Roberto Badin est un photographe d’origine brésilienne qui a posé ses valises à Biarritz en 2019. Depuis, il ne cesse de s’émerveiller de cette ville si vibrante l’été et captivante le reste de l’année. Le défi relevé par le photographe avec son projet Après l’été est de continuer de s’émerveiller de ces choses qui font notre quotidien, l’esthétique de l’ordinaire. Ces éléments que nous voyons tous les jours mais qu’on ne regarde plus vraiment. Ce rayon de soleil qui vient illuminer notre regard sur l’environnement urbain. Roberto transpose son sentiment pour Biarritz en images et le résultat est magnifique. Rues et plages désertées par les touristes, douce lumière de fin d’été, atmosphère fascinante, Après l’été dévoile Biarritz sous un nouveau jour.

Découvrez tout de suite notre interview exclusive. 

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Après l'été © Roberto Badin

Pouvez-vous nous en dire plus sur vous et votre parcours ? Comment avez-vous commencé la photographie ?

Je suis né à Rio de Janeiro au Brésil. J’ai eu la chance de savoir que je voulais être photographe depuis l’âge de 14 ans.

J’arrive en France à la fin des années 80. Je travaille d’abord comme photographe de mode au début de ma carrière. Je suis ensuite attiré par la nature-morte. Le reportage et l’architecture m’accompagnent également depuis mes débuts. Mes inspirations viennent essentiellement du cinéma, mais en vérité, l’inspiration vient de partout. L’important est de rester toujours curieux.

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur "Après l'été » ? D'où vous est venue l'idée et l'envie de réaliser ce projet photographique ?

Après le succès de mon premier livre Inside Japan, avec près de 1000 exemplaires vendus et 9 expositions à travers la France, dont une présentation au Festival International de la Photographie à Arles et l’invitation du Musée des Arts Asiatiques de Nice; j’ai pris un peu de temps pour réaliser un nouveau projet. En plus, l’ambiance surréaliste des villes vidées de leurs habitants pendant le confinement provoquait une fausse impression qui m’a empêché de continuer à photographier à cette époque.

Contrairement à un voyage où nous arrivons dans un endroit dont le regard est vierge, arpenter les rues autour de chez soi devient un défi. Se confronter quotidiennement aux mêmes détails et aux mêmes ambiances pourrait paraître presque trop banal pour être intéressant ou pour attirer le regard. C’est justement ce challenge qui m’a séduit : la simplicité des choses, la fascinante esthétique de l’ordinaire de tous les jours. Ce qui m’a intéressé dans ce projet est d’attirer l’attention aux détails du quotidien. Ce que Georges Perec disait être “l’infra ordinaire”.

Après l’été est un projet dont le seul objectif est de relater les émotions que ma nouvelle vie me procure sans l’ambition de raconter une autre histoire que celle que chacun peut se faire en regardant les photos. La sujet de ce projet n’est pas exactement le vide, mais plutôt ce qu’il y a autour et à l’intérieur. Il s’agit d’observer un fragment de la réalité telle que je la vois et que je la ressens afin de partager cette magie révélatrice qui consiste à interroger l’habituel. Après L’été est mon deuxième livre.

Biarritz après l'été Roberto Badin
Après l'été © Roberto Badin

Quel matériel utilisez-vous pour photographier ?

Pour ce projet précisément, j’ai travaillé avec un Canon 5DS et parfois l’iPhone. En ce qui concerne mes commandes publicitaires, je travaille avec le Phase One ou le Fuji GFX II, cela dépend du projet, parfois le Canon R5.

Un regard poétique et tendre à l'égard du pays Basque se dégage de vos images. Que ressentiez-vous lors de vos prises de vue de ces lieux désertés par les vacanciers ?

Quand on a grandi face à la mer, le sentiment océanique ne nous quitte jamais. Je me suis installé à Biarritz en 2019. J’ai été saisi par la lumière et les changements d’atmosphère hors saison qui se sont révélés d’une émotion si puissante, que j’ai ressenti le besoin de la retranscrire en image. En plus, ici l’océan et la montagne me rappellent un peu Rio, où je suis né.

Y a -t-il une photo parmi votre série qui vous tient le plus à coeur ? Si oui pour quelle(s) raison(s) ?

Chaque image me rappelle un moment précis, et pour la plupart, découvrir certaines attitudes des personnages à l’intérieur des images était devenu un plaisir quotidien en rentrant d’une journée de prise de vues.

J’ai travaillé comme en argentique, c’est à dire, je ne regardais pas le résultat de mes photos pendant les prises de vues, mais uniquement en rentrant à la maison en fin de journée. Parfois même, j’attendais que les cartes soient pleines avant de les décharger. Cela me permettait d’avoir une certaine distance, comme celle à l’époque où on attendait le dév des films au labo.

Cette démarche permet aussi de redécouvrir les images, une sorte de 2e lecture. Voilà pourquoi je propose le projet d’accrochage avec des tirages au format 13×20, comme des petites fenêtres qui obligent le spectateur à s’approcher des images pour voir certains détails que moi même j’ai découvert lors de l’apparition de l’image à l’écran.

Je pense par exemple à l’image nommée “Ne pleure pas!” dans la double page 134 -135. Il y a une émotion toute particulière qui se dégage, alors que je ne sais pas si le personnage pleure ou pas. J’aime laisser l’interprétation à chacun.
En tous cas, c’est une de mes images préférées du livre Après L’été.

Biarritz après l'été photographe roberto badin
"Ne pleure pas !", Après l'été © Roberto Badin

Après l'été de Roberto Badin publié par 37.2

couverture livre après l'été Roberto Badin

Après un précédent livre photo a succès, Inside Japan, Roberto Badin réalise Après l’été, un livre photo publié aux éditions 37.2 en mars 2023 et a retrouvé directement sur le site web du photographe. Roberto Badin expose également ses images du 6 au 12 novembre 2023 à la Galerie Joseph à Paris. Vous y retrouverez notamment la photographie nommée « Ne pleure pas! ».

Le photographe Roberto Badin
Le photographe Roberto Badin

Roberto Badin : SiteInstagram

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