Street Photography : le guide complet pour débuter et progresser
« Achetez une paire de chaussures confortables, ayez un appareil autour du cou en toutes circonstances, gardez les coudes fermés, soyez patients, optimistes et n’oubliez pas de sourire. » – Matt Stuart.
Si l’on devait définir la Street Photography en une phrase, cette citation du photographe de rue britannique Matt Stuart en capturerait parfaitement l’essence. La photographie de rue consiste à capturer l’instant sur le vif, une scène inattendue à travers les rues de la ville. Il faut donc toujours avoir son appareil photo à portée de main et le regard alerte. Si vous deviez vous lancer aujourd’hui en Street Photography, quelques conseils pourraient bien vous être utiles.
Grâce à notre guide complet pour débuter et progresser en photo de rue, cette pratique artistique n’aura plus de secret pour vous et vous aurez toutes les cartes en main pour vous lancer ! Vous vous demandez quel matériel vous devez acheter pour la photo de rue, quels réglages vous devez appliquer ou si vous avez le droit de photographier des inconnus dans la rue ? Les réponses se trouvent dans cet article.
Qu’est-ce que la photographie de rue ?
La Street Photography est l’une des pratiques de la photographie parmi les plus répandues au monde. Elle a la particularité d’amener le photographe à travailler dans l’action, à saisir des instants sur le vif. Pour les photographes de rue, la ville devient source d’inspiration et toile de fond de l’image. Ici, le photographe n’intervient pas sur son environnement et ne met pas en scène les passants. Il capture les scènes dont il est témoin, tout en anticipant et gardant un regard affûté afin de réaliser des images marquantes. La Street Photography implique des individus, alors inconnus, de façon directe ou supposée, dont le comportement et l’attitude ne sont en aucun cas mis en scène.
On rapproche souvent la Street Photography du reportage photo. Cependant, il existe bien des différences entre la photographie de rue et le reportage. Là où le reportage couvre un sujet précis, illustre des faits, des événements, la Street Photography vise à capter des moments à priori anodins, des instants ordinaires qui racontent une histoire seulement lorsqu’ils sont saisit à travers l’objectif. La photo de rue ne s’inscrit pas dans une dimension sociale ou politique. Il existe toutefois des variantes de la Street Photography, avec des approches telles que le portrait de rue et la Street Photography en noir et blanc.
Henri Cartier-Bresson, figure majeure de la Street Photography du 20e siècle
Il est difficile de parler de la Street Photography sans aborder l’un des photographes de rue les plus connus et reconnus, Henri Cartier-Bresson (1908-2004). Celui-ci figure comme le photographe de rue le plus influent du 20e siècle et a notamment participé à la reconnaissance artistique de la Street Photography. Il est également l’un des six fondateurs, aux côtés de Robert Capa, de la célèbre et prestigieuse agence de presse photographique Magnum Photos, créée en 1947. À l’international, figurent parmi les visages de la Street Photography, Vivian Maier, Joel Meyerowitz, Robert Frank ou encore le récemment disparu Martin Parr.
Retrouvez notre article La Street Photography : définitions & conseils ici.

Quel matériel pour la Street Photography ?
En Street Photography, la discrétion et la réactivité priment sur la puissance technique brute. Un appareil compact et peu intimidant permettra de se fondre dans la foule, de ne pas dévoiler votre présence aux sujets et de déclencher au bon moment sans attirer l’attention. Un boîtier imposant, aussi performant soit-il, risque au contraire de créer une distance avec l’environnement et de faire fuir les scènes que l’on cherche à capturer.
Quel appareil photo choisir ?
Du Ricoh GR IV, outil performant taillé pour les puristes, au Fujifilm X100VI, référence de qualité doté d’un design vintage désarmant, en passant par le Leica Q3 et sa qualité d’image sans équivalent, chaque appareil incarne une philosophie différente de la photographie de rue. Mais tous partagent les mêmes qualités fondamentales : compacité, réactivité et qualité d’image capable de restituer fidèlement l’atmosphère d’une scène urbaine.
Depuis quelques années, le smartphone devient une alternative sérieuse grâce à l’amélioration de ses capacités photographiques. C’est l’appareil photo qu’on a toujours sur soi, et c’est précisément l’argument le plus fort du smartphone en Street Photography. Que l’on soit plutôt team Apple avec l’iPhone 17 ou team Android avec le Google Pixel 10a, il n’a jamais été aussi simple de réaliser des images de haute qualité en un instant. Leur discrétion absolue dans la rue constitue un avantage que peu d’appareils dédiés peuvent rivaliser.
Quelle focale utiliser ?
La focale est bien plus qu’un simple réglage optique : c’est un choix de rapport au monde. Le 28 mm, très immersif, oblige à se rapprocher physiquement des sujets et produit des images vivantes, pleines d’énergie. Le 35 mm, considéré comme la focale de référence du genre, offre un rendu proche de la vision humaine, naturel et polyvalent. Le 50 mm, enfin, permet de travailler à distance, avec une présence plus discrète, en isolant davantage le sujet de son environnement. Chaque focale engage donc une posture différente face à la rue.
Discrétion : comment se faire oublier avec son matériel
En Street Photography, maîtriser la technique ne suffit pas. C’est l’attitude adoptée dans la rue qui détermine souvent la qualité des images et le plaisir des sorties. Discrétion sans se cacher, sourire naturel, regard bienveillant et respectueux des personnes photographiées : autant de qualités humaines qui ouvrent des portes que les meilleurs réglages ne pourront jamais forcer. Représenter les gens avec dignité, leur montrer les photos à la demande — ce sont ces petits gestes qui transforment une simple prise de vue en véritable échange, et qui donnent aux images leur vraie profondeur.
Les réglages essentiels en Street Photography
En Street Photography, passer trop de temps dans les menus de son appareil, c’est rater l’image. L’objectif est donc de trouver une configuration simple, efficace, que l’on applique presque sans y penser.
La technique de la zone focus — ou hyperfocale — est l’une des plus précieuses du genre. Elle consiste à pré-régler manuellement la mise au point à une distance fixe, généralement entre 2 et 3 mètres, avec une ouverture suffisamment fermée pour que tout ce qui entre dans cette plage de netteté soit net instantanément. Résultat : zéro latence d’autofocus, déclenchement immédiat. C’est la technique historique des grands maîtres, et elle reste redoutablement efficace aujourd’hui.
Pour ceux qui préfèrent s’appuyer sur l’autofocus, le mode priorité ouverture est le réglage de prédilection. Réglez votre ouverture entre f/5.6 et f/8 pour obtenir une profondeur de champ généreuse qui pardonne les légères imprécisions de mise au point, et activez l’ISO automatique pour laisser l’appareil gérer l’exposition en fonction de la lumière ambiante. Vous gardez ainsi le contrôle sur la profondeur de champ tout en restant libre de vos mouvements.
Concernant la vitesse d’obturation, visez un minimum de 1/250e de seconde pour figer les sujets en mouvement — piétons, cyclistes, gestes — et montez à 1/500e ou 1/1000e dans les situations très dynamiques. En dessous de 1/125e, le flou de bougé guette, surtout si vous shootez en approchant rapidement votre appareil de l’œil.
En résumé : hyperfocale ou priorité ouverture, ISO auto, vitesse minimale à 1/250e. Trois réglages simples qui vous permettent de vous concentrer sur l’essentiel — observer, anticiper, et déclencher au bon moment.
Le droit à l’image en France
Le droit à l’image est une question qui revient systématiquement lorsqu’on débute la Street Photography : Ai-je le droit de photographier des inconnus dans la rue en France ?
Et bien la réponse est oui. En France, il est légal de photographier des personnes que l’on ne connaît pas, même sans leur consentement, dans l’espace public. En revanche, il est tout à fait interdit de réaliser des photographies d’inconnus dans des lieux privés sans leur accord explicite.
Diffusion des images
Là où les choses peuvent se compliquer et où la législation est plus restrictive, c’est au niveau de la diffusion des images. Vous ne pouvez en effet pas faire ce que vous voulez de vos photos lorsqu’il s’agit de personnes reconnaissables et identifiables, même prises dans l’espace public.
Il est par exemple exclu d’utiliser des images pour une utilisation commerciale sans autorisation des personnes concernées. De même, il est interdit de diffuser des images portant atteinte à la dignité du sujet, ce cas étant protégé par le droit à l’image. Toute photographie montrant une personne dans une situation fâcheuse peut se voir interdite. Pour faire interdire la publication de la photographie, il faudra néanmoins que la personne démontre que celle-ci lui porte un quelconque préjudice.
Liberté d’expression artistique
Toutefois, dans le cadre de la Street Photography, le droit à l’image se confronte à la liberté d’expression artistique. Cette dernière prime généralement sur le droit à l’image lorsqu’il n’y a pas d’atteinte à la dignité et de préjudice moral identifié. Cette liberté d’expression artistique donne le droit au photographe de vendre ses tirages, de les exposer ainsi que d’en faire un livre photographique.
Au fil de vos sorties, vous serez confrontés à tous types de situations et de réactions de la part de personnes que vous photographiez. Gardez toujours le sourire et restez courtois. Expliquez calmement votre démarche artistique à cette personne, montrez lui les photos. Si celle-ci vous demande de supprimer les photos, vous avez le choix de répondre à cette demande ou non. Notez toutefois que rien ne vous oblige légalement à le faire.
5 techniques pour de meilleures photos de rue
Vous souhaitez améliorer votre technique de Street Photography afin de réaliser vos meilleures photos de rue ? Voici cinq conseils à adopter dès votre prochaine sortie photo.
Se rapprocher du sujet
Robert Capa disait : « Si vos photos ne sont pas assez bonnes, c’est que vous n’êtes pas assez près. » Cette maxime vaut plus que jamais en Street Photography. Se rapprocher, c’est entrer dans la scène plutôt que l’observer de loin. C’est ce qui donne aux images leur force, leur chaleur, leur authenticité. Beaucoup de photographes débutants gardent instinctivement leurs distances par peur de déranger. C’est compréhensible, mais c’est souvent ce qui prive leurs photos de vie. Faites confiance à votre attitude : si vous êtes souriant et détendu, votre proximité sera rarement mal perçue.
Travailler la lumière
La lumière est le premier matériau du photographe, et la rue en offre une palette infinie. L’heure dorée — juste après le lever du soleil ou avant le coucher — baigne les scènes d’une lumière chaude et rasante qui sculpte les visages et allonge les ombres de façon spectaculaire. Le contre-jour, lui, crée des silhouettes graphiques et mystérieuses, idéales pour des images fortes et épurées. Les reflets dans les flaques, les vitrines ou les surfaces mouillées après la pluie multiplient les compositions inattendues. Apprendre à lire la lumière avant de chercher un sujet, c’est l’une des habitudes les plus transformatrices que l’on puisse développer.
L’arrière-plan avant le sujet
En Street Photography, un bon arrière-plan précède souvent un bon sujet. Avant de chercher quoi photographier, identifiez un décor intéressant — une porte colorée, un mur graphique, un faisceau de lumière — puis attendez que quelqu’un entre dans le cadre. Cette approche, dite « du fond vers le sujet« , produit des images bien plus construites que la simple réaction à ce qui passe devant l’objectif. Elle développe aussi une qualité essentielle : la patience.
Anticiper le mouvement plutôt que réagir
Les meilleurs photographes de rue ne courent pas après les images — ils les attendent. Observer la scène, anticiper la trajectoire d’un passant, prévoir le moment où deux éléments vont se croiser dans le cadre : c’est ce travail d’anticipation qui permet de déclencher au bon moment, et non une fraction de seconde trop tard. Avec la pratique, cette lecture de l’espace devient instinctive.
Couleur ou noir et blanc : comment choisir
Il n’existe pas de réponse universelle à cette question — c’est une affaire de sensibilité et de sujet. La couleur s’impose lorsqu’elle est elle-même porteuse de sens : un imperméable rouge dans une foule grise, une devanture criarde dans une ruelle terne. Le noir et blanc, lui, simplifie, épure et renforce les contrastes et les textures. Il pardonne aussi davantage les fonds chargés. Une bonne habitude consiste à photographier en couleur et à décider en post-traitement. Vous conservez ainsi toutes vos options sans jamais sacrifier une image avant d’avoir pu l’évaluer sereinement.
Découvrez 10 conseils de pro en Street Photography dans notre article dédié ici.
Pratiquer la street photography à Paris
Paris ne manque pas de quartiers emblématiques et atypiques pour s’exercer à la photo de rue. Parmi les meilleurs spots pour la Street Photography, on retrouve le bouillonnant Marais, le mythique Montmartre, l’effervescent République, l’authentique Belleville, l’incontournable Opéra et l’inépuisable Châtelet. Et pour vous guider dans ces quartiers, nos balades photo à Paris vous emmènent en dehors des sentiers battus, appareils photo en main.
Et à l’inverse certains photographes aiment les quartiers à l’architecture moderne et photogénique comme notre photographe Thomy Keat. Thomy est un passionné de Street Photography, ambassadeur chez Ricoh. Il est également membre du collectif de street photographers Loop avec la photographe Roxana Albu-Mercié.
“J’adore tout ce qui est urbain, plus particulièrement ce qui est moderne. Cette esthétique me permet de soigner mes arrières-plans. Je pense notamment aux quartiers de Beaugrenelle, de la BNF, de la Défense ou encore de la dalle de Tolbiac. Mais pour autant, il ne faut jamais hésiter à prendre des chemins détournés que l’on ne connaît pas afin de découvrir de nouveaux spots.”- Thomy Keat
Afin de tirer avantage de chaque quartier et de bénéficier de la meilleure lumière, nous vous conseillons de pratiquer durant la lumière du matin, la célèbre golden hour ou durant l’heure bleue. Pour capter des scènes marquantes, mieux vaut des sujets intéressants. Pensez aux jours de marché, aux rassemblements, aux fêtes de quartiers… Tous ces moments offrent de parfaites situations pour pratiquer la Street Photography !
Les grands maîtres de la Street Photography
La Street Photography a été façonnée par une poignée de photographes dont l’œuvre continue d’influencer les pratiques contemporaines.
Comme abordé plus haut, Henri Cartier-Bresson en est sans doute la figure tutélaire. Cofondateur de l’agence Magnum, il est à l’origine du concept d’instant décisif — cette fraction de seconde où la forme, le mouvement et le sens s’alignent parfaitement dans le cadre. Une philosophie qui reste, des décennies plus tard, la boussole de tous les photographes de rue.
La France a également donné naissance à deux figures incontournables : Robert Doisneau et Willy Ronis. Tous deux ont immortalisé le Paris populaire et tendre de l’après-guerre, avec un humanisme discret et une capacité rare à capter la poésie du quotidien. Leurs images — souvent en noir et blanc, toujours empreintes de douceur — ont profondément ancré la photographie de rue dans la tradition culturelle française.
De l’autre côté de l’Atlantique, Vivian Maier et Garry Winogrand ont porté un regard radicalement différent sur la rue américaine. Maier, dont l’œuvre ne fut découverte qu’après sa mort, photographiait avec une acuité psychologique troublante. Winogrand, lui, capturait l’Amérique dans toute sa frénésie et ses contradictions, avec une énergie visuelle qui reste inégalée.
Étudier ces maîtres, c’est comprendre qu’il n’existe pas une seule façon de photographier la rue. Mais bien autant de regards que de photographes.
Pour conclure
Et maintenant que vous avez toutes les cartes en main, la prochaine étape est de vous lancer ! La Street Photography est l’un des genres les plus accessibles qui soit — et paradoxalement l’un des plus exigeants. Pas besoin de studio ni de matériel sophistiqué : la rue est votre terrain de jeu, et elle se renouvelle à l’infini.
Si vous débutez, ne vous laissez pas paralyser par la technique ou par la peur du regard des autres. Le meilleur appareil est celui que vous avez dans la poche, la meilleure focale est celle avec laquelle vous vous sentez à l’aise. Commencez par un quartier familier, observez avant de déclencher, approchez-vous, souriez — et revenez souvent. Les grandes images naissent rarement du hasard, mais de la persévérance et d’un regard que l’on affûte sortie après sortie.
Pour aborder la photo de rue dans un cadre rassurant, participez à un atelier en groupe aux côtés d’un photographe professionnel qui saura vous guider et vous amener à affûter votre regard !
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Questions fréquentes
Faq
Oui, photographier dans l’espace public est légal en France. En revanche, la publication ou la diffusion d’une image sur laquelle une personne est clairement identifiable nécessite en principe son accord, au titre du droit à l’image. Il est donc important de distinguer la prise de vue — libre — de l’utilisation qui en est faite.
Il n’existe pas d’appareil universel. Mais certains critères sont essentiels : la compacité et la discrétion pour ne pas intimider les sujets, la réactivité de l’autofocus pour ne jamais rater l’instant décisif, et de bonnes performances en basse lumière pour s’adapter aux conditions changeantes de la rue. Sur cette base, un compact à focale fixe comme le Fujifilm X100VI ou le Ricoh GR IV représente un excellent choix, mais votre smartphone peut tout à fait faire l’affaire pour débuter.
Dans l’espace public, vous n’avez pas besoin d’autorisation préalable pour photographier des passants. Cela dit, gardez toujours en tête une certaine éthique. Photographier les personnes avec dignité est une responsabilité que tout photographe de rue se doit d’assumer.
La timidité est la compagne de presque tous les photographes de rue débutants — et elle se surmonte avec la pratique. Commencez par photographier dans des endroits animés où votre présence passe inaperçue. Adoptez une attitude détendue et naturelle, et rappelez-vous qu’un sourire désarme la grande majorité des situations.
Le photojournalisme documente des événements précis avec une intention informative et éditoriale, souvent dans un contexte de presse. La Street Photography, elle, est une démarche artistique et personnelle. Elle ne cherche pas à raconter un fait d’actualité, mais à capturer l’essence du quotidien, une émotion, un instant fugace — sans nécessité de contexte ni de légende.
Quel matériel pour la Street Photography ?
La Street Photography est un domaine de la photographie à part entière, qui possède ses spécificités, ses techniques et ses grands noms ! Dès lors que les appareils photo sont devenus facilement transportables, la photographie de rue a trouvé des adeptes à travers le monde. Cette pratique de la photographie consiste à saisir l’instant sur le vif, à conserver toujours un regard éveillé sur ce qui nous entoure et à être prêt à déclencher dès que l’opportunité se présente. Et en photo de rue, les maîtres mots sont patience, discrétion et réactivité. Pour cela, un appareil photo adéquate est indispensable, muni d’une focale adaptée et accompagné de la bonne attitude à adopter pour se fondre dans le décor.
Voici un petit guide du photographe de rue pour choisir son matériel photo, entre appareil photo et focale, en passant par la bonne attitude à avoir en Street Photography.
Quel appareil choisir en Street Photography ?
Lorsqu’on choisit un appareil photo pour pratiquer la Street Photography, plusieurs critères doivent être pris en compte. Si l’objectif est de rester discret et de réagir rapidement, il est préférable d’opter pour un boîtier compact et réactif. La taille, la vitesse de déclenchement et la facilité de transport sont donc des éléments essentiels à considérer.
Certaines marques se distinguent dans ce domaine grâce à leurs modèles compacts et performants, comme Ricoh ou Leica. Cela dit, le choix d’une marque reste très personnel, et la plupart des fabricants proposent aujourd’hui des boîtiers tout à fait adaptés à la photographie de rue.
Voici une sélection de quatre appareils particulièrement adaptés à la Street Photography, à différents niveaux de budget et de pratique :
Ricoh GR IV — L’outil radical
Lancé à l’automne 2025, le GR IV perpétue une philosophie vieille de trois décennies : faire tenir dans une poche un appareil capable de rivaliser avec des hybrides bien plus encombrants. Pesant moins de 270g, il disparaît littéralement dans une veste ou un jean. Pas d’options superflues, pas de vidéo spectaculaire — juste une image d’une qualité étonnante pour un boîtier aussi discret. L’appareil des photographes qui veulent se fondre dans la masse. Le GR IV repose sur un capteur APS-C associé à une focale fixe 28 mm, ce qui favorise une approche immersive de la scène et permet d’inclure facilement le contexte urbain. Sa fonction unique « Full Press Snap », qui vous permet d’éliminer le délai de mise au point lorsqu’on appuie sur l’obturateur. Ricoh propose également une focale de 40mm avec le Ricoh GR IIIx.
Fujifilm X100VI — Le roi de la rue
Difficile de parler de Street Photography en 2026 sans mentionner l’appareil photo compact Fujifilm X100VI. Héritier direct du légendaire X100V, il est devenu en quelques années la référence absolue du genre. Son design d’inspiration vintage joue un rôle concret : là où un boîtier moderne, noir et massif, attire les regards et peut créer de la méfiance, le X100VI passe presque inaperçu.
Compact, élégant, techniquement irréprochable, il réunit tout ce que l’on peut attendre d’un appareil taillé pour la rue. Le X100VI combine un capteur APS-C de 40 MP et une stabilisation intégrée jusqu’à 6 stops, ce qui permet de conserver un excellent niveau de détail tout en photographiant à main levée dans des conditions de lumière changeantes, typiques de la rue. Son objectif fixe équivalent 35 mm offre un angle de vue naturel, proche de la vision humaine, idéal pour composer rapidement sans réfléchir au cadrage. Enfin, son viseur hybride (optique + électronique) permet d’alterner entre anticipation de scène et contrôle précis de l’exposition, un avantage concret pour capter des moments spontanés.
Leica Q3 — L’excellence sans compromis
Le Q3 occupe une catégorie à part. Avec son capteur plein format de 60 MP associé à une optique fixe grand-angle lumineuse, il délivre des résultats qui n’ont aucun équivalent dans ce format. Son objectif 28 mm f/1.7 lumineux facilite la prise de vue en basse lumière tout en permettant de détacher les sujets du fond. L’ensemble, couplé à un autofocus avancé, en fait un outil très performant pour saisir des scènes rapides avec une qualité d’image maximale, même dans des environnements contrastés. Discret malgré son statut, robuste, conçu pour durer, c’est un appareil que l’on achète une fois pour toutes. C’est l’appareil pour ceux qui ne veulent pas choisir entre discrétion et qualité absolue — à condition d’en avoir le budget, car il se positionne clairement dans le segment premium. Un investissement, mais un outil pour la vie.
Fujifilm X-E5 — Le polyvalent élégant
Moins médiatisé que son grand frère le X100VI, le X-E5 mérite pourtant toute l’attention. Le X-E5 se distingue par son système à objectifs interchangeables, qui permet d’adapter la focale (par exemple 23 mm ou 35 mm) selon le style de Street Photography recherché. Son capteur APS-C moderne assure un bon compromis entre qualité d’image et discrétion du boîtier, tandis que la stabilisation intégrée (selon les configurations) aide à sécuriser les prises de vue en mouvement. Cette modularité technique en fait un appareil pertinent pour explorer différents types de scènes urbaines tout en conservant un équipement relativement compact.
Faire de la photographie de rue au smartphone : c’est possible ?
Pour ceux qui souhaiteraient opter pour un smartphone plutôt qu’un appareil photo pour démarrer ou s’épanouir en Street Photography, voici quels modèles nous conseillons :
Google Pixel 10a
L’argument décisif du smartphone en Street Photography, c’est sa disponibilité permanente : il est déjà dans votre poche quand la scène se présente. Le Pixel 10a pousse cet avantage encore plus loin grâce à une intelligence de traitement de l’image particulièrement aboutie. Sans toucher au moindre réglage, il analyse la scène, gère les contrastes et restitue des images nettes et équilibrées dans des conditions très variées. Son design sobre, sans module photo proéminent, renforce sa discrétion — un détail qui compte quand on photographie des inconnus dans la rue.
iPhone 17
Ce qui distingue l’iPhone 17 dans un usage street, c’est avant tout sa restitution honnête des scènes : les couleurs sont justes, le traitement reste mesuré, l’image ne cherche pas à impressionner à tout prix. Pour un genre où l’authenticité prime sur le spectaculaire, c’est une qualité réelle. Son autofocus, extrêmement rapide, suit sans hésiter les sujets en mouvement, et l’ergonomie d’iOS permet de passer de la poche au déclenchement en une fraction de seconde — ce qui, dans la rue, peut tout changer.
Quelle objectif photo utiliser en photo de rue ? : 28mm, 35mm ou 50mm ?
Outre le modèle d’appareil photo, l’objectif est également sujet à décision. En Street Photography on retrouve le plus souvent des focales fixes, celles-ci offrant généralement une meilleure qualité d’image que les objectifs zoom. Il n’existe pas une seule “bonne” focale, mais certaines sont devenues des références pour de bonnes raisons.
Parmi les focales les plus utilisées en Street Photography, trois se distinguent nettement, chacune correspondant à une façon d’habiter l’espace et d’approcher les sujets.
Le 28 mm est la focale de l’immersion.
Pour l’utiliser efficacement, il faut s’approcher — parfois très près — et cette contrainte devient une force : les images ont du souffle, une sensation d’être au cœur de la scène. L’environnement est largement inclus dans le cadre, ce qui renforce le storytelling et la sensation d’ambiance.
Le 35 mm est sans doute l’objectif le plus populaire, et pour de bonnes raisons.
Il offre un équilibre presque idéal entre le sujet et son contexte, et son rendu se rapproche naturellement du champ de vision humain. Ni trop engageant, ni trop froid, il convient à presque toutes les situations et représente souvent le point d’entrée naturel pour qui débute dans ce genre.
Le 50 mm, enfin, permet de prendre un peu de recul — au sens propre comme au sens figuré.
En cadrant plus serré depuis une plus grande distance, il isole davantage le sujet et compresse légèrement la perspective. C’est la focale des portraits de rue, des détails, des scènes captées depuis la périphérie de l’action.
Mais le choix d’un objectif photo ne se résume pas à une question optique : il engage aussi une posture. Travailler au grand angle implique d’aller vers les gens, d’assumer une certaine présence. Travailler au 50 mm, c’est au contraire cultiver la discrétion, observer sans intervenir. C’est donc autant un choix d’attitude que de technique.
En définitive, le « meilleur » objectif reste celui avec lequelle on se sent suffisamment à l’aise pour anticiper ses cadrages sans y penser. Beaucoup de photographes de rue choisissent d’ailleurs de travailler avec une seule focale fixe. Non par manque de moyens, mais pour affiner leur regard et construire une cohérence visuelle sur le long terme.
Discrétion : comment se faire oublier avec son matériel en Street Photography
Maîtriser la technique propre à la Street Photography c’est bien. Mais l’un des points les plus importants pour réussir vos images, c’est l’attitude que vous adopterez !
La discrétion, sans se cacher
Le premier réflexe à cultiver est celui de l’observation. Le photographe de rue efficace ne force pas les situations : il les laisse venir à lui, en se fondant dans l’environnement sans y intervenir. Cela ne signifie pas se dissimuler — se cacher derrière un poteau ou shooter à la sauvette en détournant le regard crée souvent plus de malaise qu’une présence assumée. Il s’agit plutôt d’adopter une attitude naturelle, détendue, qui ne signale pas l’appareil photo comme une menace. On observe, on attend, on anticipe — et on déclenche au bon moment.
Le sourire, premier outil du photographe
Avant même de penser à la composition ou à l’exposition, le sourire est sans doute l’outil le plus puissant d’un photographe de rue. Il désarme les méfiances, ouvre les échanges et change radicalement l’atmosphère d’une interaction. Une personne qui perçoit de la bienveillance dans votre regard réagira très différemment de celle qui se sent observée ou surveillée. La politesse et la gentillesse ne sont pas des détails — elles sont le socle de toute la pratique.
Respecter la dignité de chacun
Enfin, prendre des personnes inconnues en photo dans la rue n’est pas anodin, une certaine responsabilité vous incombe. Se demander comment une personne se sentirait en voyant l’image que vous avez prise d’elle est un bon filtre éthique. Pratiquer la Street Photography ne doit pas être une excuse pour tout capturer sans égard. Représenter les gens avec dignité — quelles que soient leurs conditions, leurs émotions ou les circonstances — est ce qui distingue un regard photographique honnête d’une simple curiosité intrusive.
Au fond, la meilleure technique reste inutile si elle ne s’accompagne pas d’une présence humaine authentique. Et c’est souvent cette qualité-là, plus que n’importe quel réglage, qui donne aux images leur véritable force.
Participez à une Masterclass Street Photography
Vous souhaitez vous lancer ou approfondir votre technique en photographie de rue ? Participez à notre Masterclass Street Photography à Paris aux côtés street photographers du collectif Loop. Parmi ceux-ci, Thomy Keat et Roxana Albu-Mercié, photographes de l’équipe Graine de Photographe. Cette expérience immersive d’une journée vous permettra d’affiner votre regard et de capturer l’essence de la vie urbaine à travers des scènes spontanées.
Conseil photo - Réussir vos photos de famille
Que vous fêtiez Pâques ou non, ce premier week-end prolongé de l’année (et oui, pour ceux qui l’auraient oublié, le lundi 6 avril est férié) est peut-être pour vous l’occasion de vous réunir en famille pour profiter de l’arrivée du Printemps ! Ces moments passés avec les proches sont souvent forts en émotions, il n’est donc pas étonnant qu’on aime les immortaliser. Les photos de groupe représentent les images que nous gardons le plus longtemps, alors il vaut mieux savoir les capturer !
Mais réussir ce type de photo n’est pas toujours évident : yeux fermés et têtes baissées, arrière-plan gênant pour l’harmonie de l’image ou lumière peu flatteuse… Obtenir la bonne photo peut vite devenir un véritable casse-tête. Alors pour vous aider un peu, voici quelques conseils à appliquer lors de la prochaine réunion de famille !
Le trépied, votre meilleur allié pour vos photos de famille
Sauf si vous souhaitez qu’une personne ne figure pas sur votre photo (on ne juge pas), ça serait dommage que quelqu’un manque à l’appel car il est le photographe attitré du groupe. Pour cela, vos sauveurs se nomment trépied et retardateur.
Vous n’avez pas de trépied ? Pas de soucis, utilisez la table de jardin ou le rebord de la cheminée. L’essentiel est de faire vos tests de cadrage et vos réglages avant d’appeler toute la famille. C’est fou comme certains peuvent vite s’impatienter (surtout si vous faites votre photo juste avant de passer à table 😉)
Au-delà de cet avantage, utiliser un trépied vous assure une stabilité à toute épreuve (ou presque) ! Vous évitez alors les flous de bougé (surtout en cas de faible luminosité) et les soucis de cadrage. Ajuster la composition et rejoignez le groupe déjà en place avant de faire votre plus beau sourire.
Attention à votre arrière-plan et à la luminosité
Avant de poser l’appareil photo sur trépied, assurez-vous de l’endroit où vous réaliserez votre photo et si la luminosité est optimale.
Un bon arrière-plan contribue beaucoup à la réussite d’une photo. Avant de déclencher, prenez quelques secondes pour observer ce qui se trouve derrière les personnes : objets encombrants, poubelles, voitures, panneaux ou éléments qui pourraient « sortir » de la tête des sujets (poteaux, branches, lampadaires). L’idéal est de choisir un décor simple et agréable : un mur uniforme, un paysage naturel, un jardin ou un intérieur rangé. Un arrière-plan propre et cohérent permet de mettre l’attention sur les personnes et rend la photo plus esthétique.
On ne vous apprend rien, la lumière est l’un des éléments les plus importants en photographie. Pour une photo de groupe réussie, privilégiez une lumière douce et homogène. Évitez le contre-jour, qui assombrit les visages et crée des silhouettes. Faites également attention aux lumières trop fortes et directes (comme le soleil en plein midi), qui provoquent des ombres marquées et font plisser les yeux. L’idéal est de photographier tôt le matin (bon, ok pas toujours l’idéal), en fin de journée, ou à l’ombre d’un bâtiment ou d’un arbre pour bénéficier d’une lumière plus douce et flatteuse.
Adaptez les réglages de l’appareil et utilisez le mode rafale
Sans rentrer dans le trop technique, quelques conseils sont de mise.
Même en mode automatique, il est utile de vérifier certains réglages. Assurez-vous que la mise au point se fait bien sur le groupe et non sur l’arrière-plan. Si votre appareil le permet, choisissez une ouverture intermédiaire (par exemple f/5.6 à f/8) afin que toutes les personnes soient nettes, même si elles ne sont pas parfaitement sur le même plan. Une sensibilité ISO modérée et une vitesse d’obturation suffisamment rapide aideront à éviter les photos floues. Prenez également le temps de vérifier l’exposition et la netteté après quelques prises.
Le mode rafale est un allié précieux pour les photos de groupe. En prenant plusieurs images en quelques secondes, vous augmentez fortement vos chances d’obtenir une photo où tout le monde a les yeux ouverts, sourit et regarde l’objectif. Dans un groupe, il est presque impossible que tout soit parfait sur une seule prise ; la rafale permet de sélectionner ensuite la meilleure image parmi plusieurs. C’est une technique simple mais extrêmement efficace pour capturer le bon moment.
Varier les poses : classiques ou amusantes
La pose des personnes joue un rôle important dans l’ambiance de la photo. Les poses classiques — tout le monde debout ou assis, légèrement rapproché — fonctionnent très bien pour des photos élégantes et intemporelles. Mais vous pouvez aussi encourager des poses plus naturelles ou amusantes : bras dessus bras dessous, enfants devant, adultes derrière, tout le monde qui saute ou qui fait une grimace. Ces moments plus spontanés donnent souvent des images pleines de vie et d’émotion. Le mode rafale est ici aussi intéressant afin de capturer l’instant juste après le moment sérieux et officiel de la photo de groupe, cet instant où les visages se décrispent, les regards se croisent et chacun revient à une attitude naturelle. Ces instants peuvent se révéler de véritables trésors pour vos souvenirs en images.
Exposition photo - "Humains, Humanité", par la Grainedephoto Academy #24
La 24ème édition de notre Grainedephoto Academy : Débutant, encadrée par la photographe professionnelle Eglantine Lavogez, s’achève avec une exposition collective dans notre galerie parisienne de l’Ile Saint-Louis du 26 mars au 19 avril 2026. Pour cette édition, les élèves ont été invités à explorer leur créativité sur le thème Humains, Humanité. Cette thématique laisse libre cours à l’imagination et à la créativité de nos photographes.
La Grainedephoto Academy : Débutant est une formation de photographie sur 6 mois destinée aux photographes débutants et aux passionnés qui souhaitent acquérir de solides bases techniques. À l’issue d’une première partie technique, les élèves entament un parcours créatif couvrant les grandes thématiques de la photographie telles que la Street Photography, le Portrait, le Noir et Blanc, l’Architecture urbaine et la Photo de nuit. À mi-parcours, un thème commun est donné aux élèves, celui-ci sera le thème de l’exposition collective qui conclura ce beau parcours photographique.
Une formation complète pour débuter la photographie
La Grainedephoto Academy : Débutant est conçue pour ceux qui souhaitent se professionnaliser ou développer leur passion avec un accompagnement structuré. De la prise en main de l’appareil photo à une exposition photo collective au centre de Paris, les participants découvrent notamment les notions de :
- Portrait : Maîtrisez l’art de capturer des expressions et des émotions.
- Composition : Apprenez à structurer vos images pour un impact visuel optimal.
- Photo de nuit : Explorez les techniques pour immortaliser la magie nocturne.
- Noir et blanc : Découvrez la puissance du monochrome pour créer des images intemporelles.
- Photo d’architecture : Capturez la grandeur et les détails des structures.
- Street photography : Immortalisez la vie urbaine avec des clichés spontanés et dynamiques.
- Utilisation de Adobe Lightroom : Découvrez comment prendre en main ce logiciel de retouche pour sublimer vos photos.
VERNISSAGE LE JEUDI 26 MARS 2026
Toutes les photos sont exposées à la galerie grainedephotographe.com, sur l’île Saint-Louis à Paris
du 26 mars 2026 au 19 avril 2026
14 Quai de Béthune 75004 Paris
(Visites sur demande lundi au vendredi de 10h à 18h.
Veuillez nous contacter au 09 80 39 42 35 pour prévoir votre venue).
Rejoignez la prochaine Grainedephoto Academy : Débutant
Et si c’était le moment de vous plonger dans un projet photographique formateur et stimulant ? Rejoignez la prochaine Grainedephoto Academy et faites de votre intérêt pour la photo un rendez-vous hebdomadaire ! Cette formation photo unique vous permettra d’apprendre aux côtés de professionnels passionnés, d’affiner votre style et de développer votre propre regard grâce à des cours en présentiel à Paris.
Vous avez un niveau avancé en photographie ? Vous souhaitez en apprendre plus et développer votre propre projet ? Découvrez nos formations photo 6 mois Grainedephoto Academy : Avancé et Grainedephoto Academy : Portrait
Finançable par votre OPCO, l’AFDAS, France Travail (anciennement Pôle emploi) ou encore votre entreprise, cette formation photographie est accessible à tous ceux qui souhaitent investir dans leur avenir photographique.
Ne manquez pas cette opportunité de vivre une expérience enrichissante et de voir votre travail exposé. Inscrivez-vous dès maintenant pour faire partie de cette aventure photographique !
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Conseil photo - Comment aborder la photographie culinaire ?
Vous adorez partager des photos de tous les bons petits plats que vous faites (ou simplement que vous mangez) à la moindre occasion ? Au même titre que la cuisine, la photographie culinaire est tout un art ! Entre stylisme culinaire et technique adaptée, rien n’est laissé au hasard. Afin de réussir à mettre parfaitement en valeur vos assiettes et faire des envieux, voici quelques conseils à appliquer la prochaine fois que vous sortirez votre appareil photo ou votre smartphone pour immortaliser votre plat (avant qu’il n’en reste plus une miette).
Créativité et stylisme culinaire
Avant tout, faites preuve de créativité et d’imagination ! Un beau plat ne suffit pas pour rendre votre image captivante, il faut créer une ambiance !
Vous pouvez tout à fait opter pour la sobriété et le minimalisme en portant toute l’attention sur l’assiette ou le produit.
Disposés seuls sur fond uni ou naturel, le regard se portera directement sur le sujet de votre image. C’est un parti pris artistique qui fait son effet !
Vous pouvez également réaliser une jolie mise en scène en faisant appel à vos compétences en stylisme culinaire. Racontez une histoire grâce à quelques éléments décoratifs qui amèneront à découvrir ce qui compose votre plat.
Par exemple, ajoutez des ingrédients bruts (herbes fraîches, épices, légumes coupés), variez les textures (bois, lin, céramique, marbre…) et pensez aux petits détails imparfaits qui rendent la scène vivante.
En photographie culinaire, chaque élément dans le cadre a un rôle : il guide l’oeil et renforce l’histoire que vous voulez raconter.
L'ingrédient secret : la lumière naturelle
Profitez de l’outil que vous avez toujours à portée de main (ou presque) : la lumière naturelle !
Comme pour toute photographie, la luminosité joue un rôle primordial dans la qualité de votre image. Si vous souhaitez conserver l’intensité des couleurs sans les dénaturer et obtenir un rendu naturel et optimal, nous vous conseillons de privilégier la lumière naturelle. L’avantage : ça ne requiert pas de matériel !
On évite donc les pièces trop sombres, les heures tardives ou les lumières artificielles trop prononcées.
Pour cela, placez votre plat près d’une fenêtre tout en évitant le soleil direct (cela créerait des ombres trop dures). Vous pouvez également utiliser un voilage blanc pour diffuser la lumière.
Astuce de pro : placez la lumière sur le côté ou légèrement derrière le plat pour créer du relief.
En photographie culinaire, ayez le bon matériel !
Avant tout, choisir un objectif adapté est primordial. L’objectif grand angle n’est pas vraiment recommandé pour la photographie culinaire. Celui-ci aura tendance à étirer le fond et ainsi déformer l’image. Il peut cependant être utile lorsque vous souhaitez photographier une tablée entière par exemple.
Pour aborder la photographie culinaire, il est davantage conseillé d’utiliser un objectif permettant un cadrage serré comme une focale 85 mm ou un gros plan avec une focale 100 mm macro.
Autre matériel indispensable en photographie culinaire : le trépied ! Il ne sert pas seulement à stabiliser l’appareil : il améliore la précision, la cohérence et la qualité de la prise de vue.
En photo culinaire, on ajuste souvent la scène : déplacer une feuille de basilic, repositionner une fourchette, ajouter une sauce ou des miettes, changer un élément de décor… Avec un trépied, le cadrage ne bouge pas. On peut modifier la scène sans devoir recomposer l’image à chaque fois.
Grâce au trépied, vous pourrez également réaliser facilement une vue du dessus (flat lay), très courant en photo culinaire. Le trépied permet alors : de positionner l’appareil à 90° au-dessus du plat, de garder un alignement parfait et d’éviter de tenir l’appareil à bout de bras (imprécis et fatigant).
Certains trépieds ont une colonne horizontale spécialement faite pour ce type de prise de vue.
Besoin d’un coup de pouce pour vous lancer ? Rejoignez-nous pour un cours de photographie culinaire ! Vous y découvrirez le matériel et tous les petits trucs et astuces des photographes professionnels.
Votre agenda photo de Mars 2026
Le Printemps fait bientôt son grand retour pour notre plus grand plaisir ! En ce mois de mars 2026, autorisez-vous quelques moments hors du temps, l’occasion de visiter une galerie photo ou un musée et de plonger dans l’univers d’artistes de talent. La programmation culturelle s’annonce riche en ce mois de renouveau, où inspiration et créativité seront au rendez-vous. À travers des expositions photo inédites, voyagez aux quatre coins de la planète, de la France au Japon, de la Chine à l’Arctique, de regards en regards au gré des artistes exposés.
Découvrez notre sélection d’expositions et événements photo près de chez vous en mars 2026.
Les expositions photo
J'habite une ville fantôme de Thibaut Derien
Jusqu’au 14 mars 2026, la galerie Parallax à Aix-en-Provence vous invite à découvrir le travail photographie de Thibaut Derien. Entre 2005 et 2025, Thibaut Derien a sillonné la France par les petites routes, traversant des petits villages et hameaux, aujourd’hui désertés par les commerces de proximité. À travers les devantures colorées et vintages des magasins, nous entamons un voyage dans le temps emprunt d’une certaine nostalgie.
Lieu : Galerie Parallax, Aix-en-Provence
Les femmes ont faim de Anna Leonte Loron
Du 6 au 21 mars 2026, le Centre Photographique de Marseille dévoile l’exposition Les Femmes Ont Faim de la photographe et artiste visuelle française Anna Leonte Loron. Cette série questionne et renverse les représentations collectives du rapport des femmes à l’alimentation en montrant des femmes en train de manger pour leur propre plaisir, seules ou entre sœurs, loin des stéréotypes de retenue imposés par les normes culturelles. Nourrie par l’essai Mangeuses de Lauren Malka, l’œuvre de Anna Leonte Loron mêle photographies argentiques, films et installations pour rendre visibles des scènes absentes de l’imaginaire dominant : des femmes affamées de vie, de goût et d’appétit, qui se réapproprient l’acte de manger comme une expérience sensuelle et libératrice.
Vernissage le jeudi 5 mars 2026 à 18h. Rencontre le mercredi 11 mars 2026 à 19h.
À fleur de peau de Chloé Jafé
L’exposition À fleur de peau de Chloé Jafé est à découvrir à La Chambre à Strasbourg à partir du 28 mars 2026 jusqu’au 24 mai 2026. Artiste photographe formée en France et au Royaume-Uni, Chloé Jafé présente ici le fruit de sa trilogie japonaise Sakasa, un ensemble de séries réalisées après son emménagement au Japon en 2013. À travers des images puissantes et sans compromis, elle explore les vies en marge, des femmes liées aux milieux du Yakuza à Tokyo aux communautés alternatives d’Okinawa ou aux résident·es du quartier de Kamagasaki à Osaka, révélant des existences souvent invisibles à la société dominante. Cette exposition mêle poésie et réalisme pour offrir un regard profondément humain sur les corps comme instruments d’expression de soi, donnant à voir des récits sensibles et intimes qui bousculent les stéréotypes et invitent à repenser notre perception du Japon contemporain.
Vernissage le vendredi 27 mars 2026 à partir de 18h.
Lieu : La Chambre, Strasbourg
Paysage du loup de Etienne Maury
Du 27 février au 25 avril 2026, item galerie expose sur ses murs l’oeuvre de Etienne Maury, Paysage du loup. L’exposition propose une plongée sensorielle et réflexive dans les paysages alpins transformés par le retour du loup. À travers une série de photographies témoignant d’un travail documentaire mené sur plusieurs années, Maury explore la présence fugace de cet animal dans les montagnes, mais aussi les tensions, mythes et débats qu’elle suscite dans les sociétés humaines contemporaines. Loin d’un récit naturaliste simpliste, l’exposition met en scène la coexistence complexe entre humains, nature et territoire : le loup ici devient métaphore d’un monde en mouvement, interrogeant notre rapport aux frontières, aux traces que nous laissons et à notre manière d’habiter le monde.
Lieu : item galerie, Lyon
Discover de François Daireaux
Du 5 mars 2026 au 30 mai 2026, découvrez l’exposition photo Discover de l’artiste François Daireaux à la galerie Le Bleu du Ciel à Lyon. L’exposition regroupe 125 photographie réalisées en Chine au fil de plusieurs années dans plus d’une centaine de villes chinoises très peu visitées et documentées. À travers ces images, l’artiste capte les contrastes d’un pays en pleine mutation, où modernité fulgurante et héritages culturels se côtoient. Une immersion visuelle sensible au cœur d’une société en transformation.
Vernissage le samedi 7 mars 2026 à 18h30.
Lieu : Le Bleu du Ciel, Lyon
Revelation de Sissi Farassat
L’exposition Revelation de Sissi Farassat, présentée à in camera galerie du 12 février 2026 au 21 mars 2026, explore la relation intime que nous tissons avec l’image photographique à travers le regard singulier de l’artiste. L’artiste irano-autrichienne joue avec la mémoire et l’image en révélant par fragments des tirages — souvent vintage ou intimistes — tout en dissimulant soigneusement ce qu’elle choisit de laisser dans l’ombre. Loin d’une photographie figée, chacun de ses travaux invite le spectateur à combler les zones d’incertitude, à s’engager dans un dialogue entre ce qui est montré et ce qui reste caché. En déconstruisant et recomposant l’image, Sissi Farassat explore la tension entre présence et absence, intimité et mystère, tout en affirmant une démarche profondément personnelle et poétique.
Lieu : in camera galerie, Paris 07
Proche. Lointain. Incertain. - Exposition collective
L’exposition Proche. Lointain. Incertain. présentée à la Galerie VU’ rassemble jusqu’au 18 avril 2026 trois regards photographiques contemporains qui interrogent notre relation à l’environnement. À travers les séries d’Olivier Laban-Mattei, Alfie Masoliver et Natalya Saprunova (membre de l’équipe Graine de Photographe), le visiteur est entraîné des vastes plaines américaines aux étendues glaciales de l’Arctique, où solitude métaphysique, fragilité humaine et tensions climatiques se rencontrent. Chacune de ces approches explore, à sa manière, l’errance — qu’elle soit choisie, héritée ou imposée — et fait naître une réflexion sur le rapport intime entre les êtres, leurs paysages et les enjeux contemporains qui les traversent.
Lieu : Galerie VU’, Paris 15
WOMANAKWA de MansAmo (Mansara et Amaury Voslion)
Du 5 au 28 mars 2026, découvrez l’exposition WOMANAKWA du duo d’artistes Mansara et Amaury Voslion à la Galerie Vallois – Art moderne et contemporain, à Paris. Capturées en apnée, leurs photographies subaquatiques révèlent des figures en pleine transformation et esquissent un panthéon contemporain, nourri de mythologies diverses. Avec WOMANAKWA, les artistes construisent une narration immersive où se croisent renaissance, sacré et puissance des images, à travers un ensemble de photographies enrichi de vidéos, de pièces textiles et de textes.
Lieu : Galerie Robert Vallois, Paris 6
Séquences de Elsa et Johanna
La galerie La Forest Divonne vous invite à découvrir la nouvelle série photographique du duo artistique Elsa et Johanna, intitulée Séquences, du 5 mars 2026 au 11 avril 2026. Issue d’une résidence au Moulin Blanchard, dans le Perche, cette série donne au paysage un rôle central, transformant les lignes, les reliefs et les variations chromatiques de la forêt de Bellême en un véritable protagoniste visuel. Entre peinture et cinéma, les œuvres se déploient comme une fresque narrative : chaque image, pensée comme un plan successif, nous invite à se laisser porter d’un fragment à l’autre, tissant un récit où réel et imaginaire se répondent. Cette mise en scène singulière fait du paysage un miroir d’états intérieurs, créant un univers à la fois familier et troublant.
Vernissage le jeudi 5 mars 2026 de 18h à 21h.
Lieu : Galerie La Forest Divonne, Paris 6
This Will Not End Well de Nan Goldin
Du 18 mars 2026 au 21 juin 2026, découvrez l’exposition This Will Not End Well de l’artiste Nan Goldin, icône de la photographie contemporaine, au Grand Palais. Cette exposition consiste en la première rétrospective en France des vidéos et diaporamas de l’artiste en tant que cinéaste. À travers six six oeuvres majeures retraçant cinquante ans de création, l’artiste tisse un voyage intime et universel à partir de milliers de photographies et diaporamas qui documentent sa vie, ses amitiés, ses amours et ses combats. Ces récits explorent des thèmes forts comme l’enfance, le genre, la violence, la dépendance et la perte, transformant chaque image en fragment d’une mémoire collective vivante.
Lieu : Grand Palais, Paris 8
Fragilités & Résiliences de Thibault Gerbaldi
Du 21 mars 2026 au 19 juillet 2026, les grilles du Jardin du Luxembourg se parent de 80 photographies grand format du photographe Thibault Gerbaldi. Cette exposition photographique de plein air est organisée par le Sénat et consiste en la première exposition personnelle du photographe Thibault Gerbaldi en France. Les images, réalisées à travers cinq continents, dévoilent des paysages en perpétuelle transformation — icebergs qui se fragmentent, dunes mouvantes, rivières glaciaires, littoraux sculptés par le temps — qui sont autant de symboles de fragilité du vivant. Face à ces métamorphoses naturelles, les photographies mettent également en lumière la résilience humaine, à travers des gestes, pratiques et savoir-faire qui témoignent de l’adaptation profonde des communautés aux bouleversements climatiques, sociaux et culturels.
Lieu : Jardin du Luxembourg, Paris 6
Événements photo
Circulation(s) - Festival de la jeune photographie européenne
Le Festival Circulation(s), dédié à la jeune photographie européenne, signe sa 16ᵉ édition du 21 mars 2026 au 17 mai 2026 au CENTQUATRE-PARIS. À cette occasion, 26 artistes issus de 15 nationalités dévoilent des écritures visuelles singulières, reflétant la diversité et la vitalité de la scène émergente contemporaine. Fidèle à son principe de focus annuel, le festival met en lumière une scène photographique européenne spécifique : en 2026, l’Irlande est à l’honneur !
Lieu : CENTQUATRE, PARIS 19
Ce que vous pouvez encore voir de nos agendas précédents
- Marsiho e la mar – La Buzine, Marseille
- Migrations et Climat. Comment habiter notre monde ? – Palais de la Porte Dorée, Paris 12
- L’humus du monde de Sophie Zénon – Le Château d’Eau, Toulouse
- Nitassinan de Yann Datessen – Stimultania – pôle de photographie, Strasbourg
- Le bruit de la neige de Catherine Henriette – Galerie Leica, Paris 8
- Le modernisme brésilien de Gaspar Gasparian – Galerie Rouge, Paris 4
- Global Warning de Martin Parr – Jeu de Paume, Paris 1
- Henri Cartier-Bresson – Les Européens – Fondation Henri Cartier-Besson, Paris 03
- As far as you can see de Erik Kessels – Galerie du Jour agnès b., Paris 13
- American Images de Dana Lixenberg – Maison Européenne de la Photographie, Paris 04
- Guido Guidi. Col tempo, 1956–2024 – LE BAL, Paris 18
- Sous terre de Antoine Lecharny – Galerie Sit Down, Paris 03
- Les corps élastiques de Lucie Pastureau – Institut pour la photographie – Théâtre du Nord, Lille
- Photographies argentiques – Exposition collective – Arrêt sur l’image, Bordeaux
- Twana’s Box – UNE HISTOIRE KURDE PAR RAWSHT TWANA – La Chambre, Strasbourg
Méditation et photographie : le guide complet pour transformer votre regard
Associer méditation et photographie, ce n’est pas ajouter une pratique spirituelle à une activité artistique. C’est revenir à l’essence même de l’acte photographique : apprendre à voir. En combinant ces deux pratiques, vous êtes invités à ralentir, à reprendre le contrôle de votre esprit et à observer votre environnement autrement.
Dans un monde saturé d’images, où nous photographions vite et regardons peu, la photographie méditative propose un changement radical de posture. Il ne s’agit plus de capturer, mais de contempler. Plus de produire, mais de ressentir. Plus de chercher l’image spectaculaire, mais de laisser émerger une image juste.
La méditation, en développant l’attention, la présence et la conscience de l’instant, transforme profondément notre manière de pratiquer la photographie. Inversement, l’appareil photo peut devenir un outil d’ancrage, un support d’exploration intérieure. Ensemble, elles ouvrent un espace rare : celui d’un regard habité.
Découvrez les origines de cette approche, ses fondements scientifiques, sa mise en pratique et comment elle peut devenir une véritable expérience immersive à vivre pleinement.
Aux origines de la photographie contemplative
Contrairement à ce qu’on pourrait penser à l’ère des nouvelles pratiques bien-être tendances, la relation entre spiritualité et art photographique ne date pas d’hier. Dès le milieu du XXe siècle, certains photographes ont pressenti que l’acte de photographier pouvait devenir un voyage intérieur et introspectif.
Parmi eux, Minor White occupe une place essentielle. Profondément influencé par le zen et les philosophies spirituelles, il considérait la photographie comme un moyen d’exploration de la conscience. Il invitait les élèves dont il était le professeur à ne pas se limiter à la description du réel, mais à photographier l’expérience intérieure suscitée par le sujet. Pour lui, l’image n’était pas seulement un objet esthétique : elle devenait un espace de résonance.
Cette approche contemplative se retrouve également chez Jim Brandenburg. Son projet emblématique consistant à ne réaliser qu’une seule photographie par jour pendant les 90 jours de l’automne relevait presque d’une discipline méditative. En limitant volontairement le nombre d’images, il forçait l’attention, ralentissait le processus et réhabilitait l’intention. Chaque déclenchement devenait un acte pleinement conscient.
À travers ces différentes démarches, une intuition commune émerge : la qualité d’une photographie dépend moins de la sophistication technique que de la qualité de présence du photographe.
Pourquoi la méditation transforme la pratique photographique
L’association entre méditation et photographie n’est pas seulement poétique ou philosophique. Elle repose sur des mécanismes cognitifs et émotionnels étudiés par les neurosciences et la psychologie contemporaine.
La méditation de pleine conscience entraîne la capacité d’attention soutenue. Les travaux de la neuroscientifique Amishi Jha ont montré que l’entraînement à la pleine conscience améliore significativement les performances attentionnelles et limite la dispersion mentale. Amishi Jha fait notamment partie des premières scientifiques à étudier les liens entre pleine conscience et attention.
“Soyez attentif à votre attention” – Amishi Jha lors de sa conférence TEDx en 2017
Or photographier, c’est précisément exercer son attention : percevoir une variation subtile de lumière, anticiper un mouvement, ressentir une atmosphère.
D’autres recherches, notamment celles menées par la neuroscientifique Sara Lazar à Harvard, ont mis en évidence des modifications mesurables du cerveau chez les méditants réguliers. Une augmentation de la densité de matière grise dans certaines zones liées à la mémoire et à l’apprentissage, ainsi qu’une diminution de l’activité de l’amygdale, impliquée dans la réponse au stress, ont été observées. En pratique, cela se traduit par une meilleure régulation émotionnelle et une plus grande stabilité intérieure.
Pour un photographe, cela signifie moins de pression de performance, moins de comparaison, moins d’agitation mentale. L’espace intérieur s’élargit, laissant davantage de place à l’intuition et à la créativité.
La psychologie positive apporte un autre éclairage à travers le concept de « flow », développé notamment par le psychologue Mihaly Csikszentmihalyi. Cet état se caractérise par une immersion totale dans une activité, une concentration intense et une altération de la perception du temps. Beaucoup de photographes décrivent cet état lorsqu’ils se sentent « absorbés » par la scène. La méditation facilite l’accès à ce mode de fonctionnement en entraînant l’attention et la capacité à revenir au moment présent.
Enfin, plusieurs synthèses publiées par l’American Psychological Association soulignent les effets bénéfiques de la pleine conscience sur la réduction du stress et l’augmentation de la flexibilité cognitive. Cette flexibilité est essentielle en photographie : elle permet de sortir des automatismes, de renouveler son regard, d’explorer de nouvelles approches visuelles. Ainsi, la méditation ne se contente pas d’apaiser l’esprit. Elle affine le regard.
Comment pratiquer la méditation photographique au quotidien ?
Pratiquer une activité qui lie méditation et photographie ne nécessite pas forcément de longues retraites silencieuses. Il s’agit d’introduire progressivement de la conscience dans le processus créatif.
La première transformation concerne le rythme. Avant même de sortir l’appareil, il est possible de prendre quelques minutes pour marcher en silence, ressentir son environnement, observer sans intention de produire. Ce temps d’observation libre permet de passer d’une logique de chasse à l’image à une logique d’écoute. L’image n’est plus recherchée activement : elle émerge.
Le moment du déclenchement peut lui aussi devenir un rituel conscient. Une respiration profonde, une pause, une vérification intérieure de l’intention suffisent à transformer un geste automatique en acte pleinement présent. Cette micro-méditation rétablit le lien entre perception, émotion et technique.
La contrainte volontaire constitue un autre outil puissant. Se limiter à une seule focale, à un seul sujet ou à un nombre restreint de photographies oblige à ralentir. Cette limitation n’appauvrit pas la créativité ; elle la concentre. L’attention devient plus fine, plus sensible.
La pratique ne s’arrête pas à la prise de vue. Le moment de sélection et d’édition peut également devenir méditatif. Regarder ses images sans jugement immédiat, observer les émotions qu’elles suscitent, identifier les récurrences visuelles ou les thèmes inconscients permet de mieux comprendre son propre langage artistique.
Peu à peu, la photographie cesse d’être un simple résultat visuel. Elle devient un outil de connaissance de soi.
Méditation et photographie : à qui cela s'adresse-t-il ?
Cette approche s’adresse d’abord aux photographes qui ressentent une forme de saturation. Ceux qui produisent beaucoup mais éprouvent moins d’émotion. Ceux qui maîtrisent la technique mais cherchent davantage de profondeur.
Elle parle également aux débutants. Car avant de comprendre l’ouverture, la vitesse ou l’ISO, il est essentiel d’apprendre à regarder. La méditation offre un socle solide : développer l’attention, affiner la perception, cultiver la patience.
Les personnes en surcharge mentale y trouvent aussi un espace de respiration. Sortir en nature, ralentir, observer la lumière du matin ou les variations d’un ciel d’orage devient une forme de régulation émotionnelle. L’appareil photo sert alors de médiateur entre l’intérieur et l’extérieur.
Enfin, tous les créatifs peuvent bénéficier de cette démarche. Écrivains, peintres, graphistes ou encore architectes d’intérieur découvrent dans la photographie méditative un laboratoire d’attention et de présence qui nourrit l’ensemble de leur pratique artistique ou professionnelle.
Aller plus loin : vivre l'expérience en stage photo
Si la photographie contemplative peut se pratiquer seul, l’expérience prend une toute autre dimension dans un cadre immersif.
Un stage dédié permet d’alterner méditations guidées, temps de silence et sorties photographiques en pleine nature. Le groupe crée une dynamique particulière : chacun explore son propre regard tout en bénéficiant d’échanges bienveillants et de retours constructifs.
L’encadrement structure la progression. Les exercices et ateliers sont pensés pour approfondir la présence, affiner la perception de la lumière, relier émotion et composition. Les temps de partage permettent de mettre des mots sur l’expérience vécue et de consolider les apprentissages.
Au fil des jours, un changement subtil s’opère. Le regard ralentit. L’agitation intérieure diminue. Les images gagnent en cohérence et en profondeur. La photographie devient moins démonstrative, plus essentielle.
Participer à un stage de méditation et photographie, ce n’est pas seulement améliorer sa pratique artistique. C’est s’offrir un espace pour respirer, ressentir et retrouver une relation plus consciente au monde.
C’est pour cela que notre photographe Pidz et le médiateur Marc Blaise ont pensé et mis en place une retraite photographique qui prendra vie au cœur du Moulin du hameau de Mérignac, un ancien moulin du XVIIe siècle entièrement rénové. Ici, au coeur de la nature, les formateurs proposent une expérience de transformation du regard.
Réapprendre à voir
Méditation et photographie partagent un même cœur : l’attention. Dans une époque marquée par la vitesse, la distraction et la surconsommation visuelle, elles nous invitent à ralentir.
Les neurosciences confirment ce que les photographes contemplatifs pressentaient déjà : entraîner l’attention transforme la perception, apaise l’esprit et nourrit la créativité. L’image ne devient plus une simple trace du réel, mais l’expression d’un état intérieur.
Pratiquer la photographie méditative, c’est accepter de produire moins pour ressentir davantage. C’est transformer chaque sortie photo en expérience sensorielle et introspective. C’est faire du regard un chemin.
Et parfois, il suffit d’un stage immersif pour franchir un cap, approfondir cette démarche et inscrire durablement la méditation et photographie au cœur de sa pratique. Si vous sentez que votre regard peut devenir plus conscient, plus sensible, plus aligné, alors cette exploration pourrait bien être le début d’une transformation durable — artistique et personnelle.
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- La beauté de la nature sublimée par le photographe Thomas Gunillasson
La beauté de la nature sublimée par le photographe Thomas Gunillasson
L’artiste suédois Thomas Gunillasson exprime sa créativité entre la musique et la photographie. Si ces deux disciplines dialoguent dans son parcours, c’est notamment à travers l’image qu’il révèle ces dernières années une sensibilité singulière, profondément ancrée dans la nature. Ses photographies, souvent capturées à l’heure bleue, enveloppent le paysage d’une lumière subtile et presque irréelle. Cette tonalité froide et diffuse, omniprésente dans son travail, instaure une atmosphère crépusculaire où le silence semble suspendu. Face à ses images, le regard se fait contemplatif. La beauté sauvage des décors, parfois spectrale, nous entraîne dans un état proche de la méditation.
Entre rêve et réalité, entre obscurité et clarté, Thomas Gunillasson ouvre un espace d’entre-deux, une dimension où le paysage réveille en nous toute une palette de sentiments.
Un parcours artistique, entre musique et photographie
Artiste dans l’âme, Thomas est en premier lieu musicien et professeur de guitare de formation. Depuis son plus jeune âge, c’est la musique qui lui a permis d’exprimer sa créativité à travers notamment le jazz et le rock. C’est à l’adolescence que la photographie s’est peu à peu immiscée dans sa vie par le biais des magazines spécialisés et de son Instamatic.
« J’ai toujours été intéressé par les aspects techniques. Donc avant même de posséder un « vrai » appareil photo, je connaissais les caractéristiques des différents objectifs, films, vitesses d’obturation et ouvertures grâce à mes lectures et à l’étude des images. Je savais que je voulais un jour posséder un bon appareil photo, mais cela ne s’est produit que des années plus tard. » – Thomas Gunillasson
La pratique quotidienne de la photographie n’est arrivée que plus tard, lorsque Thomas a eu ses enfants et que le désir de documenter leur vie de famille est né. À partir de cet instant, il achète ses premiers appareils photo : un appareil photo Sony sans miroir en 2013 puis un appareil photo plein format Canon en 2018.
C’est la pandémie de la Covid-19 qui a été un déclencheur pour Thomas, dont les projets musicaux ont été mis en pause durant toute la période. Il s’est alors plongé totalement dans sa pratique photographique et a développé son regard artistique.
« J’ai commencé à sortir davantage dans la nature pour photographier des paysages et des fleurs, et j’ai découvert une grande passion pour cette activité. Non seulement pour la photographie, mais aussi pour l’amour de la nature et la paix que j’y trouve. Ces dernières années, j’ai également beaucoup photographié le football. C’est un autre aspect de la photographie que j’apprécie beaucoup ! » – Thomas Gunillasson
La nature, source infinie d'inspiration
Le travail photographique de Thomas Gunillasson est une ode à la nature. L’univers artistique de l’artiste se déploie dans une atmosphère crépusculaire, lente et contemplative, où la couleur — et en particulier le bleu — devient un vecteur d’émotion plus qu’un simple choix esthétique. Cette couleur s’impose au photographe par les moments qu’il privilégie pour capturer ses images, souvent l’aube et le crépuscule, où la lumière offre des conditions plus sombres et brumeuses. Bien qu’il capture ce que lui offrent les conditions de départ de ses prises de vue, il aime également accentuer certains tons lors de la post-production.
« Lors de la phase de retouche, je peux également donner une teinte bleutée aux images, car j’aime l’émotion que cette couleur me procure. Je trouve que le bleu est une couleur agréable à travailler. Il n’est pas aussi envahissant que d’autres couleurs. Il est très doux en ce sens. J’aime aussi contraster le bleu avec des tons rosés et orangés. » – Thomas Gunillasson
Thomas Gunillasson ne se considère pas comme photographe documentaire, et par conséquent ne cherche pas à reproduire une image « réaliste » mais davantage tournée vers l’émotion et la sensation.
« Je veux transmettre des émotions à travers la couleur, la profondeur et l’atmosphère, de manière lente et silencieuse. Créer de l’art est pour moi un soupir de libération et je veux que ma photographie donne cette impression. Il faut laisser de la place pour respirer, c’est le silence entre les notes qui fait la musique. Nous sommes tellement pris dans notre course effrénée, avec un milliard de pensées et d’impressions qui nous traversent l’esprit chaque jour. Je veux que mes photos soient un antidote à cela, car c’est ce que je ressens en les créant. » – Thomas Gunillasson
Son lien profond à la nature, nourri par une enfance passée à la campagne, été comme hiver, irrigue ainsi son travail. Au-delà des paysages représentés, c’est « le silence d’une tourbière dans le Grand Nord » et les sons qui « confirment ce silence » qui affleurent dans ses images, leur conférant cette dimension à la fois spectrale, onirique et méditative.
Du côté de la technique
Au-delà du regard artistique, les images de Thomas témoignent également d’une maîtrise technique.
« J’utilise beaucoup la mise au point manuelle. Avec mon objectif 135 mm f2, j’aime regarder dans le viseur avec l’objectif grand ouvert et voir le monde changer simplement en tournant la bague de mise au point. C’est souvent ainsi que je trouve ma composition. Une méthode par essais et erreurs qui me réserve beaucoup de surprises. La prise de vue ICM (mouvement intentionnel de l’appareil photo) peut également être très enrichissante avec un objectif plus long qui me donne des images imprévisibles. Avec d’autres objectifs comme mon 24-70 mm ou mon 35 mm, j’essaie simplement d’être attentif à mon cadrage, en ayant le moins d’encombrement possible et en utilisant beaucoup les possibilités offertes par l’espace négatif. Même si j’aime l’appeler « espace positif » en raison de ce que cela me fait ressentir.
J’aime travailler assez lentement, car c’est une forme de méditation pour moi. Cela dit, ces méthodes de travail ne s’appliquent pas lorsque je photographie du football, haha ! » – Thomas Gunillasson
Thomas Gunillasson : Instagram
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Découvrez l'univers magique et onirique de Juliette Jourdain
La photographe Juliette Jourdain révèle une multitude de facettes, aussi bien devant l’objectif que derrière. Maquilleuse, styliste et créatrice, elle imagine et façonne un univers unique pour chaque séance photo. Diplômée de l’EFET, elle trouve dans la photographie un moyen d’exprimer pleinement sa créativité, de repousser les limites de son imagination et d’inviter le spectateur à plonger dans son monde. À l’ère de l’intelligence artificielle omniprésente, ces images interrogent : sont-elles le fruit de l’IA ? Pourtant, dans le travail de Juliette Jourdain, l’intelligence artificielle n’a aucune place. Chaque scène, chaque décor et chaque costume sont conçus entièrement à la main, de A à Z. À travers cette démarche, l’artiste démontre que la création artisanale, l’imagination et la maîtrise technique occupent toujours une place essentielle dans le domaine de la photographie.
Découvrez le travail de la photographe Juliette Jourdain à travers une interview exclusive.
Pouvez-vous nous dire quelques mots sur votre parcours artistique/photographique ?
J’ai toujours été intéressée par l’art (dessin, peinture, modelage…) mais c’est à 20 ans que j’ai vraiment commencé les démarches pour en faire mon métier. J’ai donc étudié 3 ans la photographie à Paris à l’école EFET. Je me suis tout de suite passionnée pour la photographie de portrait en studio.
Qu'est-ce qui vous a amené à choisir la photographie comme médium pour exprimer votre créativité ?
La photographie est un art qui me permet d’en regrouper tout un tas d’autres : je crée mes accessoires, mes maquillages, mes stylismes et je les immortalise par le biais de la photo. C’est un travail complet.
Par la suite, qu'est-ce qui vous a attiré vers la photographie en studio et plus particulièrement au portrait ?
Quand j’ai commencé mes études, et même avant, c’est la photographie de portrait, et particulièrement en studio qui m’a instantanément attirée. J’aime créer un univers, une ambiance et des émotions à travers mes images. En studio, on peut contrôler la lumière, la pose… et ainsi fabriquer un petit monde magique.
Lorsqu'on regarde votre compte Instagram et vos créations, un univers mêlant fantastique et fantaisie s'affirme. Quelles sont vos inspirations ?
En ce moment, ce qui m’inspire le plus ce sont les livres pour enfants (j’ai 2 jeunes enfants, nous avons des dizaines de livres à la maison). Les histoires, les personnages, les illustrations, les couleurs… c’est une source merveilleuse d’idées pour mes créations.
Vous publiez régulièrement sur votre compte Instagram des vidéos des backstages, sortes de "making-of" de vos créations. Pouvez-vous nous parler du côté technique de votre travail ? Quel est le processus créatif jusqu'à aboutir au résultat final ?
L’aspect technique de mon travail est souvent long mais c’est aussi ce que je préfère. J’adore fabriquer mes accessoires et me filmer en train de le faire, car cela fait à 100% partie de l’image finale. Je trouve qu’il est important de montrer, dans cette ère de l’IA, que l’on peut encore fabriquer de ses propres mains, et qu’il faut à tout prix ne pas perdre ça. Généralement, avant de commencer la fabrication d’un accessoire, j’ai déjà ma photo en tête (pose, lumière…), parfois même le titre, et je réalise cet accessoire en fonction.
Avez-vous / pensez-vous à intégrer l'IA dans votre processus ?
Jamais. Et ça n’arrivera jamais. Parfois certaines personnes me disent « cela aurait été beaucoup plus simple avec l’IA », ou « tout ce travail alors que l’IA existe » et je trouve cela d’une tristesse infinie.
Juliette Jourdain : Instagram
Votre agenda photo de Février 2026
Les jours s’allongent doucement, la lumière change, et la ville devient un terrain d’observation privilégié pour les amateurs de photographie. Faites de février 2026 une période propice pour affiner votre regard, nourrir votre inspiration et découvrir les expositions photo à voir durant le mois, entre rétrospectives majeures et propositions contemporaines. Que vous cherchiez des idées de sorties culturelles ou simplement l’envie de vous laisser surprendre par l’image, notre sélection d’expositions photo vous accompagne pour traverser l’hiver sous le signe de la création et de la curiosité visuelle.
Découvrez notre sélection d’expositions photo de février 2026.
Les expositions photo
Henri Cartier-Bresson - Les Européens
Découvrez l’exposition « Henri Cartier-Bresson – Les Européens » à la Fondation Henri Cartier-Bresson à Paris, du 28 janvier au 3 mai 2026. Cette exposition propose une plongée fascinante dans l’Europe d’après-guerre à travers l’objectif d’un des plus grands photographes du XXᵉ siècle. Cartier-Bresson capture ici la diversité des peuples et des paysages du continent — non pas comme un simple carnet de voyage, mais comme un portrait vivant de ceux qui l’habitent. Cette rétrospective met en lumière son regard humaniste, attentif aux singularités culturelles et aux liens qui unissent les sociétés européennes dans un contexte historique profondément transformé.
Lieu : Fondation Henri Cartier-Besson, Paris 03
As far as you can see de Erik Kessels
La Galerie du Jour agnès b. vous propose de découvrir l’exposition As Far You as You Can See, du 30 janvier au 15 mars 2026. L’exposition explore de façon originale près de trois décennies de publications de l’artiste et éditeur néerlandais Erik Kessels, figure majeure de la photographie vernaculaire contemporaine. Collectionneur méthodique, Kessels met en lumière les récits, les comportements et les gestes qui se dégagent des images amateurs, souvent banales, issues de ventes aux enchères, d’archives, d’Internet et de marchés aux puces et qu’il recontextualise. À travers cette rétrospective inédite en France, le visiteur est invité à réfléchir à la place, à la circulation et à l’interprétation des images dans nos sociétés, tout en découvrant une démarche à la croisée de l’anthropologie visuelle et de l’édition artistique.
Lieu : Galerie du Jour agnès b., Paris 13
Danses internes de Simon Beraud
La Galerie Slika dévoile l’exposition Danses Internes de Simon Béraud du 6 au 19 février 2026. Simon Béraud propose une série photographique intense et sensible qui explore l’intime, l’érotisme et les questionnements profonds liés à l’existence humaine. Cette exposition met en lumière une photographie d’un ordre à la fois psychologique et philosophique, qui rend hommage aux êtres, aux espaces et à la lumière qui traversent nos vies.
Lieu : Galerie Slika, Paris 18
American Images de Dana Lixenberg
La Maison Européenne de la Photographie (MEP) vous invite à découvrir l’exposition photo American Images de Dana Lixenberg, du 11 février au 24 mai 2026. Cette exposition est la première grande rétrospective parisienne dédiée à la photographe néerlandaise. L’exposition retrace plus de trente ans de son œuvre photographique, composant un portrait pluriel, sensible et profondément humain des États-Unis contemporains, où célébrités et anonymes sont photographiés avec la même attention et dignité. Grâce à sa pratique à la chambre grand format, Lixenberg tisse un regard nuancé et empathique sur l’Amérique, interrogeant les mythes du « rêve américain » et offrant un contre-récit aux représentations médiatiques habituelles.
Lieu : Maison Européenne de la Photographie, Paris 04
Guido Guidi. Col tempo, 1956–2024
Du 20 février 2026 au 24 mai 2026, LE BAL vous invite à découvrir l’exposition photo Guido Guidi. Col tempo, 1956–2024. L’exposition offre une vaste rétrospective dédiée à l’un des photographes italiens les plus influents de la seconde moitié du XXᵉ. Vous voyagerez dans près de soixante-dix ans de carrière — depuis les premières expérimentations en noir et blanc des années 1960 jusqu’aux travaux plus récents — à travers dix-huit séquences photographiques conçues par l’artiste lui-même. Guidi, qui a profondément transformé notre rapport au paysage et à l’architecture en photographie, accorde une attention égale aux fragments apparemment banals et aux formes établies, interrogeant ainsi l’acte même de voir, le langage de l’image et le passage du temps.
Lieu : LE BAL, Paris 18
Sous terre de Antoine Lecharny
L’exposition Sous terre d’Antoine Lecharny à la Galerie Sit Down,à découvrir du 13 février au 25 avril 2026, invite à une contemplation sensible d’un paysage chargé de mémoire. Dans cette série photographique réalisée entre 2021 et 2024, Lecharny explore les lieux en Europe de l’Est et dans les pays Baltes où eurent lieu des fusillades massives de populations juives pendant la Seconde Guerre mondiale : des territoires aujourd’hui banals qui recouvrent peu à peu les traces de l’histoire. Par des images d’une grande sobriété, l’artiste interroge l’oubli, l’absence et la présence du passé dans ces espaces apparemment anodins, offrant une poésie visuelle qui suscite réflexion et émotion.
Lieu : Galerie Sit Down, Paris 03
Les corps élastiques de Lucie Pastureau
L’Institut pour la photographie présente hors les murs au Théâtre du Nord à Lille, du 13 février au 4 juillet 2026, l’exposition Les corps élastiques de Lucie Pastureau. À travers cette série intime et poétique, l’artiste explore les transformations du corps — qu’il soit en période de transition, marqué par des fragilités ordinaires ou façonné par des injonctions sociales — en donnant voix et visibilité à des parcours singuliers. Par la rencontre et le portrait, Pastureau compose un récit collectif qui tisse images et récits personnels, entre dévoilement et réappropriation, invitant le visiteur à penser la complexité et l’élasticité des corps dans leurs expériences humaines.
Soirée d’inauguration ouverte au public le jeudi 12 février 2026 en présence de l’artiste.
Lieu : Institut pour la photographie – Théâtre du Nord, Lille
Au pied du mur de Hugo Ribes
Du lundi 2 février au vendredi 27 février 2026, découvrez l’exposition Au pied du mur, réalisée par Hugo Ribes, photographe membre du collectif item, à la Manufacture des Tabacs à Lyon. Ces images offrent un regard engagé sur une jeunesse des quartiers populaires souvent invisibilisée. Le quartier y apparaît comme un espace à la fois protecteur et contraignant, où la culture de rue — notamment autour du tournoi autogéré de la CAN de Lyon — révèle des dynamiques de solidarité, de créativité et de quête de reconnaissance sociale.
Vernissage le mardi 3 février 2026 de 18h à 20h
Lieu : Manufacture des Tabacs, Lyon
Photographies argentiques - Exposition collective
À l’heure du retour de l’argentique dans les pratiques photographiques, 12 artistes dévoilent leur vision et leur identité artistiques à l’occasion d’une exposition collective à la galerie Arrêt sur l’image à Bordeaux. Cette exposition, plongeant le spectateur au coeur d’une scène émergente entre regards personnels et expérimentations, est à découvrir du 26 février 2026 au 28 mars 2026.
Vernissage le jeudi 26 février 2026 de 18h à 21h.
Lieu : Arrêt sur l’image, Bordeaux
Twana’s Box - UNE HISTOIRE KURDE PAR RAWSHT TWANA
Twana’s Box : Une histoire kurde par Rawsht Twana à La Chambre à Strasbourg (du 31 janvier au 22 mars 2026) présente un projet photographique puissant et intime né de la découverte d’une boîte en carton remplie de vieux négatifs enfouis dans le désert du Kurdistan irakien. Ces images, réalisées entre 1974 et 1992 par le photographe kurde-irakien Twana Abdullah, documentent la vie quotidienne d’une région marquée par les conflits. Après la mort de son père sous le régime militaire, Rawsht Twana restaure et met en regard ces archives familiales, transformant l’exposition à la fois en acte personnel de mémoire et en témoignage visuel d’une culture, d’une résilience et d’une histoire collective trop souvent oubliées.
Lieu : La Chambre, Strasbourg
Ce que vous pouvez encore voir de nos agendas précédents
- L’Amazonie hospitalière – Musée des Confluences, Lyon
- Marsiho e la mar – La Buzine, Marseille
- Banlieue, territoire-fiction – Le Lavoir Numérique, Gentilly
- Migrations et Climat. Comment habiter notre monde ? – Palais de la Porte Dorée, Paris 12
- L’humus du monde de Sophie Zénon – Le Château d’Eau, Toulouse
- Afghanistan no woman’s land de Véronique de Viguerie – La Scam, Paris 8
- Regards contemporains. Lauréats des prix photographiques à la BnF – BNF, Paris 6
- Nitassinan de Yann Datessen – Stimultania – pôle de photographie, Strasbourg
- Le bruit de la neige de Catherine Henriette – Galerie Leica, Paris 8
- Le modernisme brésilien de Gaspar Gasparian – Galerie Rouge, Paris 4
- Global Warning de Martin Parr – Jeu de Paume, Paris 1
Macrophotographie - Jay Lichter dévoile la beauté méconnue des champignons
À travers l’objectif du photographe néo-zélandais Jay Lichter, l’infiniment petit se métamorphose en un univers presque fantastique. Ses images nous invitent à découvrir un monde jusqu’alors invisible, où la nature dévoile une richesse insoupçonnée. Jeux de couleurs intenses, textures délicates et formes étonnantes se déploient avec poésie, révélant les champignons et les Myxomycètes comme de véritables œuvres d’art naturelles. Cette approche photographique sublime le banal et nous rappelle avec force le pouvoir de la photographie : celui de transformer l’ordinaire en extraordinaire et de révéler la magie cachée du monde vivant.
Découvrez l’univers microscopique du photographe Jay Lichter à travers une interview exclusive.
Pouvez-vous nous dire quelques mots sur votre parcours et ce qui vous a amené à débuter la photographie ?
Je n’ai aucune formation en photographie ni dans aucun domaine artistique, mon intérêt pour les champignons est nettement antérieur à celui pour la photographie. J’ai commencé à prendre des photos avec mon smartphone, et plus je passais de temps à observer, plus je découvrais de minuscules détails, ce qui m’a poussé à investir dans un équipement adapté à la macrophotographie. Une grande partie de la photographie consiste simplement à être à l’extérieur, dans les magnifiques forêts et la brousse néo-zélandaises. J’avais également vu d’autres personnes sur Instagram obtenir des résultats vraiment incroyables, en particulier avec des champignons, alors je me suis dit que cela valait la peine d’essayer.
Qu'est-ce que vous aimez dans la macrophotographie ?
La macrophotographie est extrêmement gratifiante pour plusieurs raisons. Pour moi, comme pour beaucoup d’autres personnes, je pense, le plus gratifiant est de pouvoir révéler les minuscules mondes cachés qui nous entourent (en permanence) mais que pratiquement tout le monde ignore. Tous ces petits organismes et ces scènes incroyablement beaux se trouvent tout autour de nous, mais ils sont complètement invisibles. Le simple fait de pouvoir révéler les détails de champignons et d’objets plus grands, comme la texture des lamelles ou des pieds, est vraiment satisfaisant. Cela a un certain charme, comme une chasse au trésor : sortir pour trouver un beau sujet, puis passer du temps à prendre une photo correcte est un processus vraiment agréable, et je tire une grande satisfaction de pouvoir mettre en valeur toutes ces choses incroyables qui sont cachées.
Techniquement, comment réalisez-vous ces images ?
J’utilise un appareil photo OM1 Mark II Om System, équipé d’un objectif macro 90 mm f3.5 IS PRO. Cette combinaison est excellente pour tout ce qui touche à la macro, car elle permet d’obtenir une grande clarté dès le départ, même à fort grossissement. J’ajoute parfois le téléconvertisseur MC20 pour augmenter le grossissement. Je les associe à un flash Godox V860 et à un diffuseur Cygnustech afin de m’assurer que les sujets sont correctement éclairés. Le diffuseur est sans doute l’un des éléments les plus importants du kit, car il répartit la lumière de manière uniforme sur les sujets et garantit l’absence de reflets ou d’éblouissements.
Le processus utilisé pour obtenir des photos nettes s’appelle le bracketing de mise au point ou l’empilement de mise au point. Il nécessite de prendre une série d’images (parfois jusqu’à plus de 200) à différents points focaux, chacune capturant une fine tranche de l’image avec des détails nets. Ensuite, chaque tranche est combinée à l’aide d’un logiciel de traitement appelé Helicon Focus, qui extrait essentiellement chaque tranche nette et les combine pour former une image nette. Lorsque l’on travaille avec des grossissements très élevés, la profondeur de champ est extrêmement faible, ce qui nécessite de nombreuses images pour capturer un sujet.
Jay Lichter : Instagram
"Plus qu'un portrait, une histoire" - Une exposition de notre formation longue Grainedephoto Academy #23
Notre formation longue en photographie Grainedephoto Academy Débutant propose un parcours de 6 mois destiné aux passionnés comme aux curieux. Conçue pour celles et ceux qui souhaitent découvrir la photographie et approfondir leurs bases techniques, elle accompagne les participants dans le développement de leur pratique. À l’issue de la formation, une exposition collective est organisée afin de valoriser les projets réalisés autour d’un thème commun, défini et exploré à mi-parcours.
Pour cette 23ème édition, nos élèves se sont challengés sur le thème Plus qu’un portrait, une histoire, guidés par la photographe professionnelle Roxana Albu-Mercié. Ce thème est une invitation à voir au-delà du portrait, à explorer l’histoire qui se cache derrière.
Une formation complète pour débuter la photographie
La Grainedephoto Academy : Débutant est conçue pour ceux qui souhaitent se professionnaliser ou développer leur passion avec un accompagnement structuré. De la prise en main de l’appareil photo à une exposition photo collective au centre de Paris, les participants découvrent notamment les notions de :
- Portrait : Maîtrisez l’art de capturer des expressions et des émotions.
- Composition : Apprenez à structurer vos images pour un impact visuel optimal.
- Photo de nuit : Explorez les techniques pour immortaliser la magie nocturne.
- Noir et blanc : Découvrez la puissance du monochrome pour créer des images intemporelles.
- Photo d’architecture : Capturez la grandeur et les détails des structures.
- Street photography : Immortalisez la vie urbaine avec des clichés spontanés et dynamiques.
- Utilisation de Adobe Lightroom : Découvrez comment prendre en main ce logiciel de retouche pour sublimer vos photos.
VERNISSAGE LE MARDI 27 JANVIER 2026
Toutes les photos sont exposées à la galerie grainedephotographe.com, sur l’île Saint-Louis à Paris
du 27 janvier 2026 au 10 février 2026
14 Quai de Béthune 75004 Paris
(Visites sur demande lundi au vendredi de 10h à 18h.
Veuillez nous contacter au 09 80 39 42 35 pour prévoir votre venue).
Rejoignez la prochaine Grainedephoto Academy : Débutant
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Finançable par votre OPCO, l’AFDAS, France Travail (anciennement Pôle emploi) ou encore votre entreprise, cette formation photographie est accessible à tous ceux qui souhaitent investir dans leur avenir photographique.
Ne manquez pas cette opportunité de vivre une expérience enrichissante et de voir votre travail exposé. Inscrivez-vous dès maintenant pour faire partie de cette aventure photographique !
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