Iceland Explored, une série photo entre rêve et voyage signée TJ Drysdale

Photo - TJ Drysdale, Iceland Explored
© TJ Drysdale, Iceland Explored


TJ Drysdale
est un photographe américain qui a grandi à l'ombre des tours de New York. Le besoin de voyager qu'il ressentait pendant son enfance s'est révélé une source d'inspiration puissante une fois adulte. Le photographe s'est spécialisé dans le portrait et la photo de mode, travaille principalement à la lumière naturelle et accorde beaucoup d'importance au traitement numérique. TJ Drysdale aime créer des images romantiques et éthérées avec des modèles en communion avec la nature, qui ne sont pas sans rappeler légendes et contes de fées.

Grainedephotographe.com vous présente sa série Iceland Explored, réalisée en Islande en collaboration avec Victoria Yore, sa muse aux cheveux longs que l'on retrouve sur chaque photo, souvent de dos et vêtue d'une longue robe blanche flottant au gré du vent. La série Iceland Explored s'inscrit dans le projet Follow Me Away, un projet photo romantique qui compte à ce jour deux autres séries : Peru Explored et, très bientôt, Oregon Explored...

Lisez notre interview avec TJ Drysdale pour en savoir plus !

 

 

Photo - TJ Drysdale, Iceland Explored
© TJ Drysdale, Iceland Explored

- Pouvez-vous nous parler de vous et de votre série Iceland Expored ?

Bonjour ! Je m'appelle TJ Drysdale et je suis photographe depuis près de 6 ans. Je me suis installé à Tampa, en Floride, mais je voyage dans le monde entier avec ma copine pour le projet Follow Me Away. La série Iceland Explored a été réalisée sur 13 jours en novembre 2016. Pour la plupart des poses, ça ne nous prenait que 5 minutes, parce qu'il faisait un peu frisquet haha. Mais Victoria se débrouille à merveille, elle très patiente avec moi.

Photo - TJ Drysdale, Iceland Explored
© TJ Drysdale, Iceland Explored

- Qu'est-ce que vous cherchez à transmettre par cette présence humaine subtile, presque anonyme ?

Mon but ultime, c'est de montrer à quel point nous sommes petits et insignifiants face à cette magnifique planète. C'est pour ça que je demande souvent à Victoria de regarder au loin. Je veux capturer cet émerveillement.

 

- Votre modèle, Victoria Yore, apparaît aussi dans la série Peru Explored ; qui est-elle ? Est-ce qu'elle apparaîtra aussi dans Oregon Explored ?

Je suis en couple avec Victoria depuis deux ans ! C'est une femme extraordinaire, je suis très heureux avec elle. C'est elle qui apparaîtra dans Oregon Explored aussi, oui ! En fait, on vient tout juste de revenir de notre second séjour dans l'Oregon, et j'ai hâte de publier nos photos ! Restez connectés !

 

Photo - TJ Drysdale, Iceland Explored
© TJ Drysdale, Iceland Explored

- Où voulez-vous aller, la prochaine fois ?

Franchement, je pourrais retourner en Islande sans jamais m'en lasser. Mais pour la prochaine fois, j'aimerais beaucoup aller en Norvège. Les paysages ont l'air merveilleux.

 

- Quel matériel et quels logiciel(s) utilisez-vous principalement ?

J'utilise un Sony A99 et plusieurs objectifs : un 35mm, un 15-30mm et un 70-200mm. Je retouche mes photos avec Photoshop et Alien Skin*. Si vous n'utilisez pas Alien Skin, je vous le conseille vivement !

* un logiciel de traitement numérique qui peut notamment être installé comme plugin pour Lightroom ou Photoshop

 

Photo - TJ Drysdale, Iceland Explored
© TJ Drysdale, Iceland Explored
Photo - TJ Drysdale, Iceland Explored
© TJ Drysdale, Iceland Explored
Photo - TJ Drysdale, Iceland Explored
© TJ Drysdale, Iceland Explored
Photo - TJ Drysdale, Iceland Explored
© TJ Drysdale, Iceland Explored
Photo - TJ Drysdale, Iceland Explored
© TJ Drysdale, Iceland Explored
Photo - TJ Drysdale, Iceland Explored
© TJ Drysdale, Iceland Explored
Photo - TJ Drysdale, Iceland Explored
© TJ Drysdale, Iceland Explored
Photo - TJ Drysdale, Iceland Explored
© TJ Drysdale, Iceland Explored
Portrait du photographe TJ Drysdale
Portrait du photographe TJ Drysdale

Retrouvez l'ensemble du travail de TJ Drysdale sur son site, et n'hésitez pas à le suivre sur Instagram et Facebook ! Suivez Victoria et TJ à travers le monde grâce au projet Follow Me Away !

Et rejoignez-nous pour un Week end Photo ! Dates et inscriptions pour tous nos cours ici !

 

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Photo – Bella Kotak, Enchanted Worlds

Enchanted Worlds, les portraits enchantés de Bella Kotak

Photo – Bella Kotak, Enchanted Worlds, The Forgotten Queen
Photo – Bella Kotak, Enchanted Worlds, The Forgotten Queen

Bella Kotak… ce nom vous rappelle quelque chose ? Nous vous avions déjà parlé de la jeune photographe anglaise et de sa série fleurie haute en couleurs intitulée In Bloom. Nous la retrouvons aujourd’hui pour une série de portraits tout aussi magiques, mais aux nuances beaucoup plus froides et plus sombres : Enchanted Worlds.

Tout comme In Bloom, Enchanted Worlds met en avant de superbes jeunes femmes à la peau diaphane et aux traits délicats dans un univers enchanté. Ces reines, princesses, sirènes et autres créatures fantastiques sont souvent parées d’une longue chevelure bleutée ou argentée et d’atours somptueux, dignes des plus beaux contes de fées

Les portraits féériques de Bella Kotak sont principalement réalisés dans la nature et demandent une très grande préparation en amont, aussi bien sur la conception des idées que sur la réalisation des tenues, des parures, des coiffures et du maquillage. La photographe fait ensuite appel au traitement numérique et au montage sur Photoshop pour donner une touche de magie en plus à ses images. Enchanted Worlds nous transporte dans un monde onirique plein d’ombres et de lumière

 

Laissez-vous enchanter par l’univers fantastique de Bella Kotak !

Bella Kotak : SiteFacebookInstagramTwitter

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paysage Ambre de l’AlPe

Entre rêve et évasion, la photo de paysage selon Ambre de l'AlPe

paysage Ambre de l’AlPe
The Ephemeral Lands of Fire © Ambre de l’AlPe

Ambre de l’AlPe est une photographe française fascinée par la nature depuis son plus jeune âge. Principalement connue pour ses photos de paysages, elle réalise également des macros d’insectes ou de plantes ainsi que quelques portraits.

Rêveuse invétérée en constante quête d’évasion, Ambre de l’AlPe capture des scènes magiques où règnent à la fois calme et intensité. Plus que des images, elle cherche à nous transmettre ses émotions, sa passion.

 

Nous vous laissons découvrir son parcours et sa vision de la photographie à travers cette interview exclusive !

paysage Ambre de l’AlPe
Gates of Heaven © Ambre de l’AlPe

Pourriez-vous vous présenter en quelques mots ?

C’est peu, quelques mots… d’autant plus que j’ai l’habitude de m’étaler !

Je suis née à Strasbourg il y a ¼ de siècle, et j’ai longtemps grandi en ville, ne m’évadant que pendant les vacances. Depuis toute petite, les montagnes sont mon terrain de jeu estival et je campe chaque été quelques semaines avec ma mère. Avant dix ans, j’ai mon premier appareil argentique, et grave avec parcimonie quelques instants importants sur la pellicule. Les paysages ont déjà ma préférence. D’autant plus quand, adolescente, je me mets à l’alpinisme et ai l’occasion de découvrir des paysages de plus en plus magiques. J’achèterai au collège un compact numérique, puis au lycée enfin un reflex.

En 2010, j’obtiens un bac S et m’oriente vers la fac de médecine. C’était sans compter l’assertion d’Henry David Thoreau, qui bien vite se vérifie : « Si une plante ne peut vivre selon sa nature, elle dépérit ; un homme de même. » À chaque occasion je m’échappe. Mes randonnées et bivouacs se multiplient. J’ai la chance d’avoir obtenu une bourse au mérite suite au bac et utilise ces quelques sous pour sauter sur des occasions de voyages. J’abandonne la fac en 2012, et me lance en tant que photographe autodidacte. Des activités saisonnières complètent cette ébauche abstraite de ‘vie d’artiste’.

Au printemps dernier, en 2016, je termine une formation d’Accompagnatrice en Montagne et organise maintenant des randonnées et stages photo. Toujours en quête de cohérence, j’essaye de tracer ma vie suivant une sorte de logique et d’éthique qui concorde avec le respect de la Nature dont je vise à illustrer la majesté. Je me suis pour l’instant éloignée des villes et rapprochée des Alpes : j’habite maintenant avec un groupe d’amis sur une colline boisée de la Drôme, non loin du Vercors. Les montagnes restent un fil conducteur dans mes travaux et expérimentations : comment mieux garder les pieds sur Terre en ayant la tête dans les nuages ?…

paysage Ambre de l’AlPe
Built to Fall © Ambre de l’AlPe

Si vous deviez choisir trois mots pour décrire votre univers, quels seraient-ils ?

C’est peu aussi, trois mots. Disons, parmi tant d’autres qui se présentent… : Intense, Naturel, Fascinant.

Intense parce qu’il semblerait que j’ai une tendance récurrente à ressentir beaucoup de choses de façon particulièrement profonde. Je peux en faire abstraction, mais me rends compte que c’est dans cette intensité que je me retrouve le mieux, en général. C’est une sorte de ligne de mire fluctuante entre enthousiasme enchanté et désolation farouche ; qui tend à s’exprimer tant en mots qu’en images. (Mais même dans les photos les plus sombres, il y a toujours un coin de lumière, d’optimisme, d’espoir.) Il me manque sans doute beaucoup de termes pour exprimer ce que j’aimerais partager ; et les images étant un langage universel… la photo était une des évidences.

Naturel car c’est vers la Nature que je me suis tournée. Après avoir passé longtemps – bien trop longtemps – enfermée en ville en appartement, je tends maintenant à habiter davantage dans une cabane dans un coin de forêt qu’entre les immeubles bétonnés ; et c’est de loin les paysages vierges d’empreinte humaine qui me transcendent le plus. Naturel aussi car je préfère être moi-même et tenter de le rester, être cohérente, éviter au maximum les compromis ou les apparences artificielles. J’aimerais être acceptée en tant que ce que je suis sans avoir à me cacher derrière une façade simulée ou faire semblant.

Fascinant car les merveilles de cette Terre savent m’épater chaque jour. De même parfois les émotions qu’elles provoquent en moi et que je soupçonne d’engendrer chez beaucoup d’autres.

J’aurais pu mettre simplement « Vivant ». D’ailleurs, ce mot-là regrouperait le sens des trois autres… !

paysage Ambre de l’AlPe
Révision de Classique © Ambre de l’AlPe

Vous avez l’air de beaucoup aimer écrire, il y a toujours de longues descriptions qui accompagnent vos photos… pourriez-vous nous en dire plus sur le rapport mot-image que vous entretenez ?

Pour moi, l’écriture va spontanément avec les images. Ce ne sont pas que des descriptions matérielles mais aussi des réflexions, des points de vue, digressions, évasions… Des petits bouts de ce que je pense et vis… Comme une sorte de journal de bord sans nécessité de voyage lointain. Davantage que des photos, c’est désormais un ensemble, différentes facettes d’un même univers, que j’aime partager. Dans ma façon de voir, les diverses formes d’“art” – la photographie, l’écriture, mais aussi le dessin, la musique etc. – sont autant de moyens d’expression pour parfois dire la même chose. Chacun sera plus sensible à un style ou une association ; parfois avec un peu de chance c’est l’ensemble qui fera écho…

paysage Ambre de l’AlPe
A mes Anges Gardiens • Les Etoiles Filantes © Ambre de l’AlPe

Quel est votre rapport à la retouche ?

Maintenant j’aime mieux parler de « traitement » (post-traitement, post-processing) que de retouche : sauf exceptions, je ne modifie pas la scène existante (ni éléments, ni couleurs). Quand je parle d’exceptions, c’est pour supprimer un élément gênant : un pylône, un personnage au loin, une traînée d’avion, une herbe qui gêne la composition… (et l’éternelle collection de taches qui constelle mon capteur.) Ce que je ne fais quasiment plus. Plus le temps passe, plus j’essaye de me rapprocher du rendu final, de quelque chose de naturel dès la prise de vue. Il y a par contre beaucoup de réglages (en particulier sur la balance des blancs et les contrastes) qui tentent de rapprocher l’image non seulement de ce que je vois, mais aussi de ce que je ressens.

Mon action se rapproche désormais d’une sorte de ‘développement’ en version numérique. Je tente d’équilibrer le rendu au niveau global ; puis traite contraste et luminosité par zones pour orienter parfois le regard vers ce que je considère comme des points « clef », pour faire ressortir et accentuer certains secteurs…
Au delà, on peut obtenir des choses magnifiques mais pour moi ce n’est plus vraiment de la photo, plutôt du graphisme… C’est beau aussi ; simplement différent.

paysage Ambre de l’AlPe
Dream Painter © Ambre de l’AlPe

Votre matériel/logiciels ?

En boîtier, j’ai le Canon 5D Mark III. Après avoir commencé en Nikon, j’ai opté pour Canon pour de simples raisons de praticité : les amis avec qui je faisais le plus de sorties utilisaient cette marque et c’était bien plus simple pour s’échanger du matériel. Certaines images que je vous ai transmises sont réalisées avec le 5D Mark II (voire avec le 6D que l’on m’a prêté lorsque mon appareil a été en réparation).

La plupart de mes photographies de paysages sont réalisées avec le 17-40. J’utilise sinon de plus en plus le 85 f/1.8, en paysages et en portraits, ainsi que le 150-600 de Sigma. Pour les photos de nuit, je me suis tournée vers le 14mm Samyang (f/2.8).

En matière de traitement, j’utilise dans un premier temps DPP « Digital Photo Professional », où je peux retrouver les réglages effectués lors de la prise de vue ; puis au besoin Photoshop. J’espère d’ici peu passer à Lightroom, qui me semble très agréable d’utilisation et sur lequel les gens ont mois d’a priori.

paysage Ambre de l’AlPe
Requiem for a Dream © Ambre de l’AlPe

Autre chose à nous dire ?

J’aimerais partager un bout de texte qui semble assez représentatif de ma façon d’être et de voir :

La Nature et les Montagnes en particulier sont bien davantage qu’une source d’inspiration, un décor « joli » dont il serait appréciable de ramener quelques cartes postales ou de quoi refaire le papier peint. S’imprégner des lieux, en faire partie, y passer du temps, des moments forts –agréables ou rudes, souvent les deux- est devenu nécessaire. Un besoin viscéral. Une parenthèse de vie qui en constitue en fait l’essence, le carburant pour tenir le reste du temps ; comme si le reste brodait simplement autour de ces moments clés de quoi les attendre. Une sorte de calendrier de l’avant mouvant et annuel.

« Monter pour photographier ou grimper pour vivre plus intensément avec l’excuse de ramener quelques images…? » La photo est revenue le parfait prétexte, la justification de la fuite, le moteur à mettre en branle pour commencer le voyage. Le moyen de décamper pour aller poser la tente ailleurs, histoire de tenter quelque chose.

C’est sans doute cette association des deux qui désormais constitue une bonne partie du noyau autour duquel gravite ma Vie.

paysage Ambre de l’AlPe
Raison d’Être © Ambre de l’AlPe

Peut-être que je me suis tournée vers le partage de photographies pour sensibiliser les gens à la beauté du Monde et inciter à respecter et se rapprocher de cette dame nature si incroyable, ce « grand dehors » qui intimide et dont la société souvent nous éloigne de plus en plus. Bref, prenons soin de nous et du monde…

paysage Ambre de l’AlPe
The Sun is Dying © Ambre de l’AlPe
paysage Ambre de l’AlPe
Echo © Ambre de l’AlPe
paysage Ambre de l’AlPe
Gaïa’s Majesty © Ambre de l’AlPe
Ambre de l’AlPe
Portrait de la photographe Ambre de l’AlPe

Retrouvez l’ensemble du travail d’Ambre de l’AlPe sur son site, son blog et n’hésitez pas à la suivre sur Facebook et 500px !

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Portraits d'hommes saints : les Sadhus vus par Omar Reda

Omar-Reda-Triptyque
Omar-Reda-Triptyque

Nous vous avions déjà parlé du travail d’Omar Reda. Le photographe libanais avait réalisé des portraits de mains et montré la beauté ethnique des femmes des tribus de l’Omo. Nous le retrouvons aujourd’hui au Népal pour une nouvelle série de portraits teintée d’une dimension beaucoup plus religieuse : The Art of the Holy Faces.

Pour célébrer leurs divinités, les hommes construisent des monuments, érigent des statues ou créent des icônes et se distinguent les uns des autres par le travail apporté à leur apparence. Dans cette série de portraits, Omar Reda met en avant les Sadhus et leur art du maquillage. En effet, la forme et la couleur du Tilak, Tika ou Bindi ornant leur front sont révélatrices de la divinité à laquelle chacun de ces religieux consacre son existence. Pour mener à bien leur quête spirituelle, ces ascètes hindous renoncent à tout. Aussi bien coupés de la société que de leur famille, ils ne possèdent plus rien.

Découvrez ces portraits de Sadhus par Omar Reda !

Si vous avez aimé ces portraits de Sadhus, les photos de Joey L et de Brian Hodges pourraient vous plaire !

Retrouvez tout le travail d’Omar Reda sur son site et suivez-le sans plus attendre sur Twitter et Instagram !

Et rejoignez-nous pour progresser en Portrait ! Dates et inscriptions pour tous nous cours ici !

 

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Photo – Mitchel Wu, Laugh, Toy Story

Retour en enfance : la photographie de jouets selon Mitchel Wu

Mitchel Wu, Woody Tight Rope (Toy Story)
Toy Story © Mitchel Wu

Vous avez peut-être déjà vu ces photos de jouets pleines de couleurs, d’humour et d’action qui semblent tout droit sorties d’un film ou d’un dessin animé… Les photos de Mitchel Wu font partie de ces images qui nous renvoient en enfance en un éclair.

Mais, loin d’être un jeu d’enfant, la photo d’objet et plus précisément ici la photographie de jouets est devenue le métier et la passion du photographe américain. Il nous offre aujourd’hui des photos garanties sans montages, dont chaque effet est réalisé pendant la prise de vue.

Découvrez le parcours et l’univers animé de Mitchel Wu dans cette interview exclusive !

 

Ant-man C Mitchel Wu
Ant-Man © Mitchel Wu
  • Pourriez-vous nous parler un peu de vous ?

Je vis actuellement à Los Angeles avec ma femme et ma fille. Je suis photographe professionnel à plein-temps et je me suis spécialisé dans la photographie de jouets. Je crée des images pour de nombreux fabricants de jouets, dont Mattel. Mes choix professionnels ont toujours été orientés vers la créativité. J’ai travaillé pour Walt Disney pendant 6 ans, puis j’ai collaboré avec Sony Pictures, Warner Bros, Lucasfilm et le Cirque du Soleil.

Petits, on joue tous avec ses jouets, mais la plupart d’entre-nous grandissent en passant à autre chose. Redécouvrir les jouets à mon âge a été une expérience formidable. Quand j’ai pris ma toute première photo de jouet, je suis devenu accro et je ne suis plus jamais revenu en arrière.

Mitchel Wu, The Offering - From Future King to Future Meal (Roi Lion et Star Wars)
The Offering – From Future King to Future Meal (Roi Lion et Star Wars) © Mitchel Wu
  • Qu’est-ce qui vous a donné envie de photographier des jouets ?

Avec les jouets, je peux raconter des histoires incroyables, c’est ce qui m’inspire et ce qui me pousse à continuer. J’ai toujours cherché à raconter des histoires dans mes images, mais travailler avec des jouets m’a permis de les raconter autrement. Comme la plupart des gens connaissent déjà les jouets et figurines que je photographie, la connexion entre mon travail et le public se fait immédiatement. Soit je peux renforcer cette connexion, soit je peux en prendre le contre-pied et créer des images très inattendues et très surprenantes. J’adore ça.

Mitchel Wu, Hulk Pissenlit
Hulk © Mitchel Wu
  • Comment procédez-vous et qu’est-ce que vous aimez le plus ?

Pour moi, tout commence avec l’histoire, l’idée ou le message que je veux transmettre. J’essaie de me concentrer principalement sur ces trois aspects : l’histoire, l’émotion et les effets – dans cet ordre précis. Une image super cool sans histoire ou sans émotion, c’est comme des chips ou des bonbons : à première vue, ça a l’air délicieux, mais finalement ce n’est pas si bon que ça. C’est la même chose pour la photo ou pour l’art en général. Qui n’a pas déjà vu un film avec plein d’action et d’effets spéciaux, mais qui ne raconte rien ? Ce genre de films, on les oublie presque aussitôt. C’est la même chose pour la photo de jouets. Si j’arrive à prendre une photo avec ces 3 éléments, une histoire, une émotion et des effets, alors je sais que ce sera une image dont les gens se souviendront.

J’aime l’intégralité de mon processus de création, du début à la fin. Tous les effets qu’on peut voir dans mes images sont réels et photographiés en temps réel : fumée, feu, terre, poussière, éclaboussures… tout est vrai ! Et je m’amuse vraiment. Pour les effets de fumée et de brouillard, j’utilise un super produit : Atmosphere Aerosol, du brouillard en bouteille !

 

Vidéo backstage avec Mitchel Wu

 

Hulk © Mitchel Wu
Hulk © Mitchel Wu
  • Quel est votre jouet préféré ?

C’est impossible d’en choisir un seul. J’aime créer des images et raconter des histoires autour de différents personnages et jouets, mais surtout à partir de ceux auxquels je suis personnellement attaché. C’est pour cette raison qu’on peut voir beaucoup de photos autour de Toy Story. J’ai regardé Toy Story des dizaines de fois avec ma fille alors qu’elle grandissait, et je m’y suis sans aucun doute attaché.
J’aime aussi les jouets fantaisistes et amusants, comme Kermit la grenouille. J’ai pu raconter de drôles d’histoires avec cette grenouille !

Photo – Mitchel Wu, Laugh, Toy Story
Toy Story © Mitchel Wu
  • Quel matériel utilisez-vous ?

Je prends toutes mes photos avec un Canon 5D Mark III et un objectif Canon 135f/2L. Je suis sponsorisé par Lowerpro (mon sac photo), Manfrotto (mon trépied et mes lumières) et Spider Holster – les meilleures ceintures photo sur le marché. J’utilise une tablette Wacom Intuos Pro et un stylet pour retoucher mes photos. C’est ce que j’utilise et c’est ce que je conseille pour la photographie de jouets.

  • Un dernier mot pour la fin ?

La photographie de jouets est une occasion formidable pour n’importe qui d’exprimer sa créativité. Si vous avez un appareil photo sur votre téléphone et une figurine à portée de main, à vous de jouer ! Pour les débutants, je vous conseille de vous concentrer d’abord sur ce que vous voulez raconter. N’essayez pas de créer des effets impressionnants tout de suite, prenez votre temps et amusez-vous ! Et n’hésitez pas à me contacter sur les réseaux sociaux, même si c’est juste pour me dire bonjour, je fais toujours de mon mieux pour répondre aux commentaires et aux questions que je reçois. Un jour, je viendrai en France et j’animerai un workshop spécialement dédié à la photographie de jouets. J’espère vous y retrouver !

Le photographe Mitchel Wu
Le photographe Mitchel Wu

Mitchel Wu : Site – Instagram – Facebook

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Portrait femme © Alessio Albi

La mélancolie des portraits d'Alessio Albi

Alessio Albi est un photographe italien vivant à Pérouse. Il est connu pour ses portraits délicats et emplis d’émotion. Ses études n’ont rien à voir avec la photographie : après cinq ans à étudier les biotechnologies médicales à l’université de Pérouse et un début de carrière de nutritionniste, Alessio Albi a commencé à s’intéresser à la photographie.

Portrait femme © Alessio Albi
© Alessio Albi

En 2010, il a investi dans son premier reflex sans prétention aucune et, en quelques mois, la photographie était devenue sa passion. Cinq ans plus tard, Alessio Albi devenait photographe professionnel. Il exerce aujourd’hui principalement dans la publicité, la mode et le portrait.

portrait femme © Alessio Albi
© Alessio Albi

Le portrait, c’est d’ailleurs ce que le photographe réussit le mieux : des lumières douces et froides, des ombres profondes et des visages aux regards si captivants… Entre douceur, tourment et mélancolie, les portraits d’Alessio Albi intriguent et fascinent.

 

Découvrez la mélancolie des portraits d’Alessio Albi dans notre galerie ci-dessous :

 

 

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Projet photo écolo : les sirènes ont horreur du plastique !

Photo - Benjamin Von Wong - Mermaids hate plastic-1
Photo - Benjamin Von Wong, Mermaids hate plastic

Environ 50% du plastique consommé n'est utilisé qu'une seule et unique fois avant d'être jeté, et la dégradation d'une simple bouteille en plastique prend plus de 450 ans. En 2050, il y aura plus de plastique que de poissons peuplant les océans.

Le projet “Mermaids hate plastic”, c'est 10000 bouteilles en plastique, une sirène et un vœu pour la planète.

Pour nous sensibiliser à la cause environnementale, et en particulier à la pollution des océans par le plastique, le jeune photographe canadien Benjamin Von Wong met en scène une sirène noyée dans un océan de bouteilles en plastique soigneusement arrangées pour composer quatre tableaux aussi somptueux que troublants.

Afin de susciter l'intérêt du public pour ce sujet souvent considéré comme ennuyeux et pessimiste, voire surfait, Benjamin Von Wong a eu l'idée de s'approprier le merveilleux pour le confronter à une réalité pas si fabuleuse... dans les deux sens du terme.

 

Photo - Benjamin Von Wong, Mermaids hate plastic
Photo - Benjamin Von Wong, Mermaids hate plastic

 

Photo - Benjamin Von Wong, Mermaids hate plastic
Photo - Benjamin Von Wong, Mermaids hate plastic

 

Photo - Benjamin Von Wong, Mermaids hate plastic
Photo - Benjamin Von Wong, Mermaids hate plastic

Derrière le projet Mermaids hate plastic se cache une équipe d'une cinquantaine de personnes qui a consacré une semaine entière à la réalisation de la série.

La queue de sirène a été créée de toute pièce par Cynthaut Creations, une créatrice découverte par un heureux hasard alors que la mère du photographe cherchait une couturière pour modifier la robe de mariage de sa sœur. Les 10000 bouteilles utilisées pour le shooting ont été prêtées par une usine de tri locale soutenant le projet. En quelques jours, une petite armée de bénévoles avait déjà minutieusement trié chaque bouteille par couleur et retiré leur 10000 bouchons et étiquettes. Elles ont ensuite été savamment disposées dans entrepôt prêté par un ami du photographe. Pour décider des différents décors, un jour complet a été réservé à tester les différentes compositions à l'aide d'une artiste peintre.

La sirène, une seule et même modèle, Clara Cloutier, était apprêtée par Tamsen Rae et Jean-Michel Cholette. Le premier était chargé du maquillage du visage et de la coiffure, tandis que le second réalisait les différents bodypaiting. Chaque détail était peaufiné à la perfection avant et pendant la prise de vue, de la moindre mèche de cheveux à la moindre paillette.

Le photographe a dû recourir à un système de prises de vues avancé mis en place par un professionnel pour prendre les photos en plongée... depuis le sol ! En effet, les hybrides Sony peuvent être contrôlés à distance grâce à une application gratuite (Play Memories). Pratique, mais un peu lent : il fallait compter environ 6 secondes entre chaque prise. Ainsi, Benjamin Von Wong photographiait sa sirène échouée depuis le sol grâce à un iPad connecté en wifi !

Cette série photo impressionnante et incontestablement engagée est accompagnée d'une pétition visant à réduire la surconsommation de plastique : #MermaidsHatePlastic.

Nous vous laissons visionner la vidéo et les photos backstage pour découvrir les coulisses de ce grand projet...

Vidéo backstage de la série Mermaids hate plastic - Benjamin Von Wong

 

Benjamin Von Wong - Mermaids hate plastic - Backstage - Making of-1
Benjamin Von Wong et sa petite amie dans une mer de bouteilles (20% des 10000 bouteilles collectées pour ce projet)

 

Benjamin Von Wong - Mermaids hate plastic - Backstage - Making of-2
La collecte des 10000 bouteilles en plastique

 

Benjamin Von Wong - Mermaids hate plastic - Backstage - Making of-7
Bénévole décollant les étiquettes, enlevant les bouchons, triant par couleur...

 

Benjamin Von Wong - Mermaids hate plastic - Backstage - Making of-3
Expériences dans l'entrepôt prêté pendant une semaine par un ami de Benjamin Von Wong

 

Benjamin Von Wong - Mermaids hate plastic - Backstage - Making of-6
La sirène, Clara Cloutier : retouches entre deux poses

 

Benjamin Von Wong - Mermaids hate plastic - Backstage - Making of-4
Système mis en place pour prendre les photos de la série Mermaids hate plastic

 

Benjamin Von Wong - Mermaids hate plastic - Backstage - Making of-5
Benjamin Von Wong contrôlant l'appareil photo depuis le sol à l'aide d'une tablette, résultat envoyé par wifi sur grand écran

 

Benjamin Von Wong - Mermaids hate plastic - Backstage - Making of
L'équipe du projet Mermaids hate plastic au complet

Assistants:
Jessika Chiasson, Élizabeth Lily Létourneau, Martin Perreault, Lili Yip, Anna Tenne, Yanik Chauvin, Allison Blue, Emmanuelle Néron, Laura Luu, Tout Yang, Albert B. Ross, Dominique Pepin, Paul Kepron, Teny Sarkissian, Mélanie Guertin, Tessa Levesque, Isabelle Pilette, Martin Jack Lacasse, Taline Nalbandian, Hai Nguyen, Élie Babin, Jeanette Wg, Sing Wong, Roxanne Maïté Nault, Amy Jessica Pilette, Jerry Zhu, Renaud Delaquis, Arielle Vary, Lucie Doyle, Ricky Cheng, Guildo Gagnon, Caroline lemlin, Pierre Larin, Robert Wong, Ting Huong Hua, Alex Decarie, Mylene Tat, Alex Gaipo

Benjamin Von Wong : SiteInstagram - Mermaids hate plastic

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Photo – Julie de Waroquier, Doppelgänger

Entre rêve et réalité : Doppelgänger, série photo signée Julie de Waroquier

Photo – Julie de Waroquier, Doppelgänger
Photo – Julie de Waroquier, Doppelgänger

Connue pour son univers poétique oscillant doucement entre rêve et réalité, Julie de Waroquier a commencé la photographie en 2008 et s’est distinguée dès 2010 en remportant plusieurs prix. La photographe française, également professeur de philosophie et passionnée de psychanalyse, aime jouer sur la connexion entre monde objectif extérieur et réalité subjective intérieure. Pour interroger cette connexion et nous transporter dans un monde onirique, la photographe s’appuie sur son excellente maîtrise du traitement numérique.

Dans sa série intitulée Doppelgänger, Julie de Waroquier met en scène le syndrome de l’ami imaginaire, projection fictive qui n’existe que dans l’esprit de la personne qui la crée. Ici, la photographe nous raconte en image l’histoire d’une jeune femme névrosée prenant peu à peu conscience que son amie imaginaire n’est pas réelle.

On pourrait croire au premier abord qu’il s’agit de vraies jumelles, mais il s’agit en fait d’une seule et même modèle, Florence Rivières, mise en scène et dédoublée avec virtuosité par Julie de Waroquier.

« Les inspirations ont sans doute été multiples et pas toutes conscientes ; j’ai été inspirée par les films et les livres construits sur un retournement inattendu en fin d’histoire, comme Fight Club, Usual Suspects ou Shutter Island. C’est un procédé classique de la fiction que j’ai eu envie d’appliquer à la photographie. » – Julie de Waroquier

Mais est-ce parce que son amie imaginaire n’existe pas pour les autres qu’elle ne doit pas exister pour elle ? La réalité subjective, si elle ne reflète pas la vérité, ne reste-t-elle pas une forme de réalité ?
Grainedephotographe.com
Photo – Julie de Waroquier, Doppelgänger
Photo – Julie de Waroquier, Doppelgänger

Au coeur de ce questionnement, Julie de Waroquier nous propose une mise en abyme du concept autour de la photographie. À l’ère du numérique, on se pose beaucoup la question du rapport entre photographie et vérité. Dans l’imaginaire collectif, la photographie devrait représenter la réalité objectivement, et la retouche est souvent perçue avec méfiance comme une altération de la réalité, presque un mensonge. Polémique.

Dans la série Doppelgänger, on retrouve deux types de photos : des images réalisées au reflex numérique et retouchées, et des clichés instantanés (pris à l’Instax). Julie de Waroquier a fait en sorte que le matériel utilisé serve directement le propos de la série : tandis que les photos prises au reflex et ré-imaginées illustrent l’imaginaire de la jeune femme en nous laissant entrevoir son double fantasmé, les clichés instantanés renvoient à la réalité extérieure et prétendument objective.

« La succession des images joue avec la perception du spectateur, et questionne de la sorte le rapport de la photographie à la vérité. A terme, on ne sait plus ce qui est rêvé ou réel. La photographie demeure alors dans l’ambiguïté, entre objectivité et subjectivité, entre témoignage et fiction… tout comme le personnage oscille entre fantasme et réalité. » – Julie de Waroquier

 

En somme, la série photo Doppelgänger met en scène plusieurs thèmes chers à la photographe : la dualité de l’être humain, la gémellité, la névrose, le numérique et l’instantané, le rêve et la réalité… Découvrez la suite de cette histoire émouvante :

Julie de Waroquier : Site – FacebookInstagram – Twitter

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les autoportraits nus de Jessica Evrard

Anatomie de la mélancolie, les autoportraits nus de Jessica Evrard

Par sa série Anatomie de la mélancolie, Jessica Evrard sonde les profondeurs de l'autoportrait nu. Vous remarquerez sans doute que la photographe n'est pas physiquement présente sur les images. Par là, elle souhaite élargir la définition d'autoportrait. En se nourrissant des faiblesses de ses modèles, Jessica Evrard extériorise ses propres cicatrices émotionnelles.

Interview : Jessica Evrard nous en dit plus sur son parcours et sa série, Anatomie de la mélancolie.

les autoportraits nus de Jessica Evrard
© Jessica Evrard
  • Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ? Quel est votre parcours ?

Je suis née le 6 Novembre 1981 à Lille. Enfant, j’ai tenté plusieurs activités artistiques (écriture, théâtre, danse) pour pallier la nécessité d’exprimer mes ressentis de petite fille timide et introvertie.
À mes 15 ans, mon père m’a offert un appareil photo et transmis l’une de ses passions, la photographie. J’ai trouvé au travers de cette pratique le moyen d’expression qui me convenait le mieux, car il me permettait de me révéler discrètement, cachée derrière mon appareil. Mes images sont alors très vite devenues mon principal mode de communication avec mes proches. Pour leur manifester certains de mes états d’âmes, j’ai ainsi commencé à me mettre en scène devant mon appareil avec mes premiers autoportraits.
Mon parcours est resté longtemps autodidacte. Ce jusqu’à ce que j’intègre le programme de formation continue "Développer une pratique photographique d’auteur", à l’École supérieure nationale de Photographie d’Arles, en 2014.

 

Photo : Jessica Evrard - Alice Exx
Photo : Jessica Evrard - Alice Exx
  • Si vous deviez définir votre style à nos lecteurs... quels seraient les mots qui vous viennent à l'esprit ?

Pudeur, douceur et contemplation, peut être ? Parler de moi crée toujours un certain malaise et je suis très maladroite lorsqu’il s’agit de définir mon travail.
Je travaille essentiellement sur l’intime et sur les émotions. Certaines personnes assimilent mon travail à de l’art thérapie. Je ne suis en revanche pas psychanalyste, seulement empathique, observatrice et à l’écoute des autres.

  • Quel matériel utilisez-vous ?
Bien que je préfère la prise de vue argentique, je travaille principalement en numérique. C’est uniquement une question de budget. Si j’en avais les moyens, il en serait autrement. J’utilise un reflex full frame (5D Mark III) et 3 objectifs (Canon EF 40 mm pancake f/2.8, Canon 100 mm f/2.8 macro et Canon 24 mm f/1.4).
Photo : Jessica Evrard - Lou Carasco
Photo : Jessica Evrard - Lou Carasco
les autoportraits nus de Jessica Evrard
© Jessica Evrard
  • Pour ces autoportraits nus au sens large, pourquoi avoir choisi de faire poser d'autres personnes plutôt que de poser vous-même ?

J’ai eu envie de tenter d’extérioriser certaines choses différemment, d’une façon moins autocentrée. La photographie est pour moi une thérapie depuis le début, j’ai eu envie de m’essayer à une approche un peu plus cognitive.
À la base, je ne voyais pas cette série comme une représentation de mes propres accablements, mais plutôt comme une exploration. J’établissais un dialogue assez intime, et au fur et à mesure de la discussion, je demandais aux personnes que je photographiais de se replonger dans un état profond de mélancolie en puisant dans ce qu’elles avaient déjà pu vivre et ressentir par le passé.
Je n’ai compris que plus tard que, pour déterminer mes propres faiblesses, je me nourrissais de celles des autres et les emprisonnais dans mon boîtier pour mieux les concrétiser.

Photo : Jessica Evrard - Vera Lavender
Photo : Jessica Evrard - Vera Lavender
  • Pour faire ressortir ce côté très intime, travaillez-vous avec des modèles, des connaissances, des amies ?
Je n’ai pas de critère de sélection particulier, si ce n’est que je recherche des personnes sensibles et sincères avant toute chose. Ce sont donc généralement des personnes, modèles ou non, avec qui j’établis une profonde connexion à la première approche. Le reste suit très naturellement. Certaines personnes qui se sont livrées à moi sont devenues des amies par la suite.
Photo : Jessica Evrard - Laurent Demory
Photo : Jessica Evrard - Laurent Demory
  • J'ai remarqué un sujet masculin (ou deux ?) : que signifie-t-il pour vous ?

Effectivement, il y a un modèle masculin présent dans la série. Laurent a accepté de se prêter à l’expérience et s’est laissé guider. Je n’étais pas habituée à photographier des modèles masculins et j’avais envie de sortir de ma zone de confort. J’ai été agréablement surprise de son implication. Certaines images issues de notre séance ont intégré la série car elles faisaient écho en moi. Je n’ai pas su encore véritablement analyser pourquoi, mais je parviens à établir une projection aussi bien chez des sujets masculins que féminins. À creuser.

  • Votre série est-elle terminée ou toujours en cours ?

La série n’est pas terminée et je suis toujours en recherche de personnes désireuses d’y participer.

Photo : Jessica Evrard - Lily Sly
Photo : Jessica Evrard - Lily Sly

 

les autoportraits nus de Jessica Evrard
© Jessica Evrard - Elisabeth Paquiot

 

Photo : Jessica Evrard - Anwen
Photo : Jessica Evrard - Anwen

 

Photo : Jessica Evrard - Vera Lavender
Photo : Jessica Evrard - Vera Lavender

 

les autoportraits nus de Jessica Evrard
© Jessica Evrard - Coraline Nostria

 

les autoportraits nus de Jessica Evrard
© Jessica Evrard - Lady Heroine

 

Photo : Jessica Evrard - Vera Lavender
Photo : Jessica Evrard - Vera Lavender

 

Photo : Jessica Evrard - Laurent Demory
Photo : Jessica Evrard - Laurent Demory

 

les autoportraits nus de Jessica Evrard
© Jessica Evrard - Elisabeth Paquiot

 

les autoportraits nus de Jessica Evrard
Portrait de Jessica Evrard

Jessica Evrard - Site Internet - Instagram !

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Main d'un Holy Man © Omar Reda

Une vie, une main : le portrait par le photographe Omar Reda

Main d'un Forgeron © Omar Reda
Forgeron © Omar Reda

Quand on parle portrait, on pense tout de suite à des photos de visages. Omar Reda, photographe libanais et graphiste de formation, nous prouve encore une fois que le visage n’est pas le seul élément constitutif de l’identité profonde d’un homme.

“La main, tout comme les yeux, révèle ce qui se cache au plus profond de nous.”
L’art du portrait ne s’arrête pas au visage. Finalement, la définition du portrait est assez large ; le portrait consiste à représenter une personnalité par l’image, et ce quel que soit l’angle ou la partie du corps humain mise en avant.
Si certaines parties du corps s’avèrent plus représentatives que d’autres, les mots du photographe suffisent à montrer que les mains sont aussi parlantes qu’un regard :
“Les lignes de la main dévoilent les secrets de nos vies. Elles révèlent les épreuves que nous avons traversées, les fardeaux que nous avons portés et les choix que nous avons faits.”
Main d'une Fille d'une tribu © Omar Reda
Fille d’une tribu © Omar Reda
Fasciné par le rôle des mains dans le travail et la survie de l’homme, Omar Reda a entrepris de photographier les mains d’hommes et de femmes du monde entier. Différents pays, différents métiers, différentes histoires…
“La main joue un rôle essentiel dans notre évolution et notre survie. Les premiers hommes faisaient du feu, chassaient, se battaient et survivaient grâce à leurs mains.”
Dans ce projet qui pourrait durer toute une vie, Omar Reda s’efforce de capturer la beauté des mains d’hommes et de femmes aux parcours différents et provenant du monde entier. Tribus, villes et villages… Laissez toutes ces mains vous raconter leurs histoires !

 

Omar Reda : SiteInstagramTwitter

 

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© Edward Curtis – An Oasis in the Badlands - Sioux, 1905

The North American Indian, ou l'oeuvre monumentale du photographe Edward S. Curtis

© Edward Curtis – An Oasis in the Badlands - Sioux, 1905
© Edward Curtis – An Oasis in the Badlands – Sioux, 1905

Né en 1868 aux États-Unis, le célèbre photographe ethnologue Edward Sherrif Curtis a littéralement écrit une partie de l’histoire de son pays.

Déjà en voie de disparition à l’époque, les Indiens d’Amérique du Nord et leurs différents modes de vie fascinaient le photographe. En 1907, Edward S. Curtis entreprend un projet ethnographique et artistique monumental : un inventaire photographique des 80 tribus amérindiennes encore existantes.

Edward S. Curtis Autoportrait, 1899
© Edward S. Curtis Autoportrait, 1899

The North American Indian immortalisera ainsi les derniers vestiges des peuples natifs d’Amérique du Nord.

« It’s such a big dream, I can’t see it all. »
Edward Curtis

 

© Edward Curtis – The Piki Maker, 1906
© Edward Curtis – The Piki Maker, 1906

Pour rencontrer ces 80 tribus amérindiennes, Edward S. Curtis aurait traversé les États-Unis environ 125 fois – un record pour l’époque. Certains l’appelaient “L’attrapeur d’ombres”, pour d’autres, il était “l’Homme-Qui-Dort-Sur-Son-Souffle”, façon poétique de désigner celui qui dormait sur un matelas pneumatique… Quels que soient les noms qu’on lui a donné, le photographe a su faire preuve d’une patience et d’une ouverture d’esprit incroyables pour gagner la confiance de toutes ces tribus et le laisser raconter leurs histoires en images.

Ce projet artistique et ethnographique ambitieux a été soutenu par le président Theodore Roosevelt et financé par John Pierpont Morgan, magnat de l’acier et du chemin de fer.

Edward S. Curtis aura consacré presque 30 ans à la réalisation de son oeuvre. En tout, il aura fixé 40 000 clichés de tribus apaches, sioux ou navajo sur ses plaques de verre, juste avant qu’elles ne disparaissent, englouties par l’Amérique moderne.

The North American Indian, oeuvre comportant au total 20 volumes, a vu son édition limitée à 272 exemplaires.
Si Edward S. Curtis s’est éteint en 1952, oublié de tous et sans le sou, les copies originales de ses travaux sont désormais si rares qu’elles valent une fortune.

Aujourd’hui, son oeuvre est reconnue et appréciée à l’échelle internationale.

Si vous êtes intéressés par le travail d’Edward S. Curtis, vous pouvez vous rendre sur les sites suivants :

edwardcurtis.com

edwardcurtisbooks.com

edwardcurtisfoundation.org

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