Photo de rue Californie par Eric Davidove

Street photography au cœur de la fantaisie californienne avec Eric Davidove

Eric Davidove est un photographe américain qui a vécu onze ans dans la région de la Baie de San Francisco.
A la recherche de joie et de paix, la Street Photography se présente alors à lui comme une évidence. Une activité qui semble en effet lui redonner le sourire, notamment par la frénésie et la fantaisie des rues californiennes.

Laissez vous contaminer par l’ambiance colorée des photos de rue de Eric Davidove :

Photo de rue Californie par Eric Davidove
© Eric Davidove

Touchant et discret, Eric est le photographe qui se cache derrière les moments insolites capturés dans ces rues californiennes. Il se confie sur ses débuts dans la photo qui n’ont pas été des plus faciles. Se retrouvant sans emploi, avec des problèmes de stress et d’anxiété, le photographe californien décide de miser sur ce petit objet qu’est son appareil photo. Acquis dans un premier temps pour photographier ses souvenirs de vacances, il commence finalement à le suivre partout. C’est ainsi que Eric se retrouve à arpenter les rues de la ville sans itinéraire précis prenant en photo tout ce qui attire son regard.

Je m’amusais, je faisais de l’exercice en même temps. Je découvrais des nouveaux endroits mais aussi des nouvelles personnes et je faisais quelque chose de créatif. C’était exactement ce que le médecin prescrivait. Et il se trouve que je m’en sortais bien aussi.

– Eric Davidove

Photo de rue Californie par Eric Davidove
© Eric Davidove

Cette série de photo représente donc cinq années de convalescence, durant lesquelles le photographe n’a cessé de créer en arpentant toutes les rues californiennes.

On imagine le large choix de sujets possibles au milieu de ces rues, connues pour leurs divertissements. Entre spectacle de rue, tenues extravagantes, disparités sociales, lumières éblouissantes, les rues californiennes ne cessent d’étonner. C’est au sein de celles ci que Eric à ainsi appris à forger son instinct et être à l’affut.

Le plus souvent je m’arrête pour photographier car j’ai un fort pressentiment que quelque chose d’intéressant va se produire. Autrement, je m’intéresse vraiment aux endroits lumineuxà la présence de formes intrigantes, aux couleurs vibrantes et aux personnes physiquement atypiques et intéressantes.

– Eric Davidove

Photo de rue Californie par Eric Davidove
© Eric Davidove

Eric avoue également avoir de la facilité à repérer ces moments insolites grâce à ses réflexes en tant qu’ancien mime de rue. Cependant capturer ces moments en photo peut s’avérer être contraignant lorsque les personnes se sentent observées et photographiées à leur insu. C’est effectivement ce qu’expérimente Eric dans certaines situations.

A de rares occasions les personnes sont contrariées et commencent à me parler. Quelquefois elles me demandent de supprimer les photos, mais ça n’est arrivé que peu de fois. Je suis vraiment doué pour faire des photos à l’affut, sans me faire remarquer. Ou sinon je m’échappe rapidement pour ne pas avoir à discuter.

– Eric Davidove

Photo de rue Californie par Eric Davidove
© Eric Davidove

Le poète qui se cache en lui se révèle lorsque il nous confie la photo qu’il préfère parmi toutes celles qu’il a réalisé :

Photo de rue Californie par Eric Davidove
© Eric Davidove

Hmm ma photo préférée ?… Peut être l’homme maïs. Cette photo a été capturé durant l’été 2019 à la foire de San Mateo County, dans le nord de la Californie. Le sujet principal est un homme qui portait un costume de maïs et qui roulait sur un unicycle autour de la foire, tout en racontant des blagues aux participants. J’aime cette photo parce que elle axe sur la narration et elle nous pousse à nous poser des questions. Mais surtout elle implique un autre espace temps qui va au-delà du cadre de la photo. En effet l’homme maïs est prêt à emprunter une porte qui mène à un endroit que l’on ne peut pas voir. Quel est ce nouveau lieu ? Va t-il y aller ? Est ce qu’il y a déjà été ?…

– Eric Davidove

Eric Davidove – Instagram – Facebook

À LIRE AUSSI :


Portait d'enfants par Pierre Nicou

La Grainedephoto Academy animée par notre photographe Pierre Nicou

Photographe depuis de nombreuses années, Pierre Nicou ajoute une corde à son arc en acceptant d’animer à nouveau notre prochaine formation longue de 6 mois : La Grainedephoto AcademyVous êtes photographe amateur, débutant ou intermédiaire ? Alors cette formation s’adresse à vous !

Désireux de partager avec vous durant cette longue formation, les secrets de ses années d’expérience, il se présente dans cette courte interview et nous parle de sa passion pour l’enseignement chez Graine de photographe.

Découvrez le photographe Pierre Nicou :

Portait d'enfant
© Pierre Nicou

Peux tu te présenter en quelques lignes ?

Je suis photographe professionnel depuis de nombreuses années. Après 3 ans d’études en photographie le CAP en poche, j’ai effectué mon service militaire en tant que photographe.
J’ai ensuite travaillé comme assistant de plateau dans le plus grand studio de photo de mode de Paris. J’ai aussi conduit, les camions loge utilisés pour les productions en extérieur. Puis je me suis spécialisé dans la photographie d’enfant pour la mode et la publicité.

Portait d'enfants
© Pierre Nicou

Comment la passion d’enseigner t’est-elle venue ?

Le plaisir d’enseigner m’est venu tout naturellement car j’ai beaucoup appris lorsque j’étais assistant. J’ai voulu un jour transmettre ma passion de la photographie à des stagiaires. Par la suite aux élèves de Graine de photographe.
Je considère l’apprentissage de la photographie un peu comme un compagnonnage. En effet il me paraît difficile de devenir photographe simplement en regardant des tutoriels sur internet.

Photo culinaire de gâteaux
© Pierre Nicou

Qu’est ce que tu aimes le plus dans ton expérience professionnelle chez Graine de photographe ?

Chez Graine de photographe, j’aime l’idée de transmettre mes connaissances sur la photographie dans une ambiance sympathique. De plus il y’a un très large publique : de 7 à 77 ans, de l’amateur au semi professionnel. Le tout en ayant notre ville Paris comme décor.

Nous avons déjà vu dans un ancien article tes passions pour la photo culinaire et les portraits d’enfants, as-tu des projets en cours ?

Même si les photos d’enfants reste ma spécialité première, je réalise des commandes sur de nombreux autres sujets : La photo culinaire (je suis gourmand…),photographies de modereportage déconatures mortes en studio. Et tout un tas d’autres choses. Je prépare également 2 reportages photo : Le premier sur la dépendance des ados aux jeux vidéo et le deuxième totalement différent sur les groupes de reconstitution historique 39/45 ce reportage est réalisé avec un appareil photo d’époque

portrait d'une femme par Pierre Nicou
© Pierre Nicou

Tu vas donc animer la Grainedephoto Academy en septembre. Pourquoi as-tu accepté de relever ce défi ?

J’ai accepté de relevé le défi d’animer la prochaine Académie en septembre car j’aime le travail en petit groupe avec les élèves. Effectivement cela permet de mieux nous connaître et rien n’est plus satisfaisant pour moi que de voir la progression des stagiaires du premier jour à l’exposition photo de fin d’Académie.

Portait d'enfants par Pierre Nicou
© Pierre Nicou

Un petit conseil ou encouragement pour tes futurs élèves et ceux qui hésitent encore à rejoindre la formation ?

Si vous voulez apprendre la technique photo mais surtout à « voir avec un oeil photographique » et passer de bons moments entre passionnés alors n’hésitez pas, inscrivez vous sans tarder !

Le photographe Pierre Nicou
Le photographe Pierre Nicou

Pierre Nicou – Site – Instagram – Facebook

À LIRE AUSSI :


portrait d'une femme, lumière rouge par Grégory Tauziac

Lumière sur les portraits à la beauté sauvage de Grégory Tauziac

Grégory Tauziac est un jeune photographe né en Côte d’Ivoire. Il vit actuellement à Paris. C’est donc après ses études à l’école de photo l’ETPA à Toulouse, qu’il décide de concentrer la majorité de son activité, dans notre belle capitale, spécialisée dans les portraits de mannequins et d’artistes. Grégory est un photographe mobile puisque il réalise aujourd’hui des projets entre la France, les États Unis et l’Afrique.

L’univers fashion et artistique de Grégory, avec ses modèles à la beauté sauvage, nous a tapé dans l’oeil.

Il nous partage sa passion pour le portrait :

 

© Grégory Tauziac

Avec ses modèles au regard transpercent baignant dans une lumière artificielle réalisée au Led ou à la lumière naturelle du soleil, comme il nous l’a confié, les portraits de Grégory sont empreints de charisme. En effet son art se trouve dans cette capacité à figer l’émotion d’un moment. Pour cela, un échange, mais plus encore la création d’une relation éphémère avec la personne photographiée est indispensable, nous partage Grégory.

 

© Grégory Tauziac

Je passe souvent d’avantage de temps à discuter et échanger avec ma/mon modèle qu’à la/le photographier.

– Grégory Tauziac

Les inspirations de notre cher photographe sont notamment celles de la mode et de la photo. Il cite ainsi Laurent Castellani, Helmut Newton,  Alessio Albi ou Hugo Comte.. On comprend mieux également cette touche contemporaine et moderne dans ses travaux avec des inspirations comme les photographes Harry Gruayert, Todd Hido ou Willem Verbeeck.

© Grégory Tauziac

C’est en toute modestie que Grégory Tauziac accorde à ses modèles une grande part du mérite dans la réussite de ses portraits.

 Quand je photographie quelqu’un, tout le travail ne vient pas de moi. C’est vraiment une collaboration entre la personne photographiée et moi. C’est un travail a deux qui ne peut pas être réalisé sans l’autre. Je laisse vraiment les modèles s’exprimer si elles/ils ont des idées à m’apporter, des inspirations. Je considère que chaque personne peut être source d’inspiration et d’apprentissage.

– Grégory Tauziac

© Grégory Tauziac

La durée de ses séances dépend donc de la qualité de ses échanges avec la personne photographiée. Avec ce mode de travail Grégory évite ainsi les nombreuses heures de shooting et les nombreuses photos qui s’accumulent, pour ainsi se concentrer sur ses modèles. C’est d’ailleurs par ce précieux conseil que le jeune photographe clôture cette interview :

« Si je peux donner un conseil, il serait de ne pas forcément considérer les modèles en tant que tels mais plutôt en tant que nouvelle rencontre. Je conseille vivement dans la mesure du possible évidemment :  de discuter, de rigoler, d’apprendre à connaître un minimum la personne avant de la photographier, cela vous permettra entre guillemets de certainement débloquer/débrider des émotions et des choses que vous n’auriez peut-être pas pu obtenir en restant trop « pro » si je puis dire. »

– Grégory Tauziac

Le photographe Grégory Tauziac
Le photographe Grégory Tauziac

Grégory Tauziac – Instagram

À LIRE AUSSI :


Un moment d’introspection dans les autoportraits nocturnes

Un moment d’introspection dans les autoportraits nocturnes de Ioanna Natsikou

La série Interlude in blue de Ioanna Natsikou nous plonge dans une atmosphère mystérieuse semblable à celle d’une intrigue qui nous tient en haleine. En effet le mystère est entretenu par ces décors nocturnes ainsi que l’identité cachée du modèle qui n’est autre que la photographe elle-même. Celle ci se trouve généralement au carrefour d’une pénombre quelque peu inquiétante et d’halos de lumières aux couleurs chatoyantesIoanna Natsikouphotographe grecque, nous dévoile comment elle parvient à transcender le quotidien au travers de cette série, que l’on peut traduire par « Intermède au coeur du bleu ». Un travail qui a aussi pour but de traiter de la complexité que représente l’existence humaine.

Découvrez Interlude in blue : les autoportraits nocturnes et mystérieux de Ioanna Natsikou

Un moment d’introspection dans les autoportraits nocturnes
© Ioanna Natsikou - Electro-Plasma-Nights

  • Pouvez-vous vous présenter ? Comment avez-vous commencé la photographie ?

Je suis une photographe autodidacte originaire de Grèce. Mon parcours photographique a commencé en 2017 lorsque j’ai décidé de sauter le pas vers une nouvelle carrière. J’ai donc suivi un cours de photographie à l’école des beaux arts à Athènes. J’évolue grâce aux expériences qui me forgent personnellement, qui me stimulent et me challengent. Je poursuis dans mes travaux l’idée d’une « rupture dans la réalité ». Pour cela j’utilise la force créative de mon imagination afin de mettre en évidence la dynamique d’un récit visuel.

Un moment d’introspection dans les autoportraits nocturnes
© Ioanna Natsikou - Towards Sundown

  • Comment décrivez vous votre style photographique ?

J’utilise mon corps comme un moyen d’interagir avec les objets, les espaces et ce qui m’entoure. Mon intérêt réside dans le fait de transcender le quotidien et de perturber la réalité grâce à des récits visuels fragmentaires de manière codée et implicite.

Un moment d’introspection dans les autoportraits nocturnes
© Ioanna Natsikou - Sun-in-the-Moon

  • Pourquoi avez-vous décidé de nommer votre série « Interlude in blue » ? Pourquoi la couleur bleu en particulier ?

J’ai choisis le mot « Interlude » (Intermède) afin de donner un sens plus concret à cette idée de pause et de solitude. La solitude est un sentiment étrange de vide et de silence. Le bleu lui représente cette idée d’introspectionde sérénité et de spiritualité. Cette couleur est rattachée à la couleur du ciel, des océans, de la liberté….Personnellement je la trouve trouve très inspirante, elle représente selon moi ce qui fait sens et ce qui n’a pas de limites…

  • Pouvez-vous nous résumer l’histoire de cette série ?

Interlude in bue est une série d’autoportraits traitant les thèmes de la solitude, de l’isolement et de l’aliénation tout en traitant de la beauté, de fantaisie, de théâtralité et de réalité. En déménageant à Berlin en 2018 je me suis sentie comme étrangère au milieu de ce pays qui m’était totalement inconnu et dont la culture était très différente de la mienne. Cette expérience m’a fait penser au sentiment universel que provoque l’urbanisme et l’aliénation. J’ai donc voulu explorer le sujet dans un style cinématographique, théâtral, en créant une narration qui transcende le temps et l’espace.

Un moment d’introspection dans les autoportraits nocturnes
© Ioanna Natsikou - Wandering Hours

  • Pourquoi ne voit on jamais votre visage dans cette série ?

Comme évoqué précédemment cette série est une série d’autoportraits. En incarnant différentes personnalités féminines, je donne l’occasion au spectateur de pouvoir y voir une discussion entre le visible et l’invisible, entre ce qui est scénarisé et ce qui est réel. En dissimulant le visage, on peut raconter des histoires plus universelles, soulignant ainsi la complexité de l’identité.

Un moment d’introspection dans les autoportraits nocturnes
© Ioanna Natsikou - An Evergreen Evening

  • Comment avez-vous travaillé les lumières et couleurs, qui ressortent et rendent parfaitement bien dans votre série ?

Travailler avec les lumières et les couleurs m’inspire mais cela permet aussi d’engager le spectateur en laissant place à son imagination. C’est donc quelque chose que je travaille intuitivement, au travers de mes observations et des mes expérimentations.

Un moment d’introspection dans les autoportraits nocturnes
© Ioanna Natsikou

  • Enfin nous aimerions savoir comment vous procédez pour créer cette atmosphère nocturne très attrayante ?

J’expérimente toutes sortes de lumières, des lumières à DELdes lumières continues et des lumières flash avec des gels colorés. La plupart des images sont prises à l’extérieur, la nuit. J’avais l’habitude de me promener dans la ville en essayant de trouver des endroits intéressants. Puis je revenais avec mon matériel d’éclairage pour prendre des photos. Je joue aussi beaucoup avec les outils de création pour créer cette atmosphère fictive, qui semble être d’une autre dimension.

Ioanna Natsikou – Site – Instagram

A LIRE AUSSI : 

  • Les Autoportraits Minimalistes de Ziqian Liu
  • Vivienne Mok : La photographe à l’univers onirique
  • Romain Garcin : le photographe de vos artistes préférés.
  • Pape San – la culture sénégalaise d’origine Peul fusionnée à la culture coréenne.


Entre Jardins et Frontières, la Grainedephoto Academy expose !

Toute l’équipe de Graine de Photographe est fière de vous présenter la nouvelle exposition Grainedephoto Academy. La Grainedephoto Academy, est une formation photo de 6 mois, dans notre galerie sur l’île Saint-Louis à Paris.

Malgré de nombreux rebondissements, les élèves de cette 11ème promotion de la Grainedephoto Academy ont réussi à garder leur motivation intacte. C’est donc a l’issue de ces six mois très formateurs , qu’ils ont pu exprimer leurs idées personnelles et créatives à travers leurs photographies.

Le premier groupe, formé par les photographes Sabrina Budon et Yonathan Kellerman, a travaillé sur le thème du Jardin Secret. Les élèves ont ainsi immortalisé des clichés tantôt fleuris et colorés, tantôt intimistes et mystérieux.

Le thème des Frontières a été celui choisi par le deuxième groupe, supervisé par le photographe Raphaël Blasselle. Un thème vaste qui laisse libre court à l’interprétation de chacun et ainsi à leur créativité.

Découvrez dès à présent l'affiche de l’exposition Grainedephoto Academy de la 11 ème promotion :

Nos élèves de la Grainedephoto Academy ont beaucoup appris après ces 6 mois de formation. Débutants pour la grande majorité, ils ont pu à cette occasion découvrir et apprendre l’ensemble des bases techniques de la photographie ; notamment les notions de vitesse, d’ouverture et d’ISO. Ils ont pu par la suite développer pleinement leur créativité via nos différentes thématiques de cours photo :

Vous êtes photographe ? Amateur, débutant ou intermédiaire, Grainedephoto Academy s’adresse à vous !

GrainedePhoto Academy

 

Toutes les photos sont exposées à la galerie grainedephotographe.com, sur l’île Saint-Louis à Paris
du 02 février au 04 avril 2021
14 Quai de Béthune 75004 Paris
(Visites sur demande les lundi, mercredi et au vendredi, de 10h à 18h.
Veuillez nous contacter au 09 80 39 42 35 pour prévoir votre venue).


les photomontages de Monica Carvalho

Coup d’œil sur les photomontages de Monica Carvalho

Entre combinaisons subtiles, amusantes et parfois même gourmandes, les photomontages de la photographe Monica Carvalho sauront vous charmer. L’omniprésence de « l’oeil » sur plusieurs de ses clichés, retranscrit son désir de vouloir jouer constamment avec notre regard.

Dans ces photomontages des éléments du quotidien (bâtiments,objets, paysages..) sont fusionnés à plusieurs reprises avec des parties du corps humain. Des combinaisons qui peuvent paraitre étonnantes, mais qui sont cependant si évidentes lorsque la photographe les associe ensemble.

  • Pouvez-vous vous présenter ? Comment avez-vous commencé la photographie ?

Mon nom est Monica Carvalho, je suis une photographe suisse et une artiste digitale basée à Berlin. Ma passion pour la photo remonte à longtemps. J’ai toujours adoré prendre tout en photo “documenter ma vie de tous les jours » et voyager avec ma famille. Ce que j’aime le plus c’est découvrir des nouvelles villes, architecturesnourriture, animaux… Mon appareil me permet toujours de revivre ces joyeux moments.

les photomontages de Monica Carvalho
© Monica Carvalho - The eye-cing on the cake

  • Comment l’idée de faire des photomontages vous est-elle venue ?

De ce que je me rappelle, j’ai toujours eu une obsession pour la magie, l’illusion, et tout ce qui se relatait à l’impossible. Après avoir étudié l’histoire de l’art à l’université et m’être questionnée sur les travaux de surréalistes comme René Magritte ou Chema Madoz, j’ai réalisé toutes les possibilités que la photo offrait. Elle se présentait à moi comme une manière de pouvoir “jouer” avec tout et inventer des histoires. Je voulais faire quelque chose de plus que de prendre de simples photos : créer des images challengantes pour le regard.

J’ai donc pensé à une solution pour combiner mes deux passions qui sont la photo et le surréalisme. Photoshop a été une réponse à ce désir, car cela me permet de fusionner mes photos avec mon imagination. Plus les années passent, plus je développe une forte passion pour créer ce qui nous force à “regarder deux fois plus” une image.

les photomontages de Monica Carvalho
© Monica Carvalho - Eye-crylic

  • Quelle est la partie la plus importante dans la réalisation de ces photomontages ? 

La partie la plus importante c’est la prise de vue puisque je suis celle qui prend toutes les photos avec lesquelles je travaille. Je n’utilise jamais de banque d’images. Tel est mon plus gros challenge et je suis toujours excitée à l’idée de le relever. C’est aussi mon atout, et ce qui me rend différente des autres artistes digitales. Utiliser mes propres photos rend mon art vraiment très personnel, en effet j’ai une sorte de connexion avec tout ce qui apparaît dans mes photos. Je connais tous les modèles (mon copain, amis, famille, moi même ), je connais également les buildings, les objets etc….

les photomontages de Monica Carvalho
© Monica Carvalho - Matri-arch
les photomontages de Monica Carvalho
© Monica Carvalho - one with music

  • Qu’est ce que vous préférez dans le fait de réaliser des photomontages ?

Surement le fait de pouvoir obtenir comme une combinaison entre le possible et l’impossible. Mais aussi entre la réalité et l’imagination, car c’est comme ça que je vois mes photomontages. Lorsque l’on regarde mes photos, notre esprit est confus par la juxtaposition de deux éléments avec lesquels nous sommes familiers mais qui fusionnés ensemble ne font pas forcément sens, du moins dans notre monde.

J’ai une sorte de slogan “Faire de l’ordinaire l’extraordinaire”. Cela signifie élever quelque chose à un niveau de compréhension tout autre, quitte à en changer son utilité. Au quotidien les objets nous sont si familiers que on ne pense pas à eux plus que ça, on les utilise juste pour leurs fonctions. Ainsi, mon travail soutient l’idée que un objet n’a pas forcément une seule fonction.

  • On peut voir que les yeux reviennent souvent dans vos photomontages. Pourquoi ce choix ? 

Selon moi les yeux sont les parties les plus expressives du corps humain. Les jeux de regards sont des choses très puissantes. Tu peux rendre quelqu’un heureux, craintif, triste, ou en colère juste par la façon dont tu le regardes.

les photomontages de Monica Carvalho
© Monica Carvalho - Seas-eye-de

  • Selon vous est-il important de maîtriser les logiciels de retouche afin de parvenir à réaliser ce genre de photomontages ?

Le but de mon travail est d’inspirer les gens, leur offrir une nouvelle façon de voir les choses. Par conséquent je veux que mon travail démontre que tout à le pouvoir d’inspirer. Je pense qu’il y a de la beauté et du potentiel dans tout. Cela dépend de la manière dont on choisit de regarder. Afin de parvenir à atteindre mon style photographique, je pense que vous avez besoin au moins de ces deux ingrédients : un esprit éveillé, et de l’imagination.

Au fil des années j’ai donc développé une attention particulière concernant ce qui m’entoure. En accordant plus d’importance aux détails. C’est une qualité très utile en tant qu’artiste digitale. Quelquefois, quand je cherche un élément pour un photomontage, je me rappelle de ce que j’ai pu voir dans la semaine ou les jours précédents. Cela s’imprime dans mon esprit sans que je m’en rends compte. Alors j’y reviens pour prendre des photos lorsque je m’en rappelle. Par exemple, un jour je marchais et je découvrais un bouquet de tournesol dans une rue près de ma maison, puis ce souvenir me passe. Un mois plus tard, je cherche quelque chose qui pourrait s’associer avec mes yeux marrons et soudain je me rappelle de ces tournesols.

Pour résumer, comme je disais, les deux choses importantes sont donc : la curiosité et l’imagination. Dans ce que je réalise ces deux choses sont plus importantes que les compétences photographiquesou les compétences en logiciel de retouche. En effet ce sont vraiment des atouts personnels. Pour l’éditing vous pouvez toujours regarder une vidéo Youtube et apprendre comment utiliser Photoshop, mais il n’y a pas de vidéo pour savoir comment développer son imagination.

A LIRE AUSSI : 

  • Vivienne Mok : La photographe à l’univers onirique
  • Les Autoportraits Minimalistes de Ziqian Liu 
  • Romain Garcin : le photographe de vos artistes préférés.
  • Pape San – la culture sénégalaise d’origine Peul fusionnée à la culture coréenne.


Sergey Fett

Confusion entre fresques et photos dans la série surréaliste de Sergey Fett

Inspirée des concepts artistiques de la Renaissance, la série 4:5 de Sergey Fett est une ode à la nature et au corps humain. S’y ajoute une touche surréaliste qui rend le travail du photographe ukrainien, assez singulier. Une satisfaction pour les passionnés de photo et de peinture, qui dans cette série, pourront y voir comme une fusion des deux pratiques.

Découvrez en plus sur la série surréaliste de Sergey Fett !

Sergey Fett est originaire d’Ukraine. Son nom « Fett » est en réalité un surnom rendant hommage à ses débuts dans la photo, initiés par son père. En effet, ce dernier portait une attention particulière à l’une de ses caméras dont le modèle se nommait FED-5.

Au regard des clichés de Sergey, il est facile de comprendre que le photographe est particulièrement inspiré pour réaliser des compositions aussi originales. Ses multiples inspirations vont du cinéma à la littérature en passant par la musique et le théâtre. Mais il s’inspire aussi de travaux réalisés par d’autres photographes. Toutefois, son inspiration première reste celle des grands maîtres de la Renaissance.

Ce qui m’inspire se remémore à moi souvent bien après mon travail, alors que j’avais oublié de quoi il s’agissait. – Sergey Fett

Le photographe nous confie avoir deux phases importantes dans la réalisation de ses photos. Dans un premier temps, la phase de production se centre sur la lumière et les couleurs. Puis vient ensuite le mappage de texture lors de la phase de post production.
Le mappage de texture est l’étape qui lui permet d’obtenir ce résultat si « dessiné » ; similaire à de la peinture à l’huile, que l’on peut observer. Cette technique permet en outre de donner du relief aux éléments en appliquant leurs surfaces ou leurs couleurs à un modèle 3D généré sur ordinateur.

Les clichés de Sergey Fett sont le fruit d’une émotion, d’une intuition. Plus précisément le reflet de ses pensées sur le monde qui l’entoure et la place qu’il y occupe. Ainsi il tente de transmettre sa propre vision de la beauté dans ses travaux.

Le désir d’atteindre les profondeurs sous jacentes de la beauté, vit en moi. La photo est le moyen que j’utilise pour voir l’idéal dans l’ordinaire. – Sergey Fett

Atteindre une dimension profonde dans ses photos, voici donc le désir de cet artiste. Un désir qui s’accomplit lorsque les gens interprètent ses photos selon leurs propres point de vue, nous dit-il.

Je crois que nous sommes des individus qui pouvons voir en toutes choses ce qu’il y a déjà en nous. Alors je suis heureux quand les gens interprètent mes images à leur manière. Cela prouve que j’ai accompli ma tâche. J’ai réalisé une sorte de miroir dans lequel chacun peut se voir sans vraiment s’en rendre compte. – Sergey Fett

Aborder différentes réflexions sur ce qui nous entoure est une clé de réussite, dans la photo surréaliste, selon Sergey. Devenir un bon photographe exige de prendre du temps. Il fait ainsi ce constat qu’il nous partage et qui selon lui est un frein à la création :

Les gens passent beaucoup de temps à étudier les aspects techniques du sujet au lieu de se plonger dans l’aspect psychologique qui permet de révéler la personnalité différente de chacun. Restez vrais avec vous même !

Sergey Fett

 

Sergey Fett – Site – Instagram - Flickr

À LIRE AUSSI : 


La série Lifestyle de Kayla Varley

Lifestyle : le quotidien à travers le regard espiègle et enjoué de la photographe Kayla Varley

Kayla Varley, photographe américaine installée à Los Angeles, exprime et révèle son style dans sa série « Lifestyle ». Un genre photographique souvent utilisé sur les réseaux sociaux, qui met en avant l’émotion du quotidien.

Kayla n’a pas pour autant pour objectif de suivre une mode quelconque. Elle adopte une approche intimiste, voir même espiègle. En effet, elle se plait à être au plus près de ses modèles qu’elle n’hésite pas à photographier dans des situations parfois inédites. Un résultat qui ne manque pas de laisser transparaître joie et innocence !

Prenez un bol d’air frais avec la série Lifestyle de Kayla Varley.

 

La série Lifestyle de Kayla Varley
© Kayla Varley

  • Pouvez-vous vous présenter ?

Mon nom est Kayla Varley. Je suis photographe de mode, de lifestyle, de beauté, et directrice de projets. J’habite à Los Angeles, mais je travaille aussi dans le monde entier où je voyage pour effectuer plusieurs missions. J’effectue notamment de nombreux allers-retours entre Londres et Los Angeles.

  • Comment avez vous commencé la photographie ?

J’ai commencé à prendre des photos assez jeune, à peu près vers l’âge de 13 ans. Mon père m’a donné un petit appareil pour que je puisse me chercher artistiquement. Je considère être vraiment chanceuse d’avoir des parents qui ne souhaitent qu’une chose : que je sois heureuse, même en tant qu’artiste. En effet, je ne pense pas que beaucoup de jeunes aient cette chance. Je suis donc très reconnaissante notamment quand je vois où cela m’a mené.

Tout a donc commencé quand je prenais mon appareil un peu partout pour faire des photos avec mes amis après l’école. Je me rappelle que je pouvais passer des heures à me former sur l’éditing et la retouche avec le logiciel Photoshop. En parallèle, je ne me lassais jamais de faire des photos ! C’est à l’âge de 16/17 ans que j’ai réalisé que la photographie était vraiment la voie que je souhaitais emprunter professionnellement. J’ai donc commencé à réfléchir à intégrer une école d’art, mais elle se trouvait loin de là où j’habitais. 6 mois après, je déménage à Los Angeles et fais mon entrée au lycée d’art. C’était en 2010, et ma vie a bien évoluée depuis !

  • Comment décrirez vous votre style photographique ?

Je le décrirais comme un style plutôt cinématographique, coloré, plein d’énergie, flottant, intimiste avec une touche de rêve et de fantaisie. Je m’épanouis donc dans le mouvement, la spontanéité, l’énergie, la joie et le contact humain. En cela, je dirais que mon travail explore l’intimité et la connexion avec “l’autre”, tout en s’intéressant aux émotions au travers des couleurs, des expressions et du mouvement cinématographique.

La série Lifestyle de Kayla Varley
© Kayla Varley
  • Comment l’idée d’une série entière sur le Lifestyle vous est venue ?

Le Lifestyle m’est venu assez naturellement. J’ai commencé à shooter tout et n’importe quoi comme une enfant. Je dirais que j’ai vraiment pris conscience de ma série quand j’ai commencé à vouloir y rattacher un style photographique, c’est alors que j’ai fait des recherches. J’ai ainsi réalisé qu’il existait un style appelé ‘’Lifestyle – Moments of life in motion” (Des moments de vie en mouvement). Je prenais en photo mes amis, mes aventures, mes road trip, et c’était exactement cela !
Je ne me rendais donc pas vraiment compte de ce que je faisais au début car je photographiais vraiment tout.

La série Lifestyle de Kayla Varley
© Kayla Varley
  • Quels choix avez vous fait pour les lumières et les couleurs dans cette série ?

J’aime beaucoup utiliser la couleur, la lumière, les ombres et la vibrance afin de créer des images qui attirent le regard, évoquent des émotions et vous font ressentir quelque chose. Je suis inspirée par les contrastes et les couleurs brillantes qui sortent de l’ordinaire et qui scintillent. Je pense que c’est la raison pour laquelle la mer et l’océan sont si inspirants pour moi. Pour faire des prises de vue, il y a tellement de textures et de couleurs. Des couleurs éclatantes qui attirent le regard et une composition évocatrice, c’est vraiment ce que je cherche à obtenir dans toutes mes images.

  • Avez vous une anecdote spéciale concernant une de vos photos, que vous souhaitez partager avec nous ?

L’image ci-dessus en particulier me rappelle beaucoup de choses. Je l’ai prise en 2014 au cours d’un moment intense et attachant. Je me rappelle à quel point c’était émouvant d’essayer de témoigner de l’amour entre ces deux personnes. La fille s’appelle Faith et le garçon Philip. Je venais juste de tomber amoureuse et je me rappelle qu’au moment où je capturais cette photo je prenais conscience qu’elle représentait tout ce que je ressentais intérieurement.

C’était si inspirant et si beau d’être à leur contact. Je suis nostalgique de moments comme cela, car ils sont très authentiques. J’aimerais me replonger dans cet espace-temps une nouvelle fois. En fin de compte je n’avais rien préparé pour cette séance photo. Je voulais juste faire de l’art et passer du bon temps. J’étais très satisfaite du résultat et je pense que ça m’a permis de me sentir vraiment inspirée pour le reste de la série.

La série Lifestyle de Kayla Varley
© Kayla Varley

La série Lifestyle de Kayla Varley
© Kayla Varley

La série Lifestyle de Kayla Varley
© Kayla Varley

Kayla Varley : Site – Instagram

À LIRE AUSSI : 


Un air de fiction

Un air de fiction dans les rues du photographe Chris Hytha

Chris Hytha, jeune talent américain, se considère davantage comme un artiste que comme un photographe. Ce qu’il désire le plus : partager son imaginaire à travers les clichés qu’il travaille. Ses photos de rues qui semblent presque être fictives témoignent de la créativité débordante du photographe.

Ce jeune artiste a réalisé ses études dans les arts visuels et s’est ensuite spécialisé dans l’architecture. Aujourd’hui, La photographie est une passion qu’il entretient en parallèle de son activité professionnelle d’architecte. Ce n’est donc pas un hasard si son intérêt pour la ville se décline au fil de ses différentes séries. En témoigne sa passion pour les paysages urbains.

Dans ce nouvel article, nous avons voulu partir à la découverte de sa vision de la street photography.

Un air de fiction
©Chris Hytha - Maroon Umbrella City Hall

L’exploration est le maître mot de Chris. Pour ce street photographe, l’exploration des rues passe avant tout par la découverte de ce que nos yeux ne voient pas au quotidien. C’est aussi la recherche de la meilleure composition, entre lumières et conditions climatiques pour apprécier ces avenues différemment.

“J’adore voir comment les rues qui me sont familières changent tout le temps.”

Chris Hytha

Un air de fiction
©Chris Hytha

Photographe exigeant et minutieux, Chris ne cherche pas à trouver le bon sujet pour réaliser de bonnes photos de rues. L’importance pour lui est de trouver la lumière et l’atmosphère la plus convenable. Prioriser la lumière permet de mettre en valeur des éléments qui ne sont pas forcément perceptibles ou intéressants à l’oeil nu.

« Je pense que le thème d’un grand nombre de mes travaux repose sur l’ambiance et la lumière «

Chris Hytha

Un air de fiction
©Chris Hytha -Top down geometric light
Un air de fiction
©Chris Hytha - Lone Row Home

Savoir être patient est donc un enjeu crucial pour Chris Hytha ; car si les possibilités de sujets sont vastes, l’atmosphère propice n’est pas toujours au rendez-vous.

« Parfois je fais le tour de la ville et je reviens sur mes pas alors que je ne suis absolument pas satisfait de mes photos. Et d’autres fois, je me retrouve au bon endroit au bon moment. C’est très imprévisible. »

Chris Hytha

C’est donc lorsqu’il sort de sa zone de confort que Chris trouve les meilleurs « spots » pour réaliser ses photos. Il ne s’habitue pas à se rendre sur des lieux spécifiques car il sait qu’il trouvera toujours mieux là où il ne s’est jamais rendu !

Un air de fiction
©Chris Hytha - Guy on bike after

Tout le travail de Chris repose sur la post-production, nous confie t-il. Ses photos ne seraient que le reflet de la réalité, et non de son univers s’il n’ y ajoutait pas une part de lui. Etre émerveillé comme un enfant en regardant autour de soi, telle est sa conception « d’arpenter les rues d’une ville ». Il souhaite donc transmettre au mieux cette sensation à travers ses photos en y ajoutant quelques touches de fantaisies.

« Je ne souhaite pas représenter le monde tel qu’il est. Je souhaite représenter le monde comme moi je le vois. »

Chris Hytha

A LIRE AUSSI : 

  • Viktor Balaguer et la Street Photography cinématographique
  • Street photography dans l’Amérique des 50’s avec la mystérieuse Vivian Maier
  • L’envers du décor du rêve américain par le photographe Gregory Crewdson


© Simon Alvarez urban week (2)

Simon Alvarez, gagnant du concours TGP20, nous partage sa passion pour la photo de sport

Passionné de photo de sport notre fameux gagnant du concours TGP20, Simon Alvarez capture les émotions sportives à la lumière de son objectif.  Quel plaisir d’en apprendre plus sur le talent qui a remporté notre concours,un talent qui va bien au delà de sa photo gagnante

Dans un univers très urbain et sportif, Simon a su saisir au travers de ses travaux photographiquesl’esthétisme et la sobriété qui s’y cachent. 

Découvrez en d’avantage sur les passions de notre victorieux lauréat. Une occasion de revenir sur les astuces et techniques qui lui ont permis de se démarquer parmi un grand nombre de participants.

 

Simon Alvarez Urban Week 1
© Simon Alvarez- Urban Week

 

  • Bonjour Simon Alvarez, peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Simon j’ai 29 ans, je vis à Paris depuis deux ans, venant de la région Rhône-Alpes. Je fais de la photo depuis 2012, je suis également passionné de sport. Donc j’allie les deux en me spécialisant dans la photo de sport.

  • Quand et comment as-tu commencé la photographie ?

Passionné de sports et notamment de ski freeride (hors-piste) et freestyle, j’ai eu envie de réaliser des images de mes sorties en vidéo comme en photo. Pour le choix de mon matériel mon choix s’oriente vers Pentax qui propose des boitiers et des objectifs tropicalisés a des tarifs abordables. Avantageux comme prix ! surtout quand j’étais étudiant en 2012. Je m’achète alors leur dernier reflex sorti cette année-là, le Pentax K30 avec l’objectif de kit 18-55mm que je complète avec un 55-300mm. Puis je me forme à la technique en regardant des tutos sur YouTube proposé par des chaines tel que F/1.4 de Sébastien Roigant. C’est après quelques années de pratique que  je décide de devenir « pro ». Aujourd’hui je réalise des photos pour des écoles de ski, des organismes de vacances, des stations de ski, je couvre également des compétitions junior de ski, etc…

Bikelife Place de la République
© Simon Alvarez
  • On a pu remarquer que tu photographies beaucoup de bikers, d’où te viens cette passion ?

J’ai toujours fait du VTT en montagne. En arrivant à Paris je continue de rouler mais ma pratique change. J’ai découvert le phénomène de la Bikelife, dans laquelle les riders roulent principalement sur la roue arrière de leurs vélos en effectuant des tricks (figures). Si vous êtes Parisien vous avez surement croisé des barodes (rassemblements de riders) roulant le samedi entre Place de la République et le Trocadéro et passant par la rue de Rivoli (réservé exclusivement aux vélos depuis peu). 

Simon Alavarez réalise beaucoup de portraits de riders mais ce n’est pas tout ! Il prends également pour sujets des basketteurs, des skieurs, des sketteurs… C’est ainsi que les espaces extérieurs et sportifs sont devenus les lieux de prédilection du photographe.

Freeride Compétition Freeskid et FJT (1)
© Simon Alvarez
  • Est ce qu’il y a des endroits ou tu aimes shooter particulièrement, quels sont ils ?

Sur Paris il y a plusieurs spots que j’aime beaucoup. Il y a la place de la République et son miroir d’eau ou en été en fin d’après midi les couleurs sont incroyables. J’aime beaucoup aussi le quartier de Bercy avec son architecture. On y trouve la BNF, La passerelle Simone de Beauvoir, Le palais omnisports de Paris-Bercy, l’escalier multicolore du 66 rue de Bercy et le pont de Bercy. Mais également ses lieux couverts de graffiti comme l’ancien skatepark de Bercy où je réalise souvent des shooting et le quai d’Austerlitz. Le troisième lieu chère à mon coeur est le quartier d’affaires de la Défense que je n’ai toujours pas fini de découvrir, mais que j’arpente régulièrement afin de trouver en permanence de nouveaux spots pour des shooting.

 

Simon Alvarez Bikelife Skatepark de Bercy
© Simon Alvarez- Bikelife Skatepark de Bercy

 

  • Quel matériel utilises-tu pour faire tes prises ?

Les réflex Pentax ne répondant plus à mes attentes j’ai préféré la remplacer début 2017 pour la marque Canon et son nouveau 5D mark IV et ses optiques série L. Pour shooter en mode reportage sur des sorties sportives, des events, des compétitions, etc… J’utilise le 5D mark IV de Canon.
En ce qui concerne mes objectifs je pars toujours avec le triptyque : Canon 16- 35mm F/2.8 L, Tamron 24-70mm F/2.8 G2 qui a l’avantage d’être stabilisé, et le Canon 70-200mm F/2.8 L, ainsi qu’un doubleur de focale Canon 2x III.

© Simon Alvarez Freeride Compétition Freeskid et FJT (3)
© Simon Alvarez

A cela s’ajoute le matériel sportif ; notamment en montagne, où il faut ajouter les skis et le matériel de sécurité pour aller hors-piste. J’utilise un sac Lowepro Whistler 450 AW qui est conçu pour le sport et les conditions météo les plus défavorables. Il faut donc une très bonne condition physique pour se déplacer avec tout ce poids pendant de longues journées de shoot.
Pour des shootings avec modèles, je prends le même matériel, avec en plus mon Canon 85mm F/1.2L, ainsi que le flash de studio Godox AD400pro qui fonctionne sur batterie et deux flashs cobra. J’aime beaucoup la lumière douce, donc j’utilise avec mes flashs des softbox ou des parapluies blancs. J’utilise également un Canon EOS3, qui est un des derniers reflex argentiques produit par la marque avec des pellicule Kodak gold ou Lomochrome Métropolis.

 

Pour revenir rapidement sur la photo qui t’as permis de gagner :

 

© Simon Alvarez urban week (2)
© Simon Alvarez
  • Peux-tu nous raconter un peu le contexte, à quelle occasion a t-elle été prise ?

J’ai réalisé cette photo lors de l’Urban Week 2019 à la Défense. C’est un évènement qui met en avant la culture urbaine au travers des sports comme le skate, le BMX, le basket et l’art avec le graf. Pour réaliser cette photo, j’ai attendu la démonstration des Crazy Dankers, programmé en fin d’après-midi afin d’avoir une lumière beaucoup plus intéressante à mon goût. J’aime beaucoup shooter a contre jours. Je me place donc sur le terrain face au soleil. Je pose un flash déporté afin d’éclairer mon sujet et je choisi de shooter au 16-35mm en me plaçant presque au ras du sol. Ici pas de rafale, je choisis de déclencher pile au moment où les basketteurs passent devant le soleil afin que ceux-ci soient détourés par la lumière du soleil (rim-light). D’ailleurs c’est un effet que je n’ai pas réussi sur ma photo gagnante en question.

  • Qu’est ce que tu souhaitais transmettre au travers de cette photo notamment ?

J’ai une vision de la photographie qui n’est certainement pas partagée par tout le monde. Je travail avant tout le côté esthétique de l’image, en réfléchissant mon cadrage, la lumière, ma retouche, etc… S’il se dégage ensuite une émotion, un message, dans l’une des photographies c’est que du bonus. 

  • Cette photo t’as permis de gagner notre concours TGP 20. Est ce que on peut donc dire que c’est celle dont tu es la plus fière ? ou il y’en a t-il une autre ?

Sur toutes les photos que j’ai réalisées, elle fait effectivement partie de celles dont je suis particulièrement satisfait. Pour l’anecdote, je pensais qu’elle serait ratée, car shootant a contrejour, j’avais posé un flash cobra en déporté afin d’éclairer mon sujet et ne pas avoir juste une silhouette. Au final mon flash en surchauffe ne s’est pas déclenché. Mais grâce au RAW, j’ai réussi a rattrapé au mieux le contre jour.

Bikelife Quai austerlitz
© Simon Alvarez Bikelife Quai austerlitz

 

Simon Alvarez est à l’image même de cette vague de talents émergents, aguerris grâce à l’expression authentique de leurs passions.  Avec la réunion de ces deux passions – le sport et la photo – il  a su nous faire découvrir un univers propre à lui.

C’est donc grâce à beaucoup d’énergie comme il l’a souligné, qu’il parvient à saisir ces instants insolites, offerts par le sport de rue. Mais aussi grâce à une rigueur technique sur les réglages, et la post production.

Encore félicitation à ce jeune photographe à l’avenir prometteur !


Le photographe Simon Alvarez

 

Simon Alvarez- InstagramFacebook500px 


© Jean-François Graffand - Renaissance (Lever de Lune sur les crêtes)

Echos du ciel dans les paysages nocturnes de Jean-François Graffand

Le Montier Festival Photo est un événement international qui met en avant la photo animalière ainsi que la photo de nature. Le photographe Jean François Graffand a pu voir son travail sur Les échos du ciel sélectionné dans cette catégorie.
En réunissant ainsi Terre et Ciel, le photographe nous emporte dans l'immensité de ses photos, dignes du merveilleux

Après la découverte du macrophotographe Thibault Andrieux également sélectionné au Montier Festival Photo, laissez vous transporter par cet amoureux du ciel qui nous dévoile les secrets de son travail : 

 

© Jean-François Graffand - La Rivière Céleste
© Jean-François Graffand - La Rivière Céleste
  • Pouvez-vous vous présenter ? Comment avez-vous commencé la photographie ?

Avant d’être photographe de paysages nocturnes, je suis avant tout un amoureux du ciel. C’est une passion qui m’est apparue dès l’enfance, lors d’une visite à l’Observatoire du Pic du Midi dans les Pyrénées, et qui ne m’a jamais quitté depuis. Ma démarche a ainsi toujours été guidée par cet émerveillement, et pour cette raison j’aime à me présenter comme un « montreur d’étoiles »… Durant de nombreuses années j’ai pu partager cette passion en tant que médiateur scientifique en astronomie. Par la suite, je suis devenu réalisateur et responsable de l’image du plus grand planétarium de France, à la Cité des Sciences de Paris, liant l’astronomie à l’image et la création. La photographie n’était alors pour moi qu'occasionnelle, notamment lors de voyages en Norvège à la découverte des aurores boréales.
Et c’est seulement en 2016 que je décide de m’y consacrer pleinement. Faisant le choix cette année-là de revenir dans ma région d’origine, c’est naturellement que je vois en la photographie un nouveau moyen d’attirer les regards vers les étoiles, et de sensibiliser à la beauté du ciel et à sa préservation, à une époque où la nuit est plus que jamais menacée.

 

Jean-François Graffand Pluie d'Etoiles
© Jean-François Graffand - Pluie d'Etoiles

 

  • Pourquoi avoir fait le choix de photographier le ciel ? 

C’est avant tout un témoignage que je tente de partager afin de réinstaller le ciel nocturne dans le paysage. Car le ciel disparaît aujourd’hui de notre vision et, plus grave encore, de notre mémoire. Nous vivons désormais coupés du ciel, baignant dans la pollution lumineuse ou absorbés par nos écrans. Et cette fascination pour les lumières artificielles menace même à présent notre droit à la nuit.
Grâce à la pose longue à haute sensibilité qui permet de capter les infimes lumières que nos yeux perçoivent à peine, la photographie nous révèle un monde presque inconnu : étoiles, planètes, nébuleuses, Voie lactée...  Tous ces astres dont nous ignorons parfois l’existence brillent pourtant chaque nuit au-dessus de nous. Un monde, un Univers, qui a toujours accompagné l’humanité, oubliés trop souvent par celle-ci... Dans ce travail photographique, je tente par l’image de réunir Terre et Ciel dans le regardpour rappeler la beauté de la nuit et inciter à la préserver, en invitant l’observateur à la contemplation, et ainsi lui rappeler ce que nous avons tous ressenti une nuit face à la voûte étoilée. Cela peut même amener à une balade nocturne au gré des images, pour appréhender l’Univers lointain...
Cette relation particulière avec le ciel, je la ressens comme un écho. Sonder cet « espace d’infinis », et prendre conscience de cette immensité d’où nous sommes issus. S’arrêter, lever les yeux et s’émerveiller... pour enfin retrouver notre lien au ciel. C’est ce lien, cet écho, que je tente de retranscrire par mes photographies.

 

© Jean-François Graffand - Clair de lune à Lescun
© Jean-François Graffand - Clair de lune à Lescun
  • Concrètement comment procédez vous à la réalisation de vos images  ? 

Il y a trois étapes pour réaliser une image. La première est le repérage. Comme pour la photo de paysage, il s’agit de trouver ce qui va constituer le premier plan. Mais il y a deux sujets équivalents sur mes images : le paysage et le ciel. Je dois donc également anticiper quelle sera la configuration du ciel et comment le composer au mieux avec le premier plan, comme par exemple concernant la position de la Voie lactée.
Ensuite il y a la prise de vue, qui dépend d’abord du terrain. Parfois le site est facile d’accès, mais pour d’autres cela demande une longue randonnée et un bivouac pour accéder à un point de vue particulier en montagne. Mais l’élément le plus important est bien sûr la météo. J’anticipe au maximum en faisant régulièrement le point sur les modèles météorologiques. Dans certains cas j’ai beau avoir planifié une sortie, si le mauvais temps ne permet pas d’ouverture il me faudra parfois attendre l’année suivante pour trouver à nouveau la bonne configuration céleste.
Et enfin il y a le traitement, qui peut être très variable. L'image brute nécessite beaucoup de travail pour révéler tout ce qui s’y trouve. Ainsi, entre Lightroom et Photoshop, je vais opérer un ensemble de traitements qui vont me permettre de révéler un maximum de détails, d’équilibrer, adoucir... Cette étape est pour moi toujours empirique car les situations et qualités de ciel sont systématiquement différentes.

 

Jean-François Graffand Entre Deux Mondes
© Jean-François Graffand - Entre Deux Mondes
  • Quel matériel utilisez-vous ?

J’utilise un Canon 6D. C’est un excellent appareil pour la photo nocturne car il possède une très bonne gestion du bruit lorsqu’on monte en sensibilité. Il a également la particularité d’être défiltré, c’est à dire que le filtre du capteur d’origine a été remplacé par un filtre dédié à
l’astro-photographie qui laisse passer bien plus de longueurs d’ondes, notamment vers les 
rouges, afin de révéler les nébuleuses qui parsèment la Voie lactée (et qui apparaissent sous le forme de taches rosées). Côté objectif, j’utilise le plus souvent le Tamron 15-30 f/2.8.

  • Comment avez-vous travaillé les lumières et les couleurs pour la série Echos du ciel ?

On me pose très régulièrement une question : est-ce que ces images sont réelles ? Et c’est tout à fait compréhensible puisque notre oeil n’est pas capable de voir ça ! C’est la pose longue à haute sensibilité qui va capturer toute cette information lumineuse invisible à nos yeux. Mon intention est donc très simple : montrer ce que nous verrions si nous pouvions augmenter la sensibilité de nos yeux la nuit. Car ceux-ci ne sont pas vraiment performants dans ces conditions. Ainsi nous considérons naturellement que la vision nocturne est sombre avec seulement une ambiance ‘bleu nuit’. Pourtant, cette perception nocturne ne correspond pas à la réalité, et le capteur, étant sensible à tout le spectre visible, révèle vraiment le paysage tel que nos yeux le verraient si nous pouvions augmenter leur sensibilité. Ensuite c'est à moi de conserver une perception naturelle lorsque je vais révéler de nombreux détails au traitement. Par ailleurs mes connaissances en astronomie m’aident également à trouver le bon équilibre dans le traitement sur les lumières et les couleurs. Par exemple la véritable couleur du coeur de la Voie lactée est jaune orangée, car il s’agit de la couleur des étoiles qui s’y trouvent en majorité.

© Jean-François Graffand - Renaissance (Lever de Lune sur les crêtes)
© Jean-François Graffand - Renaissance (Lever de Lune sur les crêtes)
  • Quelques mots ou réactions sur votre participation au festival Montier, qui n’aura malheureusement pas lieu cette année mais l’année prochaine ?

C’est évidemment un grand honneur et un grand enthousiasme que de pouvoir être présent à un si prestigieux festival ; particulièrement en proposant un travail sur les paysages nocturnes. ce qui constitue une discipline bien particulière qui peut paraître en marge de la photo de nature. C’est pourquoi j’ai été vraiment très touché de cette sélection car cela me permet de rappeler que le ciel fait partie de notre environnement, et aussi que l’obscurité est nécessaire à la survie même de milliers d’espèces. Aujourd’hui, préserver la nuit des lumières artificiellesdont on connaît les effets néfastes sur l’environnement et la santé, c’est contribuer à la préservation de la Nature dans son ensemble. Le report semblait malheureusement inévitable cette année, mais on espère évidemment que ce n’est que partie remise et que les conditions seront réunies l’année prochaine !

 

 

 

 

Jean-François Graffand Portrait
© Jean-François Graffand- Portrait

Jean-François Graffand
Site-Facebook-Echos du Ciel présentation

 


Génie immortel © Andrieux Thibault_

Macrophotographie avec Thibault Andrieux et sa série Empus'art

Découvrez l'univers de la macrophotographie avec le photographe français Thibault Andrieux. Il a été sélectionné au festival Montier 2020 (événement international de la photographie animalière) et nous fait le plaisir de partager sa série Empus’art en amont du festival, qui a malheureusement été reporté en 2021 suite aux restrictions sanitaires.

Le macrophotographe réalise avec sa série sur l’empuse, des chefs d’oeuvres aux détails impressionnants, et aux ambiances pénétrantes ! Mais ce n’est pas tout ; à travers ce projet il souhaite sensibiliser le grand public sur l'importance des insectes.

Découvrez les secrets de ce projet original : 

  • Pouvez-vous vous présenter ? Comment avez-vous commencé la photographie ?

J'ai commencé la photographie il y'a une dizaine d'année en parallèle de mes études en biologie. Dès le départ je me suis orienté vers la photographie de nature et plus particulièrement vers la macrophotographie. A mes débuts c'était simplement un moyen d'observer la nature sur mon temps libre, une sorte d'excuse pour m'aérer les neurones en plein air. Au fur et à mesure de mes études je me suis orienté vers l'entomologie et mon côté macrophotographe s'est également amplifié. Aujourd'hui je suis ingénieur d'études en Recherche et développement pour Bioline Agroscience, la principale entreprise française produisant des insectes pour la lutte biologique. La macrophotographie occupe une bonne partie de mon temps libre. J'essaye maintenant de m'éloigner d'une vision scientifique pour aller plus vers une vision artistique en créant une ambiance autour du sujet. Je fais actuellement plus de la proxy-photographie* que de la macrophotographie (pour les puristes). 

*La proxy-photographie est utile pour montrer une espèce dans son environnement grâce à une possibilité de cadrage assez large. La macrophotographie permet d'entrer plus dans le détail grâce à un rapport grandissant conséquent.

macrophotographie : La recherche © Andrieux Thibault
La recherche © Andrieux Thibault
  • Qu’est ce qui vous passionne dans la macrophotographie ?

Passer 2-3 heures à me balader dans les hautes-herbes à la recherche de sujets et à les observer, c'est quelque chose qui me permet vraiment de décrocher du train train quotidien. C'est mon moyen de décompression, mon exutoire. Cela me permet de me recentrer sur le monde réel du vivant et de souffler un peu des observations purement scientifiques du laboratoire. Depuis que j'ai commencé à exposer mes images, j'ai aussi réalisé la puissance de l'image comme moyen de sensibilisation. Je me suis rapidement rendu compte par le biais des expositions que le grand public ne connaît que très peu de chose sur le monde des insectes. Mis à part l'intérêt des abeilles pour l'agriculture cela reste limité.  Ce que j'aime faire par le biais des expositions c'est présenter aux gens cela sous un nouvel angle afin de montrer que ce n'est pas simplement un monde de nuisibles bons à finir écrasés sous un chausson. Émerveiller pour sensibiliser, voilà ce qui me passionne

Storm © Andrieux Thibault_
Storm © Andrieux Thibault
  • Pouvez-vous nous en dire plus sur le projet empus’art  ? 

L'empuse, est un insecte bien connu des macrophotographes. C'est un insecte très graphique qui permet de faire de jolies images. Bon nombre de macrophotographes espèrent pouvoir avoir la chance d'en voir une un jour. Pour les entomologistes, c'est pareil. Tout le monde entomo connait cet insecte atypique.  Malheureusement on ne la trouve que dans la partie sud de la France. Ayant grandi en Eure et Loir, je ne pensais pas un jour pouvoir la croiser.  Le hasard faisant bien les choses, j'ai été embauché fin 2016 du côté d'Antibes et la première chose que j'ai cherché à faire en arrivant a été de trouver l'empuse et enfin pouvoir la voir de mes propres yeux. Après quelques recherches et prospections, je me suis trouvé un "spot" où l'insecte était très certainement présent. Je suis rapidement tombé sur une de ses larves qu'on appelle diablotin. Ça a été le coup de foudre.  Rapidement je me suis mis à photographier exclusivement cette espèce. L'avantage c'est que contrairement à la mante religieuse classique, l'empuse est visible toute l'année. Les adultes pondent l'été et les larves se développent de la fin de l'été au printemps suivant. On peut donc faire des photos de cette espèce en pleine hiver. Le rêve pour les macrophotographes !

macrophotographie : Orpuse © Andrieux Thibault
Orpuse © Andrieux Thibault
  • Quelles sont vos principales inspirations pour cette série ?

Je souhaitais donc réaliser une série de cette espèce mythique en utilisant différents styles (high key, low key, gros-plans,...) pour constituer une série centrée sur l'espèce sans que cela soit redondant. Je voulais en quelques sortes rattraper mon retard sur cette espèce, et le faire bien !

Finalement c'est assez compliqué de vous donner le nom de photographes connus qui m'ont inspiré puisque l'idée était vraiment de faire une série variée sur l'insecte. Pour n'en citer que quelques uns qui ont influencé mon regard en découvrant leur travail dans la presse spécialisée, sur les réseaux sociaux ou lors de festivals : Gilles Duperron, Vincent Meunier, Olivier Jouaud (dit Olivier Naska), Gil Gautier, Laurent Fiol, Bastien Riu, Stephane Hette, David Gaultier, Patrick Goujon ...

Black and white © Andrieux Thibault
Black and white © Andrieux Thibault
  • Combien de temps avez-vous mis pour réaliser la série complète ? 

Comme je le disais, j'ai commencé cette série en arrivant dans le sud en Octobre 2016. Je photographie encore actuellement cette espèce mais la dernière de la série qui devait être exposée à Montier-en-Der date de juste avant le confinement.

  • Quel matériel avez-vous utilisé pour cette série ? 

Comme boîtiers j'utilise les canon EOS 6D et 6D mark II. L'objectif que j'ai utilisé pour la très grande majorité des images est le canon 100 mm macro L IS USM. Pour les très gros plans j'utilise le canon MP-E 65 associé au flash canon speedlitet MT-24 EX. Pour les macro/proxy d'ambiance je travail la plupart du temps en lumière naturel, mais il m'est arrivé d'utiliser le canon speedlite 430 EX II et/ou III déporté. 

Low-Ombrelles © Andrieux Thibault
Low-Ombrelles © Andrieux Thibault
  • Quelques mots ou réactions sur votre participation au Festival Montier, qui n’aura malheureusement pas  lieu cette année mais l’année prochaine ?

Je me suis auto formé à la photo de nature en lisant les magazines spécialisés dans ce domaine et en partageant les images sur les forums. Du coup, j'ai entendu parlé du festival de Montier-en-Der dès mes débuts. C'est un peu la Mecque pour les photographes de nature Français et tous rêve de pouvoir y exposer un jour. C'est du moins mon cas ! Faire partie de la sélection 2020 était pour moi une énorme joie, surtout avec cette série sur laquelle je travaille depuis plusieurs années. Malheureusement le covid est passé par là et a poussé les organisateurs à l'annulation de cette édition. Je pense que c'est un mal pour un bien puisque j'appréhendais un peu le fait d'exposer dans ce contexte et que le public ne soit pas au rendez-vous. J'espère que les organisateurs recontacterons rapidement les photographes sélectionnés en 2020 pour leurs proposer d'exposer en 2021. Je surveille ma boîte mail :)

macrophotographie : Dans les limbes © Andrieux Thibault
Dans les limbes © Andrieux Thibault
  • Pour conclure, il y'a t-il quelque chose que vous souhaitez rajouter ? 

En parallèle de mes expositions "en solo" j'ai monté il y a un peu plus d'un an un collectif avec 3 autres photographes de Nature des Alpes-Maritimes : le collectif Esprit Nature. L'idée initiale du collectif était de proposer des expositions montrant les différentes échelles de la photo de nature ; de la macrophotographie au paysage en passant par le gros animalier. Notre exposition actuelle présente ma série Empus'art pour l'échelle macro. Jean-Joaquim Crassous présente une série de paysages européens. Et la partie gros animalier est assurée par Nicolas Cegalerba et Emmanuel Juppeaux avec une série sur le dragon de Komodo et l'ours Kermode.
Aujourd'hui les projets du collectif ce sont intensifiés puisque nous avons réalisé une série de tirages sur support utilisable en extérieur. Ce qui nous permet d'exposer dans les écoles des Alpes-Maritimes. Le but étant de sensibiliser les enfants à la nature. Les tirages sont laissés en accès libre aux enfants ou servent aux enseignants de support à un travail pédagogique faisant l’objet ensuite d’une rencontre photographe naturaliste / enfants, le choix est laissé aux enseignants. L'idée est que les enseignants utilisent nos images et/ou nos interventions (2 semaines après l'installation des images, laissant le temps aux enseignants de travailler dessus avec les enfants) comme des passerelles vers leurs programmes scolaires.

 

macrophotographie : Apparition © Andrieux Thibault
Apparition © Andrieux Thibault

 

Le photographe Andrieux Thibault
Le photographe Andrieux Thibault

Thibault Andrieux - Site- Instagram- Facebook 



© 2022 Tous droits réservés S.A.S. Full Frame · Mentions légales · Réalisé par l’agence web 16h33