Dans l’obscurité d’une hacienda colombienne, un cheval se cabre et sa silhouette se dissout en traînées de lumière et de couleur. On croirait une toile peinte au pinceau large plutôt qu’une photographie. C’est pourtant un instantané, ou plutôt deux secondes d’instantané, signé du photographe colombien Andres Galan. Sa série Doma equina explore, à travers la pose longue, la relation entre les chevaux et les cavaliers qui les dressent : force, retenue, connexion, dans des images à la frontière entre photographie et peinture.

© Andres Galan, 2024.

 

Une série née dans les haciendas de Colombie

Andres Galan est photographe et artiste visuel colombien, basé à Bucaramanga. Sa pratique mêlant photographie documentaire, de voyage et projets artistiques personnels l’a mené, en 2024, dans trois haciendas équines du département de Santander, en Colombie. Pendant près de six mois, grâce à son amitié avec plusieurs domadores, il a pu observer leur travail et la relation de confiance, de tension et d’énergie qu’ils construisent patiemment avec les chevaux.

Pour isoler cette relation de son environnement, Andres Galan a installé un fond noir dans les haciendas, concentrant toute l’attention sur le cheval et son dresseur.

Domador et cheval en pose longue, série Doma equina d'Andres Galan, haciendas de Colombie
© Andres Galan, 2024.

La technique : un filé pensé, pas un hasard

Andres Galan a travaillé en lumière naturelle exclusivement, sans flash ni trépied, avec un Nikon D800E et un objectif 50 mm. Diaphragme fermé autour de f/22, poses de une à deux secondes : il accompagne le mouvement du cheval avec l’appareil, en filant la prise de vue plutôt qu’en la figeant.

« Le flou est intentionnel : il cherche à rendre visible l’échange d’énergie entre le domador et l’animal. » – Andres Galan

Filé en pose longue d'un cheval, série Doma equina d'Andres Galan, tons dorés
© Andres Galan, 2024.

Les images ont ensuite été développées dans Camera Raw, puis ajustées dans Photoshop pour la couleur, le contraste et la lumière ; sans photomontage ni intelligence artificielle.

Au-delà du cheval, une métaphore de la transformation

Pour Andres Galan, Doma equina dépasse le seul monde équestre :

« Au-delà du monde équin, cette série évoque pour moi la transformation humaine : un processus qui demande discipline, constance et patience. » – Andres Galan

Cheval et jambe du cavalier en pose longue, série Doma equina d'Andres Galan, tons bleus
© Andres Galan, 2024.

Envie de vous lancer dans la photographie équestre ?

La pose longue d’Andres Galan n’est pas la technique enseignée dans notre Masterclass Photographie Équestre au Haras de Fontainebleau, qui vous apprend plutôt à figer le mouvement du cheval et à le portraitiser dans le cadre prestigieux des Écuries Singer, sur 2 jours. Mais les deux approches partagent la même exigence : comprendre le mouvement du cheval pour mieux le capturer.

Si c’est plutôt le filé et la pose longue qui vous inspirent, notre Masterclass Pose Longue 3 jours en Charente-Maritime vous permettra d’explorer cette technique en profondeur, sur d’autres sujets.

Portrait d'Andres Galan, photographe colombien, auteur de la série Doma equina
Andres Galan, photographe

Andres Galan : Site – Instagram

 

À LIRE AUSSI