décennies, dans leur coin. Et quand elles ont mis leurs archives côte à côte, elles ont découvert qu’elles avaient fait, sans le savoir, le même travail. Leurs familles, sans s’être jamais croisées, partageaient les mêmes gestes, les mêmes moments.
Beaucoup de personnes sont venues voir l’exposition Blended Families, et elles trouvent toutes des choses que je n’avais pas remarquées moi-même dans les photos. Tout le monde a sa propre idée de ce qu’est une famille et ça ouvre des perspectives infinies. Ces images ne parlent pas que de ces deux familles-là. Elles parlent de tout le monde. (Alex Schneideman)
C’est peut-être ça, le secret de cette exposition : on n’y vient pas voir la famille de Deanna ou celle de Judith. On y vient voir la sienne.
Deanna Dikeman (instagram – site web) / Judith Black (instagram – site web)
Blended Families, Flow Photographic Gallery (instagram), 1010 Harrow Road, Londres NW10 5NS. Prolongé jusqu’en avril 2026. Catalogue disponible sur flowphotographic.gallery
“2026 is the new 2016” : la nostalgie gagne aussi la photo
Le slogan “2026 is the new 2016” circule sur TikTok et Instagram depuis fin 2025 et a commencé à être largement partagé au début de 2026, comme un clin d’œil nostalgique aux codes culturels du milieu des années 2010.
La tendance ne s’arrête pas aux vêtements ou à la musique. Elle touche aussi notre façon de regarder et de créer les images. Les feeds instagram prennent des airs de retour vers le passé : grain sur les photos, filtres pastel, selfie au flash frontal.
Mais derrière cette vague esthétique, quelque chose de plus profond apparaît : un besoin de revenir à une période perçue comme plus simple, plus lente, moins saturée d’algorithmes.
Quand la photo reprend son temps...
Aujourd’hui, on prend dix fois la même photo “au cas où”. Je ne sais pas vous, mais ma galerie frôle les 30 000 clichés (oui, le tri attend toujours).
Face aux milliers d’images stockées dans nos téléphones et la facilité avec laquelle on prend des photos, l’argentique impose un cadre : le coût de la pellicule et du développement, et surtout, l’incertitude du résultat.
36 poses. Pas une de plus. On réfléchit avant d’appuyer. On accepte le flou. On attend le développement.
Pour la génération qui a grandi avec Instagram et les filtres numériques, le grain et les couleurs légèrement délavées des clichés argentiques ne sont pas des défauts, mais des marqueurs d’authenticité et de caractère.
C’est l’opposé de la retouche infinie, offrant une matérialité et une texture que le numérique peine à reproduire, même avec des applications sophistiquées.
.....et que la technologie revisite le passé
Les fabricants de pellicules, comme Kodak ou FujiFilm, connaissent un regain d’intérêt spectaculaire. Les appareils photo instantanés réapparaissent dans les soirées, les festivals et les voyages, non seulement pour leur look « vintage », mais aussi pour leur capacité à capturer l’ambiance brute et spontanée que l’on associe à la période pré-saturée des réseaux sociaux.
Et puis il y a les hybrides nouvelle génération, comme l’Instax Mini Evo : à la fois appareil instantané, imprimante pour smartphone et caméra vidéo. Cet objet mêle technologie et esthétique rétro, presque comme si deux époques s’étaient glissées dans le même appareil.
Sa particularité tient aussi à son sélecteur de filtres inspirés d’autres temps. On peut y voir une petite machine à voyager dans le passé, version poche.
Plus qu’une simple tendance vintage ?
La musique avait déjà ouvert la voie avec le retour du vinyle. La photo, à son tour, suit le mouvement.
Ce retour ne se résume pas à une mode vintage. Il raconte surtout l’envie de toucher les images, de prendre le temps d’attendre et d’accepter que certaines photos ne soient pas parfaites.
Peut-être que la simplicité du smartphone a rendu le geste photographique presque invisible. L’argentique, lui, réintroduit une forme de résistance : on ne peut pas tout contrôler.
Peut-être qu’en 2026, on ne cherche pas seulement à ressembler à 2016. On cherche surtout à retrouver ce petit frisson qui accompagnait autrefois le moment de déclencher… comme si chaque photo comptait un peu plus.
2016 chez Graine de Photographe
Chez Graine de Photographe, la nostalgie nous a aussi rattrapés. Alors on a fouillé dans nos archives et ressorti quelques articles publiés en 2016. Une petite capsule temporelle qui montre comment on parlait photo à l’époque… et qui, finalement, résonne encore pas mal aujourd’hui.
Pour prolonger ce petit voyage dans le temps, voici trois articles à (re)découvrir :
- Les photos minimalistes d’Adrien Leyronas
- Liberté, érotisme et tranquillité : les nus de Chill
- Space Ram, l’architecture new-yorkaise ultra colorée de Ramzy Masri




























































