Doppelgänger

Doppelgänger ou l’inquiétante étrangeté saisi par Myriam Tirler

Avez-vous déjà eu l’impression de vous trouver en face de votre double ? Comme une étrange sensation de déjà vue ? Que ce soit sur les réseaux sociaux ou même encore dans notre vie quotidienne, nous avons tous déjà croisé quelqu’un qui nous paraissait semblable ou qui ressemblait à un ami. C’est à partir de ce constat que l’une des photographes de l’équipe Graine de Photographe, a eu l’idée d’en faire une série photographique.

Loin de la vision cauchemardesque de Jordan Peel avec son film Us, la série Doppelgänger de Myriam Tirler, dépeint cet étrange phénomène que sont les sosies. Tels un reflet dans un miroir, ces personnes partagent les mêmes caractéristiques physiques sans pour autant être de la même famille. Simple coïncidence ou heureux hasard du destin ? 

Pour le savoir, on vous invite à découvrir cette série de portraits surprenants signés Myriam Tirler !

Saurez-vous faire la différence ? 

Doppelgänger
© Myriam Tirler / Hans Lucas

Doppelgänger, la genèse d’un projet fou !    

Parfois, les meilleures découvertes se font par accident et le projet Doppelgänger n’y fait pas exception ! Débutée il y a plus de dix ans, la série prend forme à partir d’un constat : la ressemblance avec autrui ! Très souvent comparée à d’autres personnes ou même certaines célébrités, Myriam a donc commencé à s’intéresser de près à ce phénomène populaire.

J’ai commencé à m’imaginer, à me demander ; comment on pourrait être perçu de l’extérieur ? Qu’est-ce que ça serait de me voir ? J’ai ainsi commencé à voir des gens qui se ressemblaient, j’en ai trouvé et j’ai fini par en faire une série. Le projet part donc d’une ressemblance de soi et va vers les autres.

Myriam Tirler

Doppelgänger
© Myriam Tirler / Hans Lucas

Des Modèles hors du commun   

Contrairement à d’autres projets, la recherche de modèles s’est avérée très difficile. Son élaboration a donc demandé du temps et beaucoup de persévérance. Au départ, la photographe les trouvait par ses propres moyens avant progressivement d’aborder le sujet auprès de son entourage. En dix ans, elle est ainsi parvenue à réunir une cinquantaine de modèles afin de réaliser sa série.

Ne recherchant pas la ressemblance parfaite comme dans le travail du photographe québécois François Brunelle ; Myriam se focalise sur la première impression et le trouble qui s’ensuit. 

Moi justement, je joue avec la subjectivité et le ratage. J’aime bien que ça crée un trouble, mais ce n’est pas forcément évident. Ça pourrait être des frères et sœurs, des cousins éloignés même.

– Myriam Tirler

Pour la photographe, il est fréquent de croiser des personnes et de penser que c’est quelqu’un qu’on connaît. Cependant il y a différents degrés de ressemblance comme la ressemblance fulgurante

Un ami m’a raconté comment il avait croisé une femme qu’il pensait connaitre lors d’une fête. Ils ont commencé à parler et au fur et à mesure de la conversation, il s’est rendu compte que ce n’était pas elle. Il a donc pensé à mon projet. Lorsqu’elles se sont rencontrées pour le shooting, l’autre fille a elle-même été très surprise, tellement la ressemblance était flagrante.

– Myriam Tirler

Doppelgänger
© Myriam Tirler / Hans Lucas

De vraies-fausses photos de famille

Presque toutes les photos sont réalisées à l’argentique avec un moyen format, Hasselblad. Avant de commencer le shooting, Myriam prend le temps de connaître ses modèles autour d’un café. Pour une grande majorité, c’est leur première fois devant l’objectif d’un photographe professionnel, il est donc nécessaire de les mettre en confiance.

Doppelgänger
© Myriam Tirler / Hans Lucas

Avec les contraintes de lumière et de temps, le lieu du shooting est déterminé par la photographe qui s’évertue de trouver un endroit qui correspond aux modèles. Mais cela n’est possible que dans le meilleur des cas. Généralement, pour faciliter l’agenda des uns et des autres, les endroits se rapprochent du lieu de vie de l’un des modèles. 

Une fois le lieu déterminé, et les premières appréhensions évacuées, le shooting peut enfin débuter.

J’essaye de créer des petites mises en scène pour donner l’impression d’une photo de famille. Volontairement, j’essaye de ne pas rendre l’image trop rigide. Je veux qu’on ait l’impression qu’elles étaient, comme si je les avais trouvées là.

– Myriam Tirler

Doppelgänger
© Myriam Tirler / Hans Lucas

Le Doppelgänger, une figure inquiétante

Mais pourquoi ce titre énigmatique ? Issu du folklore germanique, le terme Doppelgänger signifie “le double” (doppel) qui nous “précède” (gänger). Derrière cette curieuse description, se cache un concept terrifiant. En effet, d’après le mythe, le Doppelgänger serait une créature porteuse de mauvais présages. Nous ressemblant trait pour trait, l’apercevoir signifierait que la mort n’est pas loin.

C’est un truc très flippant. Chez Freud, il décrit des choses familières, comme des souvenirs, rencontrés dans un contexte étrange, mystérieux. On appelle ça, l’inquiétante étrangeté ! C’est un sentiment qui te fait peur. Par exemple, tu arrives dans une ville que tu ne connais pas, tu vois une maison et tu as l’impression de l’avoir déjà vu. Doppelgänger en allemand, signifie lorsque tu vois ton double, tu meurs. Il y a un truc ambigu ! Ce n’est pas que de la ressemblance, c’est un truc un peu d’angoisse, l’inquiétante étrangeté. Quand tu vois quelque chose qui ressemble mais qui ne devrait pas être à cet endroit-là, il y a toujours comme un trouble. Il ne devrait pas avoir deux fois le même visage ! C’est comme si une personne avait usurpé l’identité d’une autre. Finalement, on se rend compte qu’on n’est pas du tout unique.

– Myriam Tirler

Doppelgänger
© Myriam Tirler / Hans Lucas

Au cours de son projet, Myriam a pu rencontrer une multitude de personnes, donnant parfois lieu à des situations plutôt cocasses.

C’est une anecdote assez drôle. J’ai un très bon ami qui a croisé dans un café un homme ressemblant à l’une de nos connaissances. Il a pris ses coordonnées et il m’a envoyé une photo du monsieur et effectivement il y avait bien une similitude. Comme cette personne vit à Barcelone, moi et mon ami nous y sommes allés pour le week-end. Une fois sur place, on se rend chez ce monsieur qui nous invite dans son appartement. Et là, je remarque que mon ami et lui étaient habillés quasiment pareil. Il y avait un truc très, très étrange. C’est comme si c’était son double à plein de niveau. 

On passe un moment, on fait la photo, le monsieur était très sympa et il nous demande s’il peut faire une photo de nous comme souvenir. Bien entendu, on accepte ! Il pose son appareil photo sur un trépied et là il commence à manipuler son appareil. Mon ami me dit alors “quand je le vois faire des trucs, je me vois”. Il faut savoir que mon ami est scénographe, il est très méticuleux, il a des gestes très précis ; alors lorsqu’il a vu ce monsieur faire ces gestes, il s’est reconnu.

– Myriam Tirler

Doppelgänger
© Myriam Tirler / Hans Lucas

Ce que je trouve le plus troublant, c’est quand les personnes voient elles-mêmes la ressemblance. Des fois, on nous le dit et on ne trouve pas la ressemblance. Comme on ne se voit pas, on ne se voit pas bouger, on ne se voit que lorsqu’on se regarde dans une glace ou une photo. Mais on est déjà préparé, on ne se voit que sous un certain angle, la perspective est différente.

– Myriam Tirler

Myriam Tirler : SiteInstagram 

À LIRE AUSSI : 

  • Rencontre avec Patrick Sagnes qui animera notre Grainedephoto Academy 
  • Rencontrez Ilan Dehé, notre talentueux photographe niçois
  • Echange avec l’incontournable Thomy Keat   


Prix Fisheye

Prix Fisheye : Appel à candidatures !

10 ans ça se fête non ? Pour l’occasion, le magazine photo FISHEYE lance un appel à candidatures, ouvert à tous les passionnés de photographie. L’enjeu ? Une publication dans les pages du célèbre magazine ainsi qu’une exposition à la Fisheye Gallery au festival Les Rencontres d’Arles. Vous avez jusqu’au 31 mars 2023 pour tenter votre chance !

Prix Fisheye
© Chiron Duong

Qui est Fisheye ? 

Fondé en 2013, Fisheye est un magazine bimestriel dédié à la photographie contemporaine. Décryptant l’actualité, le magazine promeut les artistes émergents et les accompagne dans leur carrière artistique. Leurs principes ? Raconter, Inspirer, Révéler ! Bien plus qu’une simple revue photo, Fisheye prône la diversité dans la photographie contemporaine à travers leur site web, leurs galeries ou encore au sein de Fisheye Éditions.

De quoi vous donnez un aperçu de ce que le Prix Fisheye vous réserve.

Prix Fisheye : comment participer ? 

Ouvert à tous, le concours ne fait aucune distinction d’âge, ni de nationalité parmi les participants ; qu’ils soient amateur(ices) ou professionnel(les). Pour y participer, rien de plus simple ! Envoyez votre candidature avant le 31 mars 2023, à l’adresse suivante : prixfisheye@fisheyemagazine.fr

Le dossier de candidature devra contenir : 

  • Une série ou un portfolio (entre 15 à 20 images) sous forme d’un PDF (pas de WeTransfer
  • Un texte d’intention et d’indications sur la forme du projet (en français ou en anglais)

Les Récompenses 

Après avoir été sélectionné par un jury composé de membres de Fisheye (comme Benoit Baume, directeur de la rédaction et de la publication) et de personnalités du monde de la photographie ;  le/la lauréat(e) se verra décerner son prix lors de la semaine d’ouverture des Rencontres d’Arles. Son travail fera l’objet d’une exposition à la Fisheye Gallery d’Arles ainsi que d’une publication dans le magazine et d’un ouvrage édité par Fisheye. Une vidéo au format Focus sera également diffusée sur le site internet et les réseaux sociaux du magazine. 

Les cinq finalistes au concours auront droit à une publication spéciale dans le numéro d’été du magazine.

Alors, qu’attendez-vous pour participer ? 

À LIRE AUSSI : 


Close-up Photographer of the Year

La Macrophotographie à l’honneur à la Close-up Photographer of the Year Competition

Avis aux amateurs de macrophotographie ! Comme chaque année, le concours international Close-up Photographer of the Year (en association avec Affinity Photo 2) dévoile sa liste de gagnants. Célébrant la photographie rapprochée, cet évènement permet d’apprécier la beauté et la fragilité de notre planète grâce aux prouesses qu’offre la macrophotographie. Papillons, serpents ou encore le monde sous-marin ; il y en aura pour tous les goûts !  Découvrez sans plus attendre, les lauréats de cette édition !

Close-up Photographer of the Year
Little Naughty Draw Circle © Minghui Yuan

Pour sa 4e année, le concours a recueilli plus de 9 000 inscriptions provenant de 54 pays. Divisé en plusieurs catégories (animaux, insectes, plantes etc.), le top 100 réunit les photographies les plus marquantes du concours. Parmi les grands gagnants, la photographe Samantha Stephens avec sa photo Nature’s Pitfall dans la catégorie Animaux. Celle-ci représente la capture de deux minuscules amphibiens piégés dans une plante carnivore.

Toujours dans la même catégorie, on peut aussi admirer le serpent des sables du photographe Paul Lennart (arrivé en 3e place). 

Les autres catégories comme Insectes, Papillons & Libellules ou même encore Paysages intimes réservent également leur lot de surprises. En voici d’ailleurs une courte sélection que vous pouvez observer dans la galerie ci-dessous.

N’hésitez pas à découvrir le reste du top 100 en vous rendant sur le site officiel du Close-up Photographer of the Year

À LIRE AUSSI : 


agenda photo

Agenda Photo de Janvier 2023

Qui dit nouvelle année, dit nouvelles résolutions ! Alors pour commencer 2023 sur de bons rails, on vous propose une sélection d’expositions, jeux-concours et festivals sur le thème de la photographie. Cette année encore, notre agenda photo de Janvier vous propose une offre variée qui plaira à tous . Au programme : de la haute couture, le retour de Kourtney Roy en France ainsi que le strass et les paillettes de l’univers de la nuit.

Accrochez-vous, car 2023 s’annonce riche en émotion et en surprise en tout genre. Découvrez sans plus attendre votre Agenda Photo de Janvier 2023 !

agenda photo

Expositions photo

agenda photo
© Collection AN

1, 2, 3… Couleurs ! L’autochrome exposée 

Jusqu’au 28 mai 2023, le Château de Tours vous propose de découvrir comment l’autochrome a permis de donner des couleurs à la photographie. Intitulé 1, 2, 3… Couleurs ! ; cette exposition illustre les changements et les innovations qu’a apportés ce nouveau procédé. Rassemblant 176 œuvres issues de deux collections, le visiteur pourra y observer la diversité des sujets photographiés, témoignage d’une révolution industrielle.

agenda photoGrand Est, une mission photographique  

Vous avez toujours rêvé de parcourir le Grand Est, alors cette exposition est faite pour vous ! Jusqu’au 19 février 2023, La Cité musicale de Metz vous offre cette possibilité avec l’exposition Grand Est, une mission photographique. Suite à une commande de la part de la Région Grand Est, cinq photographes sont partis à la découverte du territoire. L’exposition regroupe ainsi leurs clichés réalisés entre septembre 2019 et décembre 2020. Bien plus qu’une simple commande régionale, chaque photographe a su y apporter sa petite touche personnelle.

agenda photoDance and Music  

Envie d’enflammer la piste de danse ? Avec l’exposition Dance and Music, La Fab vous invite à partager la scène aux côtés d’artistes de l’horizon musical. À travers le regard de 7 photographes, vous entrerez dans différents univers au rythme endiablé : de la scène underground brésilienne à la vague Flower Power en passant par le mouvement punk. Cette exposition est l’occasion de découvrir la relation organique qui lie les musiciens aux spectateurs. Jusqu’au 19 février 2023 à Paris !

agenda photo
© Kourtney Roy

The other end of the rainbow – Kourtney Roy 

Si vous faites partie de nos plus fidèles lecteurs, alors son nom doit vous dire quelque chose. Du 7 janvier au 24 février 2023, la célèbre photographe canadienne Kourtney Roy dévoile sa nouvelle série à Paris. La galerie Les Filles du Calvaire vous propose ainsi de découvrir l’exposition The Other End of the Rainbow ayant pour thème la disparition de jeunes femmes le long de la Highway 16. Loin de son univers fictionnel, la photographe choisit de traiter d’un sujet qui touche depuis plus de 40 ans la population des Premières Nations. À ne pas manquer !

agenda photo
© Siouzie Albiach

L’heure-frontière – Siouzie Albiach 

Du 11 janvier au 18 février, la Galerie NörKa de Lyon dévoile L’heure-frontière, une exposition consacrée à la jeune photographe Siouzie Albiach. S’inspirant de mythes et de croyances personnelles et collectives, l’artiste capture des atmosphères singulières. Réalisées à l’argentique, ses photos dégagent une sensation de faux calme qui vous tiendra en haleine.

agenda photo
© Frans Krajcberg

Frans Krajcberg, le militant 

Entrant en résonance avec les défis environnementaux actuels, l’exposition Frans Krajcberg, le militant témoigne de l’engagement écologique du photographe. Du 12 janvier au 22 avril 2023, l’Espace Krajcberg à Paris emmène les visiteurs à suivre ses actions de sensibilisation au Brésil. Grâce à son travail, l’artiste transcende ces paysages dévastés pour en faire renaître la nature. Second volet d’une longue rétrospective organisé en une trilogie, l’exposition se focalise sur le rôle de porte-parole de la nature joué par le photographe polonais.

agenda photo
© Stéphane Mahé

Mood – Stéphane Mahé  

Entre imaginaire et mystère, la Galerie Le Lieu vous ouvre les portes d’un monde à la composition soignée. Située à Lorient, l’exposition Mood dévoile les clichés énigmatiques du photographe Stéphane Mahé. Jouant avec le clair-obscur, l’artiste ajoute un effet de grain argentique donnant une dimension fantastique à ses tableaux photographiques. Du 13 janvier au 12 mars 2023 !

agenda photo
© Michel HADDI

Let’s dance 

À partir du 19 janvier et jusqu’au 18 mars 2023, la Secret Gallery de Paris présente l’exposition Let’s dance. Des photographies inédites de Michel Haddi y seront exposées pour la première fois au sein de la capitale française. Le visiteur sera plongé au cœur de l’effervescence des années 70 aux côtés de personnalités de la musique et de la mode telles que Kate Moss ou encore Tupac. L’expérience se prolonge avec les œuvres du designer Reda Amalou dont l’intensité des couleurs laisse exprimer l’excentricité de cette époque mythique.

agenda photo
© Maxim Dondyuk

Parle-leur de batailles, de météores et de caviar d’aubergine – exposition collective de photographes Ukrainien(ne)s 

Dès le 20 janvier et jusqu’au 8 mars 2023, la galerie Le Carré D’art de Chartres de Bretagne accueille une exposition collective consacrée à des photographes Ukrainien(ne)s. Intitulée Parle-leur de batailles, de météores et de caviar d’aubergine, elle est présentée en partenariat avec le réseau Diagonal dans le cadre de Stand with Ukraine. Les visiteurs pourront observer le travail de 4 photographes Ukrainien(ne)s tous portés sur un aspect de leur pays.

agenda photo
© ARTHUR ELGORT

Azzedine Alaïa et Arthur Elgort, en liberté  

Amateur de mode et de photographie, cette nouvelle exposition devrait vous plaire. Du 23 janvier au 20 août 2023, la Fondation Azzedine Alaïa à Paris propose à ses visiteurs une exposition exceptionnelle sur le photographe Arthur Elgort. Regroupant des clichés du célèbre photographe datant des années 80,  Azzedine Alaïa et Arthur Elgort, en liberté dévoile les portraits iconiques des modèles du couturier Azzedine Alaïa. À voir absolument !

agenda photo
© Tilby Vattard

Kashi Station – Tilby Vattard 

Un arrêt à Kashi Station, ça vous dit ? C’est ce que vous propose la nouvelle exposition du Centre Culturel St-Cyprien de Toulouse, dédiée au photographe Tilby Vattard. Le visiteur y est invité à découvrir la cité multimillénaire de Kashi, du nord de l’Inde. Ferveur spirituelle et modernité se côtoient dans des paysages à couper le souffle. Ouvert du 25 janvier au 24 mars 2023. Entrée libre.

agenda photoUne histoire photographique des femmes au XXème siècle   

Pour cette nouvelle année, les femmes sont à l’honneur à la galerie Roger-Viollet à Paris. Du 26 janvier au 25 mars 2023, l’exposition Une histoire photographique des femmes au XXème siècle propose une rétrospective sur les grands bouleversements qui ont touché ce siècle. Les visiteurs pourront ainsi venir admirer plus d’une soixantaine de photographies. Autant de portraits et de photos de rue témoins d’une époque en pleine révolution féministe. Entrée gratuite.

Festivals & Événements photo

Le Grand Prix ISEM & le Prix ISEM Jeune Photographe 2023

Comme chaque année depuis 2018, le Centre Photographique documentaire ImageSingulières de Sète, Mediapart et l’ETPA s’associent afin de soutenir deux grands prix

  • Le Grand Prix ISEM (ouvert aux photographes du monde entier) qui contribue à développer et achever un travail documentaire en cours
  • Le Prix ISEM Jeune Photographe (ouvert aux -26 ans résidant en France) qui récompensera également un travail en cours. 

Les gagnants verront leur travail publié sur le site de Mediapart. L’appel aux candidatures est ouvert du 2 janvier au 15 mars 2023.

agenda photo
© Felipe Fittipaldi - Lauréat Grand Prix ISEM 2022

Festival Photoclubbing 

La 16e édition du Festival Photoclubbing de Palaiseau ouvre ses portes du 3 au 29 janvier 2023. Pendant ce mois de Janvier, le public pourra découvrir 8 expositions gratuites à travers différents lieux de la ville. Réputé pour la diversité de sa programmation, le festival propose une offre très riche : portraits, paysages, couleurs ou noir et blanc, argentique ou numérique etc.  Il y en aura pour tous les goûts !

agenda photo
© Jean-Christophe Béchet

Ce que vous pouvez encore voir de nos agendas précédents

Le temps vous a manqué ces dernières semaines et vous n’avez pas pu faire cette exposition que vous vouliez tant voir ? Elle est peut-être toujours en cours…

À LIRE AUSSI : 


serpent photo

Des serpents et des Hommes !

Si on vous avait dit que les serpents pouvaient être séduisants, vous nous n’auriez pas cru. Et pourtant, c’est ce qu’a réalisé le photographe Allemand Ben Simon Rehn ! À travers sa série de portraits, le photographe parvient à saisir le caractère singulier de chaque serpent, tout en les sublimant. Que ce soit par leur regard perçant ou encore les teintes vibrantes de leur peau, aucun détail n’est mis de côté. Même les plus réticents succomberont à leur charme.  

 

Réalisant majoritairement des photos de paysages ainsi que de la faune sauvage, Ben Simon Rehn parvient à concilier engagement social et beauté artistique. Son but ? Créer des liens entre l’homme et la nature. Dans un monde où les questions liées à l’environnement prennent de plus en plus d’ampleur, il devient essentiel de comprendre les raisons pour lesquelles elle doit être préservée. Grâce à ses photos, le photographe rend cela possible !       

Après avoir observé ces clichés, vous ne verrez plus jamais les serpents de la même façon.

serpent photo
© Ben Simon Rehn

Tout d’abord, pouvez-vous vous présenter ? Comment est née cette passion pour la photographie et en particulier pour ce type de photographie ? 

Je m’appelle Ben Simon Rehn et je suis un photographe indépendant qui vit en Allemagne ayant travaillé en Islande. J’ai toujours été intéressé par le monde animal avant même de commencer à prendre des photos, c’est donc une curiosité et un intérêt naturel.

De plus, les animaux n’ont pas de voix et en raison de la destruction du monde naturel que nous connaissons actuellement, je pense qu’il est nécessaire d’accorder plus d’attention que jamais à la vie sauvage. Cela pourrait amener les gens à apprécier davantage la nature et c’est tout ce que je peux faire ; sensibiliser et montrer la beauté.

serpent photo
© Ben Simon Rehn

Le sujet de beaucoup de vos photos est la faune sauvage, mais peu de photographes choisissent de représenter des serpents ; pourquoi cet intérêt pour eux ? 

J’ai eu la chance de visiter un refuge local pour reptiles, situé au coin de la rue, appelé “Schlangenfarm Schladen”. C’était l’occasion parfaite pour enfin les observer de plus près et essayer de prendre des photos de près. Les serpents ne sont généralement pas très populaire mais je pense qu’ils sont uniques et beaux à leur manière et souvent incompris par peur.

serpent photo
© Ben Simon Rehn

J’imagine que vous devez avoir beaucoup de patience pour réussir à photographier ces serpents ; en général, comment ça se passe ? N’est-ce pas un peu dangereux ? 

Quelques-uns sont venimeux;, il faut donc garder une certaine distance pendant la prise de vue. Les soigneurs connaissent leurs serpents et chacun d’entre eux a son propre caractère donc certains sont détendus devant l’appareil photo et d’autres pas tant que ça. Il faut avoir de la patience, c’est certain, et le tournage a duré plusieurs heures pour obtenir la photo.

serpent photo
© Ben Simon Rehn
serpent photo
© Ben Simon Rehn

Techniquement, comment avez-vous réalisé cette séance photo ? Quel équipement avez-vous utilisé ? 

Un objectif long est utile ici. J’ai photographié la plupart avec un 300-450 mm pour m’approcher le plus possible et obtenir des perspectives uniques et des arrière-plans flous. J’ai également utilisé une lumière artificielle sur certaines photos pour obtenir une vue plus claire des couleurs et des structures des serpents, un peu comme un portrait en studio.

serpent photo
© Ben Simon Rehn

Ce qui ressort vraiment de ces photos, c’est la vivacité des couleurs. Avez-vous effectué un processus de post-production après vos prises de vue ? 

J’édite la plupart de mes photos dans Adobe Lightroom et quelques petites retouches dans Photoshop si nécessaire. Mais pour être clair, plus les conditions de prise de vue et la lumière sont bonnes, moins vous avez à faire de post-traitement et la qualité de l’image est bien meilleure. J’essaie toujours de suivre cette approche. Les couleurs des serpents sont réelles et légèrement améliorées pour donner un effet plus saisissant aux spectateurs, mais dans certains cas, elles sont tout aussi vives que dans la réalité.

serpent photo
© Ben Simon Rehn

Parmi toutes vos photos, laquelle est votre préférée et pourquoi ?  

Je vous ai joint une photo d’un avion au-dessus d’une rivière glaciaire en Islande que j’ai prise il y a quelques années. C’est l’une de mes préférées car elle me rappelle le point bleu pâle qu’est la terre dans le vaste univers et combien nous sommes petits au final.

rivière glaciaire
© Ben Simon Rehn
Ben Simon Rehn
Ben Simon Rehn

Ben Simon Rehn : SiteInstagram

À LIRE AUSSI : 


no place like home

“Virtually No Place Like Home”, les Maisons Insolites de Lisa Levine

Il n’y a rien de mieux que la maison et la photographe Américaine Lisa Levine l’a bien compris. Avec sa série photographique Virtually No Place Like Home, l’artiste met en avant des portraits de différentes maisons placées dans des lieux désolés. Petites, grandes ou colorées, chacune d’entre elles se distingue de la précédente par son style spécifique ou par les ornements qui la composent. La photographe n’hésite pas à utiliser toutes les possibilités que lui offrent les nouvelles technologies. Résultat : des compositions sur-mesure réalisées en fusionnant des éléments de diverses maisons avec l’aide de logiciels de retouche. De quoi en surprendre plus d’un !    

Alors si vous êtes un amateur de maisons insolites, ou tout simplement un passionné d’architecture, plongez-vous dans l’univers fantaisiste de Lisa Levine et découvrez la maison de vos rêves !

no place like home
Rainbow Sherbert house © Lisa Levine

Parlez-nous un peu de vous, comment êtes-vous venu à la photographie ?

Je suis une New-Yorkaise de naissance, née et élevée à Brooklyn. Je vis actuellement dans la région de la Baie et j’ai un studio à Oakland. Ma première rencontre avec la photographie remonte à mon enfance. Mon frère et moi avions l’habitude de transformer la salle de bains de notre petit appartement de Brooklyn en chambre noire en remplaçant l’ampoule à incandescence par une lampe de poche rouge. En balançant des plateaux de produits chimiques au-dessus d’un petit évier, nous faisions des tirages par contact à partir de négatifs Brownie. Ces premières rencontres avec la photographie ont été magiques pour moi.

portrait lisa levine
© Lisa Levine

Plus tard, alors que j’étais étudiante à la High School of Art and Design de Manhattan, j’ai été de nouveau captivée par la magie de ce médium et je l’ai toujours été. J’ai ensuite étudié la photographie à la School of Visual Arts de New York et fait mes études supérieures de photographie au CUNY Brooklyn College. Pendant de nombreuses années, ma cuisine ou ma salle de bains m’ont servi de chambre noire. Aujourd’hui, je suis sorti de l’obscurité et je travaille principalement avec la photographie numérique ; mais la magie des impressions lumineuses me fascine et me motive toujours.

no place like home
Road sign house © Lisa Levine

Comment décririez-vous votre style ?

J’ai presque toujours abordé la photographie comme un créateur d’images et les médias numériques m’ont ouvert de nombreux nouveaux outils à explorer à cette fin. J’ai rarement considéré la photographie elle-même comme le produit final. J’aime faire des photos plutôt que de les prendre. Je dirais donc que mon style est construit autour de la construction de photographies à partir de toutes sortes d’images.

no place like home
Sink house © Lisa Levine
no place like home
Photographie House © Lisa Levine

D’où vous est venue l’idée de votre série « Virtually No Place Like Home » ? Qu’est-ce qui se cache derrière ce titre ?

Mon intérêt pour l’extérieur des maisons a commencé il y a longtemps. En grandissant à New York, ma famille et la plupart de mes amis vivaient en appartement. Nous vivions dans un quartier très dense. Mais, non loin de là, il y avait plusieurs blocs de maisons individuelles. Nous les appelions des « maisons privées« . Ces maisons m’ont toujours fasciné par leurs styles architecturaux très variés, leurs palettes de couleurs, leurs aménagements paysagers et autres formes de décoration. Il semblait que l’extérieur de ces maisons était utilisé pour projeter quelque chose de très personnel sur les habitants de ces maisons à ceux qui passaient par là. J’ai été particulièrement attiré par les maisons qui présentaient des statues et des drapeaux, notamment ceux liés à la religion et à la politique. L’affichage de saints, d’icônes et d’affiliations politiques me semblait être quelque chose de très personnel rendu public.

no place like home
Star crossed house © Lisa Levine

J’ai commencé à photographier des statues d’icônes religieuses devant des maisons il y a de nombreuses années. J’en ai accumulé toute une collection au fil du temps. J’ai commencé à photographier les maisons elles-mêmes lorsque je voyageais dans des petites villes du Texas et de Californie. Je me suis rendu compte que j’étais très intéressé par les quartiers ouvriers, car les gens qui y vivaient étaient plus susceptibles d’exprimer leurs croyances religieuses, leurs allégeances et leur sens du style personnel à l’extérieur de leur maison que les gens des quartiers plus huppés ou à la mode. De nombreuses maisons avaient besoin de réparations importantes et pour moi, même la détérioration de la maison racontait une sorte d’histoire personnelle intime.

no place like home
Oil field house © Lisa Levine

Le titre de la série fait référence au dicton « There’s No Place Like Home« . Et je crois réellement qu’il n’y a pas d’endroit comme la maison. C’est à cette idée que répondent les personnes qui font l’effort d’exposer et de créer quelque chose de profondément personnel autour de leur maison. La partie « virtuellement » du titre a été suggérée par mon frère, car ces photographies ne représentent pas réellement une maison individuelle telle qu’elle existe sur la photo. Chacune est un composite de plusieurs maisons différentes, une « maison virtuelle », si vous voulez.

no place like home
Big Santa House © Lisa Levine

Pourquoi avez-vous choisi d’isoler ces maisons dans une zone déserte ? Où avez-vous trouvé l’inspiration pour cette mise en scène ?

Initialement, il y a une maison qui a suscité mon intérêt. Il s’agit d’une toute petite maison entourée d’une haute clôture en fer située près de mon studio d’Oakland. Seul un mètre de distance sépare la maison de la clôture et dans ce petit espace, il y avait de nombreuses décorations de Noël serrées les unes contre les autres. J’ai pensé qu’il serait intéressant de voir cette maison, avec un espace aussi limité dans la zone clôturée, dans un paysage ouvert. Elle semblait avoir un certain sens dans un quartier rugueux d’Oakland, mais comment serait-elle perçue dans un paysage ouvert et désolé ? C’est par cette question et cette maison que j’ai commencé cette série.

no place like home
Prayer House © Lisa Levine

J’ai décidé de créer les paysages virtuels (les paysages eux-mêmes sont souvent des composites de différentes scènes) comme un moyen d’isoler la maison. Cela m’a permis de me concentrer plus complètement sur la maison elle-même et sur certains des aménagements paysagers qui pourraient l’accompagner. Et, comme dans le cas de la maison que j’ai décrite ci-dessus, la maison dans le contexte d’un paysage ouvert a soulevé beaucoup de questions pour moi. Mes œuvres commencent toujours par une question et parfois, si tout se passe bien, il reste des questions après l’achèvement.

no place like home
Penguin House © Lisa Levine

Comment avez-vous mené cette séance photo ? Quel type d’équipement avez-vous utilisé ?

Je n’ai jamais été particulièrement intéressé par le matériel photographique. Je suis un peu minimaliste à cet égard. J’ai un appareil photo et un objectif. Je prends aussi souvent des photos avec mon iPhone. Le plus souvent, je me promène en voiture dans les petites villes américaines et je vois quelque chose d’intéressant (une maison, une décoration ou une icône religieuse) que je m’arrête et que je photographie. Ces photos finissent généralement dans l’une de mes archives que je consulte plus tard pour construire une nouvelle image.  En post-traitement, j’agrège les histoires d’autres personnes et je les fais partiellement miennes aussi.

no place like home
Blue Marys House © Lisa Levine
no place like home
Torch Bearer House © Lisa Levine

Chaque maison semble représenter un personnage, ayant sa propre personnalité ; y a-t-il une (ou plusieurs) maison à laquelle vous pouvez vous identifier ?  

J’en ai plusieurs préférées, mais l’une des premières œuvres que j’ai réalisées et que j’aime toujours est la photo intitulée House. C’est une maison abandonnée avec une bannière qui dit « HOUSE » drapée sur le devant. Je l’ai trouvée dans la Central Valley de Californie. C’est une toute petite maison, humble et sans prétention, où la peinture s’écaille et dont les fenêtres et la porte sont condamnées ; que j’ai placée dans un champ vert très vibrant et luxuriant. J’aime cette œuvre parce qu’une maison qui ne montre aucun signe de ses habitants est simplement une maison, pas un foyer, comme le dit la bannière. Comme pour l’œuvre du quartier de mon studio dont j’ai parlé plus haut, cette toute première œuvre de la série a suscité en moi des questions sur ce qu’est une maison et ce qu’est un foyer. Et je n’ai cessé d’étudier cette question depuis.

no place like home
House 2 © Lisa Levine

Lisa Levine : SiteInstagramTwitter

À LIRE AUSSI : 


agenda photo novembre 22

Agenda Photo de Novembre 2022

À vos calendriers ! Entre expositions et festivals dédiés à la photographie, le mois de Novembre s’annonce bien chargé ! Pour cet agenda photo, ni la pluie ou le froid ne pourront vous empêcher de profiter de nos idées sorties.  Au menu : une expédition au plus près de la faune sauvage, une collaboration inattendue entre deux photographes de renom et le coup d’envoi de la plus grande foire internationale de photographie.   

Avec une programmation aussi variée, vous n’aurez pas le temps de vous ennuyer.  Alors sans plus attendre, découvrez notre Agenda Photo de Novembre !

agenda photo novembre 22

Expositions photo

Les 3 pôles - Vincent Munier 

Si vous avez aimé le film La Panthère des neiges, alors cette expo est faite pour vous ! Jusqu’au 15 janvier, parcourez les grands paysages sauvages et partez à la rencontre de la faune qui les peuplent. Exposé au Musée de la photographie Charles Nègre de Nice, Les 3 pôles retrace le travail du photographe Vincent Munier réalisé au cours de ses expéditions engagées au bout du monde. Vous serez ainsi transporté au cœur de l’Arctique, de l’Antarctique et du Tibet pour suivre la piste d’animaux mythiques.

les 3 pôles
© Vincent Munier
Gilles Caron
© Gilles Caron

Un Monde Imparfait - Gilles Caron

Jusqu’au 5 mars, La Confluence (espace Galerie de l’Illet) à Betton accueille l’exposition Un Monde Imparfait consacrée au photographe Français Gilles Caron. Photo-reporter de talent, il a couvert divers sujets à travers le monde (Mai 68, le Vietnam…). Décédé prématurément au Cambodge, son œuvre est depuis préservée et divulguée par la Fondation Gilles Caron. C’est dans cet objectif que cette exposition fut organisée par la fondation avec l’aide de La Confluence. A voir absolument !

Métamorphose - La photographie en France 1968-1989 

Jusqu’au 15 janvier, le Pavillon Populaire de Montpellier accueille l’exposition Métamorphose, la Photographie en France 1968-1989. Comme son nom l’indique, l’exposition retrace l’évolution culturelle et sociale de la photographie en France. D’abord employé comme médium pour le reportage, il devient peu à peu un outil d’expression propre à chacun. L’influence de la photographie américaine, les débats intellectuels et son adoption dans l’art contemporain,  ne finiront pas de la métamorphoser. Entrée gratuite.

Métamorphose
De la Mélancolie à la joie
© Marc Riboud

De la Mélancolie à la joie - Marc Riboud

Afin de célébrer le centenaire de sa naissance, la Galerie Arcturus de Paris  présente une exposition consacrée au photographe Français Marc Riboud. Auteur des photos les plus célèbres du XXème siècle dont « Le peintre de la Tour Eiffel » et « La jeune fille à la fleur », cette exposition est l’occasion unique de (re)découvrir les clichés qui ont façonné toute une génération. Intitulé De la Mélancolie à la joie, elle dévoile des tirages modernes illustrant les joies et les peines qui ont jalonné sa vie.  À découvrir du 4 novembre au 17 décembre.

En Afrique le soleil se couche aussi - Thibaud Yevnine 

La Galerie Regard Sud de Lyon propose du 3 novembre au 7 janvier 2023, une exposition consacrée au travail du photographe Thibaud Yevnine. Adoptant un style à la fois documentaire et poétique, le photographe nous décrit la vie des habitants du Mozambique et de la Côte d’Ivoire. De ces clichés, en sortent cinq séries qui composent l’exposition. Petite particularité, les photos sont réalisées avec différents appareils photos (chambre photographique, portable etc.).

En Afrique le soleil se couche aussi
© Thibaud Yevnine
American Borderline(s)
© Alain Licari

American Borderline(s) - Alain Licari

Plongez dans l’envers du décor du rêve Américain avec les photos d’Alain Licari. Jusqu’au 17 décembre, la Galerie Fontaine Obscure d’Aix-en-Provence propose de découvrir le travail du photo reporter autour des communautés en marge du système. Avec American Borderline(s), Alain Licari part à la rencontre des plus invisibles pour en dresser leur portrait. Bien qu’il s’agisse d’une démarche documentaire, le photographe apporte un soin particulier à la composition de ses images inspirées du cinéma. Les plus attentifs remarquons une ressemblance avec les photographies humanistes en noir et blanc de photographes tels que Raymond Depardon ou encore Dorothy Lange.

Learning from Los Angeles

Pour les 40 ans de l’École Nationale Supérieure de la Photographie d’Arles, le Centre Photographique de Marseille coproduit une exposition réunissant les clichés de quatre anciens diplômés. Ayant pour thème Los Angeles, les quatre artistes mettent en avant l’architecture urbaine de la cité des Anges en tentant de comprendre comment la ville essaye de répondre aux défis actuels de nos sociétés. Learning from Los Angeles est à découvrir du 5 novembre au 28 janvier dans la cité phocéenne.

Learning from Los Angeles
Une ligne formée de points
© Tomiyasu Hayahisa

Une ligne formée de points - Tomiyasu Hayahisa

Pour la 1ère fois en France, la Galerie l’Imagerie de Lannion propose une exposition consacrée au photographe japonais Tomiyasu Hayahisa. Intitulée Une ligne formée de points, l’exposition réunit un vaste ensemble d’images provenant de sa série dédiée à une table de ping-pong. Réalisée à l’époque où il étudiait en Allemagne, elle documente la vie d’une table de ping-pong et ses multiples usages au fil des saisons. Il sera également possible de contempler deux autres séries moins connues : la première autour d’un but de football et la seconde sur un rhinocéros qui tourne en rond dans un zoo. A découvrir du 5 novembre au 14 janvier 2023 !

Henri Cartier-Bresson avec Martin Parr : Réconciliation

A l’occasion de l’inauguration de son nouvel espace le “Tube”, la Fondation Henri-Cartier Bresson à Paris, accueille une exposition réunissant l’œuvre de Bresson et de Martin Parr. D’univers complètement opposé, cette rencontre entre les deux artistes permet d’instaurer un dialogue, une Réconciliation à travers leurs séries de portraits et de photographies de rue. Disponible dès le 8 novembre et jusqu’au 12 février 2023.

Henri Cartier-Bresson avec Martin Parr
© Henri Cartier-Bresson
Luc Roux, le Cinéma au coeur
© Luc Roux

Luc Roux, le Cinéma au coeur - Des années studio aux plateaux de tournage

Si vous êtes un amoureux du 7e Art, alors ne loupez pas cette exposition consacrée au photographe Luc Roux ! Reporter photographe, portraitiste et photographe de plateaux, il a immortalisé au cours de sa carrière, les stars les plus emblématiques du grand écran. Regroupant des clichés retraçant les grands moments du cinéma des années 80-2010, le visiteur pourra se plonger dans les coulisses des plateaux de tournage à travers ses portraits d’acteurs et réalisateurs. A découvrir à la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé du 8 novembre au 4 mars 2023, à Paris

Jan Groover, Laboratoire des formes 

Pour sa réouverture, la Fondation Henri-Cartier Bresson met à l’honneur la photographe Américaine Jan Groover, sujet d’une exposition consacrée à son travail. Du 8 novembre au 12 février 2023, le visiteur pourra y admirer une œuvre d’une grande diversité : de ses polyptyques originels à ses natures mortes, où la composition et les couleurs y sont légion. Alors laissez-vous surprendre par l’ingéniosité de cette photographe qui n’hésitait pas à jouer avec les genres afin d’expérimenter différentes techniques de création.

Jan Groover
© Jan Groover
Emilie Arfeuil

HYLE - Emilie Arfeuil

Du 9 au 23 novembre, découvrez la nouvelle exposition de la Maison des Photographes UPP de Paris, dédiée à Emilie Arfeuil, lauréate du Prix Saif Les femmes s’exposent 2022. Présentant sa série intitulée Hylé, l’artiste utilise des pigments sensibles au UV pour révéler ses sujets photographiés dans l’obscurité. Pour cet évènement, le visiteur sera plongé dans un univers sonore et visuel grâce à une installation mise en scène par un groupe d’artistes. 

L’Irlande de Martin Parr

Le Centre culturel Irlandais de Paris présente du 11 novembre au 8 janvier 2023, une exposition consacrée à Martin Parr. Regroupant une série de clichés réalisés de 1979 à 2019, l’exposition dresse un portrait à la fois tendre et facétieux de l’Irlande. Partez ainsi à la rencontre de ses habitants et découvrez-y la beauté de ses paysages. Entrée gratuite.

L’Irlande de Martin Parr
© Martin Parr
Tout doit disparaître

Tout doit disparaître - Collection Jean-Marie Donat

A partir du 19 novembre et jusqu’au 12 février 2023, le Centre Régional de la Photographie d’Hauts-de-France accueille l’exposition Tout doit disparaître. Brossant le portrait d’une société s’étant forgé dans la consommation de masse, l’exposition présente une riche sélection de clichés englobant plusieurs décennies. Ces dernières sont issues de la collection de l’éditeur Jean-Marie Donat qui, en 35 ans, s’est constitué un corpus de photographies vernaculaires illustrant les dérives du système.

Festivals & Événements photo

Festival Photo Marseille 2022

Jusqu’au 25 décembre, le Festival Photo Marseille propose une quarantaine d’événements photo à travers la ville de Marseille. Un véritable parcours pour rencontrer les photographes d’hier et d’aujourd’hui. En tête d’affiche, A Deux C’est Mieux ! ; une exposition présentée par The Anonymous Project célébrant le partage grâce à une collection de diapositives vintage de Lee Shulman.

photo marseille

Strasbourg Art Photography

Du 1 au 30 novembre, le Strasbourg Art Photography lance sa 5ème édition ! Se déroulant dans divers lieux de la ville de Strasbourg, les participants sont invités à suivre un parcours photographique incluant : expositions, conférences, concours, projection etc. Partez à la découverte des artistes de demain et d’aujourd’hui qui construisent la photographie contemporaine.

strasbourg art photo

Festival PhotoSaintGermain

Dans le même genre, le Festival PhotoSaintGermain propose également un parcours photographique se déroulant au cœur de Paris. Comme chaque année, le festival met à l’honneur la photographie contemporaine au travers ses expositions et ses rencontres événements. Mention spéciale à Qui êtes-vous Polly Maggoo, exposition consacrée à William Klein à la librairie Delpire & co. Du 3 au 19 novembre.

PhotoSaintGermain

Paris Photo 

L’évènement photo de l’année est de retour ! Du 10 au 13 novembre, retrouvez la 25ème édition du Paris Photo qui se déroulera au Grand Palais Éphémère. Foire internationale consacrée à la photographie, le visiteur pourra y découvrir près de 150 galeries internationales et une trentaine d’éditeurs de livres photos. Les incontournables : le secteur Curiosa dédié à l’art émergent, les clichés vintage sur Bob Dylan par la Music Photo Gallery, la présentation sur grand écran d’œuvres de Gregory Crewdson par la galerie Louise Alexander / Fellowship et l’agence Magnum qui fête leur 75e anniversaire avec Martin Parr en tant que commissaire d’exposition.

paris photo

Festival International de la Photo Animalière et de Nature de Montier

Rendez-vous incontournable des passionnés de la photo, le Festival International de la Photo Animalière et de Nature de Montier fête cette année ses 25 ans. Pendant 4 jours, vous découvrirez plus de 100 expositions originales et de grande qualité ainsi que de nombreuses conférences portées sur la nature et la technique photo. Un Village des marques réservé aux ventes/prêts et démonstration de matériel photo sera mis à disposition des visiteurs. Ouvert du 17 au 20 novembre !

Festival International de la Photo Animalière et de Nature de Montier

On se donne rendez-vous le mois prochain pour l’Agenda Photo de Décembre !

Ce que vous pouvez encore voir de nos agendas précédents

Le temps vous a manqué ces dernières semaines et vous n’avez pas pu faire cette exposition que vous vouliez tant voir ? Elle est peut-être toujours en cours…

À LIRE AUSSI : 


albanie fleuve sauvage

Albanie, sur la piste du dernier fleuve sauvage d’Europe

Alors que le réchauffement climatique devient un enjeu majeur ; le recours aux énergies renouvelables se fait de plus en plus sentir. Mais qu’arrive-t-il lorsque ces « énergies vertes » s’avèrent être la cause de nouveaux problèmes écologiques ? C’est la question que s’est posé le photographe Américain Nick St.Oegger au cours de son voyage au cœur des Balkans.

Parcourant l’Albanie de fond en comble, le photographe nous fait découvrir l’envers du décor à travers des séries photographiques montrant les effets des barrages hydroélectriques dans le pays. Grâce à ses photos de paysage et à ses portraits, vous aurez l’occasion d’admirer la beauté sauvage de la région ainsi que d’y faire la rencontre de ses habitants.

albanie fleuve sauvage
© Nick St.Oegger

Tout d’abord, pouvez-vous nous en dire plus sur vous et votre parcours ? Comment la photographie est-elle venue à vous ?

Je suis un photographe documentaire basé entre l’Irlande du Nord et l’Albanie ; et mon travail explore la relation entre les gens et les lieux. Au cours des cinq dernières années, je me suis attaché à documenter la campagne de sauvegarde des rivières des Balkans où se trouvent certains des derniers systèmes de rivières à écoulement libre en Europe.

J’ai grandi à Santa Barbara, une petite ville de Californie, entre les montagnes et l’océan Pacifique. Elle est bien connue comme une destination de vacances à la plage ; mais j’ai toujours été plus intéressé et plus à l’aise dans les montagnes. J’étais très proche de mes grands-parents, surtout mon grand-père, qui était un alpiniste, un peu hippie, et généralement un aventurier. Il m’emmenait en randonnée avec lui, m’enseignait la nature, l’importance de la conservation et me racontait des histoires sur sa vie ; les endroits qu’il avait visité et les gens intéressants qu’il avait rencontrés. Cela m’a vraiment fait prendre conscience de l’importance de la nature et de notre environnement ; et j’ai eu envie de raconter un jour des histoires comme les siennes.

albanie fleuve sauvage
© Nick St.Oegger

La photographie m’est cependant apparue par accident. Mon premier appareil photo était un téléphone portable avec lequel je prenais juste des instantanés de mes randonnées ; j’aimais ça, mais je n’y avais jamais pensé à en faire une carrière. Lorsque j’ai décidé de mes études universitaires, j’ai choisi la philosophie ; et j’avais prévu de faire des études de droit après cela. Ma dernière année à l’université, je me sentais désillusionné par l’idée du droit ; lorsqu’un ami qui savait que je m’intéressais à la photographie, m’a montré un film sur la photographie de guerre. Quelque chose a « tiqué » dans ma tête quand je l’ai regardé, et j’ai su que je voulais être un conteur visuel ; c’était purement instinctif. J’ai donc abandonné mes projets de devenir avocat, et j’ai appris la photographie par moi-même ; j’ai commencé à travailler pour des publications locales et j’ai acquis plus d’expérience sur le terrain.

Comment vous est venue l’idée et l’envie de réaliser ce projet ?

J’ai toujours été intéressé par les Balkans ; mais la seule chose que je connaissais de la région était les guerres et le chaos des années 1990. En 2013, j’ai décidé de faire un voyage dans la région ; et en regardant sur une carte, je suis tombé sur l’Albanie, dont je ne savais rien. J’ai reçu beaucoup de réactions négatives de la part de personnes me demandant pourquoi j’allais là-bas ; que c’était un endroit dangereux ; ou que c’était une perte de temps parce qu’il n’y avait « rien à voir ». D’une manière ou d’une autre, je me sentais vraiment obligé d’explorer ce pays dont je ne connaissais rien ; dont je n’avais aucune image visuelle dans ma tête.

J’ai donc pris une décision de dernière minute pour y aller ; j’ai pris un bus aller simple depuis Athènes, et je suis arrivé au milieu de la nuit. Quand je me suis réveillé le lendemain matin et que je suis sorti, je n’en croyais pas mes yeux. Les montagnes étaient magnifiques ; je pouvais voir des chutes d’eau au loin, des champs verts remplis de moutons et de rivières. Sur ce premier voyage, j’ai été tellement impressionnée par la nature en Albanie et dans tous les Balkans ; et la façon dont les gens étaient encore si liés à la terre, comment ils vivaient si étroitement avec elle ; de cette façon que je sens que nous avons perdu en Occident.

Je savais que je voulais retourner en Albanie pour commencer à documenter le pays ; pour remettre en question les idées préconçues que les gens ont sur cet endroit. Je suis donc rentré chez moi ; j’ai vendu la plupart de mes affaires, j’ai mis mes appareils photo et quelques vêtements dans un sac ; et je suis parti pour l’Albanie

albanie fleuve sauvage
© Nick St.Oegger

Pouvez-vous m’en dire plus sur la série « La Vjosa : Portraits de vie sur la dernière rivière sauvage d’Europe » ?

En 2016, j’ai entendu parler de la Vjosa dans un article de magazine qui disait qu’elle était l’une des dernières rivières à écoulement libre en Europe ; et qu’elle serait bientôt endiguée. Cela aurait, bien sûr, des répercussions néfastes sur la santé de la rivière, sur l’écosystème et la biodiversité à l’intérieur et autour de la rivière ; et sur la population locale. J’ai donc eu l’idée de lancer un projet retraçant le parcours de la Vjosa du début à la fin ; documenter les paysages, les villages ; et les gens qui vivent avec la rivière afin de créer une trace visuelle de son état naturel et de comprendre la relation que les gens entretiennent avec elle.

albanie fleuve sauvage
© Nick St.Oegger

J’ai découvert qu’il y avait une campagne croissante pour défendre la Vjosa, et d’autres rivières dans les Balkans, grâce à l’activisme des ONG et des populations locales. En effet, lorsque j’ai commencé à voyager le long de la Vjosa, je n’ai rencontré presque personne qui soit en faveur des barrages. Beaucoup de gens risquaient de perdre leurs terres agricoles à cause du réservoir qui serait créé par les barrages ; et même si on leur proposait de l’argent ou une autre compensation, les gens refusaient de l’accepter. Ils me disaient : « C’est la terre de ma famille, mes parents l’ont exploitée, mes grands-parents l’ont travaillée, pourquoi devrais-je la perdre ? »

Pour tout le monde, même ceux qui ne sont pas pêcheurs ou des guides travaillant sur la rivière ; c’est toujours important pour eux ; c’est une partie du paysage et de l’environnement qu’ils ne peuvent pas imaginer perdre. J’ai été très frappé par la force du lien entre les gens et la rivière ; et leur volonté de se lever pour la défendre.

albanie fleuve sauvage
© Nick St.Oegger

Je suis ce sujet depuis de nombreuses années maintenant, et j’ai pu voir comment la campagne s’est développée et renforcée. Quand j’ai commencé ce projet en 2017, il y avait très peu de couverture médiatique sur ce sujet ; c’était une sorte de question sans espoir, les barrages seraient construits. Maintenant, en 2022, il y a eu une attention massive des médias internationaux ; Léonardo DiCaprio a tweeté à ce sujet ; la marque Américaine de vêtements et de protection de l’environnement Patagonia est impliquée dans la campagne ; et des procès ont été gagnés pour arrêter deux des grands barrages. Plus récemment, sous cette énorme pression ; le gouvernement Albanais a accepté de commencer à planifier un nouveau parc national qui protégerait la longueur de la Vjosa et ses affluents de toute autre destruction ou développement.

Un livre a été publié à l’issue de ce projet. Quel accueil lui a été réservé (et vous a été réservé) ?

Oui, j’ai publié le livre Kuçedra, en 2018. Le titre est tiré d’une légende Albanaise à propos d’un dragon qui se réveille en cherchant des sacrifices humains et bloque les sources d’eau, provoquant sécheresse et famine. J’ai pensé que c’était une métaphore appropriée pour les barrages.

Il s’agissait de mon premier livre photo que j’ai conçu, édité et publié moi-même ; ce qui a été un processus d’apprentissage intéressant pour faire passer ce projet d’un formant purement numérique, à un livre physique. Mais encore une fois ; il était important pour moi que ce projet vive sous une forme physique pour le conserver comme une trace de l’endroit, à cette époque particulière. J’ai eu de la chance avec mon timing car Patagonia était sur le point de lancer un documentaire qui mettait en valeur la Vjosa et d’autres rivières des Balkans. J’ai donc pu m’associer avec eux pour le soutien du livre, et ils m’ont aidé à le distribuer aux membres du Parlement Européen, et d’autres parties prenantes importantes qui étaient en mesure d’avoir une certaine influence sur les décisions politiques en Albanie. En ce sens, le livre était en quelque sorte, ma contribution à l’activisme.

albanie fleuve sauvage
© Nick St.Oegger

Cependant, en tant qu’œuvre d’art, j’ai également reçu des retours très positifs de la part de nombreux Albanais qui ont acheté le livre et qui n’ont pas l’habitude de voir des images de leur pays comme celles-ci, qui montrent la beauté des paysages et des gens. C’était encourageant de recevoir des messages et des emails de personnes qui l’avaient acheté, me remerciant d’avoir montré cette partie positive de leur pays, et de m’avoir donné l’occasion d’en parler et d’aider à essayer de la préserver. C’était important pour moi car j’ai l’impression que ce travail s’adresse autant aux Albanais qu’à un public international ; je veux que les gens apprécient ce qu’ils ont dans leur pays.

Vous avez également sorti un second projet intitulé « La Complainte des Montagnes », comment ces deux séries se complètent-elles ?

Il s’agit d’un projet de suivi sur lequel j’ai travaillé tout au long de l’année 2019. Il est centré sur les bergers nomades des hautes terres (Malësorë) dans la Vallée de Kelmend, au nord de l’Albanie. Kelmend est une partie incroyablement belle et isolée de l’Albanie, et l’une des zones présentant la plus grande biodiversité d’Europe. Comme partout ailleurs, de nombreux petits barrages hydroélectriques sont construits sur les rivières de la région où l’eau est détournée vers des canalisations qui l’acheminent vers une centrale électrique.

albanie fleuve sauvage
© Nick St.Oegger

Cela affecte, bien entendu, l’approvisionnement en eau des populations rurales qui sont incroyablement pauvres et dont la survie dépend essentiellement de l’agriculture et des travaux agricoles. Les Malësorë vivent incroyablement près de la terre et ont des siècles de connaissances sur la façon de l’utiliser de manière durable. Les bergers voyagent avec de grands troupeaux d’animaux sur plus de 100km ; et les emmènent en été dans les zones alpines où ils peuvent brouter de l’herbe fraîche et rester à l’abri de la chaleur ; puis retournent dans les basses vallées pour la saison froide de l’hiver. C’est un mode de vie qui est très en phase avec la nature.

J’ai pu passer du temps avec une ou deux familles de bergers tout au long de l’année. Je les ai suivis lors de la transhumance quand ils emmenaient les moutons en haute montagne ; et j’ai vécu avec eux dans leur abri temporaire, en voyant comment la famille entière est impliquée dans le processus, même les enfants qui prennent déjà des responsabilités à un si jeune âge. Si mon projet avec la Vjosa consiste à documenter un endroit spécifique qui serait affecté par l’hydroélectricité ; ce projet visait davantage à documenter un mode de vie, une culture et une identité qui sont en danger ; et en ce sens, je pense que les deux projets sont liés car j’essaie de montrer à mon public ces choses magnifiques et naturelles qui existent mais qui sont menacées.

albanie fleuve sauvage
© Nick St.Oegger

Pour votre série « Le Grand Impact de l’hydroélectricité à petite échelle » ; vous avez utilisé des drones pour photographier ces installations ; y’avait-il un raisonnement politique derrière cela ?

Ce projet est le troisième maillon de la série, montrant la destruction. En 2021, je me suis associé avec EcoAlbania, une ONG locale qui m’a chargé de documenter les effets des barrages hydroélectriques dans le pays. Je savais dès le départ que j’utiliserais un drone, parce que je pense que c’est la seule façon de voir correctement la dévastation qui est causée et les effets étendus ; non seulement sur l’eau de la rivière, mais aussi sur les paysages environnants.

albanie fleuve sauvage
© Nick St.Oegger

Même en travaillant sur ce sujet pendant plusieurs années, je n’étais pas préparée à ce que j’ai vu dans certains de ces endroits reculés. Des zones magnifiques, même dans les parcs nationaux, étaient complètement marquées par la construction de barrages. Une image en particulier montre cette étonnante vallée, dans la région de Dibra, près de la Macédoine du Nord ; où trois rivières sont devenues presque complètement sec. Les forêts ont été complètement rasées par les engins de construction, des routes rudimentaires taillées dans les flancs des montagnes. Et tout cela se passe dans des régions éloignées du pays qui ont encore une nature sauvage ; ou dans des endroits où vous ne voyez pas nécessairement les barrages depuis la route principale. Il faut être en hauteur pour voir ce qui se passe.

Alors oui, il y avait un peu d’élément politique derrière tout ça. On nous dit si souvent que l’hydroélectricité est une « énergie verte » ; et tout cela est vendu comme étant bon pour l’environnement parce qu’elle est renouvelable. Mais avec ces images, j’ai essayé de montrer comment l’hydroélectricité a le potentiel de détruire l’environnement que nous essayons, apparemment ; de protéger.

albanie fleuve sauvage
© Nick St.Oegger

Quel message voulez-vous faire passer ?

Ces trois projets ont tous été tournés en Albanie, mais mon intention est de mettre en lumière ce problème à l’échelle mondiale ; de sensibiliser les gens à la fragilité des environnements d’eau douce et à quel point la biodiversité et les gens qui les utilisent sont menacés par de grands projets d’infrastructure comme les barrages hydroélectriques. Dans de nombreux cas, l’énergie générée par ces projets ne profite même pas aux personnes qui vivent à proximité ; d’autres formes d’énergie renouvelable comme l’énergie éolienne ou solaire, n’ont pas été prises en compte.

Je pense que nous en sommes à un point où nous devons définitivement repenser notre utilisation des combustibles fossiles et de la production d’énergie au niveau mondial. Mais il faut être conscient de le faire de manière responsable. Je ne crois pas qu’il faille nuire à l’environnement pour le « sauver ». Malheureusement, c’est exactement ce qui se passe avec beaucoup de projets de barrages hydroélectriques dans le monde entier.

albanie fleuve sauvage
© Nick St.Oegger

Y-a-t-il des moments spécifiques, durant toutes ces années passées sur ce projet, qui vous ont particulièrement marqué ? Une anecdote particulière ?

Il y en a beaucoup ; mais il y en a un en particulier lorsque j’ai terminé la transhumance avec les bergers du nord de l’Albanie en 2019 ; en marchant plus de 60km à travers les montagnes avec 300 moutons. Il y a eu ce moment surréaliste où nous marchions sur une partie d’une route nouvellement pavée ; et il y avait des gens dans une Mercedes Benz 4×4 toute neuve qui étaient complètement bloqués par tous les moutons sur la route et très frustrés ; mais ils ne pouvaient rien faire d’autre qu’attendre. C’était un tel choc de différentes cultures, de différentes périodes.

Passer du temps avec les bergers là-bas a vraiment mis en évidence le fait que leur mode de vie a peu changé ; oui il y a plus de technologie maintenant ; mais ils vivent toujours cette existence simple, vivant toujours avec la terre, prêtant une attention particulière au temps, aux saisons, comptant les uns sur les autres pour l’aide et la communauté ; et totalement indifférents à ce qui se passe sur Tik Tok, ou Instagram. C’était juste vraiment important d’être avec ces gens, de voir à quel point les rivières et la terre sont importantes pour eux ; et comment ils les utilisent dans leur vie.

albanie fleuve sauvage
© Nick St.Oegger

Quelle est votre vision de l’avenir ? Avez-vous encore de l’espoir face à la dégradation massive de l’environnement ?

Je suis plus optimiste aujourd’hui que lorsque j’ai commencé à travailler sur ce projet. Comme je l’ai mentionné, il a été très intéressant de suivre cette campagne année après année ; et de voir les succès qui se produisent non seulement en Albanie ; mais aussi dans d’autres pays des Balkans. Vous voyez comment le succès d’une communauté se répercute sur la suivante ; comment ces organisations dans les différents pays communiquent, soutiennent leurs causes respectives, partagent des notes, etc. Et je veux dire, juste en prenant l’exemple de Vjosa en Albanie ; le gouvernement semble à présent, s’être engagé à le protéger enfin, ce qui était impensable il y a cinq ans.

Je pense qu’il y a beaucoup de choses à célébrer, et beaucoup à apprendre en étudiant ce sujet dans les Balkans, et cela me donne l’espoir qu’il est possible de protéger les rivières ; ou d’autres lieux naturels importants qui sont menacés dans d’autres parties du monde.

albanie fleuve sauvage
© Nick St.Oegger

Nick St.Oegger : SiteInstagram

À LIRE AUSSI


des oiseaux

Des Oiseaux – L’exposition qui vous donnera des Ailes !

Si vous êtes un fan du célèbre film d’Alfred Hitchcock ou tout simplement un aficionado des animaux à plumes ; alors cette exposition est faite pour vous ! Jusqu’au 17 décembre, le Hangar, centre d’art de Bruxelles, accueille l’exposition collective « Des Oiseaux » consacrée à la volière du monde. Regroupant des photographies de 13 photographes de 10 nationalités différentes, la galerie propose une collection riche et variée de volatiles en tous genres. Petits, grands, colorés ou effrayants, il y en aura pour tous les goûts.

Une collection de l’Atelier EXB

Bien avant d’être une exposition, « Des Oiseaux » était à l’origine une collection de livres issue de l’Atelier EXB. Créé sous l’initiative de Xavier Barral, passionné des sciences et de la nature ; le projet rassemble des photographies du monde entier articulé autour des volatiles. L’objectif : célébrer, à travers le regard de différents photographes, la présence immense des oiseaux dans un monde où ils sont aujourd’hui fragilisés. Chaque édition met ainsi en lumière le travail d’un photographe sur ce thème. En septembre 2022, une 13ème édition voit le jour, consacrée au travail du photographe Roger Ballen.

Cette exposition est donc une occasion unique de mettre en parallèle les œuvres originales à leurs copies imprimées.

des oiseaux
© Roger Ballen

Des univers singuliers

Entre les clichés en noir et blanc, un brin fantaisiste de Roger Ballen et les portraits colorés de Leila Jeffreys ; vous ne manquerez pas d’être dépaysé. Même si le sujet est commun à tous, chaque photographe parvient à se démarquer en y incorporant son propre style. Vous retrouverez ainsi chez Yoshinori Mizutani, une ambiance pop, à la limite du fantastique dans ses clichés aux couleurs acidulées situées au cœur de la ville de Tokyo. Avec Terri Weifenbach, c’est un tête à tête avec les moineaux qui vous attend. Depuis son jardin à Washington DC, la photographe américaine capture les vols chorégraphiés de ces oiseaux, à la grâce naturelle.

Dans un tout autre genre, Christophe Maout nous plonge la tête dans les nuages à la rencontre des volatiles qui partagent notre quotidien. Depuis son appartement parisien, l’artiste réalise des photos dans un format unique (rond), évoquant le lointain souvenir des premiers tirages photographiques. En associant ingénieusement une paire de jumelles avec un objectif ; il obtient un résultat saisissant, plein de légèreté et d’une beauté à couper le souffle.

des oiseaux

En poursuivant votre visite, vous ferez également la connaissance du duo de photographes Espagnols Angel Albarrán et Anna Cabrera, pour qui ces envolées oniriques valent de l’or. À la frontière des contes fantastiques, leurs œuvres dévoilent un monde poétique aux nuances chaudes, où l’esthétisme est à l’honneur.

Du côté du photographe italien Paolo Pellegrin ; c’est la minutie du détail avec laquelle il capture le ballet aérien de milans noirs, qui va vous surprendre. Chaque mouvement, chaque battement d’ailes, est retranscrit avec justesse grâce à ses cadrages serrés sur des oiseaux qui semblent vouloir s’y échapper.

des oiseaux
© Albarrán Cabrera
des oiseaux
© Paolo Pellegrin / Magnum Photos

Alors n’attendez plus et envolez-vous vers de nouveaux horizons !

À LIRE AUSSI


autoportrait Ziqian Liu

Les Autoportraits Minimalistes de Ziqian Liu

À la recherche de l’équilibre parfait entre l’homme et la nature, la photographe Ziqian Liu redéfinit les normes au travers de ses autoportraits de composition.

Basée à Shanghai, ses photos nous ouvrent les portes vers un monde où règne l’ordre et l’harmonie. L’artiste joue ainsi avec les formes, les couleurs et les effets de symétrie afin d’atteindre une beauté esthétique. Se dissimulant parmi les objets, la photographe crée une aura de mystère empreinte de poésie. Malgré les années et les distances qui les séparent, il y a comme un air de Magritte qui flotte dans les parages.

Partez donc à la rencontre de Ziqian Liu dans une interview où l’artiste se livre sur son parcours, sa direction artistique et ses inspirations.

Tout d’abord, pouvez-vous nous en dire plus sur vous et sur la façon dont vous êtes venu à la photographie ?

Mon nom est Ziqian Liu, je viens de Chine. Je suis une photographe indépendante, basé à Shanghai. Je me sens particulièrement chanceuse d’être sur cette route. Avant, je pensais que la photographie n’avait rien à voir avec moi. Peut-être que le chemin de la vie est d’obtenir un diplôme et de trouver un emploi stable. Mais il y a quelques années, j’ai connu des jours difficiles. Tous les jours je n’étais pas de bonne humeur, alors j’ai essayé de trouver des passe-temps pour m’occuper. C’est à partir de ce moment-là que j’ai commencé à commencer la photographie. En prenant de plus en plus de photos, j’ai trouvé progressivement mon propre style. Je me considère donc très chanceuse. La photographie m’a accompagné dans des moments négatifs et m’a beaucoup changé. Je vais donc m’en tenir à cette voie.

autoportrait Ziqian Liu
© Ziqian Liu

Que représentent les miroirs pour vous ? Pourquoi sont-ils si omniprésents dans vos portraits ?

Les miroirs sont liés à mon thème principal de prise de vue, qui porte sur la perspective. Souvent, les choses qui nous sont familières restent dans notre esprit comme une image fixe. Mais tout a deux côtés. Je pense qu’à travers le miroir pour transmettre la même chose sous différents angles, il y aura des résultats différents.

autoportrait Ziqian Liu
© Ziqian Liu

D’autre part, mon désir le plus profond est la symétrie et l’ordre parfait ; tant dans l’apparence des choses que dans les modèles d’interaction humaine. Mais c’est trop idéaliste, après tout, la société n’est pas équilibrée, certaines imperfections la rendent réelle.

Dans mon travail, l’image dans le miroir représente le monde idéalisé dans lequel je souhaite vivre et l’intégration avec l’extérieur est juste un rappel pour respecter et reconnaître le déséquilibre dans le monde réel ; mais aussi pour adhérer à l’ordre et aux principes de notre cœur.

autoportrait Ziqian Liu
© Ziqian Liu

En remontant plus loin sur votre fil Instagram, on remarque que dans vos premiers clichés, vous aviez l’habitude de vous mettre en avant, avant de disparaître progressivement derrière un ensemble d’objets. Y a-t-il un moment clé qui vous a fait changer de direction artistique ?

Au fur et à mesure que les photos se multipliaient, j’ai eu l’impression que je convenais mieux comme acteur secondaire que comme plante pour montrer la relation équilibrée entre l’homme et la nature. J’espère que mon visage n’est pas la partie principale de mon travail. Je pense que peu importe que les traits du visage soient beaux ou non, l’attention du spectateur peut d’abord se porter sur le visage, il est facile d’ignorer les autres éléments de l’œuvre.

Exprimer des émotions à travers le visage peut être très précis et direct, mais je préférerais probablement le faire indirectement. Les parties du corps et les plantes ne sont pas aussi “marquées” que les visages. Le personnage principal peut être n’importe qui, et chaque spectateur aura une vision différente de l’œuvre en raison de ses différentes expériences, ce qui permet au spectateur de participer à l’œuvre. Je pense que c’est une chose très intéressante.

autoportrait Ziqian Liu
© Ziqian Liu
autoportrait Ziqian Liu
© Ziqian Liu

Comment se déroule une séance photo ?

Parfois, j’ai d’abord les images dans ma tête, mais le plus souvent j’improvise. Tout d’abord, je connecte mon téléphone à l’appareil photo pour contrôler la prise de vue par le biais du téléphone. Transposer l’image imaginaire dans le monde réel est un processus très exigeant physiquement pour moi. Je commence par définir la position générale des accessoires, puis j’ajuste ma position et ma posture.

autoportrait Ziqian Liu
© Ziqian Liu

Afin de m’assurer que le miroir peut refléter fidèlement la chose attendue, je dois essayer de nombreuses fois de trouver les angles. Parfois, il y a une grande différence entre l’imagination et l’opération réelle, alors j’ajuste temporairement l’idée de tournage originale.

L’ensemble du processus est vraiment difficile, mais il est très satisfaisant de voir le résultat final de ma prise de vue.

autoportrait Ziqian Liu
© Ziqian Liu

Quelles sont vos principales sources d’inspiration dans le processus de création ?

Je trouve qu’en ralentissant, en observant les choses autour de moi, ou en essayant constamment lorsque je photographie, la créativité et l’inspiration viennent souvent quand je ne m’y attends pas.

autoportrait Ziqian Liu
© Ziqian Liu

Enfin, avez-vous des conseils à donner à un jeune photographe qui souhaite se lancer dans ce domaine ? 

En fait, je suis moi aussi un nouveau photographe. Je pense que nous pouvons essayer de considérer la photographie comme un passe-temps plutôt que comme une carrière ou un travail ; et prendre le plus de photos possible en fonction de nos préférences et de notre cœur, afin de trouver progressivement notre propre style.

autoportrait Ziqian Liu
© Ziqian Liu

Ziqian Liu : SiteInstagram

À LIRE AUSSI :