En noir et blanc, Troy Colby nous fait entrer dans l’intimité de sa relation paternelle.

Troy Colby est né en 1975 dans le Kansas rural et vit actuellement à Lawrence. Son travail et ses recherches explorent le délicat équilibre de la famille et de la paternité. Aujourd’hui père de 4 enfants, Troy photographie sa propre famille en vue de comprendre les qualités émotionnelles qui se développent avec la paternité.
La photographie est alors devenue son moyen de compréhension par lequel il créer en même temps sa propre interprétation de l’album de famille idéal à travers de touchants portraits en noir et blanc.

La fragilité de la paternité par Troy Colby
©Troy Colby

Comment avez-vous débuter la photographie ?

Je suis tombé amoureux de la photographie dans la fin des années 80 alors que j’étais un ado fou de skateboard. En prenant du recul, j’ai réévalué mes priorités dans la vie. J’ai choisi de retourner à l’école afin d’apprendre le montage vidéo. C’est ainsi que j’ai eu l’opportunité d’utiliser un 35mm lors d’un travail, je me rappelle encore à quel point j’ai tout de suite adoré la photographie. J’ai donc décidé de suivre quelques cours de photo et des années plus tard, j’ai obtenu mon MFA (Master of Fine Art) en photographie.

La fragilité de la paternité par Troy Colby
©Troy Colby

Qu’est-ce qui vous a amené à ce projet ? Aviez-vous au départ  une idée précise de celui-ci ?

Ce projet est venu de manière organique. Nous venions tout juste de déménager de l’autre côté de l’Etat et je perdais alors les paysages ruraux reculés qui composaient une grande partie de mes précédents travaux. En cherchant à comprendre ma connexion et ma relation à ce nouvel environnement, j’ai remarqué les difficultés auxquelles mon plus jeune fils faisait face. J’ai pris quelques images et avant même de le savoir, une série était née autours de ses migraines. Depuis lors, il y a presque 4 ans déjà, cela s’est mêlé à mon rôle de père
Ce travail montre également l’immobilité et les luttes de la vie domestique. Le temps nous dira comme tout cela fonctionne ensemble, mais je vois mes derniers travaux comme une continuation de chacun. Peut-être qu’un jour tout cela finira en un seul gros livre ?

La fragilité de la paternité par Troy Colby
©Troy Colby

Quelle est pour vous votre relation entre famille et photographie ?

Il est devenu difficile pour moi de séparer les deux, particulièrement lorsqu’il s’agit de partager mon travail. C’est très personnel et en même temps je sens que j’ouvre les portes de notre vie privée dans une certaine mesure et ce, bien que chacune photo est uniquement l’instantané d’un moment. Photographier ma famille est un combat car lorsque je les photographie je me sens extérieur d’un point de vue de la compréhension. C’est devenu une manière de faire face à mes démons. Je sens que la photographie me permet finalement d’être un meilleur père et un meilleur mari.

La fragilité de la paternité par Troy Colby
©Troy Colby

Diriez-vous que travailler avec votre fils a eu un impact sur votre relation avec lui ?

Effectivement. Je me suis rendu compte que je suis devenu plus patient envers tout le monde à la maison. Je pense que cela à voir avec le fait d’être attentif et la recherche de quiétude dans une famille qui bouge et change constamment. C’est mon plus jeune et probablement dernier enfant. J’espère que nous pourrons chérir ces moments en vieillissant.

La fragilité de la paternité par Troy Colby
©Troy Colby

Troy Colby : Site – Instagram

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