Svetlin Yosifov vous amène dans un voyage hors du commun au sein de la tribu Mursi en Ethiopie. Des photos en noirs et blanc ou aux couleurs chaudes, faites face à des clichés sensationnels.

Au delà des photos, graine de photographe a souhaité en apprendre plus sur l’artiste et son travail.

Amateurs et amatrices de photos, nous avons aujourd’hui le plaisir de vous présentez en exclusivité l’interview de Svetlin Yosifov.

 

Mundari child South Sudan ©Svetlin Yosifov

Pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Svetlin Yosifov et je suis né en août 1970 en Bulgarie. Cela fait 25 ans que la photographie est une passion et un mode de vie.

J’ai commencé la photographie en capturant des paysages, des natures mortes et des sports.

Au fil du temps, j’ai découvert ma passion pour les portraits de rue, que je pratique encore aujourd’hui. Et c’est en 2018 que je participe avec succès à des concours de photographie mondiaux. J’ai été publié dans des dizaines de magazines et sélectionné sur de nombreux sites.

Comment décririez-vous votre style ?

Concernant le style, ma philosophie est que chacun doit s’orienter et sentir par sois-même le style sur lequel il se concentrera.

Personne n’achète un appareil photo en ayant son style de photo en tête. Pour moi ça a nécessité beaucoup de pratique et de prises de vue, ainsi que d’innombrables frustrations. J’ai cherché mon style pendant plusieurs années avant de le découvrir. Mon cœur s’est mis à battre la chamade devant un magnifique portrait en noir et blanc d’une jeune fille africaine ; par exemple. J’ai été envahi par l’émotion d’un contact étroit avec les gens des tribus africaines ; et fasciné par leurs traditions et leurs rituels. Les problèmes de leur vie ; inscrits sur leur visage et capturés par mon appareil photo, n’ont pas de prix pour moi. Les critiques eux, définissent mon style comme de la « photographie de voyage documentaire et artistique ».

Portait woman Mursi ©Svetlin Yosifov

Comment est venue cette passion pour la photo ; particulièrement pour ce type de photo ?

Je pense que l’endroit où j’ai grandi a eu le plus grand impact sur ma vie.

Les levers et couchers de soleil sur la mer Noire sont incroyables. Si vous êtes au bon moment, au bon endroit, à côté du rivage silencieux, ou des vagues furieuses… C’est IRREMPLAÇABLE !

Par ailleurs, pendant des années j’ai travaillé dans un club sportif. J’ai eu l’occasion de photographier des athlètes dans les disciplines du ski ; du motocross et de la planche à voile. Progressivement j’ai commencé à réduire la distance avec l’objet et j’ai changé l’objectif tout en me rapprochant de leurs visages.

Puis soudainement j’ai comblé le vide que j’ai toujours ressenti en photographiant des paysages et d’autres genres.

La majorité de vos photos ont été prises en Éthiopie, pourquoi avoir choisi cette destination et pas une autre ?

En Éthiopie, ils sont l’une des rares tribus naturelles et réelles qui subsistent. Bientôt, cela va changer. Tout change  à un rythme rapide et malheureusement pas pour le mieux pour les tribus qui vivent dans l’isolement.

Les grandes entreprises s’emparent des terres de la vallée de l’Omo qui leur appartiennent et tout cela pour les Mursi, Karo, Surma, Hammer, Dassanech, Nyangatom… J’étais en Éthiopie deux années de suite 2018 et 2019.

En tant que photographe, les plus intéressants étaient les Mursi et les Suri avec leurs coutumes traditionnelles, comme la coupe des lèvres inférieures, l’enlèvement de la rangée inférieure des dents de devant, l’étirement des oreilles et le marquage du corps.

J’étais en Éthiopie deux années de suite 2018 et 2019.

En 2018 ; il faut savoir que même les enfants pouvaient porter des armes dans les réserves de la vallée de l’Omo.

En 2019, le gouvernement a lancé une campagne massive pour désarmer les habitants de la vallée de l’Omo. Ainsi ont pris fin les raids impunis entre les tribus et l’autodestruction. Ils sont toujours là dans la réserve humaine et sont à la limite de la survie ; ce qui constitue une destination photo intéressante pour moi.

Mursi child ©Svetlin Yosifov

Comment ça c’est passé votre première rencontre avec la tribu ?

Comment avez vous réussi à les convaincre de poser face à l’objectif ?

J’ai étudié les tribus en Éthiopie pendant un an.

Heureusement pour moi, je suis tombé sur le guide Fitretu Getachew de « Omo Valley Adventures » qui a compris exactement ce que je voulais voir et qui je voulais rencontrer. Mon premier voyage en Éthiopie a duré 20 jours et nous avons voyagé en moto. C’était incroyable et difficile. Pendant les randonnées, il y avait des moments très difficiles, car autour de la réserve de l’Omo, les routes sont en mauvais état. J’ai été très bien accueilli dans la tribu des Mursi. Nous y sommes restés plusieurs jours sous une tente. Tous les membres de la tribu étaient accueillants et voulaient que je les photographie. Les enfants me suivaient partout où j’allais.

Ces gens vivent très pauvrement et ce n’est pas un secret que les personnes qui les photographient doivent payer pour chaque photo. Ce n’était pas un problème pour eux car ils savaient qu’à la fin ils allaient pouvoir s’offrir de la nourriture.

En 2018-19, les albums « ETHIOPIAN TRIBES EXPEDITION 2018 » et « SECOND ETHIOPIAN TRIBES EXPEDITION 2019 » ont été publiés.

En 2021, il faut savoir aussi que j’ai fait un voyage prévu de longue date, mais difficile ; au Soudan du Sud auprès des tribus Mundari et Dinka.

J’ai encore eu de la chance et je veux profiter de cette occasion pour remercier les  gens de « Metro Safaris and Tours » South Sudan, pour leur professionnalisme et d’avoir toujours été a mes côtés dans les camps de bétail Mundari et Dinka. Grâce à ça , l’album « SOUTH SUDAN TRIBAL EXPEDITION 2021 » a été réalisé.

Parmi tout vos clichés lequel est votre préféré et pourquoi ? 

Je suis une personne très critique et exigeant sur mes photos. La photo « Femme Mursi » est l’une de mes photos mondialement reconnues. Elle a été publiée dans des dizaines de magazines et de galeries célèbres dans le monde entier. Elle a remporté de nombreux titres photographiques et m’a apporté beaucoup de joie. Si je devais choisir ce serait celle là.

Il y a de nombreux endroits sur terre où je veux aller. L’un de ces endroits est la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Ensuite je me dirigerai probablement vers l’Amérique latine, où il y a des tribus intéressantes.

 

Woman Mursi ©Svetlin Yosifov

 

 

 

©Sveltin Yosivof

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