Avril 2026 marque le plein cœur du printemps, la saison idéale pour s’accorder une sortie culturelle à Paris et ailleurs. Les beaux jours rallongent, et avec eux l’envie de pousser les portes des galeries photo et des musées pour s’imprégner d’univers qui sortent du quotidien.

Ce mois-ci, la programmation photographique est particulièrement riche : grandes rétrospectives parisiennes avec Lee Miller et Sebastião Salgado, expositions engagées sur le climat ou la mémoire familiale, événements gratuits en régions, il y en a pour tous les regards et toutes les sensibilités.

Découvrez notre sélection d’expositions et événements photo près de chez vous en avril 2026.

Les expositions photo

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Chaîne Brooks, refuge national de la vie sauvage de l'Arctique, Alaska, Etats-Unis, 2009, série "Genesis" © Sebastião Salgado

Hommage à Sebastião Salgado

Jusqu’au 30 mai 2026, la Salle Saint-Jean de l’Hôtel de Ville de Paris rend hommage à Sebastião Salgado, photographe brésilien disparu en mai 2025 à l’âge de 81 ans. Conçue par Lélia Wanick Salgado, cette exposition réunit près de 200 œuvres qui retracent les grandes séries ayant marqué une carrière hors du commun : des réfugiés éthiopiens aux paysages vierges d’Amazônia, des travailleurs de Workers aux territoires préservés de Genesis.

À travers ces images en noir et blanc, nous traversons un demi-siècle d’engagement : celui d’un homme qui n’a jamais dissocié l’objectif de la conscience.

Le parcours s’achève sur une note inattendue : les œuvres de Rodrigo Salgado, fils du photographe, né avec la trisomie 21 et peintre depuis l’enfance. Ses oeuvres, sensibles et intimes, referment l’exposition comme on ouvre un nouveau chapitre, avec la conviction que l’histoire continue.

L’exposition est gratuite, sur réservation, du mardi au samedi de 10h à 18h30.

Lieu : Salle Saint-Jean de l’Hôtel de Ville de Paris 1

Lignes de fuite - Guillaume Lavrut

La galerie Polka, à Paris, présente le travail de Guillaume Lavrut jusqu’au 16 mai 2026. Lignes de fuite rassemble des photographies prises dans des lieux du quotidien : cours de tennis, jardins, escaliers, carrosseries de voitures, transformés par un sens aigu de la composition et de la couleur.

Pas de mise en scène, pas d’artifice : Lavrut saisit ce qui est déjà là, ces petits détails que personne ne remarque vraiment. Angles, lumières, géométries, tout devient matière à image. Le résultat est troublant : une Paris minimaliste, presque trop propre, trop calme, comme un Truman Show à la française. Une belle invitation à regarder la ville comme pour la première fois.

L’exposition est gratuite, du mardi au samedi.

Lieu : Polka Galerie, Paris 3

Tirage pigmentaire sur papier baryté. Signé et numéroté.
Jardin des Tuileries I. © Guillaume Lavrut
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Accident ©Alain Guillemaud

Instants Polaroid - Alain Guillemaud

Les Archives municipales de Lyon se transforment en galerie le temps d’une exposition dédiée à Alain Guillemaud, visible jusqu’au 11 juillet 2026. Instants Polaroid réunit des tirages originaux réalisés au fil des années : publicités, scènes urbaines, natures mortes, lieux abandonnés. Des images marquées par le bleu, couleur de prédilection de l’artiste, et par les imperfections propres au procédé instantané, ces petits accidents qui font le charme du Polaroid.

Le parcours s’achève sur une invitation à faire : des ateliers Polaroid animés par Alain Guillemaud lui-même sont organisés tout au long de l’exposition, pour repartir avec ses propres instants entre les mains.

L’exposition est gratuite, sans réservation, du lundi au samedi.

Lieu : Archives municipales de Lyon 

Rétrospective - Lee Miller

C’est l’une des expositions à ne pas manquer ce printemps à Paris. Le Musée d’Art Moderne accueille une rétrospective consacrée à Lee Miller su 10 avril au 2 août 2026, la plus grande en France depuis vingt ans. Mannequin, artiste surréaliste, photographe de mode, correspondante de guerre : peu de parcours au XXe siècle auront été aussi intenses et aussi difficiles à mettre en une seule case.

Près de 250 tirages retracent une vie entière, de New York à Paris, du Caire aux champs de bataille européens. On y retrouve ses expérimentations avec Man Ray, ses portraits de l’avant-garde artistique, mais aussi ses reportages bouleversants sur la libération des camps de concentration, des images parmi les premières à révéler l’horreur au grand public.

Une exposition qui rend enfin à Lee Miller la place qu’elle mérite, celle d’une artiste à part entière.

Tarif plein : 17€ – tarif réduit : 15€ – gratuit pour les moins de 18 ans. Du mardi au dimanche de 10h à 18h, nocturne le jeudi jusqu’à 21h30.

Lieu : Le Musée d’Art Moderne, Paris

Lee Miller modèle avec ampoule, Vogue Studio, Londres vers 1953
Lee Miller modèle avec ampoule, Vogue Studio, Londres vers 1953 © Lee Miller Archives England 2026 All Rights Reserved
Donkey Pomfret, 2011 de la série The Bordelands tirage gélatino-argentique
Donkey Pomfret, 2011 de la série The Bordelands tirage gélatino-argentique © Jo Ractliffe. Courtesy Stevenson, Le Cap, Johannesburg , Amsterdam, 2026

En ces lieux - Jo Ractliffe

Peu connue en France, Jo Ractliffe mérite pourtant qu’on s’y attarde. Le Jeu de Paume lui consacre sa première grande exposition monographique en France jusqu’au 24 mai 2026. Née au Cap en 1961, cette photographe sud-africaine a passé des décennies à arpenter les paysages marqués par l’apartheid, les conflits angolais, les terres abandonnées de Namibie, des endroits que l’histoire a traversés de plein fouet.

Ses images ne cherchent pas à tout montrer. Elles suggèrent, laissent des silences, invitent à lire ce qui se cache sous la surface d’un paysage en apparence ordinaire.

Une belle occasion de découvrir une voix photographique forte, engagée.

Plein tarif : 14€ – tarif réduit : 9,50€ – 19-25 ans et étudiant·es (du mardi au vendredi) : 7,50€ – gratuit le dernier mardi du mois et pour les moins de 18 ans. Du mardi au dimanche de 11h à 19h, nocturne le jeudi jusqu’à 21h.

Lieu :Le Jeu de Paume, Paris 

En route : views from Atlanta and Marseille - Exposition collective

Jusqu’au 3 mai, la Friche la Belle de Mai à Marseille, accueille En route : views from Atlanta and Marseille jusqu’au 3 mai 2026. Cette exposition collective réunit quatre photographes qui ont traversé l’Atlantique dans les deux sens : certains partis découvrir Atlanta (Yohanne Lamoulère, Geoffroy Mathieu), d’autres venus poser leurs valises à Marseille (Joshua Dudley Greer, Nydia Blass), avec un seul outil en poche : leur appareil photo.

Le résultat est un dialogue inattendu entre deux métropoles du sud que tout semble opposer, et qui pourtant se ressemblent : même sens de l’identité locale, même histoire complexe, même énergie populaire. On y croise des fanfares de lycée, des trottoirs improvisés, des portraits d’adolescents, des paysages rocheux.

L’exposition est gratuite, tous les jours de 11h à 19h.

Lieu : La Friche la Belle de Mai, Marseille

En route : views from Atlanta and Marseille
© Yohanne Lamoulère, Joshua Dudley Greer, Geoffroy Mathieu, Nydia Blas
Women with Sleeping Children, Jordan, 2024 Tirage pigmentaire Signé, titré et numéroté.
Women with sleeping children, Jordan, 2024 © Nick Brandt

The Day May Break — Chapters One to Four - Nick Brandt

Toujours à la Galerie Polka à Paris, et jusqu’au 16 mai 2026, une autre exposition qui mérite le détour. Nick Brandt, connu pour ses portraits d’animaux sauvages africains photographiés aux côtés d’humains, présente ici son dernier chapitre : la Jordanie.

Dans ce pays marqué par la pénurie d’eau, il a rencontré des familles de réfugiés syriens contraintes de se déplacer plusieurs fois par an à la recherche de travail. Comme dans les volets précédents, humains et animaux partagent le même cadre, enveloppés d’une brume dense, symbole d’une crise climatique qui ne fait pas de distinction entre les espèces.

Des portraits sobres, qui mettent des visages sur ce que les chiffres du changement climatique ne parviennent pas à faire ressentir.

L’entrée est gratuite, du mardi au samedi.

Lieu : Polka Galerie, Paris 3

Les Grands Âges - Nikos Aliagas

On connaît Nikos Aliagas pour ses plateaux télé. C’est derrière un objectif qu’il se révèle autrement. Le Musée de l’Homme, au Trocadéro, lui consacre une exposition du 8 avril 2026 au 3 janvier 2027 : Les Grands Âges, une série de portraits en noir et blanc qui s’attarde sur les visages marqués par le temps, les gestes qui persistent, la dignité de ceux qu’on regarde trop peu.

Ce qui rend cette exposition singulière, c’est sa double lecture : les photographies de Nikos Aliagas dialoguent avec les travaux du biodémographe Samuel Pavard, spécialiste du vieillissement. Art et science, deux regards qui se complètent pour poser une question simple, mais essentielle : quelle place faisons-nous vraiment aux personnes âgées dans nos sociétés ?

Une belle sortie à Paris, aussi douce qu’elle donne à réfléchir.

Tarif : 15€ -tarif réduit : 12€ – gratuit pour les moins de 25 ans. Du mercredi au lundi de 11h à 19h, fermé le mardi.

Lieu : Le Musée de l’Homme, Paris 16

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Pas-vus-pas-pris.-Venise-Italie-2023-1920x1281 © Nikos Aliagas
Anne Desplantez & les enfants du Sarthé « Parce que. Ici. »
© Anne Desplantez & les enfants du Sarthé

Parce que. Ici. - Anne Desplantez & les enfants du Sarthé

À Toulouse, la galerie le Château d’Eau accueille jusqu’au 24 mai 2026 un projet humain et touchant. Pendant deux ans, la photographe Anne Desplantez a travaillé avec 29 enfants placés par l’aide sociale à l’enfance dans une maison d’enfants du Gers. Ensemble, ils ont créé Parce que. Ici., une série de photos qui raconte leur quotidien, leurs jeux, leurs corps en mouvement, leur façon bien à eux d’occuper l’espace.

Le résultat questionne en douceur un système souvent oublié : celui de l’enfance placée, de ces vies qui se construisent en marge, loin des regards. Chaque image porte l’empreinte de cette expérience collective, entre pudeur et franchise, entre l’intime et le politique.

Une exposition tendre et engagée, qui rappelle que la photographie peut aussi être un espace pour exister.

Tarif plein : 5€ – tarif réduit : 3€ – gratuit pour les moins de 5 ans. Du mercredi au dimanche de 11h à 18h.

Lieu : Le Château d’eau, Toulouse

Événements photo

Le mois de la photo - Bordeaux

Pendant le mois d’avril, Bordeaux se transforme en terrain de jeu pour les amateurs de photographie. Le Mois de la Photo investit la ville avec 34 expositions en accès libre, réparties dans les galeries, les lieux culturels et l’espace public : de Darwin à la Halle des Chartrons, des Jardins de la Cité du Vin aux places de quartier.

Plus de 100 photographes sont à l’affiche, avec des univers très différents : reportage, portrait, nature, architecture, photographie argentique… Il y en a pour tous les regards, et tout est gratuit.

Plus d’info sur les expositions et inaugurations ici : Ville de Bordeaux 

affiche mois de la photo à bordeaux

En Famille - 5ème édition du Prix Hip

Pour sa 5e édition, le Prix HiP (Histoires Photographiques) investit une nouvelle fois l’Espace Andrée Chedid, à l’occasion du Bicentenaire de la Photographie et du Printemps de la photographie. Du 2 avril au 13 mai 2026, cette nouvelle édition propose une exposition intitulée En Famille, réunissant les œuvres de quatre photographes francophones et deux projets inédits autour des relations familiales et de la mémoire.

Au programme : des autoportraits décalés du quotidien, un deuil silencieux traduit sur papier artisanal, un quartier alternatif belge photographié de l’intérieur, et des portraits de peuples arctiques menacés. Quatre regards très différents sur ce qui nous relie, ou nous échappe — au sein d’une famille.

Parmi les artistes invités, une photographe que vous connaissez peut-être déjà : Natalya Saprunova, formatrice chez Graine de Photographe, présente sa série Peuple Boréal. Un travail documentaire immersif au cœur des communautés arctiques menacées par la fonte du permafrost, conséquence du réchauffement climatique.

Entrée gratuite. Du lundi au vendredi de 8h30 à 19h, le samedi de 9h à 19h. Espace Andrée Chedid, Issy-les-Moulineaux

 

Ce que vous pouvez encore voir de nos agendas précédents