Les visiteurs des musées deviennent des œuvres d'art avec Stefan Draschan

Si vous avez prévu une sortie au musée ce week-end, gardez l’œil ouvert ! En plus des magnifiques œuvres d’art, vous pourriez, sans faire attention, croiser le photographe Stefan Draschan.
Grand amateur d’art, ce viennois ne se contente pas d’admirer les œuvres lors de ses visites. Ce qu’il aime par dessus tout c’est observer les visiteurs. Sa série « People matching artworks » est en le parfait exemple. Un projet photographique atypique et amusant. En effet, Stefan – avec on l’imagine une certaine patience – se plait à chercher la tenue, le physique ou encore le comportement qui va se fondre dans les tableaux des plus grands musées. Entre Paris, Vienne et Berlin, il complète régulièrement sa collection de photographies pop et originales à la composition impeccable !
Découvrez un aperçu de sa série People matching artworks, et foncez découvrir ses autres projets !
Retrouvez l’ensemble du travail de Stefan Draschan sur son site et n’hésitez pas à le suivre sur Instagram
Et rejoignez nous pour un cours Street Photography ! Dates et inscriptions pour tous nous cours ici !
A LIRE AUSSI
- Thibaud Poirier photographie les plus belles bibliothèques d’Europe
- Entre dessin et photographie, « L’esquisse d’une vie » par Sébastien Del Grosso
- L’Irlande des années 90 dans l’univers coloré et nostalgique d’Enda Burke
Come Hell or High Water de la photographe Coco Amardeil
Coco Amardeil est une photographe franco-canadienne née à Toronto dont nous vous avions déjà présenté la série Crazy Mummy. Après des études universitaires, elle s’installe à Paris et commence sa carrière de photographe qu’elle poursuit depuis maintenant plus de 20 ans. Son sens particulier de l’esthétique, son écriture élégante et décalée nourrissent une production originale, autant par ses sujets que par son traitement de l’image.
Reconnue pour les aspects à la fois créatifs, colorés et graphiques de son travail, Coco Amardeil est amenée à travailler en collaboration avec de nombreux magazines – Vogue Bambini, Elle, Madame Figaro… – mais, aussi et pour n’en citer que quelques-unes, des grandes enseignes telles que Veuve Clicquot, Le Bon Marché, L’Oréal.
Aujourd’hui c’est avec grand plaisir que nous vous présentons sa série Come Hell or High Water pour laquelle elle a remporté le LensCulture Portrait Awards 2017 mais aussi le prix Révélation Saif – Voies Off d’Arles

La jeunesse s’inscrit dans une époque où l’incertitude vis-à-vis de l’avenir atteint des sommets, de même que la défiance envers la politique, les institutions et les médias. Ce sentiment trouble des jeunes peut s’expliquer par un amas de contradictions et de zones obscures laissés par leurs aînés. Il y a de la crainte, et cette inquiétude réelle et multiforme d’entrer dans un monde confus, mutant, souvent sans repères, où mille violences cohabitent.
C’est cette période qu’est l’adolescence, où l’individu est en pleine transition, en pleine recherche de soi, que la photographe franco-canadienne a souhaité mettre en images. Dans un contexte intemporel et un décor que l’on ne peut définir, Coco Amardeil a réussi à saisir ces moments d’émotions où ces jeunes sortent la tête de l’eau. Des portraits puissants et intenses.
Les doux portraits de la photographe Roberta Zanlucchi

Roberta Zanlucchi est une photographe italienne qui vit et travaille à Trente.
Ce sont ses études au lycée artistique qui ont influencées tous ses choix. Après s’être tout d’abord tournée vers la peinture dans le but dans faire son métier, son cœur l’a tout doucement poussé vers la photographie qui est pour elle une passion depuis qu’elle est jeune.
Au cours des années, elle a pu constater que la photographie était pour elle le médium qui se rapproche le plus de sa façon de créer et de concevoir. Elle souhaite, à travers ses portraits, mettre en lumière la beauté qui réside en chaque individu et en explorer les éléments les plus profonds. Des portraits, principalement de femmes, qui sont à la fois doux et mélancoliques.
Découvrez un aperçu des délicats portraits de femmes de la photographe Roberta Zanlucchi ci-dessous.
Retrouvez l’ensemble du travail de Roberta Zanlucchi sur son site et sur Instagram
Et rejoignez nous pour un cours Portrait ! Dates et inscriptions pour tous nous cours ici !
A LIRE AUSSI
- Les mystérieux portraits fleuris de Maren Klemp
- Rendez-vous ! Sonia Sieff explore la nudité masculine
- L’univers poétique de Carole Tagliaferri créé grâce à l’IA
Portraits d’ostréiculteurs de la presqu’île du Cap-Ferret par Fabienne Herreyre
Inspirée par le film Human de Yann Arthus-Bertrand, la photographe bordelaise Fabienne Herreyre a décidé de partir à la rencontre des ostréiculteurs du Cap-Ferret afin de leur donner la parole.
Elle décide de faire de ce projet un livre intitulé « Paysans de la mer – Portraits d’ostréiculteurs de la presqu’île du Cap-Ferret »
Riche d’une douzaine de rencontres et d’une centaine de photos, son projet regroupe des photographies qui mettent en lumière à la fois ce beau métier, mais aussi le bassin d’Arcachon. La partie la plus importante étant bien évidemment les portraits qui sont accompagnés d’entretiens que Fabienne Herreyre a pu avoir avec les différents professionnels de l’ostréiculture.
Le photographe et écologiste Yann Arthus-Bertrand à rédigé la préface de ce livre et l’ostréiculteur Joël Dupuch (que le grand public a pu découvrir dans le film Les petits mouchoirs de Guillaume Canet) la postface.
Le livre de Fabienne Herreyre qui sortira en avril 2018 est auto-éditer, il ne pourra donc voir le jour qu’à la condition de réunir suffisamment de pré-commandes. Retrouvez à la fin de notre article le lien pour pré-commander votre livre et découvrir plus de contenu.
Découvrez un aperçu des images de Fabienne Herreyre :



Interview - Elisabeth Blanchet a photographié les gens du voyage de Grande-Bretagne

A l'occasion de la sélection de sa série Gypsies and Travellers par le jury du prix Virginia, la photographe française Elisabeth Blanchet a accepté de répondre à nos questions au cours d’une interview.
Une série photo documentaire sans fioritures au cœur des communautés des gens du voyage de Grande-Bretagne. Découvrez sans attendre ce projet touchant en couleur et noir et blanc.

- Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ? Quel est votre parcours ?
J'ai 46 ans, je suis française, photographe professionnelle depuis le début des années 2000, après avoir été prof de maths ! Ce qui m'intéresse dans la photographie, ce sont les gens, les communautés, passer du temps avec eux/elles, les photographier dans leur quotidien, raconter leurs histoires à travers les photos, mais aussi des textes et des films.


- Pouvez-vous nous dire quelques mots sur votre série ? Qu'est-ce qui vous a poussé à la réaliser ?


- Comment avez-vous fait pour vous immerger dans ces communautés ?
Un travailleur social m'a aidé et emmené avec lui un jour sur un site où les Gypsies étaient plus ou moins sédentarisés dans le sud de Londres. Il m'a notamment présentée à une dame charmante, Mary Ann, à qui j'ai expliqué que je voulais revenir si possible faire des photos des gens sur le site.


- Quand avez-vous débuté ce projet, et combien de temps êtes-vous restez à chaque fois ?


- Pourriez-vous nous parler d'une photo qui vous a touché dans ce projet ?
Un jour, j'ai fait une photo d'une famille : un couple, un de leurs enfants et leur nouveau-né. Quand je suis revenue deux mois plus tard pour apporter les tirages, le bébé était mort de la mort subite du nourrisson. Les parents étaient désarmés, ils pleuraient en regardant le portrait.


- Vous faites partie de la sélection du jury du prix Virginia. Souhaitez-vous nous dire un mot à ce sujet ?
Je suis ravie ! C'est une grande reconnaissance pour moi et surtout, un moyen d'attirer l'attention sur le groupe ethnique (car il est reconnu ainsi en Grande-Bretagne) qui souffre le plus de discrimination en GB.


Cet été lors d'un voyage à Moscou au marché d'Izmailovo, la photographe Elisabeth Blanchet a fait l'acquisition d'un appareil photo des années 80. De retour en France, elle se rend compte qu'une pellicule est présente dans le boitier. Elle le fait développer et découvre 18 images en noir et blanc autour d'un enfant de 8-10 ans. Elle cherche depuis à retrouver cet inconnu pour lui restituer les photos qui sont les siennes. Pour aider Elisabeth Blanchet dans son projet, n'hésitez pas à vous rendre sur le compte Instagram dédié à ce Russian Boy et à partager autour de vous !






Et rejoignez nous pour un cours Street Photography ! Dates et inscriptions pour tous nous cours ici !
A LIRE AUSSI
- "Truth and consequences", l'Amérique des gens ordinaires par Thomas Chéné
- Lost and Found, portraits de rue de vagabonds par Michael Joseph
- William Eggleston, le pionnier de la couleur en photographie
Exposition - Arnault Joubin : portraitiste de stars, maître de la lumière

Son travail exceptionnel sur la lumière et sur l’exposition de la peau lui a valu d’être exposé de nombreuses fois notamment au MoMA (Museum of Modern Arts) de Chicago et de Houston, ainsi qu’au Musée d’Art Contemporain de Sidney.
Passionné par ce que la technique photographique peut lui permettre de réaliser, Arnault Joubin travaille le portrait avec la précision de la lumière, laissant ainsi apparaître l’essentiel du sentiment de la personne rencontrée. Des plans rapprochés, de la couleur et un noir et blanc maîtrisés, une matière qui devient vivante, le souci du détail, tout cela bâtira son regard.
.

Artiste au multiples facettes, il donne toujours à voir un monde sensoriel où la lumière sculpte avec densité le contours des émotions. Ses photographies denses, vibrantes, instinctives sont à découvrir à la galerie Graine de Photographe du 19 octobre au 19 novembre 2017. Cette exposition mettra en lumière les plus beaux portraits people d’Arnault Joubin.
VERNISSAGE le 19 octobre de 18H à 21H en présence d’Arnault Joubin
► Téléchargez votre invitation
La venue de cet artiste incontournable de la photographie sera couronné par une Masterclass exceptionnelle de deux jours où il vous donnera tous ses secrets pour réaliser des portraits comme un pro.
Réservez-vite sur le site grainedephotographe.com, il n’y a que 8 places !
A LIRE AUSSI
- Les stars version Disney par la célébre photographe Annie Leibovitz
- Celebrity diptych project par le photographe Andrew H. Walker
- Fishlove : Le photographe Denis Rouvre lutte contre la surpêche
Les corps en mouvement du photographe Cédrick Hoffmann

Cédrick Hoffmann est un photographe installé à Lyon qui concentre son travail autour de l'humain. Simple portrait, ou avec une mise en scène travaillée, ses modèles sont les éléments clés de ses images.
Dans l'eau, dans la farine ou la nature, découvrez un aperçu de son travail sur le corps humain et le mouvement, et apprenez en plus sur cet artiste autodidacte au cours de notre courte interview :

-
Pourriez-vous m'en dire un peu plus sur vous ? Comment avez-vous commencé la photo ?

-
Qu'est-ce qui vous a poussé à réaliser cette série ?
Une grande partie de mes compositions se créent sur le moment. Le lieu joue énormément, le modèle aussi forcément. Ce qui me plaît vraiment, c’est d’être mon premier spectateur. Je mets en place une ambiance, un univers, puis les mouvements font le reste. Je ne maîtrise pas grand chose au final. Que ce soit des tissus dans l’eau, de la fumée ou autres matières, c’est impossible à gérer au millimètre, et c’est vraiment le but recherché, être surpris soi-même du rendu et de se dire « Wow, c’est moi qui ai fait ça ? Cool !!!! »

-
Pouvez-vous m'en dire plus sur votre travail avec vos modèles ? Je suppose, que ce sont pour la plupart des danseuses ?
Mais la personne peut très bien retomber n’importe comment, ce n'est pas bien grave. Je travaille donc, plutôt avec des personnes relativement sportives, pas nécessairement danseuses. Tout comme mes photos underwater, je travaille avec des modèles à l’aise sous l’eau, pas des nageuses synchronisées.


-
Comment se sont déroulées ces séances ?








Retrouvez l'ensemble du travail de Cédrick Hoffmann sur son site, mais également sur Facebook et 500px
À LIRE AUSSI :
- Poussière d’Etoiles, des danseuses posent pour le photographe Ludovic Florent
- Moving Still : l’ouvrage regroupant le travail sur le mouvement de Lois Greenfield
- La rue devient le terrain de jeu d’une danseuse par la photographe Sayuri Ichida
L'univers en noir et blanc du photographe Bastiaan Woudt
Né en 1987, Bastiaan Woudt est un photographe néerlandais qui a fait une ascension fulgurante dans l'univers de la photographie contemporaine. Après avoir débuté la photographie il y a seulement 5 ans, à partir de rien, sans expérience ou formation, Bastiaan a su se distinguer de ses pairs et développer son propre style - abstrait, mais net, et avec un sens aigu du détail.
Suite à des études en histoire de la photographie, le jeune photographe a développé une préférence pour des sujets classiques, tels que le portrait et le nu, et le tout en noir et blanc. Des références aux périodes illustres de la photographie se dégagent clairement de son travail, comme le Surréalisme et la photographie documentaire des années 60 et 70.

Mais de par son utilisation sophistiquée, tant des appareils photo, que des techniques de post-production, il a su donner sa propre version graphique et contemporaine du classique.
Il travaille la plupart du temps sur du moyen format numérique, et aime jongler entre son Phase one qu'il utilise régulièrement, comme c'est le cas lors de ses séances studio, et son Leica qui le suit toujours lors de ses voyages.
Découvrez un aperçu des magnifiques photos en noir et blanc de Bastiaan Woudt :















Retrouvez l'ensemble du travail de Bastiaan Woudt sur son site et n'hésitez pas à le suivre sur Facebook !
À LIRE AUSSI :
- Le regard monochrome de Dominic Dähncke
- Noir et blanc : une esthétique de la photographie à la BNF
- Belles Mômes : le regard et la beauté par Clélia Odette
- Faux-Semblant, la nouvelle exposition de la photographe Stéfanie Renoma
Interview - Dans les rues de Mea Shearim avec le photographe Ofir Barak

Découvrez en plus sur ce talentueux photographe et son incroyable série photo en noir et blanc dans les rues de Mea Shearim - un quartier ultra-orthodoxe de Jérusalem où le temps semble s'être arrêté.
- Pouvez-vous vous présenter ? Comment avez-vous débuté la photographie ?
.

Le besoin de s'exprimer
Tout à commencé dans une quête pour trouver un moyen de m'exprimer à travers l'art. Au fond, je suis un peintre. C'était ce qui me passionnait ; c'est ce que j'aimais faire. Mais il y a eu une période, qui a duré plusieurs mois, où j'ai manqué de motivation pour créer. J'étais frustré et j'ai décidé de trouver une nouvelle voie pour m'exprimer. J'ai pensé que voyager quelque part à la recherche de réponses pourrait m'aider à me remettre les idées en places. Il était clair pour moi que pour trouver un autre moyen d'expression. J'avais besoin de m'entourer de toutes les formes d'arts que je pouvais trouver - littérature, poésie, peinture, architecture, etc.
Je me suis souvenu que les musées de Washington D.C sont gratuits, et j'ai donc décidé d'y aller. Chaque jour, je me rendais dans un musée différent et je profitais des différentes galeries d'art. Un jour, par erreur, je suis entrée du mauvais côté dans l'exposition de Garry Winogrand - par la sortie. Je ne savais pas qui était le photographe, mais j'ai été frappé par ses images. A ce moment là, j'ai eu une épiphanie. C'est ce que je voulais faire.
J'ai passé deux heures dans la galerie, jusqu'à ce que je réalise que je ne pouvais pas tout absorber en une fois. Je suis revenu trois fois de plus pour profiter et en apprendre plus de ce photographe. Je me concentrait à chaque fois sur une photographie différente. Dans l'exposition, il y avait aussi une petite salle de projection avec sa célèbre allocution à l'université Rice. A chacune de mes visites, je prenais un carnet avec moi et je m’asseyais dans un coin de la pièce et tandis qu'il parlait. Je notais des petites anecdotes de ce que je voulais réaliser et comment y arriver.

Le moyen de faire son deuil
Le deuxième événement qui m'a poussé à devenir photographe a été la perte de ma grand-mère. Nous avions un lien spécial et nous avions pour routine hebdomadaire de discuter de mes photographies. Début 2014, sa santé a commencé a se détériorer. Nous avons du réduire ces sessions, jusqu'à ce que finalement elle soit hospitalisée.
Lors d'une de mes visites, tandis que nous étions sur son lit, je voulais soulager son esprit des traitements. Je lui ai demandé si elle souhaitait voir une photo que j'avais prise la veille. Elle a immédiatement dit oui, et a été très enthousiaste quand je lui ai montré la photographie. Nous avons analysé la photo comme nous avions l'habitude de le faire. Effaçant de notre esprit la chambre d’hôpital dans laquelle nous étions, profitant de ce moment et de la compagnie de l'autre. Aucun d'entre nous ne savait que cela serait notre dernier moment ensemble. Après sa mort, j'ai décidé de réaliser un projet basé sur cette dernière photo que je lui ai montré.

- Qu'est-ce que Mea Shearim ? Et comment avez-vous eu l'idée de photographier et documenter ses rues et ses habitants ?
Fondé en 1874, Mea Shearim est l'un des 5 premiers quartiers juifs construit hors des murs de la vieille ville de Jérusalem.
Son nom est tiré d'un verset de la Torah et correspondait à la Parasha de la semaine lue à la synagogue la semaine où fut créé le quartier. « Isaac sema en cette terre-là, et il recueillit cette année-là le centuple (Mea Shearim), car Dieu le bénit. » (Genèse 26:12).
Mea Shearim reste aujourd'hui fidèle à ses vieilles coutumes et préserve son isolement dans le cœur de Jérusalem en essayant de conjurer le monde moderne. Il est en un sens, gelé dans le temps. Les maisons qui ont été construites il y a plus de 100 ans sont debout à côté des nouvelles. La vie de la communauté Hassidique tourne autour de l'observation stricte de la loi juive, de la prière et de l'étude de textes religieux.
Le style vestimentaire traditionnel pour les hommes et les garçons est composé de redingotes noires et de chapeaux noirs. De longues barbes couvrent leurs visages et beaucoup ont des boucles sur les côtés que l'on nomme "papillotes". Les femmes et les filles sont sommées de porte ce que l'on considère comme des robes sobres. La longueur du genou ou des jupes plus longues, aucune blouse sans manches ou d'épaules nues. Les femmes mariées portent des couvre-chefs variés, des chapeaux aux perruques en passant par des foulards.

Je suis d'accord avec la supposition qui dit que le meilleur endroit pour faire des photos est dans sa propre arrière-cour. La proximité géographique avec votre sujet est très importante puisqu'elle vous permet de le visiter régulièrement et de documenter les changements qui peuvent avoir lieu. Mais cette situation peut aussi présenter des difficultés. En effet, vous n'aurez pas un "regard neuf", et votre vision pourra être bloquée puisque le sujet vous est familier. C'est une tache très dure au fond, puisque l'image que vous prenez représente votre point de vue, et vous devez travailler dur pour le changer.
Cela a été le cas avec "Mea Shearim" et j'ai dû passer par un processus pour séparer ce que je connais de ce que j'ai vu. J'ai vécu la majeure partie de ma vie à Jérusalem, j'avais donc eu le temps de me faire une opinion sur la population Hassidique. Point de vue qui a été influencé pendant des années par les médias et leur spécificité de vie en tant que groupe. Comme le plus célèbre, le non-enrôlement pour l'IDF [Israel Defense Forces] à l'âge de 18 ans (tous les autres résidents juifs de l'État d'Israël sont soumis au service militaire obligatoire).

Les conséquences du projet
Pour ce projet, j'ai voulu passer au-dessus de ma perception et simplement essayer de voir l'endroit et ses habitants. Le plus gros défi que j'ai eu a été l'édition du livre. L'édition est toujours la partie la plus compliquée lorsqu'on réalise un livre, car il faut être précis et faire des modifications sévères. Ajoutez à cela que j'avais rassemblé entre 10 000 et 13 000 images à choisir. C'était même la tâche la plus dure.
Quand j'ai commencé, j'ai vu que le résultat était très politique - des protestations contre le gouvernement, la dépression des femmes et la suprématie des hommes. J'ai été déçu et je n'ai pas voulu accepter que ceci pût être tout ce que j'avais vu dans Mea Shearim. Je n'ai pas voulu accepter l'influence du récit que nous connaissons tous et que je vous ai exposé plus tôt. J'ai dû m'effacer, pour permettre à l'image de devenir plus forte et j'ai décidé de laisser tomber cette version et je suis reparti à la recherche de nouvelles images.
De cette période, j'ai rassemblé plus de 2 000 photos qui contenaient des bonnes choses. Il s'agit des sentiments positifs, les expressions de joie et principalement les choses humaines que je n'avais pas essayées de trouver en premier lieu. La forme actuelle du livre représente un équilibre entre les bons et mauvais événements de la vie quotidienne de ses habitants. Comme c'est le cas pour l'ensemble des gens.

- Comment avez fait pour accéder à ce quartier et réaliser ces photos ?
Tout dans la vie demande de la patience, de la persistance et de l'attitude et c'est ainsi qu'a été mon approche à Mea Shearim. La communauté de Mea Shearim est évidemment plus fermée que d'autres sociétés libérales. Ils sont en batailles constantes. Ils essayent de contrer la révolution numérique qu'ils considèrent comme créant une distance entre eux et la religion.
Quand j'ai débuté ce projet en 2014, je marchais dans la zone avec mon appareil photo. Les regards que j’obtenais des résidents quand je levais mon appareil photo à mes yeux était très désagréable. Cela me démotivait. La plupart du temps, je faisais demi-tour après avoir pris 2 3 photos.

Son adaptation
Je me suis rendu compte que je devais moins apparaître comme un étranger si je souhaitais capturer la vie de cette communauté correctement. J'ai dû m'intégrer. J'ai commencé à modifier mon apparence et mes vêtements en conséquence. En visitant Mea Shearim, je portais uniquement du noir et je me suis laissé pousser une longue barbe. De jour comme de nuit. J'ai même commencé à manger régulièrement dans le quartier. Je me suis lentement adapté et je me suis libéré de ma timidité et de ma crainte.
J'ai adopté l'endroit et d'une façon ou d'une autre l'endroit m'a adopté - les gens ont commencé à s'approcher et à poser des questions sur ma présence. J'ai fait face à toutes sortes de réactions . Certains m'ont menacé. On a voulu casser mon appareil photo. Ou encore pire, mais la majorité était juste curieuse et ils m'ont laissé réaliser mon projet. Certains ont même voulu m'aider à expliquer l'endroit. Ils m'ont montré des choses uniques ou m'ont présenté à d'autres personnes qui souhaitaient m'aider, c'est devenu une chose.

- Quelle est la photo dont vous êtes le plus fier ? (Et pour quelle(s) raison(s) ?)
Les meilleures images sont celles qui vous font réagir, qui vont provoquer chez vous des émotions. Elles laissent certains entrevoir des choses que d'autres ne peuvent pas voir et font vivre une expérience unique à chacun. J'ai beaucoup de favoris en ce qui concerne la composition ou le sujet, mais une image est cher à mon cœur. C'est l'unique image du projet que grand-mère a vu avant de décéder.
C'est la toute première photo que j'ai prise d'un clochard en train de mendier dans les rues de Mea shearim . Cette image est pour moi le dernier souvenir de ma défunte grand-mère et symbolise le nouveau départ que j'ai pris. Pour moi, c'est une image qui tient tant de la fin que du commencement.

- Quelles sont vos principales inspirations pour ce projet ?
La liste de mes influences et inspirations est très large. Evidemment les photographes de l'agence Magnum Photos ont en grande partie influencer ma perception et mon flux de travail. J'admire l'ensemble des photographes de cette agence, et plus particulièrement Cartier-Bresson, Josef Koudelka, Larry Towell, Abbas, Micha Bar-am et la liste continue encore et encore. Ils sont aujourd’hui ma source quotidienne d'inspiration, et j'espère un jour faire partie de leur grande agence.
Garry Winogrand que j'ai mentionné plus tôt est aussi pour moi sur un piédestal. Mais, si je dois choisir une personne qui a influencé le projet de ce livre "Mea Shearim - the streets", ce serait Robert Frank et "The Americans". Quand j'ai commencé ce projet, j'ai lu beaucoup. Et je suis tombé sur un article sur lui qui encensait son travail pour "The Americans". J'ai donc décidé d'y jeter un coup d’œil, et comme un cliché, plus rien a été pareil depuis.

J'ai commencé à consulter tout ce que je pouvais à ce sujet - vidéos, articles, livres. Soudainement, ses mots au sujet du projet étaient aussi importants que ses photographies. D'une certaine façon, je suis devenu obsédé. Quand j'en ai eu fini avec tout ce que j'avais pu trouver, j'ai commencé à consulter toutes les pages à ce sujet. (sur le site de la National Gallery Art). J'ai passé des jours à les regarder. Mais ce n'était pas suffisant, il me fallait une copie papier.
J'ai eu la chance d'acheter une édition limitée de Yugensha qui en comptait 88. Je les ai regardées à maintes reprises, chaque jour avant de débuter ce projet. En apprendre plus sur Frank et "The Americans" a été très éducatif. D'abord d'un point de vue technique. Mais aussi dans la façon de former les idées, un projet photo et une édition forte.




Retrouvez l'ensemble du travail de Ofir Barak sur son site, et suivez le sur Instagram !
Et rejoignez nous pour un cours Noir & Blanc ! Dates et inscriptions pour tous nous cours ici !
A LIRE AUSSI
- A Place of Our Own, ou la vie d’une jeune femme Arabe Palestinienne en Israël
- Parias, au coeur du Donbass avec le photographe Yegan Mazandarani
- Stones and bones, au coeur du pèlerinage chrétien à Jérusalem avec Ofir Barak
La photographe Coco Amardeil est une Crazy Mummy !

Coco Amardeil est une photographe franco-canadienne née à Toronto. Après des études universitaires, elle s’installe à Paris et commence sa carrière de photographe qu’elle poursuit depuis maintenant plus de 20 ans. Son sens particulier de l’esthétique, son écriture élégante et décalée nourrissent une production originale, autant par ses sujets que par son traitement de l’image.
Reconnue pour les aspects à la fois créatifs, colorés et graphiques de son travail, Coco Amardeil est amenée à travailler en collaboration avec de nombreux magazines – Vogue Bambini, Elle, Madame Figaro… – mais, aussi et pour n’en citer que quelques-unes, des grandes enseignes telles que Veuve Clicquot, Le Bon Marché, L’Oréal.
En 2017, elle remporte le LensCulture Portrait Awards, mais aussi le prix Révélation Saif – Voies Off d’Arles avec sa série Come Hell or High Water. Une année pleine de succès, puisque sa série mère-fille « Crazy Mummy » – que nous vous présentons aujourd’hui – fait partie de la sélection du jury du prix Virginia 2017.

Un projet mère-fille
Crazy Mummy est un projet créatif, photographique, initié en août 2014 avec ma fille Zhansaya âgée de 10 ans. Le concept était de réaliser une série de photos de Zhan dans des situations décalées, joyeuses, à l’image de mon travail de photographe professionnelle. Je proposais des idées de situations à Zhan, nous en parlions, elle donnait son point de vue, elle a par exemple refusé d’avoir une pieuvre sur la tête… !
Je peux dire que nous avons fait ce projet à deux en toute complicité, en nous amusant, j’avais envie de partager des moments créatifs avec ma fille. C’est un regard différent sur la complicité mère-fille, sur l’amour et l’amour maternel. Des images pleines d’humour et de spontanéité.
A la fin de la première session, nous avons continué l’histoire lors de voyages ou de moments partagés ce qui permet aux followers de nous suivre au gré de nos aventures.
Le rendu « snapshot » est une réelle volonté ; c ‘est le regard d’une mère : simple et pur. Pour cela, j’ai souhaité un effet « instantané » avec du grain et du vignettage. – Coco Amardeil
Découvrez un aperçu de cette série pleine de bonne humeur et de tendresse !

Retrouvez l’ensemble du travail de Coco Amardeil sur son site, et n’hésitez pas à la suivre sur Facebook et Instagram !
Et rejoignez nous pour un cours Portrait ! Dates et inscriptions pour tous nous cours ici !
A LIRE AUSSI
- Le photographe Jason Lee photographie ses filles de façon délirante
- Les portraits Mère-Fille de Rania Matar
- « Domestic Bliss », la vie de Desperate Housewife de Susan Copich
- La série oubliée « Mothers » du photographe Ken Heyman
Le basketball, ici et ailleurs par le photographe Kévin Couliau

Le Basketball à travers le globe
Dévoué à l’art du basketball, Kévin Couliau a pris son premier appareil photo en main en 2004. Au travers de son objectif, il a commencé à souligner l’esthétique du jeu pour plusieurs publications internationales. Sa passion s’est vite transformée en pèlerinage créatif dans les profondeurs de la culture basket. Kévin a poursuivi ses rêves pour explorer et révéler cette communauté internationale avec ses photos et son magazine indépendant Asphalt Chronicles.
En 2013, il co-réalise et filme le documentaire primé « Doin’ It In The Park : Pick-Up Basketball, NYC. ». Une vision unique qui l’a amené à présenter son travail à travers le monde et à collaborer avec des marques de sport telles que la NBA, Nike et la FIBA. Kévin travaille actuellement sur un livre photo qui révélera 15 ans de travail et de documentation sur le basketball, qui sera publié fin 2018.
Loin du photographe sportif, la démarche de Kévin Couliau est plus de celle du street photographer. Ce joueur et passionné va au plus près de ses sujets et nous fait ressentir la ferveur et la passion qui se dégagent du terrain de basket.
Son exposition, le fruit de ses efforts
En septembre 2017, Kévin Couliau a présenté sa première exposition photo "Sphère d'influence" à la mairie du IXe à Paris. Une sélection de 50 images, célébrant l’esthétique et la culture du basketball de New York à Paris, en passant par Dakar. Un voyage à la découverte du streetball au cœur des playgrounds du monde entier.







L'exposition Sphère d'influence
du 8 au 30 septembre
dans les salons Aguado de la Mairie du IXe
6, rue Drouot 75009 Paris


The Pool par la photographe Karine Laval, un voyage métaphorique intemporel

Installée à New York depuis 1997, Karine Laval est une photographe franco-américaine née à Paris. Elle a terminé ses études à l’Université de la Sorbonne à Paris, où elle s’est spécialisée en communication et journalisme. Elle a par la suite complété son éducation dans le design et la photographie à la Cooper Union School, SVA et la New School de New York.
Forte d’une renommée internationale, Karine Laval a vu son travail publié dans des magazines tels que The New York Times Magazine, The New Yorker, Dazed & Confused, Le Monde, Le Figaro Magazine etc. Ses photos ont également été exposées à travers les Etats-Unis et l’Europe.
grainedephotographe.com a aujourd’hui le grand plaisir de vous présenter sa série, The Pool, un projet nostalgique qui sent bon le soleil et le chlore. Karine Laval a débuté cette série photo en 2002. Des images oniriques, aux tonalités froides, décolorées, mais paradoxalement pleines de chaleur. Le bleu des piscines, et les rayons du soleil de Capri, Cascais, Oslo, Annecy, Barcelone… vont vous transporter dans un voyage métaphorique intemporel.
Son livre Poolscapes, publié par Steidl, rassemble deux projets photos autour du thème de la piscine : The Pool (2002-2004) et Poolscapes (2009 – 2012), sortira début 2018.

Un lien à son enfance
C’est en retrouvant de vieilles bobines Super 8 que mon père avait filmées lors de nos vacances en bord de mer, que j’ai commencé à revisiter la mémoire de mon enfance : un rapport ludique et sensuel à l’espace, à l’eau, à la chaleur et au mouvement. J’utilise l’ambiguïté de la photographie, entre réalité et fiction, pour reconstruire une narration qui me renvoie à mon enfance. Le choix de la palette de couleurs, tantôt saturées tantôt surexposées, renforce cette ambiguïté entre réalité et fiction et rappelle la qualité des films familiaux. A travers mon travail photographique, j’explore souvent la relation que nous entretenons avec l’environnement et l’espace dans lequel nous vivons. Les piscines et les lieux balnéaires constituent également un espace important de notre culture, et associent l’élément naturel de l’eau à un contexte urbain aménagé par et pour l’homme. Par-delà ma mémoire personnelle, c’est donc aussi une mémoire collective que j’essaie de mettre en évidence, à travers l’expérience partagée de situations aussi banales et universelles que celles du bain et du loisir. – Karine Laval

The Pool et Poolscapes seront présentées cet automne à Paris Photo par la galerie américaine Robert Koch, et elle présentera une exposition personnelle avec cette même galerie à San Francisco au printemps 2018.











Retrouvez l’ensemble du travail de Karine Laval sur son site, mais aussi Instagram et Facebook !
Et rejoignez-nous pour un cours photo Exposition & Mode manuel !Dates et inscriptions pour tous nous cours ici !
A LIRE AUSSI
- Poolside, des piscines d’exceptions photographiées par Soo Burnell
- The Underside, les photos renversées d’Eric Raeber
- Les Snow Pool colorées et minimalistes de la photographe Mária Švarbová
- Un petit tour à la plage avec le photographe Tadao Cern




















































































