Jérémie Villet, photographe animalier parcourt les territoires enneigés du Nord de la Terre avec son van pour se confronter à la faune sauvage. En 2019, il s’est vu récompenser du prix « d’étoile montante » lors du prestigieux concours Wildlife Photgrapher of the Year. À travers son livre « Première Neige », Jérémie nous dévoile ses clichés blancs, poudreux et sauvages résultant de six hivernages en solitaire. Il utilise la neige comme un moyen de retranscrire ses émotions et de révéler la pureté de la nature.

le photographe animalier des paradis blancs
©Jérémie Villet - Un pygargue à tête blanche en Alaska

Une union profonde avec la nature.

Lors de ces excursions solitaires, Jérémie Villet s’éloigne du monde des hommes pour se construire un monde imaginaire dans lequel il a une relation forte avec la nature. C’est au beau milieu de ces déserts blancs que le photographe se sent à sa place. Face à l’adversité, le jeune homme revient à l’essentiel et ne fait plus qu’un avec le milieu qui l’entoure.

Jérémie Villet, un être solitaire.

Durant ces voyages, il ressent le besoin de se couper totalement du reste du monde pour se sentir en phase avec son environnement. Faisant face à des conditions pas toujours faciles, le photographe a dû s’armer de courage pour traverser des blizzards et se confronter au regard animal. C’est à ce moment que la passion prend le dessus sur la solitude. Son inspiration déborde, ses sens s’accentuent et sa perception du monde change.

Des contrées lointaines et enneigées.

Pour photographier ces êtres majestueux, le jeune photographe s’est aventuré dans des contrées reculées et neigeuses du globe. Il a parcouru la Norvègel’Alaska, le Japon et encore le Canada. Loin d’être de tout repos, ses excursions sont longues et périlleuses. Lors de ces diverses expéditions, il fait preuve d’une résistance sans faille pour traverser les forêts austères et descendre les terres givrées avec son traîneau. Il n’a pas peur de se confronter au vent glacial, agrippé à sa toile de tente et à son matériel dans l’espoir de rencontrer la faune sauvage.

le photographe animalier des paradis blancs
©Jérémie Villet - Un renne sauvage en Norvège

Des rencontres inattendues.

Durant ces périples enneigés, Jérémie s’est souvent retrouvé seul confronté à lui-même. Ne se décourageant pas, il a su garder la tête froide loin de tout repère conventionnel. Faisant preuve d’une patience hors pair, il garde confiance en lui et à son projet lorsque les animaux tardent à sortir de leurs tanières. En effet, parfois, la rencontre n’est pas celle qu’il attend.

Tant avec les hommes qu’avec les animaux, il a été surpris par certaines rencontres bouleversantes. Lors de ces voyages, il est arrivé qu’il passe plusieurs mois en ne voyant pas plus de trois personnes. Néanmoins, il note la rencontre avec un ancien des forces spéciales américaines qu’il a rencontré au coin d’un petit bateau en direction du Cap Nord, une île au sommet de la Norvège. Le photographe a cohabité avec cet homme vivant caché en autonomie totale sur son île pendant un mois dans une cabane de pêcheur.

« Je croise souvent des gens qui ont des vies un peu folles, quelques fois ça me donne envie de vivre comme eux. »

Jérémie Villet – Interview avec Phototrend

La faune sauvage.

Lors de ces expéditions, il part à la quête d’animaux dans leur milieu naturel tel que les macareux noirs, les mouflons de Dall, les lièvres laineux, les rennes sauvages, les panthères des neiges et bien d’autres habitants de ces paradis blancs. Il capte un moment, un vol d’oiseau, le regard d’un renard roux. Pour capturer les instants uniques qu’il vit dans ces contrées neigeuses, Jérémie a dû apprendre à se faire oublier des animaux ou du moins être accepté parmi eux.

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©Jérémie Villet - Un coyote immortalisé au Canada
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©Jérémie Villet - Une martre des pins au Canada

Des photographies d’exception.

Jérémie tient au caractère authentique de ces photos. Bien que l’on pourrait croire que l’arrière-plan de ses photos a été supprimé par un logiciel de retoucheaucun élément n’a été ajouté ou retiré. Ses photographies reflètent donc la récompense de plusieurs hivers solitaires dans une réalité insoupçonnée.

« Je ne retouche jamais mes photos. Je n’aimerais pas aller dans de beaux endroits et en faire de mauvaises photos qui auraient besoin d’être retouchées. Du coup, je reviens rarement d’un voyage avec plus de dix bonnes photos. »

Jérémie Villet – Interview avec Phototrend

Jérémie Villet révèle la réalité paradoxale de la nature

Jérémie tente d’exposer sa fascination pour la nature sauvage à travers ces clichés blancs. Lors de ses voyages en Scandinavie, il a pu remarquer le fort contraste de cet environnement à la fois accueillant et hostile. Ce paradoxe lié au cycle de nuit total en hiver provoque des extrêmes dans les attitudes de ses habitants. L’opposition entre le caractère rude du climat froid dans ces endroits retirés et la beauté spectaculaire de la neige et des aurores boréales se déployant la nuit dans le ciel fait passer le photographe par tous ses sens.

Le livre de Jérémie Villet « Première Neige » est le reflet de six hivernages en solitaire dans un monde où l’imaginaire rejoint le réel128 pages de photographie qui donnent l’impression d’être dans la neige avec ces animaux.

le photographe animalier des paradis blancs
Le portrait du photographe Jéremie Villet

Jérémie Villet : Site – Instagram

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