Photographe française installée depuis plus de dix ans dans le Pacifique, Hélène Havard s’est d’abord fait connaître pour son travail de photographie de mariage, qu’elle réalisait avec son mari, entre la France et la Polynésie française. Formée à la photographie à Paris, elle développe en parallèle un univers artistique singulier, profondément marqué par le cinéma, les atmosphères pastel et les récits suspendus. Cette double pratique, à la fois ancrée dans le réel et tournée vers l’onirisme, a façonné un regard sensible, où réalité et imaginaire se rejoignent.
Avec End of the Road, Hélène Havard signe une série mélancolique réalisée au cœur de l’Ouest américain. Ses images dévoilent une Amérique silencieuse où les routes désertes, les motels oubliés et les paysages infinis semblent baignés dans un rêve. Un voyage visuel où le réel s’efface doucement pour laisser place à une poésie de l’entre-deux.
La photographie comme exploration intérieure
Plus qu’un simple voyage, End of the Road est une traversée intérieure. Hélène Havard y interroge notre rapport aux lieux abandonnés, mais aussi notre fascination pour la fin des choses : fin d’un voyage, fin d’une route, fin d’un monde tel qu’on l’imaginait.
Cette série prolonge son attrait pour les espaces vides, les lieux oubliés, déjà présents dans ses travaux réalisés à Cuba ou dans le Pacifique, où elle cherche toujours cette frontière trouble entre présence et absence. Chez elle, l’image n’est jamais seulement descriptive : elle devient un territoire d’émotion, de projection et de fiction.
Une esthétique pastel entre poésie et solitude
La signature visuelle d’Hélène Havard repose en grande partie sur sa palette de couleurs douces, immédiatement reconnaissable. Tons rosés, bleus pâles, nuances délavées : ses images adoptent une esthétique pastel qui donne à l’Ouest américain une atmosphère particulière.
Ce choix visuel contribue à atténuer la rudesse des lieux et à mettre en valeur l’usure du paysage. Les scènes semblent légèrement en suspens, comme si elles appartenaient à un temps ralenti. Sous ces teintes apaisées, la solitude des espaces devient plus lisible, presque apaisante.
Une Amérique qui se regarde autrement
En détournant l’iconographie classique du road trip, Hélène Havard nous invite à repenser notre vision de l’Ouest américain : non plus comme un territoire de conquête, mais comme un espace de mémoire.
Un espace où l’on avance lentement, où chaque arrêt devient une parenthèse, où la fin de la route n’est pas une limite mais une invitation.
Dans un monde saturé d’images, End of the Road offre une pause, un souffle, un territoire suspendu.
Un regard singulier, une artiste à suivre
Avec End of the Road, Hélène Havard confirme une écriture photographique rare, profondément narrative, nourrie par le cinéma.
Son travail explore la frontière entre réel et imaginaire avec une délicatesse qui lui est propre. Certaines de ses images, aujourd’hui utilisées comme couvertures de romans à travers le monde, témoignent de cette capacité à créer des univers visuels chargés d’atmosphère et de récit.











