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Madagascar en noir et blanc par le photographe Pierrot Men

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Originaire de Madagascar, le photographe Pierrot Men vit et travaille à Fianarantsoa où il dirige le plus grand laboratoire photo de la ville, le "Labo Men". Ses liens avec la photographie débutent en 1974 lorsqu'il ouvre son premier labo. En 1994, il est lauréat du concours Mother Jones - San Francisco, dont la récompense est un appareil Leica qui ne l’a plus quitté depuis.

Son travail est profondément lié à sa terre natale, comme le prouvent les photographies qu'il expose actuellement à Paris. Des clichés en noir et blanc qui documente la vie de la Grand île. A mi-chemin entre la photo d'auteur et le reportage, son oeuvre - qui s'étend bien au delà de Madagascar - est empreinte d'humanisme. Déclarant lui-même qu'il ne photographie jamais aussi bien que ce qu'il connait, c'est tout naturellement qu'il immortalise depuis toujours l'île Rouge, ses habitants et capture par ses images l’âme de son pays.

Parrain de l’association Zazakely Sambatra (enfants heureux) qui fait beaucoup pour les enfants malgaches, il projette de réaliser un livre pour 2019 mettant en lumière la jeunesse malgache et les ambitieux projets portés par l’association.

A l'occasion de l'exposition Madagascar. Arts de la Grande île Pierrot Men expose 18 de ses photographies au Musée du quai Branly - Jacques Chirac, du 18 septembre 2018 au 1er janvier 2019. Toujours à Paris, vous pourrez également admirer certaines de ses oeuvres à la galerie Argentic jusqu'au 27 octobre 2018.

Il nous parle aujourd’hui de son travail et de Madagascar dans une courte interview.

 

©Pierrot Men
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  • Pourriez-vous vous présenter ; comment avez-vous commencé la photographie ?

Je suis né à Madagascar à Midongy du Sud. Fils d'une mère franco malgache et d'un père chinois.
A 16 ans je faisais déjà de la photo mais qui me servait uniquement de support pour mes peintures. J’ai été peintre en copiant mes images pendant une quinzaine d’années jusqu’au jour où une amie m’a fait comprendre que ma peinture était mauvaise et que mes photographies sont beaucoup plus intéressantes.  Dur dur, je croyais vraiment être un bon peintre, mais c’était décidé. J’ai arrêté la peinture.

 

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  • Vous exposez actuellement dans plusieurs espaces à Paris. Pourriez-vous nous dire quelques mots sur ces photos à Madagascar ? Que cherchez-vous à montrer à travers ces images ?

Ce sont juste des images des petites choses de la vie quotidienne des Malgaches. A travers ces photos j’essaye de saisir leur geste, leur dignité, leur âme…. dans ce qu’ils ont de plus fier et de plus noble. Qu’à travers mes images les Malgaches se sentent compris et aimés.

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  • Parmi les photos exposées actuellement à Paris, quelle est la photo dont vous êtes le plus fier ou qui vous tient le plus à coeur ? 

Chaque photo m’a fait vibrer à la prise de vue. Je les aime toutes. L’image est là, elle ne m’appartient plus. Je laisse à chacun de s’y retrouver.

 

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  • Avec quel matériel travaillez-vous principalement ?

Je reste toujours fidèle à mon Leica M. Pour d’autres images, j’utilise aussi Olympus et Nikon.

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  • Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à un.e photographe débutant.e ?

Le même conseil que je me suis donné : se donner inlassablement à sa passion.

 

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Pierrot Men - son site - Instagram - Facebook

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La tendresse ©️ Jean-Michel Landon (Linstable photographie)

Au cœur des quartiers populaires avec le photographe Jean-Michel Landon

Jean-Michel Landon, alias Linstable est un photographe originaire de Créteil dans le Val-de-Marne. C’est en 2012 qu’il se lance dans la photographie. Le déclic se fait à l’époque où il travaille comme acteur social dans un quartier sensible de Créteil. Qui de mieux placé pour retranscrire la vie de cette cité objectivement si ce ne sont ses habitants et ses acteurs de terrain ?

Découvrez un aperçu des photographies de Jean-Michel Landon aux coeur des quartiers populaires :

Voir la vie du bon angle © ©️ Jean-Michel Landon (Linstable photographie)
Voir la vie du bon angle © ©️ Jean-Michel Landon (Linstable photographie)

Appareil à la main, il a donc passé 6 années à documenter le bon comme le mauvais de la vie des quartiers populaires. Loin du sensationnel souvent servi par les médias, le tout avec une approche sociale et humaniste. Son ancienne profession, qu’il a exercée pendant 20 ans, lui a permis d’établir un véritable travail de confiance avec les jeunes et les habitants, un point essentiel pour ce type de photographie, comme cela est le cas également pour le photo reportage.

« Une aventure inattendue »

Son livre, « Une Aventure Inattendue » co-réalisé avec l’écrivain Elpidio Sitti, est l’aboutissement de ce travail de mémoire mettant en avant la vie des résidents de cette ville de la banlieue sud de Paris. La vie en bas des blocs, les rires, la police, l’amitié… Une série d’images en noir et banc pleines d’émotions.

Jean-Michel Landon voit la photographie sociale comme un engagement. C’est donc tout naturellement qu’en parallèle à ce projet, il travaille avec les réfugiés et les sans-abris à qui il reverse systématiquement 50% du prix de chaque photo vendue qui les représente par le biais de son association « un p’tit peu beaucoup ».

« Une Aventure inattendue », allie un travail de mémoire photographique réalisé sans mise en scène au cœur de deux quartiers populaires de la ville de Créteil, mais aussi une histoire. Celle de Claude Martin, un homme qui se retrouve plongé dans l’univers de la banlieue et auquel il est totalement étranger. – Jean-Michel Landon

Retrouvez le travail de Jean-Michel Landon alias Linstable sur son site internet et n’hésitez pas à le suivre sur Instagram !


L'univers sensuel et onirique de la photographe Arianna Lago

Sensuel, délicat, coloré, onirique… tant de termes pour qualifier l’univers de la talentueuse Arianna Lago. Toujours à la recherche de la beauté et de la singularité dans le quotidien, ses photographies vont du portrait à la nature morte. Elle maîtrise la composition et l’esthétisme de ses images avec brio. Jouant avec une réelle sensibilité avec les couleurs et la lumière, ses clichés sont empreints d’une véritable fraîcheur. Italienne de naissance, Arianna Lago a passé la moitié de sa vie au Royaume-Uni. Vogue Italia, Sleek, Monocle, Metal, Roksanda, IIUVO, About Arianne Shoes, et Truss font parti de ses clients réguliers. Elle utilise son premier appareil photo lors d’un voyage au cours duquel elle prend un grand nombre de photos. Le hic ? Lorsqu’elle l’emmène pour le faire développer, il s’avère qu’elle n’avait pas chargé la pellicule correctement et qu’il y a donc zéro photo. Une bien triste erreur de débutant !

« C’était une véritable déception … mais dans ma tête les images que j’avais prises avaient l’air top ! » – Arianna Lago

Découvrez en plus sur Arianna Lago et ses travaux au cours d’une courte interview : 

© Arianna Lago

Comment avez-vous commencé la photographie ?

Depuis mon adolescence, j’étais attirée par la photographie, mais j’avais un énorme manque d’expérience et de confiance en moi pour me réussir à me convaincre que c’était la bonne voie pour moi. Quand j’ai commencé à travailler après mon diplôme en arts sonores et design, j’ai pris des cours de photographie à temps partiel pour apprendre la photo de studio, la chambre noire et m’épanouir avec quelques projets de photo documentaire. J’ai par la suite commencé à faire des photos lors de mes voyages et mes observations de la vie de tous les jours. Progressivement, j’ai commencé à prendre un peu plus de contrôle, pourtant, j’ai tenu à garder ces éléments spontanés et ordinaires, qui je pense font mon style !

Quels sont vos principales sources d'inspirations ?

Je puise mon inspiration dans les sentiments, les émotions, la vie… les rêves, les aspirations, la musique, les films. Je trouve l’inspiration dans la façon qu’a mon cerveau réagir face à une phase spécifique de ma vie que je traverse. L’inspiration ne me vient pas nécessairement des autres photographes, bien que … j’aime beaucoup entendre Roger Ballen parler 🙂

Avec quel matériel travaillez-vous habituellement ?

Mon matériel varie en fonction de mes travaux…. Je pense que cela dépend de la mission, mais mon Nikon F1000 est celui sur lequel je m’appuyais le plus. Il est cassé à présent, je vais devoir trouver une solution de rechange.

Arianna Lago : SiteInstagram

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France : Nouveau regard sur les centres commerciaux nouvelles générations

"Le centre des loisirs" du photographe Benjamin Le Brun

Une fois un diplôme en urbanisme en poche, Benjamin Le Brun, né en 1981 en Bretagne, décide de se lancer dans la photographie. Fortement inspiré par la ville et son environnement, ses travaux vont de l’architecture à la mise en scène. Diffusé par l’agence Sipa Press, il mène de front ses projets personnels, les commandes photographiques et sa carrière d’urbaniste.

France : Nouveau regard sur les centres commerciaux nouvelles générations benjamin le brun
Le centre des loisirs ©️ Benjamin Le Brun

A une époque où notre société est en constante surconsommation, Benjamin Le Brun cherche à mettre en lumière la mutation des centres commerciaux en France à travers une série pleine d’humour :  Le centre des loisirs. Des « super » centres commerciaux qui – à l’instar des « Malls » américains et des nouveaux « Retail Parks » –  intègrent la dimension « loisirs » à leur offre pour attirer plus de clients. Passant ainsi d’un simple lieu de vente, à lieu de vie pour vous donner l’envie de passer votre journée entière en leur sein. Chute libre indoor, piscine à vagues, accrobranches, pistes de ski, discothèques, parc d’attractions… sont de plus en plus intégrés à ces centres commerciaux « nouvelle génération ».

« Le centre des loisirs » esquisse ainsi les nouveaux comportements des consommateurs à qui il est promis plus de plaisir et moins de contraintes. – Benjamin Le Brun

France : Nouveau regard sur les centres commerciaux nouvelles générations
Le centre des loisirs ©️ Benjamin Le Brun

Débuté en 2015, « Le centre des loisirs » est un projet de mises en scène absurdes, dans un décor bien précis, celui des zones commerciales périurbaines – actuelles, anciennes ou en friche. Benjamin Le Brun met en scène des modèles jouant le rôle de consommateurs « décomplexés » dans des clichés burlesques aux couleurs pop et acidulés. A travers des images à la composition et à l’esthétique léchées, le photographe breton se joue des codes et de la logique : des espaces déserts dans lesquels des modèles pratiquent des activités improbables, tels qu’un surveillant de baignade ou des femmes en train de bronzer dans un parking vide.

« Au fil des ans et des travaux, ma démarche me conduit de façon déterminante vers la mise en scène. J’aime reconstituer une image comme je pourrais composer une peinture. » – Benjamin Le Brun

Le photographe Benjamin Le Brun © Olivier Touron / Divergence
Le photographe Benjamin Le Brun © Olivier Touron / Divergence

Benjamin Le Brun : Site officiel


Underwater Realm © Anuar Patjane

La faune sous-marine en noir et blanc par le photographe Anuar Patjane

Anuar Patjane - Underwater Realm - A Family Portrait - Diving with a humpback whale and her new born calf while they cruise around Roca Partida Island, in Revillagigedo, Mexico.
Underwater Realm © Anuar Patjane

C’est avec une bouteille de plongée sur le dos et un appareil dans les mains qu’Anuar Patjane a réalisé une magnifique série photo en noir et blanc sur la faune sous-marine.

Anthropologue et photographe originaire de Mexico, Anuar Patjane cherche à ce que chaque cliché soit unique et figé à tout jamais.
Constamment à la recherche d’images dépeignant de fortes significations et émotions, Anuar tente d’éviter à tout prix les stéréotypes dans ce qu’il créer. Scientifique de formation, ce photographe mexicain tente de capturer l’instant et la réalité afin de créer des histoires visuelles suscitant de l’empathie en attirant l’attention des spectateurs vers des endroits et des moments qui, d’ordinaire, seraient passés inaperçus.

Anuar Patjane - Underwater Realm - Tornado (aleph) Silver jacks forming a tornado shape in Cabo Pulmo, Mexico
. Park ranger Leonardo, never gets tired of the silver jacks. This is what we call a tornado shape swarm and is not a common sight, but that day the clarity of the water was excellent, the depth ideal and there were lots of jacks, so the tornado shape appeared and the water was amazingly clear so I finally got this scene that I have envisioned for so long. Cabo Pulmo is a unique example of the power of preserving marine hot spots, or what Sylvia Earle calls Hope Spots; by selecting and protecting strategic marine areas, the biomass of the ocean can increase rapidly and improve the overall health of the oceans.
Underwater Realm © Anuar Patjane

Underwater Realm

Son magnifique projet Underwater Realm a pour vocation d’alerter la société de l’importance de la conservation et de la protection des océans.

La conservation et la protection des océans est devenue un sujet urgent, mais trop peu de gouvernements et d’ONG font réellement et activement quelque chose à cet égard. A travers cette série j’essaie d’attirer l’attention sur la beauté des océans : nous sommes en train de les vider brutalement avec la surpêche. Nous voyons et nous nous soucions des forêts qui disparaissent, car elles sont visibles de tous ; mais nous ne voyons pas à quel point nous détruisons la vie sous-marine […] Cela doit changer rapidement afin que nous puissions inverser le cours des choses.

C’est donc ce que tente de faire Anuar Patjane à travers son art et ses splendides clichés. Les requins, baleines, raies ou encore les immenses bancs de poissons présents sur ses photos viennent nous rappeler combien la vie océanique est riche et belle ; tandis que les plongeurs, jamais bien loin de ces créatures, viennent quant eux souligner la petitesse de l’homme dans ce monde si mystérieux et si fragile.

portrait noir et blanc du photographe anuar patjane
Le photographe Anuar Patjane

Retrouvez l’ensemble des travaux d’Anuar Patjane sur son site et n ‘hésitez pas à le suivre sur Instagram !

Et rejoignez nous pour un cours photo Noir et Blanc ! Dates et inscriptions pour tous nous cours ici !


Shanghai la série du photographe Erwin Olaf

Erwin Olaf est un photographe néerlandais né en juin 1959 à Hilversum. Il vit et travaille à Amsterdam depuis les années 1980. Son style raffiné et soigné l’a rendu célèbre mondialement. Exposé à travers le monde et primé à de nombreuses reprises, Erwin Olaf a su s’inscrire de son vivant dans l’héritage culturel néerlandais. En 2018, il a notamment réalisé les portraits officiels de la famille royale néerlandaise. Depuis 2012, Erwin Olaf travaille sur le projet en trois séries : Shifting Metropolises. Après la série Berlin, il s’attaque à la ville de Shanghai pour le second chapitre de ce triptyque. Une série de magnifiques portraits picturaux dans une ville continuellement en changement.

Découvrez en plus sur Erwin Olaf et sa série Shanghai au cours de notre interview ci-dessous. 

Shanghai 2017 – Fu1088, The trinity ©️ Erwin Olaf

Pourriez-vous vous présenter ? Comment avez-vous commencé la photographie ?

En 1977, à l’âge de 18 ans, j’ai quitté la maison pour aller étudier le journalisme à Ultrecht. Pour être tout à fait honnête, ce n’était pas mon intention de devenir un journaliste dans un premier temps, bien que j’aie adoré la super mentalité libre « flower power » lorsque j’ai visité l’école lors d’une journée portes ouvertes. C’est comme si le grand monde m’attendait. Lors de ma première année d’études, il s’est avéré que l’écriture n’était pas ma véritable passion, même si j’appréciai cela. L’un des photographes enseignant m’a vu lutter entre l’écriture et la découverte de ma toute nouvelle liberté à tout juste 18 ans. Il m’a alors proposé de rejoindre sa classe de photographie pour débutants.

Dès la première leçon, je suis tombé amoureux de ce medium. Le poids et le contact froid du métal peint en noir du Nikon FM et des objectifs. Le grain romantique de la pellicule Kodak TRI-X Pan à 400 ou poussé à 1600 ASA. L’odeur de la chambre noire, la lumière verte/jaune, la magie quand le papier touchait le liquide et que l’image commençait à apparaître. J’ai aimé chaque aspect. Mais ce qui m’a fasciné le plus c’était le pouvoir du recadrage, le choix du point de vue, le mouvement figé dans le temps et la beauté de révéler toutes les palettes de couleurs jusqu’à l’essentiel noir et blanc et toutes les sortes de gris au milieu.

Comment vous est venue l’idée de cette série ? Quelle type de relation entretenez-vous avec la ville de Shanghai ?

Shanghai me rappelle un jeune adolescent, confiant, rempli d’une énergie illimitée, convaincu de son propre pouvoir et faisant tout ce qu’il faut pour atteindre son potentiel. Cette puissance s’affirme par l’immense silhouette de la ville et de sa banlieue qui germent, grandissent et changent presque chaque mois. Il peut être effrayant de voir à quelle vitesse la puberté a transformé cette ville en un jeune adulte obèse, son coeur battant de plus en plus vite dans une atmosphère étouffante de réaménagement impitoyable. Pour moi, Shanghai incarne le pouvoir explosif d’expansionnisme que le continent asiatique mène depuis ces dix dernières années.

Cette métropole est, à une échelle macro, fortement agitée. Pourtant au niveau micro c’est le contraire, l’énormité se perd lorsque l’on joint les innombrables microcosmes qui font que Shanghai est si riche. Et je veux, à travers mon travail, unir ces extrêmes apparemment incompatibles. Il y a, par exemple, la sérénité qui se dégage dans une grande partie de l’ancienne concession française avec ses avenues bordées d’arbres. Il y a les danses impromptues et les démonstrations de gymnastique sur les places publiques, et l’effervescence enjouée dans les ruelles, des quartiers en déclin et surpeuplés où les résidents attendent souvent leur déménagement forcé avant la démolition définitive.

En tant que ville internationale, Shanghai est également considérée par beaucoup comme une oasis de liberté relative et d'émancipation dans un pays avec un régime à parti unique.

De ce fait, la position de beaucoup de jeunes femmes ici est également exceptionnelle. Elles sont vues comme très indépendantes et affirmées, avec de hautes positions sociales impossibles à obtenir dans les zones plus traditionnelles conservatrices. J’ai travaillé et appris de certains d’entre elles ces dernières années. Et il est apparu suite à de nombreuses conversations que la distance entre elles et la plupart des hommes restent grande. C’est dans ce gouffre que la solitude et l’aliénation se cachent souvent. La distance et le chagrin silencieux deviennent donc un thème de la série, exprimée particulièrement dans six courtes vidéos.

Par rapport à ces impressions et à beaucoup de rencontres personnelles au cours de divers voyages à Shanghai, j’ai décidé de chercher des emplacements avec une histoire et un sujet. Cela n’a pas toujours été facile. Shanghai a été reconstruite, renouvelée et rafraîchie à une allure rapide. J’ai dû arriver dans ces lieux avant que le forgeron ait abaissé son marteau ou qu’une malencontreuse restauration ai tout détruit. Dans beaucoup de ces lieux, il y a eu un anonyme sensible qui a gêné la progression. Et bien sûr il y a le veto invisible et incontestable du gouvernement.

Pendant et après cette quête, nourrie par tant d’entretiens et d’observations, je me suis fait à l’idée que mon travail devait également être à propos du changement, du départ et des adieux. Dans une société où l’on considère que trop afficher ses sentiments est inapproprié, j’ai voulu me concentrer sur les émotions qui surgissent face à ces changements et les façons dont ils sont traités.

Shanghai 2017 – 1933, The letter ©️ Erwin Olaf

Comment travaillez-vous la lumière de vos images ? Et avec quel matériel travaillez-vous habituellement ?

En visualisant et en prenant le temps approprié pour éclairer quelqu’un ou quelque chose. Vous utilisez vos yeux et apprenez en faisant des essais et des erreurs. J’ai toujours utilisé mon Hasselblad avec un dos Phase One.

Quelles sont vos principales sources d'inspiration ?

Mon inspiration vient principalement de mes expériences de la vie et des choses qui arrivent quotidiennement dans le monde. Une grande inspiration vient donc de l’actualité. C’est principalement grâce à cela que me viennent les idées que je veux explorer et ainsi de suite jusqu’à ce que nous commencions à shooter. Je discute mon idée avec les stylistes, le coiffeur, le maquilleur et le scénographe.

Mes plus grandes références viennent de peintres comme : Rembrandt, Vermeer, Otto Dix et Norman Rockwell. À côté de cela, je suis inspiré par des films comme : Le Casanova de Fellini de Federico Fellini, Blow-up de Michelangelo Antonioni et Les yeux de Laura Mars d’Irvin Kershner. Des photographes comme Robert Mapplethorpe, Helmut Newton and Joel Peter Witkin sont des références importantes dans mon travail personnel.

Avez-vous des projets en cours ?

Depuis 6 ans je travaille sur un projet qui s’intitule « Shifting Metropolises« . Shanghai est le second chapitre de ce triptyque.

Jamais les villes n’ont été aussi peuplées qu’elles le sont actuellement. Cette gravitation vers les villes a suscité de grands changements de la vie urbaine à travers le monde, qui non seulement a eu d’énormes conséquences pour la société dans son ensemble, mais aussi pour l’individu. Shifting Metropolises est une exploration intense de ces conséquences, fournissant une perspective fortement nécessaire sur la rapide transformation actuelle de la vie urbaine. Cette année je photographierai et filmerai une nouvelle série aux Etats-Unis, qui sera présentée en association avec mes deux autres séries : la première Berlin, et la plus récente Shanghai. Ensemble elles formeront une installation unique, aboutissant à plusieurs triptyques multi-couches qui explorent le coeur même de la société urbaine à une époque où cela est plus pertinent que jamais.

Ce triptyque est le seul projet que j’ai shooté sur place plutôt que dans un studio. Néanmoins, j’ai réalisé les photographies et films de ces trois séries dans le style qui m’a rendu célèbre. Des images caractérisées par un éclairage pictural, cheveux et maquillage impeccables, et des réglages qui créent une ambiance pleine de charme et de sérénité. Toutefois, une photographie que je prends n’est jamais qu’une simple photographie. Derrière la surface impeccable, se cache toujours une histoire exceptionnelle, abordant des questions sociales, des tabous sociaux et la politique. Dans le cas de Shifting Metropolises, cela a mené à un travail qui est non seulement visuellement stupéfiant et captivant, mais aussi admirablement complexe, féroce et brutalement critique. Shifting Metropolises est la vraie vie sur scène : l’imaginaire transpercé par une réalité mordante.

Shanghai 2017 – Huai Hai 116, Self Portrait ©️ Erwin Olaf

Erwin Olaf : SiteInstagramFacebook

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Margherita Charlotte Mano Portraire Graine de Photographe-6

Portraire : les portraits picturaux de la photographe Charlotte Mano

Diplômée de l’école des Gobelins, Charlotte Mano ; photographe parisienne d’adoption ; est spécialisée dans l’art du portrait.

Ses travaux s’articulent autour de plusieurs thématiques : le corps, l’espace, l’obscurité. Ils questionnent le pouvoir de représentation et de transparence de l’image. C’est le cas de sa série Portraire que nous vous présentons aujourd’hui. Des portraits semblables à des peintures, où les modèles sont sublimés par une ambiance bleutée et vaporeuse, le tout sans manipulations numériques.

Découvrez en plus sur cette talentueuse photographe et sa magnifique série à travers notre interview.

Pourriez-vous vous présenter ; comment avez-vous commencé la photographie ?

Je m’appelle Charlotte Mano, j’ai 28 ans et je vis et travaille à Paris. La photographie est arrivée assez tard dans ma vie. J’ai grandi au grand air dans un milieu rural du sud-ouest de la France, pas de télé, pas de cinéma, très peu de culture. Je me suis beaucoup ennuyée jusqu’à l’arrivée d’un caméscope à la maison. J’ai tout de suite été fascinée par l’idée de la capture, de la sauvegarde, de pouvoir revoir une image, observer… Ce caméscope m’a vite été confisqué suite à une cassette où je me suis naïvement filmée nue telle une nymphe des bois… Ce fut le choc pour mes parents et l’interdiction totale. J’ai eu beaucoup de mal à comprendre ce que j’avais pu faire de mal. Puis, à mes 18 ans mon frère m’offrait mon premier appareil photo.

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Portraire © Charlotte Mano

Comment décririez-vous votre style, l'esthétique qui compose votre travail ?

Ma sensibilité me pousse naturellement vers l’humain, l’intime et plus largement la représentation. Je photographie ma famille, mes amis, moi-même, en studio (lieu neutre) ou dans mon village d’enfance. Je ne considère pas la photographie comme le réel, mais bien comme un médium de déréalisation. Ce que je mets en forme ce sont des images mentales, des souvenirs, des apparitions. Voilà pourquoi on retrouve une esthétique vaporeuse, fantomatique ou parfois ésotérique.

J’essaie de troubler le spectateur, de changer le propre de la photographie qui est de montrer : mes personnages ne nous regardent pas (portraire), je photographie dans le noir (visions scotopiques) ou encore il faut parfois poser ses mains sur la photo pour révéler les portraits intimes (blind visions). Un ami m’a fait remarquer que l’anagramme d’image était « magie », c’est ce que je tente d’appliquer plus ou moins.

Vos projets personnels sont souvent très proches de la peinture, et c'est également le cas dans Portraire. Pouvez-vous nous dire quelques mots sur vos techniques ? Quelles sont les étapes pour réaliser une photographie comme celles issues de la série Portraire ?

La peinture n’est qu’une représentation de la réalité, idem pour ma vision de la photographie, voilà pourquoi j’aime ce côté pictural. « Portraire » vient de l’ancien français et signifie simplement « dépeindre quelqu’un », ici mes amis, distants, pudiques, vaporeux. Pour cela, je mets un point d’honneur à tout faire à la prise de vue, j’aime l’expérience et user d’artefacts pour arriver à mes fins sans manipulation numérique. Ici dans Portraire ce sont des voilages blancs très fins posés entre le modèle et moi qui aplatissent l’image et donnent cette sensation d’artificialité. Quand la série est exposée, elle est tirée en grand format sur du papier japonais, qui termine de mettre le doute au spectateur : photographie ou peinture ? Personne n’est certain à moins de lire le cartel…

Quelles sont vos influences ?

Mes études de Lettres m’influencent pas mal, surtout la littérature fantastique du XIXeme siècle, un courant qui m’a beaucoup marqué et dont on retrouve des indices dans certaines séries : le doute, l’étrangeté, l’apparition, le fantôme…

Les spectacles vivants (danse, opéra, théâtre, musique) sont une grande source d’inspiration car ils laissent le champ libre à l’imagination et véhiculent des émotions personnelles soudaines, fortes et incontrôlées. Je ne suis pas cinéphile et je n’ai pas de photographe favori, peut-être un comble pour une photographe…

Avez-vous un message ou un conseil pour les personnes qui souhaiteraient se lancer dans la photo ?

Si vous avez la conviction viscérale que ce médium vous anime, foncez !

Mes parents ont toujours été réticents à l’idée que je fasse ce métier qu’ils ne considèrent d’ailleurs pas comme tel. Je suis heureuse d’avoir fait l’école des Gobelins et de me battre tous les jours pour vivre de ma passion. Ce n’est pas tous les jours marrant mais je ne regrette rien. Car attention, il ne faut pas se leurrer, la photographie n’est pas une voie simple, il faut s’armer de patience et de persévérance !

Charlotte Mano : siteInstagram

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Pools, la série photo aérienne de Stephan Zirwes

Pools, la série photo aérienne de Stephan Zirwes

Pools © Stephan Zirwes
Pools © Stephan Zirwes

 

Né en Allemagne en 1967, le photographe Stephan Zirwes vit et travaille à Stuttgart. C'est à l'âge de 15 ans qu'il débute la photographie. En 2003, il commence à louer des hélicoptères pour réaliser des photographies vue du ciel. En 2011, il construit son premier drone.
Lauréat du Sony World Photography Award (3e place) dans la catégorie architecture en 2016 et du Hasselblad Masters Award en 2010, Stephan Zirwes explorepar le biais de ses photos des sujets politiques et sociaux. Sa série Pools, minimaliste et esthétique, aborde justement l'un de ces thèmes.

 

C'est équipé d'un Hasselblad H4D-50, à plusieurs mètres au dessus du sol, que Stephan Zirwes a réalisé sa série Pools. Contrairement à ce que ce titre laisse entendre, le sujet principal de cette série aérienne n'est pas la piscine, mais l'une des ressources vitales les plus précieuses de notre planète : l'eau.

Sa démarche artistique a pour but de mettre en avant le contraste alarmant entre l'importance de cette ressource pour l'humanité et une consommation dans le but du divertissement, entrainant de surcroît un incroyable gâchis d'eau potable. Il pointe du doigt non seulement l'utilisation pour des piscines privées, mais il dénonce avant tout la tendance à privatiser ce qui est un bien public et son utilisation à des fins commerciales. Pour lui, les piscines publiques peuvent toujours être symbole de l'importance de la gratuité et l'accessibilité pour tous à l'eau.

 

A présent armé d'un drone équipé d'un Nikon D800E et également d'un drone DJI Inspire Stephan Zirwes continue ses projets engagés. Il travaille depuis 2 ans sur le projet Covered Glaciers dont vous pouvez découvrir un aperçu sur cette vidéo. Une série qui dénonce le réchauffement climatique et la fonte des glaces. Les glaciers représentent 70 % des ressources en eau sur la terre. Dans une tentative désespérée d'empêcher le processus rapide et en cours de fonte, certaines personnes ont décidé de couvrir les glaciers. Un projet à découvrir prochainement sur le blog.

Découvrez un aperçu de la série Pools : 

Pools © Stephan Zirwes
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Pools © Stephan Zirwes
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Pools © Stephan Zirwes
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Pools © Stephan Zirwes
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Stephan Zirwes : Site - Instagram

 

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concours photo ratp 2018 les 50 gagnants

Les lauréats 2018 du concours photo de la RATP !

concours photo ratp 2018 les 50 gagnants
La troisième édition du concours photo de la RATP vient d'annoncer ses 50 lauréats.

Acteur de la mobilité urbaine, la RATP a de nouveau choisi pour 2018 un sujet qui met en valeur la ville. Après "La ville qui bouge" et "La ville dans toutes ses couleurs", c'est le thème "Ma ville, mon quartier" qui a été choisi pour le concours Instagram #photogRATPhie

La compétition qui a eu lieu du 2 avril au 1er mai 2018 a cette année eu le droit à un jury exceptionnel en la présence du photographe mondialement connu : Martin Parr.

Célèbre street photographer et membre de Magnum Photos, Martin Parr est connu pour son regard plein d'humour sur la société. Son approche documentaire du tourisme de masse à tout particulièrement fait parler de lui ses dernières années. L'univers de Martin Parr est coloré, brut, drôle et sans filtre ! Des caractéristiques parfaites pour sélectionner les 50 gagnants de cette édition qui ont su poser un regard nouveau sur la ville.

J’ai apprécié l’énorme variété d’images qu’a généré ce concours. Je suis émerveillé par le nombre de scènes et de techniques différentes, du smartphone au format 6x6 des vieux appareils argentiques, que j’ai vu en recevant les images. Mais ce sont les photos racontant une histoire qui ont fait l’objet de mon attention. - Martin Parr

Depuis 2016, date de sa création, le concours photo #photogRATPhie offre la possibilité à ses gagnants de voir leur photographie exposée en grand format dans le réseau de la RATP.

L'exposition de cette 3ème édition sera visible pour une durée de 3 mois à partir du 4 juillet, dans 13 stations et gares de la RATP dédiées à la photographie : Hôtel de Ville (ligne 1), Jaurès (ligne 2), La Chapelle (ligne 2), Saint-Michel (ligne 4), Bir-Hakeim (ligne 6), Saint-Denis - Porte de Paris (ligne 13), Luxembourg (RER B), Gare de Lyon, Madeleine, Pyramides (ligne 14), Nanterre Université (RER A), Massy-Palaiseau (RER B) et Châtelet (ligne 1).

Découvrez un aperçu des lauréats de #photogRATPhie 2018 :

 

#photogratphie @ratp

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RATP : Site - Instagram

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Alexis Sevenier Charlotte Le Bon graine de photographe

L'univers délicat et poétique du photographe Alexis Sevenier

Alexis Sevenier Charlotte Le Bon graine de photographe
© Alexis Sevenier

« Personal Film photography diary To resist death », voici l’unique description que vous rencontrerez sur le site du talentueux Alexis Sevenier.

Avant la photographie, c’est vers la musique qu’Alexis s’est tourné. En effet, à 18 ans il crée une structure pour promouvoir des artistes, par la suite devenus amis pour certains. Une carrière de manager qui lui fait mettre de côté la photo pendant 10 ans.

C’est seulement en 2015, frappé par l’importance de la photographie dans sa vie, qu’il renoue avec son premier amour. À 15 ans, amoureux de musique et de photographie, il réussit à lier ses deux passions avec la photo de concert.

Je donnais les photos à des webzines, cela me permettait d’aller voir tous les concerts qui m’intéressaient et j’avais parfois la possibilité de faire des interviews d’artistes que j’admirais.

Ces 3 dernières années, il s’est notamment fait connaître pour ses portraits de l’actrice et artiste Charlotte Le Bon.
Véritable journal intime photographique (comme il l’indique sur son site), son univers dégage une atmosphère douce et nostalgique. Un regard en argentique sur l’instant présent.

Inspiré particulièrement par des photographes tels que Josef Koudelka, Philip Lorca diCorcia et Masao Yamamoto, il soigne particulièrement l’esthétique et la lumière de ses images.
Son travail est principalement composé de portraits, de proches ou d’inconnus. Le talent d’Alexis Sevenier réside dans la capacité qu’il a saisir la beauté de son sujet, créant ainsi une intimité particulière qui émane jusqu’à nous. En couleur ou en noir et blanc, les clichés du photographe installé à Paris ne laissent pas indifférents.

Découvrez un aperçu de l’univers du photographe Alexis Sevenier :

Alexis Sevenier : Site – Instagram

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portrait Keith Oshiro sublimer la diversité par la photoraphie

Keith Oshiro, l'art de sublimer la diversité par la photographie

Rien n'est plus beau que la différence, la pluralité, et cela Keith Oshiro l'a bien saisi. Originaire de la cosmopolite ville de Los Angeles, ce talentueux photographe spécialisé dans l'art du portrait, a vu et a grandi dans un environnement où la diversité va de soi.

C'est dès le collège, qu'il prend son premier appareil entre les mains. N'ayant pas les mêmes facilités que ses amis pour le skateboard, il préfère documenter leurs activités à l'aide de la photographie. Il consacre donc ses débuts à l'univers de la planche à roulettes et se lance en indépendant après le lycée. Une fois à l'université son intérêt se tourne vers les gens et la mode.
Il est depuis 2017 diplômé de l'Art Center College of Design de Pasadena, où il a passé la grande partie de son temps à essayer de trouver sa voix et à réaliser des portraits.

Keith Oshiro
©️ Keith Oshiro

Ses inspirations

Ses premières inspirations en terme de silhouette et de forme, sont des photographes comme Henri Cartier-Bresson, Joel Meyerwitz, Richard Avedon... À présent, obsédé par la couleur, ce sont des artistes comme Harley Weir, Jamie Hawkesworth, Alec Soth qui l'inspirent.
Lors de nos échanges, il a d'ailleurs souhaitez remercier l'un de ses professeurs, l'artiste Paul Jasmin, qui l'a aider à façonner son regard sur ses sujets, et qui lui a enseigné l'importance des visages dans l'image. Un soutien qui lui a permis de trouver sa voie dans le monde de la photographie.

Des portraits lumineux et intimes

Ses travaux sont principalement centrés sur l'humain. À l'aide de son Pentax 645 ou de son Canon 5D MarkII, il réalise des portraits lumineux et intimes. Saisissant la beauté et la pureté de ses modèles avec douceur. Une véritable déclaration d'amour à la diversité du genre humain, avec ses défauts et ses qualités, ses atouts et ses faiblesses.

De nos jours, je pense que dans la mode et en général, nous voyons beaucoup plus de représentation de toutes sortes de gens et cela m'inspire beaucoup. Dans mon travail, je souhaite être inclusif et ouvert aux différents avis et idées.

Keith Oshiro
©️ Keith Oshiro

 

Keith Oshiro
©️ Keith Oshiro

 

Keith Oshiro
©️ Keith Oshiro

 

Keith Oshiro
©️ Keith Oshiro

 

Keith Oshiro
©️Keith Oshiro
Keith Oshiro
©️ Keith Oshiro

 

Keith Oshiro
©️ Keith Oshiro

 

Keith Oshiro
©️Keith Oshiro

 

Keith Oshiro
©️ Keith Oshiro

 

Keith Oshiro
©️Keith Oshiro

 

Keith Oshiro
©️ Keith Oshiro

 

Retrouvez l'ensemble du travail de Keith Oshiro sur son site officiel et n'hésitez pas à le suivre sur Instagram !

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The Last Headhunters of The Konyak Tribe ©️ Omar Reda

Omar Reda a photographié les derniers chasseurs de têtes de la tribu Konyak

The Last Headhunters of The Konyak Tribe ©️ Omar Reda
The Last Headhunters of The Konyak Tribe ©️ Omar Reda

Nous vous avions déjà parlé du travail d’Omar Reda. Le photographe libanais avait réalisé des portraits de mains, mais aussi de Sadhus et montré la beauté ethnique des femmes des tribus de l’Omo. Nous le retrouvons aujourd’hui au Nagaland, un État du Nord-Est de l’Inde avec les derniers chasseurs de têtes de la tribu Konyak.

Les chasseurs de têtes tatoués de la tribu Konyak

Les chasseurs de têtes tatoués de la tribu Konyak sont les derniers représentants d’une époque. La décapitation des têtes des guerriers ennemis était une partie fondamentale de la culture Koyak. Le tatouage facial que ces hommes arborent représente le passage à l’âge adulte après avoir coupé la tête de son ennemi. Symbole guerrier, le tatouage sur le visage est synonyme de force, de fierté et de courage.

The Last Headhunters of The Konyak Tribe ©️ Omar Reda
The Last Headhunters of The Konyak Tribe ©️ Omar Reda

L'arbre sacré

Les hommes ont eu l’habitude de rassembler des têtes, des pieds et des mains comme des trophées, puis de les suspendre à l’arbre sacré à l’entrée du village pour les protéger et garantir la fertilité de la terre et des hommes.

Aux XIXe et XXe siècles, les missionnaires chrétiens et colons ont convaincu ou forcé les membres de la tribu Konyak à se convertir au Christianisme. La tribu a résisté pendant de longues années, mais a fini par céder, marquant ainsi la fin de la tradition de décapiter ses ennemies. Cependant, ces rituels persistent de temps à autre, loin des autorités indiennes.

Aujourd’hui, il est plus rare d’apercevoir des crânes humains. Mais les crânes d’animaux, récoltés pendant la chasse, ornent toujours les maisons. Ces crânes sont révélateur du statut social de son propriétaire. Plus le crâne est grand, plus le statut est élevé.

The Last Headhunters of The Konyak Tribe ©️ Omar Reda
The Last Headhunters of The Konyak Tribe ©️ Omar Reda

La nouvelle génération Konyak s’est aujourd’hui détournée de ces pratiques culturelles. Seules les personnes âgées de plus de 70 ans ; toujours très fières de leur culture et leur identité ;  sont restées dans les villages. La série de portraits de Omar Reda qui est parti à leur rencontre, est peut-être l’un des derniers témoignages des chasseurs de têtes de la tribu Konyak.

« Malgré leur réputation féroce, la dernière génération des chasseurs de têtes de la tribu Konyak est très amicale et hospitalière. » – Omar Reda

Le photographe Omar Reda
Le photographe Omar Reda

Retrouvez tout le travail d’Omar Reda sur son site et suivez-le sans plus attendre sur Instagram et Twitter !

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