Sébastien Tixier est un photographe français vivant à Paris. Passionné par le photo-reportage, Sébastien Tixier livre dans la série Allanngorpoq un véritable travail documentaire sur ce pays en pleine mutation. Son voyage entre 67° et 77° parallèle entreprit en 2013 concrétise 18 mois de préparation (documentation, prise de contacts, apprentissage de la langue) et d’immersion totale au Groenland.

 

Photo : Sebastien Tixier
Photo : Sébastien Tixier

Premièrement, comment décririez-vous le Groenland à des personnes qui ne sont pas du tout familières avec ce grand pays ? Quel a été le principal intérêt de réaliser ce travail photographique ? 

Je pense que c’est précisément là toute la difficulté. Le Groenland combine à la fois des projections fantasmées occidentales, son histoire réelle, et sa réalité actuelle. Le pays vit de profonds changements avec la rencontre de sa culture Inuit traditionnelle et l’influence de plus en plus marquée de la culture dite « occidentale ». Et en son sein même, les différences ne sont pas les mêmes entre la partie Sud plus occidentalisée, et le Nord où les traditions de chasse aux mammifères marins ont encore lieu.
Ce sont tous ces contrastes et ces changements qui ont motivé mon travail. Au cours de l’année et demie de préparation qui a précédé le voyage lui-même, je me suis rendu compte avec mes recherches que ce qui me fascinait dans le pays allait bien plus loin que la simple anticipation de paysages blancs et épurés. Ne serait-ce que parce que ces paysages blancs et épurés ne sont pas du tout une réalité sur l’ensemble du territoire. Le titre de la série, « Allanngorpoq », peut être traduit par « se transformer » en Inuit Groenlandais. C’est pour moi ce qui caractérise le plus le pays actuellement.
Photo : Sebastien Tixier
Photo : Sébastien Tixier

Quel matériel photographique avez-vous utilisé pendant ce voyage ? Vos paysages sont réalisés au grand angle montrant alors toute l’étendue du paysage associé à une certaine solitude humaine. Était-ce le but ?


Le travail est réalisé avec un appareil moyen format argentique, le Mamiya RZ 67, avec deux focales (une « normale » et une plus grand angle). Le film utilisé est essentiellement de la Fuji Pro à contraste faible, et un peu de Kodak Portra. En réalité, à quelques exceptions près, la majorité de ces photos sont réalisées avec l’objectif 110mm (équivalent 50-55mm).
Si les personnages y apparaissent souvent « en petit », c’est parce que je me tiens d’autant plus loin ! Indépendamment de la technique utilisée, il y a effectivement une volonté de jouer sur le rapport de l’humain dans son environnement.  Je vaux pour montrer comment il se l’approprie et comment l’un et l’autre changent. Que ce soit perdu au milieu de l’immensité blanche de la banquise aux alentours de Qaanaaq, ou au contraire dans les méandres des structures des ports industriels d’Ilulissat.
Photo : Sebastien Tixier
Photo : Sébastien Tixier

Avez-vous des artistes ou photographes qui vous inspirent dans votre travail ? 

 

Comme tout le monde, mon travail est marqué par d’autres photographes dont j’admire le travail. J’aime le cadrage et les images de Nadav Kander, qui est sans doute une de mes plus grandes inspirations sur cette série même si les esthétiques sont très différentes. Je regarde continuellement des images et le travaux d’autres photographes connus ou inconnus, dans les magazines, sur internet, au grès de tumblrs… Toutes ces images m’influencent certainement directement ou indirectement.

Découvrez l’ensemble du travail de Sébastien Tixier sur son site internet et sur son Facebook.
Le travail Allanngorpoq est exposé du 25 Avril au 10 Juin à la galerie « Le 247 » à Paris.

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