Cet été, partez à la découverte des expositions photo près de chez vous.
Au programme : des rétrospectives d’artistes, des regards croisés sur le racisme et les discriminations, des photographies d’archives, des portraits de sociétés fermées et des séries intimistes, et bien d’autres encore.
Ce sont les derniers mois avant le début du Bicentenaire de la Photographie, qui s’ouvrira officiellement en septembre 2026, mais en attendant, les galeries, musées et espaces publics ont de quoi occuper tout l’été. De Paris à Lyon, de Toulouse à Bordeaux, en passant par Aix-en-Provence, les rendez-vous ne manquent pas.
Les expositions photo
The Passenger - Sebastien J.Zanella
À Paris, la galerie Polka accueille jusqu’au 25 juillet The Passenger, première exposition de la galerie consacrée à Sébastien J. Zanella.
Né d’un long voyage de la Turquie au Sahara, en passant par Hawaï et l’Amérique latine jusqu’aux Canaries où il vit, ce travail s’éloigne de toute ambition documentaire : paysages traversés, présences furtives, lumières mouvantes composent un récit où l’expérience du regard prime sur l’affirmation. « Plus je perdais mes illusions, plus je me sentais appartenir au vivant », écrit l’artiste.
Entrée libre.
Lieu : Polka Galerie, Paris 3e.
Hakanai Sonzai - Pierre-Elie de Pibrac
À Toulouse, la galerie Le Château d’Eau accueille jusqu’au 30 août Hakanai Sonzai, une exposition de Pierre-Elie de Pibrac.
Le titre signifie « je me sens moi-même une créature éphémère ». Au Japon, le photographe va à la rencontre de yakuzas, rescapés de Fukushima, hikikomori et « évaporés », saisis à la chambre dans des portraits longuement construits où chacun livre sa fragilité.
L’exposition mêle grands formats couleur et noir et blanc inspirés de l’Ukiyo-e, autour du concept japonais de mono no aware, la sensibilité à l’impermanence des choses.
Lieu : Galerie le Château d’Eau, Toulouse.
Aux origines - Regards croisés sur le racisme et les discriminations
À Paris, le Palais de la Porte Dorée accueille jusqu’au 23 août Aux origines. Regards croisés sur le racisme et les discriminations, une exposition collective réunissant une quarantaine d’artistes contemporains, dont Kara Walker, Roméo Mivekannin et Angélica Dass.
Le parcours met en dialogue des œuvres d’art et des travaux scientifiques (INED, Défenseur des droits, projet européen UNDETERRED) pour interroger comment l’esclavage et la colonisation ont façonné des manières de voir encore actives aujourd’hui, à travers l’école, le logement, l’emploi ou les contrôles policiers, tout en donnant à voir des formes de résistance et de réappropriation.
Commissariat : Farah Clémentine Dramani-Issifou.
Tarif plein 16€, réduit 13€.
Lieu : Palais de la Porte Dorée, Paris 12e.
NUL SOLEIL. MAIS LE FEU - Alain Willaume
Jusqu’au 5 septembre, Alain Willaume présente sa série photographique NUL SOLEIL. MAIS LE FEU à Simultania Pôle de photographie de Strasbourg.
Cette série est née durant sa résidence à la Villa Kujoyama à kyoto durant l’hivers 2024. Un travail réalisé au coeur d’une contré où « nul soleil ne luit ». Une oeuvre faite d’images énigmatiques qui font le récit de la tension et de la vulnérabilité d’un Japon « sans soleil » au 21e siècle.
Le photographe sera également présent aux Rencontres d’Arles, du 6 au 11 juillet, dans l’ancien bâtiment de l’École Nationale Supérieure de la Photographie, en compagnie de Yohanne Lamoulère.
Lieu : Simultania Pôle de photographie, Strasbourg.
Retrospective - Camille Vivier
Jusqu’au 13 septembre, la MEP à Paris accueille la première rétrospective consacrée à Camille Vivier.
Depuis vingt-cinq ans, l’artiste développe une pratique à la croisée de la photographie d’auteure et de la photographie de mode, centrée sur le corps et la nature morte. Ses modèles, souvent des bodybuildeuses comme Sophie, Tjiki ou Deborah, dialoguent dans des mises en scène énigmatiques avec des objets anthropomorphes, des sculptures monumentales aux décors biomécaniques imaginés par H.R. Giger pour Alien.
Le parcours réunit une dizaine de séries et près d’une centaine d’œuvres, tirages argentiques, numériques et Polaroïds.
Commissariat : Victoria Arescheva.
Lieu : MEP, Paris 4e.
Une vie - Madeleine de Sinéty
Le Jeu de Paume accueille l’exposition Une vie de Madeleine de Sinéty, jusqu’au 27 septembre 2026 à Paris.
Première rétrospective consacrée à Madeleine de Sinéty, l’exposition met en avant plusieurs de ses séries photographiques totalement inédites, dont l’œuvre a été peu montrée de son vivant.
Une exposition qui entremêle ses allers-retours quotidiens entre la France et les États-Unis, en documentant Une vie dont elle est témoin. Guidée par une soif de mémoire, elle capture les coutumes, gestes, lieux, pratiques, dont beaucoup ont été amenés à disparaître, tentant d’en garder le souvenir.
Lieu : Jeu de Paume, Paris 1
Corée du Nord - Stephan Gladieu
La Corée du Nord est l’une des dictatures les plus fermées au monde. C’est dans ce pays sous contrôle absolu que le photographe Stéphan Gladieu s’est rendu cinq fois entre 2017 et 2020, pour réaliser la série de portraits que présente le musée des Confluences à Lyon jusqu’au 2 janvier 2028.
Autorisé mais accompagné en permanence, il recrée, avec son studio photographique mobile, un espace de liberté en jouant avec les arrière-plans et les codes de la propagande : du salon de coiffure à la patinoire, de l’usine à la rizière, une quarantaine de portraits ouvrent autant de fenêtres sur la vie quotidienne nord-coréenne.
La mise en scène, soigneusement étudiée, offre une approche humaniste d’individus habituellement fondus dans le collectif. Le travail sur les couleurs et la répétition des poses interrogent la frontière entre réalité et représentation, entre identités propres et apparences codifiées.
Lieu : musée des Confluences, Petite galerie, Lyon.
L'Espace entre nous - Collection du Wilson Centre for Photography
A l’occasion du Bicentenaire de la photographie, Le BAL ouvre ses portes jusqu’au 3 janvier 2027 à la première exposition de la collection Wilson Centre for Photography, constitué par Michael et Jane Wilson.
L’exposition met en valeur 120 tirages d’archives qui interrogent le lien qui unit le photographe et son sujet au moment de la prise de vue. Chaque image pose la même question : que révèle la prise de vue de la relation entre ces deux corps, de leur complicité, de leur face-à-face, du pacte silencieux scellé par le regard ?
Lieu : LE BAL ,Paris 18
Photographe, 1963-64 : Eyes of the Storm - Paul McCartney
Du 4 juillet au 3 janvier 2027, le musée Granet d’Aix-en-Provence présente pour la première fois en France, une exposition des photographies du célèbre musicien du groupe les Beatles, Paul McCartney.
250 clichés pris entre 1963 et 1964 retracent une période intense dans l’ascension des Beatles sur la scène internationale. Des images qui révèlent les backstages de la tournée, de l’Europe aux États-Unis : les coulisses des concerts, les chambres d’hôtel, l’agitation des foules. Un regard intime et rare, celui d’un membre du groupe sur sa propre vie, au cœur de la tempête.
Lieu : Musée Granet, Aix-en-Provence
Art de vivre - Martin Parr
Dans les jardins de la Cité du Vin, à Bordeaux, les photographies de Martin Parr s’exposent jusqu’au 20 septembre en plein air, au fil d’un parcours appelé Art de Vivre.
Martin Parr a immortalisé pendant près de 40 ans des moments de convivialité : fêtes, réceptions, repas partagés, célébrations collectives.
À travers une sélection de clichés réalisés entre 1988 et 2023, principalement à Bristol et en France, le parcours capte l’énergie des rassemblements populaires et des instants de convivialité, avec ce regard à la fois ironique et bienveillant qui fait la singularité de son œuvre.
L’exposition comprend également la série Flowers (1999), consacrée aux fleurs dans l’espace public, au premier plan sur fond de fragments de vie quotidienne.
Lieu : Jardins de la Cité du Vin, Bordeaux.
Sur la pointe des pieds - Noémie Lecampion
Avec Sur la pointe des pieds, la photographe documentaire Noémie Lecampion s’intéresse aux adultes porteurs de troubles du spectre autistique, souvent diagnostiqués tardivement. L’exposition est à découvrir jusqu’au 20 août à la Mairie du 10e.
À travers le quotidien de sujets âgés de 20 à 60 ans, ses photographies argentiques, frontales et sans mise en scène, donnent à voir la réalité de ce handicap invisible. Chacun choisit lui-même le moment de la prise de vue grâce à une poire de déclenchement, restant ainsi maître de son image.
Fruit d’un travail de plusieurs années, la série souligne la singularité des parcours tout en faisant émerger un discours commun, loin des clichés.
Lieu : Mairie du 10e, Paris.
La photographie en toutes lettres - Exposition Collective
Également présentée à la Maison Européenne de la Photographie, l’exposition La photographie en toutes lettres est à découvrir jusqu’au 13 septembre 2026. Elle réunit 36 artistes issu(es) de la Collection d’entreprise Neuflize OBC et des collections de la MEP.
Construite autour de l’image d’un abécédaire accessible au public, l’exposition cherche à croiser les regards entre l’ensemble des œuvres, loin de toute histoire linéaire. Chaque lettre devient un mot, chaque mot convoque un ensemble d’œuvres qui conversent entre elles.
Lieu : La MEP, Paris 4
Ce que vous pouvez encore voir de nos agendas précédents
- Fragilités et Résiliences de Thibault Gerbaldi – Jardin du Luxembourg, Paris 6 (jusqu’au 19 juillet)
- Instants Polaroid d’Alain Guillemaud – Les Archives municipales de Lyon. (jusqu’au 11 juillet)
- Rétrospective de Lee Miller – Le Musée d’Art Moderne, Paris 16. (jusqu’au 2 août)
- Les Grands Âges de Nikos Aliagas – Le Musée de l’Homme, Paris 16.
- Robert Capa – Photographe de Guerre, Musée de la Libération de Paris Paris 14e.
- Marthe Lazarus, Studio de Mémoire Magnétique,Paris 15
- Umbrales, Une poétique de l’image de Javier Silva Meinel à la Maison de l’Amérique latine, Paris 7e. (jusqu’au 25 juillet)
- Eboro de Nuits Balnéaires à la Fondation Henri Cartier-Bresson, Paris 3e.
- Diseños habitados de Chema Madoz & Helena Almeida à la Galerie Le Château d’Eau, Toulouse. (jusqu’au 23 août)
- Watching TV de Olivier Culmann au Pont Saint-Ange, Paris 10e. (jusqu’au 24 juillet)
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