Juin 2026 est là, et avec lui une programmation qui donne envie de sortir jusqu’au bout de la nuit. Le mois s’ouvre avec Nuit Blanche le 6 juin à Paris ,25 ans de création contemporaine en accès libre dans toute la ville, sous le signe de l’amour.
Des centaines oeuvres photographiques de Javier Silva Meinel à la Maison de l’Amérique Latine, aux corps entrelacés de Sarah Salazar dans son premier livre Corps Raccords, des Raiponces contemporaines de Silvia Draz à Marseille aux voyages au Kurdistan documentés par huit photographes au Bleu du Ciel à Lyon, juin mêle les formats, les territoires et les sensibilités.
Découvrez notre sélection d’expositions et événements photo près de chez vous en juin 2026.
Les expositions photo
Rapunzel - Silvia Draz
À Marseille, la galerie FACES accueille jusqu’au 5 juillet, Rapunzel, une exposition solo de la photographe lituanienne Silvia Draz, présentée en partenariat avec WePresent.
Inspirée de portraits édouardiens de femmes aux chevelures non coupées, Draz les réinterprète à travers des portraits contemporains ancrés dans l’intime : des Raiponces d’aujourd’hui, photographiées sur pellicule, dans des décors urbains ordinaires qui contrastent avec leur présence presque féerique. Cheveux comme bouclier, mémoire ou héritage culturel, comme dans le conte, une part est vraie, une part tient du mythe.
En écho à l’exposition, l’artiste Gab Bois investit la façade de la galerie avec une installation temporaire prolongeant les motifs visuels de la série dans l’espace public.
Entrée libre.
Lieu : FACES, Marseille 7e.
Umbrales, Une poétique de l'image - Javier Silva Meinel
Jusqu’au 25 juillet 2026, la Maison de l’Amérique latine consacre une exposition rétrospective à Javier Silva Meinel, l’une des figures majeures de la photographie péruvienne et latino-américaine.
Placée sous le commissariat d’Alejandro León Cannock, Umbrales, Une poétique de l’image rassemble près d’une centaine d’œuvres : photographies argentiques, tirages digitaux contrecollés sur aluminium, boîtes lumineuses et wallpapers, pour la première fois présentés en France.
Depuis plus de quarante ans, Silva Meinel parcourt le Pérou, côtes du Pacifique, Andes, forêt amazonienne, à la recherche de ce qui échappe au visible. Masques, rituels, animaux, figures hybrides : ses images ne documentent pas, elles franchissent un seuil. Entre réel et surréel, elles interrogent les conditions mêmes de ce que la photographie peut montrer.
Entrée libre.
Lieu : Maison de l’Amérique latine, Paris 7e.
Les maux bleus - Maryna Brodovska
Jusqu’au 27 juin, la galerie La Pierre Large présente Les maux bleus, une exposition de la photographe ukrainienne Maryna Brodovska.
Son travail ne montre pas la guerre frontalement. Il la contourne, la détourne, la recompose, entre photographie et collage, images et texte, avec une douceur qui n’enlève rien à la lucidité. Elle se met souvent elle-même en scène, souriante, décalée, comme si l’humour était la seule réponse valable à l’innommable. Une façon de continuer à exister quand tout s’effondre dehors.
Le 13 juin à 18h, une lecture en galerie prolonge l’exposition : des extraits du Manuel d’exil de Velibor Čolić, lus par Hélène Schwaller, en écho au travail de Brodovska.
Entrée libre. Du mercredi au samedi de 16h à 19h.
Lieu : Galerie La Pierre Large, Strasbourg.
Eboro - Nuits Balnéaires
À la Fondation Henri Cartier-Bresson, l’artiste ivoirien Nuits Balnéaires présente Eboro jusqu’au 4 octobre, un projet né d’une disparition familiale et soutenu par le programme Latitudes de la Fondation d’entreprise Hermès.
Le 22 juillet 1986, son oncle Noël X. Ebony, journaliste et dramaturge de renom, s’évanouit dans des circonstances énigmatiques à Dakar. Quarante ans plus tard, Nuits Balnéaires remonte cette trace à travers une pratique hybride mêlant photographie, mode et recherche culturelle. Dans la tradition Agni-Bona de Côte d’Ivoire, le neveu accompagne l’oncle dans son passage vers l’au-delà : c’est ce rôle que l’artiste endosse ici, laissant la mémoire et les lieux façonner les chapitres visuels d’une œuvre à la fois intime et universelle.
Commissariat : David Campany, directeur artistique de l’International Center of Photography de New York.
Tarif plein : 10 € / tarif réduit : 5 €.
Lieu : Fondation Henri Cartier-Bresson, Paris 3e.
Diseños habitados - Chema Madoz & Helena Almeida
Jusqu’au 23 août, la galerie Le Château d’Eau présente Diseños habitados, une exposition qui met en dialogue deux figures majeures de la photographie ibérique : la Portugaise Helena Almeida (1934–2018) et l’Espagnol Chema Madoz (né en 1958), en partenariat avec la Fundació Foto Colectania de Barcelone.
Ce qui rend ce projet rare, c’est ce qu’il montre avant l’image : carnets d’esquisses, dessins préparatoires, objets assemblés à la main. Pour ces deux artistes, la photographie n’est pas un point de départ, mais une destination, l’aboutissement d’un processus mental et manuel que l’exposition choisit de rendre visible. Le titre lui-même, emprunté à une série d’Almeida, renvoie à ce double sens hérité de la Renaissance : le dessin comme geste et comme projet.
Commissariat : Pepe Font de Mora, ancien directeur de la Fundació Foto Colectania.
Tarif plein : 5 € / tarif réduit : 3 €.
Lieu : Galerie Le Château d’Eau, Toulouse.
Watching TV - Olivier Culmann
Sur le Pont Saint-Ange, en plein air et en accès libre, le photographe Olivier Culmann installe jusqu’au 24 juillet les images de Watching TV, une série réalisée entre 2004 et 2007 dans huit pays : Maroc, Inde, États-Unis, Mexique, Nigeria, Royaume-Uni, Chine, France.
Le sujet est on ne peut plus banal : des gens qui regardent la télévision. Mais Culmann y voit autre chose. Dans ce moment de relâchement, de conscience à moitié endormie, c’est tout un rapport au monde qui se joue, un monde reçu en images, filtré, fantasmé, avant d’être absorbé sans qu’on s’en rende vraiment compte. Ces téléspectateurs ne se connaissent pas. Pourtant, chacun reçoit des nouvelles des autres. Face à eux, c’est Culmann qui nous observe.
Lieu : Pont Saint-Ange, Paris 10e.
FRAGILE BEAUTÉ - Sir Elton John & David Furnish
Du 12 juin au 27 septembre, le Jeu de Paume présente Fragile Beauté, une sélection de photographies issues de la collection personnelle de Sir Elton John et David Furnish. Plus de 7 000 images constituées sur trente ans, dont une centaine sont ici montrées pour la première fois en France.
L’exposition, adaptée de celle présentée au Victoria and Albert Museum de Londres, traverse cinq sections thématiques : le désir, la mode, les célébrités, le photojournalisme et la condition humaine dans ce qu’elle a de plus vulnérable. Robert Mapplethorpe, Diane Arbus, Irving Penn, Nan Goldin, Ai Weiwei, Eve Arnold, Harley Weir, les noms sont aussi vastes que les univers convoqués, des années 1950 à aujourd’hui. En bonus de la visite : une installation de 149 tirages de Nan Goldin extraits de sa série Thanksgiving, présentée dans son intégralité.
Tarif plein : 12 € / tarif réduit : 7,50 €. Du mardi au dimanche de 11h à 19h, nocturne le jeudi jusqu’à 21h.
Lieu : Jeu de Paume, Paris 8e.
Voyages au Kurdistan
- Exposition Collective
Huit photographes kurdes, quatre territoires, une même urgence de témoigner. Du 11 juin au 19 septembre, le Bleu du Ciel présente Voyages au Kurdistan, un projet né d’une idée originale de la Maison du Kurdistan de Lyon, avec les travaux d’Ebrahim Alipoor, Murat Yazar, Dogan Boztas, Fatma Celik, Aylin Kizil, Ulas Yunus Tosun, et un hommage au cinéaste Suayip Adlig, exilé en France dans les années 80, disparu en 2024.
Leurs images traversent la Turquie, l’Iran, l’Irak et la Syrie pour documenter ce qui risque de disparaître ou ce qui a déjà disparu : une identité, des paysages, des rites, des communautés. Identité, mémoire, migrations, nomadisme comme de vie historique, massacres des Yézidis : les regards se croisent et se répondent, sans jamais se confondre.
Ce que l’exposition rappelle, c’est que photographier peut être un acte de résistance autant qu’un acte d’archive.
Vernissage le samedi 11 juin à 18h30. Entrée libre.
Lieu : Le Bleu du Ciel, Lyon 1er.
36 Y’a d’la joie ! - Pierre Jamet
Pour les 90 ans du Front populaire, la librairie-galerie Les Amies Rouges rend hommage à Pierre Jamet avec 36 Y’a d’la joie !, visible jusqu’au 4 juillet.
Des garçons et des filles en maillot, des corps qui bougent, des sourires en plein soleil : Jamet a photographié les premiers congés payés avec une légèreté et une sensualité qui n’ont pas pris une ride. Ses tirages argentiques noir et blanc célèbrent un conquis social autant qu’un moment de grâce collective, cette insouciance neuve de gens qui découvrent, pour la première fois, le droit de ne rien faire.
Les tirages sont disponibles à la vente. Entrée libre.
Lieu : Les Amies Rouges, Paris 5e.
Le plaisir d’objets solides et de bribes d’informations inutiles -Laura Letinsky
Jusqu’au 4 juillet, la Galerie Miranda présente Le plaisir d’objets solides et de bribes d’informations inutiles, une exposition de natures mortes de la photographe canadienne Laura Letinsky, accompagnée de créations en porcelaine de la maison parisienne Tsé & Tsé associées.
Depuis trente ans, Letinsky travaille sur les restes, fruits entamés, verres à moitié vides, objets du quotidien légèrement défaits. Mais ce qui rend son travail singulier, c’est la façon dont elle mêle les techniques : iPhone et ferrotype, tirage numérique et procédés du XIXe siècle, aluminium et papier. Le passé et le présent se court-circuitent dans la même image, créant un sentiment d’étrangeté familière difficile à nommer.
L’exposition dialogue naturellement avec les pièces de Tsé & Tsé, dont l’attention aux objets du quotidien, avec humour et élégance artisanale, fait écho à l’univers de Letinsky.
Entrée libre.
Lieu : Galerie Miranda, Paris 3e.
Entre les lignes - Jérôme Trichet
Du 4 au 7 juin, la Very Art Gallery accueille Entre les lignes, une exposition de photographies en noir et blanc de Jérôme Trichet.
Trichet travaille la distance et le flou comme des outils de sens autant que d’esthétique. Ses images ne cherchent pas à tout montrer, elles suggèrent, laissent des zones d’ombre, font confiance au regard du spectateur pour combler ce qui manque.
L’exposition est accompagnée d’une expérience multi-sensorielle mêlant photographie et musique, un solfège photographique, selon ses propres mots.
Entrée libre.
Lieu : Very Art Gallery,Paris 3e.
Événements photo
06/06
NUIT BLANCHE à Paris
Le 6 juin, Paris fête les 25 ans de Nuit Blanche. Une nuit entière, gratuite, où installations, performances et créations sonores investissent monuments, gymnases, piscines, jardins et façades, de l’Hôtel de Ville au Bassin de la Villette.
Cette édition est placée sous la direction artistique de Barbara Butch, qui en a choisi le thème : l’amour.
« J’ai choisi de placer cette édition sous le signe de l’amour. Un amour multiple, indiscipliné, parfois fragile, souvent puissant. Un amour qui circule, qui déborde, qui relie.
Aimer la ville, aimer les autres, aimer ce que l’on ne comprend pas encore, aimer ce qui nous échappe. Le temps d’une nuit, Paris se transforme en espace de possibles, où les distances se réduisent et où les regards se rencontrent autrement. »
Découvrez des expos photos en accès libre toute la nuit ! Voici notre petite sélection :
- Dans le 3eme : Deux expositions entre obsession photographique et voyage onirique : Daido Moriyama – Lettres d’amour à la photographie / Nuits Balnéaires – Eboro. À venir découvrir de 19h à 00h à la fondation Henri Cartier-Bresson.
- Dans le 10eme : À découvrir en se baladant le long du canal St-Martin, Hip-Hop don’t Stop de Maï Lucas sur les grilles du jardin Villemin-Mahsa Jîna Amini (côté quai de Valmy).
- Dans le 8eme : À L’institut Polonais de Paris, rencontre et discussion avec l’artiste Agata Gryzbowska sur le photoreportage à 21h + Visite guidée de l’exposition de Chris Niedenthal à 22h. Visites libres entre 21h et 23h.
- Dans le 18eme : l’ensemble des espaces du BAL est ouvert au public et gratuit, jusqu’a 23h librairie, espace d’exposition, café/restaurant. Venez découvrir la nouvelle édition de La Fabrique du Regard- Le Festival (du 2 au 7 juin) pendant une soirée spéciale dédiée au spectacle vivant avec plusieurs performances envisagées autour de l’axe de la transmission.
Vélib’ gratuit toute la nuit avec le code MGP2026.
Programme complet sur nuitblanche.paris.
10/06
Sortie du livre photos Corps Raccords de Sarah Salazar
Corps Raccords est le premier livre de la photographe et réalisatrice Sarah Salazar, édité par Noélie Bernard, avec des textes de l’autrice et poétesse afroféministe Kiyémis.
On avait découvert son travail en 2020, quand elle présentait les premières images de la série. Cinq ans plus tard, le projet aboutit à un livre : quarante photographies d’un même duo, réalisées sur six ans, qui suivent l’évolution d’une relation à travers les corps. Ils se plient, s’imbriquent, s’appuient l’un sur l’autre, parfois dans l’effort, parfois dans l’abandon. Les frontières entre les deux silhouettes finissent par se brouiller.
Ce que Salazar photographie, c’est ce que les corps retiennent de l’autre : les ajustements, les déséquilibres, les traces que le temps et la relation y laissent.
Les textes de Kiyémis accompagnent les images autour de deux axes : la tendresse comme moment éphémère, et la dimension politique de nos intimités.
Le livre est imprimé en risographie 4 couleurs par Charline Gautier au Sample, à Bagnolet.
Lieu : Librairie Le Monte en L’air, le 10 juin à partir de 19h.
du 28/04 au 07/06
Candidatez à la prochaine édition du Festival Circulation(s)
Le festival Circulation(s) lance son appel à candidatures pour l’édition 2027, jusqu’au 7 juin 2026 à minuit.
Depuis seize ans, le festival défend la jeune photographie européenne avec une programmation portée par le collectif Fetart, composé de sept femmes spécialistes de la scène émergente.
Pas de thème imposé, pas de limite d’âge : l’appel s’adresse à tous les photographes européens ou résidant en Europe, en début de carrière, n’ayant jamais fait l’objet d’une exposition d’envergure en France. Les projets mêlant photographie, vidéo, installation ou son sont les bienvenus. Les projets collectifs aussi.
Candidature : 20€
Candidatures sur festival-circulations.com. Contact : info@fetart.org
Ce que vous pouvez encore voir de nos agendas précédents
- Les corps élastiques de Lucie Pastureau – Institut pour la photographie – Théâtre du Nord, Lille
- This Will Not End Well de Nan Goldin – Grand Palais, Paris 8
- Fragilités et Résiliences de Thibault Gerbaldi – Jardin du Luxembourg, Paris 6
- Instants Polaroid d’Alain Guillemaud – Les Archives municipales de Lyon.
- Rétrospective de Lee Miller – Le Musée d’Art Moderne, Paris 16.
- Les Grands Âges de Nikos Aliagas – Le Musée de l’Homme, Paris 16.
- Robert Capa – Photographe de Guerre, Musée de la Libération de Paris Paris 14e.
- Marthe Lazarus, Studio de Mémoire Magnétique,Paris 15
- In Plain View, Martin Parr – Magnum Gallery Paris 11e.(jusqu’au 6 juin)
- Essentia, Exposition collective – Galerie Parallax, à Aix-en-Provence (jusqu’au 20 juin)
- Nu au Paradis, Michael von Graffenried – Espace MVG Paris 15e.
- Dessins et autres destins, Jacqueline Salmon – Fondation Renaud, Lyon 9e (jusqu’au 7 juin)
- Spring Kick-Off !, les street photography du collectif LOOP – Galerie Graine de Photographe, Paris 4 (jusqu’au 22 juin)
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